00:00C'est la dévastation, ça vous saute aux yeux, là où les collines étaient verdoyantes
00:19de végétation avec des forêts tropicales, et bien maintenant c'est une vaste désolation.
00:24C'est extrêmement choquant parce qu'on voit à quel point en quelques heures un territoire
00:33peut être absolument dévasté.
00:36Ça ne se passe pas bien, je me plains parce que je me dis à la place de la population,
00:44parce que je suis ici tous les jours, je vois les gens se promèter.
00:49Quand il y a une crise comme ça, c'est la mission du Parlement de contrôler.
00:55Pour voir si la réponse a été juste, proportionnée, si c'est la bonne, si ça satisfait les élus,
01:02les habitants, si ça correspond à ce qui s'est passé et à la gravité.
01:14Déplacement de Yaël Brown-Pivet en plein océan indien, à Mayotte, dans le 101e département français,
01:22le plus pauvre de la République.
01:27C'est un endroit que la présidente de l'Assemblée nationale n'aurait pas voulu rater,
01:32le signe le plus tangible de l'engagement de la République après la tragédie du cyclone Shido.
01:40Montée en trois jours au milieu d'un stade de l'est de la capitale,
01:44ces 32 tentes sont venues prendre le relais de l'hôpital de Mamoudzou, en partie dévastée.
01:50Dans cette structure de la sécurité civile, 50 soignants et 10 sapeurs-pompiers
01:55s'occupent de plus de 200 patients chaque jour, l'équivalent de l'hôpital de la Timone à Marseille.
02:09Cette maman est venue il y a quelques jours avec son bébé, atteint d'une bronchiolite aiguë.
02:14Ici, elle a été prise en charge.
02:20La plupart des soignants sont des volontaires venus de l'Hexagone.
02:25Ici, on a même monté deux blocs opératoires où deux chirurgiennes se relaient.
02:32Au niveau intervention, vous voyez, ce matin, on a huit patients.
02:37C'est des patients qui ont énormément des complications d'abcès, de lésions,
02:43de plaies par clous du talon, des panaries.
02:46C'est des patients qui sont dans des conditions pas faciles dehors.
02:49Les plaies s'infectent vite entre la chaleur, la manipulation des tôles.
02:54On a fait une péritonite, une amputation.
02:57Les médicaments sont acheminés par le pont aérien.
03:01Mais ici, tout est compliqué pour les conserver, et on fait avec les moyens du bord.
03:06On ferme les caisses régulièrement pour être sûr que la chaleur ne rentre pas trop longtemps dans les caisses.
03:12Vous avez des thermomètres, j'imagine, dans chacune d'entre elles ?
03:15On n'a pas de thermomètre.
03:16Oui, au début, on avait mis les packs d'eau froide.
03:18La glace commençait un peu à fondre.
03:20J'avais tout un peu sous l'automate.
03:22On a mis des serviettes, et là, on a fini par installer une thermomètre.
03:25Bon courage à vous !
03:27Moi, je pose trop de questions.
03:30Un mois après le passage du cyclone,
03:33Yael Braun-Pivet entend regarder aussi ce qui marche après les critiques sur la réactivité de l'Etat.
03:40Il y a une vraie fierté parce que c'est un formidable outil
03:44qui permet de répondre à des besoins.
03:46Et en plus, on a des personnels qui se surpassent
03:49puisqu'ils dépassent largement les capacités classiques de ce type d'hôpital
03:54en doublant quasiment la capacité.
03:57Donc, on voit bien qu'ils font le maximum pour apporter secours à la population qui en a besoin.
04:01Et donc, c'est aussi important de souligner quand quelque chose est bien fait.
04:08Avant l'adoption d'une loi spéciale pour la reconstruction de Mayotte à l'Assemblée,
04:13la présidente entend avoir un état des lieux précis de la situation de l'île.
04:18Direction la préfecture,
04:21où, comme un symbole,
04:23le bureau du préfet a pris l'eau.
04:27Tu vois tout ça, c'est des gaz de l'eau.
04:29De l'eau et puis effectivement des débris, de la laine de verre.
04:37Comme tous les jours, se tient une réunion qui répertorie les avancées effectuées
04:42et les besoins non satisfaits.
04:47On est aujourd'hui à 75% d'électricité rétablie.
