00:00Elsa Vidal, votre choix ce soir, c'est de nous parler, alors on va reparler de Donald Trump, mais surtout des grands patrons, des géants de la technologie,
00:09les Musk évidemment, Zuckerberg notamment, le patron de Facebook. Est-ce qu'ils sont tous en train de se plier et de se ranger comme un seul homme et comme une armée derrière Donald Trump ?
00:19Oui, ils se joignent à Donald Trump et ils sont effectivement en train de former une armée de patrons de la tech derrière Donald Trump pour livrer une bataille.
00:28Et on va en parler tout de suite puisque aujourd'hui, Mark Zuckerberg a lâché une bombe en déclarant qu'il mettait fin à la modération par vérification des faits,
00:38le fact-checking, qui permet quand même de s'assurer la véracité des informations. Donc sur toutes ces plateformes, que ce soit Insta ou Facebook,
00:49Mark Zuckerberg change complètement de position et il le fait, et c'est là qu'est l'ironie, en argant de la défense de la liberté d'expression.
00:58Il en a parlé largement dans sa vidéo et il a justifié ce choix, notamment par un retour aux racines des réseaux sociaux.
01:06On l'écoute, Mark Zuckerberg ?
01:07On l'écoute, bien sûr.
01:08On l'écoute.
01:10Les dernières élections sont apparues comme un point de bascule culturel qui veut prioriser l'expression.
01:15Donc nous revenons à nos racines et nous nous concentrons sur le fait d'éviter les erreurs, de simplifier nos politiques et de restaurer la liberté d'expression sur nos plateformes.
01:24Plus loin, il invoque aussi la complexité croissante des tâches de vérificateur qui ont créé trop d'erreurs, des erreurs qu'il condamne largement.
01:33Mais Mark Zuckerberg fait un mouvement qui est la ligne sur Elon Musk, celui qui s'est imposé comme le plus grand collaborateur du futur président des États-Unis.
01:44Car c'est Elon Musk qui avait instauré ce principe de modération par la communauté, peu après avoir racheté Twitter en décembre 2022.
01:52Et il va plus loin dans l'imitation d'Elon Musk que Mark Zuckerberg, puisqu'il va délocaliser également dans le Texas, État républicain et conservateur,
02:02les futurs membres de la modération, tout comme l'avait fait le patron de Tesla pendant le Covid.
02:08Et cette décision est un virage à 180 degrés, puisque Mark Zuckerberg avait banni Donald Trump de ses plateformes Facebook et Insta après le 6 janvier 2021.
02:21C'est-à-dire l'attaque du Capitole ?
02:23L'attaque du Capitole, qui lui avait valu des menaces de la part de Donald Trump, des menaces de passer le reste de sa vie en prison.
02:31Et c'est une technique de négociation que nous avons pu voir, même hier, on en a discuté vis-à-vis du monde entier, que Donald Trump pense plutôt efficace.
02:39Et là aussi, on peut écouter le président.
02:44Je pense honnêtement que le groupe méta Facebook a fait beaucoup de progrès.
02:49Pensez-vous qu'il répond directement aux menaces que vous lui avez adressées par le passé ?
02:53Probablement, oui. Probablement.
02:56Alors on pourrait se dire que bon, ça concerne après tout le monde fantasque de la politique américaine,
03:00mais la réalité derrière ce ralliement, c'est que c'est le modèle européen de la modération qui est dans le collimateur.
03:07Ce qui gêne ces patrons-là, c'est le modèle qui impose une responsabilité sur les contenus,
03:13et notamment le Digital Service Act, qui a imposé, par exemple, à Tim Cook, le patron d'Apple, plus de 15 milliards d'euros d'amende.
03:22Il s'en était plein à Donald Trump.
03:24Et Mark Zuckerberg, qui désormais a rejoint l'équipe et qui paiera 1 milliard pour la cérémonie d'inauguration du 20 janvier,
03:32a décidé de travailler avec Donald Trump pour faire pression sur les gouvernements qui s'opposent aux entreprises américaines.
03:39Il a payé 1 million, Zuckerberg, pas 1 milliard.
03:411 million comme les autres.
03:431 million comme Jeff Bezos.
03:45Moi, ce qui me marque, c'est que, déjà, on a vu, ces plateformes sont devenues aujourd'hui des médias politiques au sens même de la campagne.
03:53C'est-à-dire qu'on a vu que la campagne électorale américaine s'est faite en grande partie sur ces réseaux sociaux,
03:59et c'est ces réseaux sociaux qui sont utilisés par les candidats.
04:02Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que s'il n'y a plus de modérateurs, de plus en plus, finalement,
04:05les gens ne vont entendre que des choses de leur camp, parce que c'est ça le principe de l'algorithme.
04:08Et ça pousse encore plus loin la décrédibilisation des médias,
04:12parce que la vérification se faisait par aussi des journalistes chevronnés.
04:15Ça veut dire que l'opinion d'un citoyen lambda est posée au même niveau pour les utilisateurs de réseaux sociaux.