04:51L'eau et l'adduction en eau, on a très vite récupéré la production initiale avant Cyclone.
04:58Et donc ça, le réseau complètement rétabli avec la pression nécessaire
05:04pour que tous les points en bout de chaîne et eau soient atteints,
05:08quel est l'objectif temporel de ça ?
05:11Il est quasiment réalisé aujourd'hui.
05:13La problématique, c'est qu'avant Cyclone, les points en eau n'étaient déjà pas forcément en pression d'eau.
05:19Des problèmes structurels qui vont bien se faire sentir,
05:22notamment dans la commune d'Aqua,
05:25une des zones les plus touchées par Chido.
05:29Certes, depuis quelques heures, une partie du village a retrouvé l'électricité,
05:34mais beaucoup d'habitants sont dans une détresse immense.
05:39Bonjour.
05:40Bonjour.
05:41Comment ça va ?
05:42Ça va bien.
05:43Est-ce que vous avez de l'électricité chez vous ?
05:46Oui.
05:47Depuis quand ?
05:48Hier.
05:49Ça change la vie ?
05:51Oui.
05:52Vous avez de l'eau aussi ?
05:54Oui, de temps en temps.
05:56Ça alterne.
05:59Et certains sont à bout de nerfs.
06:03Nous, on est dans le noir depuis presque un mois.
06:07En tant que citoyen, j'ai une maman qui a 81 ans.
06:11Je dois charger une gauche d'électrogène tous les jours.
06:14Ça tourne 24h sur 24, parce que j'ai peur que quelqu'un meure.
06:18Vous habitez où ?
06:19En haut.
06:20Et en haut, il y a une zone, à l'entrée de l'endemain.
06:22Il y a une zone ici, il y a l'électricité.
06:24Là-bas, il y a juste quatre poteaux à remettre.
06:27Quatre poteaux à remettre, et après à retirer les câbles.
06:30Mais c'est insupportable.
06:32Je le dis parce que je souffre tous les jours.
06:35Chido a détruit ou endommagé plus de la moitié des bâtiments de l'île.
06:40Mais pour certains, c'est la double peine.
06:43Cette dame est très remontée, car elle est aujourd'hui quasiment à la rue.
06:48Elle a perdu son logement.
06:51A priori, des personnes auraient pris possession.
06:54En situation irrégulière.
06:56En situation irrégulière.
06:58Et possession du site et de ce qui restait.
07:02Il y a de quoi ?
07:05Je comprends.
07:11Et la présidente de l'Assemblée nationale va prendre le dossier en main.
07:20On fait confiance ?
07:22Vous en savez quoi ?
07:24Ça marche, parfait.
07:27On va se débrouiller.
07:30Général, quand même.
07:32Donnez-nous le fil, on va se débrouiller.
07:34Merci, merci beaucoup.
07:38Le mécontentement dépasse largement la gestion de l'après-Chido.
07:42Et la question de l'immigration va occuper les discussions.
07:47De l'autre côté de l'île, nous allons rencontrer celles qui se font appeler les chatouilleuses.
07:53En référence à ces femmes qui, dans les années 60, se sont battues pour arrimer l'île à la France.
07:59Et repousser l'influence des Comores.
08:02Nous sommes dans la commune de Mbongani.
08:05Où très vite, on sent un désir très fort de république.
08:09Presque à fleur de peau.
08:14En tout cas, il y a eu une insulte qu'on n'a pas avalée.
08:17Quand le président Macron vient ici nous dire ça à la France, vous serez dans la merde.
08:22Nous on est français avant même qu'il soit né, depuis 1841.
08:26C'est pas lui qui est en train de nous dire que sans la France on n'est rien.
08:29On a toujours été là, on sera là même après lui.
08:33La France est en train de nous mépriser.
08:37Et les Comoriens nous oppressent.
08:44On défend ceux qui sont venus à Mayotte illégalement.
08:51C'est nous, maurais, qui subissons l'immigration.
08:54C'est nous, cette aide. Le maurais n'aura pas cette aide.
08:58Les aides depuis qu'ils ont le point aérien.
09:01Je suis désolé, moi j'ai pas l'eau.
09:04Nous on n'a rien, mais on est qui nous ?
09:08Alors je vais vous dire une belle phrase.
09:12Entre Mayotte et la France c'est un grand amour.
09:15Mais c'est dans le respect mutuel.
09:19Mayotte compte. Mayotte est dans la République.
09:22Mayotte est pleinement dans la République et Mayotte compte.
09:25C'est pas que du discours, autrement je ne serais pas devant vous en train de vous le dire monsieur.
09:29Je peux rester sur le perchoir à l'Assemblée Nationale.
09:32C'est pas vrai.
09:34On a bien conscience que Chido a détruit.
09:37Mais on aimerait bien que Chido ouvre des portes.
09:40L'ensemble des élus de Mayotte, on a demandé qu'il y ait une suspension
09:43de toute délivrance de papiers à la préfecture.
09:47Qu'il y ait la fin des instructions dans les écoles.
09:50C'est-à-dire d'envoyer un message très clair aux migrants qui continuent à arriver en croissant
09:54que ça ne sert à rien de venir à Mayotte, il n'y aura pas de papiers.
09:58Nous c'est ce que les élus de Mayotte ont demandé.
10:01On le demande depuis le lendemain du cyclone.
10:0570% de taux de chômage, 77% de pauvreté.
10:10Un habitant sur deux qui est étranger.
10:13L'île accumule les difficultés.
10:15Et une paralysie patente.
10:17De nombreux projets publics sont sans cesse reportés.
10:20Alors que la population de l'île a quadruplé en 40 ans.
10:25Vous diriez que l'État depuis des années a été défaillant avec Mayotte ?
10:28Oui, en tout cas il y a un sous-investissement chronique sur Mayotte depuis des années.
10:34Tout le monde le sait.
10:35Mais on sait aussi que les difficultés auxquelles sont confrontées Mayotte
10:38sont très singulières, très particulières.
10:41Avec cette immigration massive et cette île qui, certains disent qu'elle coule sous le poids démographique.
10:52Et donc il y a des spécificités qui font que ici c'est peut-être plus difficile qu'ailleurs.
10:57Mais ce sont des Français et donc ils ont le droit d'être aussi exigeants que d'autres Français.
11:07Et l'État va devoir investir pour la jeunesse.
11:11Ici, plus d'un habitant sur deux a moins de 20 ans.
11:15Et les besoins, notamment à l'école, sont immenses.
11:21Au-delà des dégradations liées aux cyclones,
11:24cette école de Mamoudzou, par exemple, fonctionne dans des conditions inimaginables ailleurs.
11:31Bonjour !
11:32Alors racontez-moi, c'est quoi comme école ?
11:35Vous avez combien d'élèves à cette école ?
11:39565.
11:40565, c'est une grosse école ?
11:42C'est une grosse école qui est en rotation.
11:49En rotation, c'est-à-dire qu'il y a si peu de place que les élèves vont à l'école à mi-temps.
11:55Comme plus d'un enfant sur deux à Mayotte.
11:58Pénurie de locaux, mais aussi de professeurs.
12:03Et là, c'est la maternelle. Vous, vous êtes enseignant ici ?
12:06A quel niveau ?
12:086ème de.
12:10Il manquerait plus de 200 enseignants sur l'île.
12:13Au collège, ce sont plus de 60% des professeurs qui sont contractuels.
12:18Et le taux de turnover y est particulièrement important.
12:22Tant et si bien que de plus en plus de parents décident d'envoyer leurs enfants en métropole
12:27pour qu'ils y suivent une scolarité normale.
12:31Il faut penser aussi à du jeune, l'état de l'école, c'est catastrophique.
12:35Il faut vraiment que l'état aide Mayotte.
12:37Parce qu'on est à terre, on est au bout du couloir.
12:44Yael Broun-Pivet n'ignore rien de ces chiffres.
12:47Elle s'était déjà rendue à Mayotte l'année dernière.
12:50Deux visites en un an.
12:53Du jamais vu pour un président de l'Assemblée nationale.
12:57On dit souvent que ce sont les maires qui sont à portée d'engueulades.
13:00Mais évidemment, il faut que tous les élus soient à portée d'engueulades.
13:03Et c'était important pour moi de revenir sur le territoire maorais un an plus tard.
13:08Et donc je crois que ce type de déplacement est absolument fondamental.
13:13Après la catastrophe de Chido, c'est le temps de tout reconstruire.
13:17Peut-être l'opportunité d'améliorer profondément la situation de Mayotte.
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