00:00Le docteur Mathieu Langlois, c'est l'ancien médecin-chef du RAID qui est en liaison avec nous.
00:05Docteur, bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation, je le disais, pour nous éclairer.
00:10Entre 60 et 80 blessés ce soir, des blessés qui ne peuvent être déplacés à cette heure vers les hôpitaux.
00:18Tout cela nous dit la gravité de la situation.
00:23Oui, évidemment, j'ai quelques précautions parce que je ne suis pas du tout sur place,
00:30mais pour avoir vécu certains attentats, là c'est vrai que des véhicules utilisés comme des armes,
00:37parce que c'est le terme, ça fait des blessures qui sont différentes de ce qu'on peut voir
00:44dans des attentats avec des armes blanches ou des armes à feu,
00:48et qui rendent parfois plus complexe la prise en charge des secours et des équipes médicales.
00:55On peut parler d'une médecine de guerre qui se met en place,
00:59on est dans un schéma similaire, docteur, dans ce genre de situation ?
01:04Moi, je n'associe jamais les deux mots, médecine et guerre, ça c'est une petite habitude.
01:12En tout cas, c'est de la traumatologie lourde avec de nombreuses victimes,
01:16mais ça, tous les pays d'Europe malheureusement l'ont déjà vécu, s'y préparent et savent y répondre.
01:25C'est une prise en charge particulière qui demande aussi bien de faire ce qu'on appelle de la priorisation,
01:33ou plus vulgairement du triage, pour offrir la meilleure prise en charge, les meilleurs soins,
01:39le plus vite possible, parce qu'il ne faut pas oublier qu'on est quand même dans un contexte d'insécurité.
01:44Encore une fois, il y a des grosses différences entre des fusillades,
01:48ce que j'ai vécu moi personnellement, mais avec des cas comme celui-ci,
01:56ou comme on avait eu à Nice, où c'est un véhicule qui est utilisé,
02:00mais le véhicule peut être piégé, il peut y avoir aussi des risques de sur-attentat.
02:04On est vraiment dans une zone qui est non sécurisée,
02:06et ça change évidemment la prise en charge des secours.
02:09Il faut aller vite dans des zones dites sécurisées,
02:12et l'objectif c'est quand même d'aller le plus vite possible à l'hôpital.
02:16Mais dans le cas des blessures par un des véhicules,
02:20évidemment la mobilité est parfois beaucoup plus difficile,
02:23parce qu'on a beaucoup de lésions au niveau des membres inférieurs du bassin.
02:26– Philippe Guibert avait une question, docteur, à vous poser.
02:29– Oui, bonsoir Mathieu, comment des soignants peuvent-ils être prêts,
02:34j'imagine dans cette ville de Magdebourg, qui doit être dans la grande banlieue de Berlin,
02:39comment des soignants peuvent-ils être prêts à être confrontés à ces victimes,
02:45victimes d'une traumatologie lourde, comme vous venez de le dire ?
02:50Comment ça se passe pour des soignants ?
02:53Qu'est-ce qu'ils peuvent faire face à des personnes en état de détresse
03:00et en état de sanitaire catastrophique ? Comment ça se passe ?
03:05– C'est difficile, et c'est pour ça qu'il faut évidemment s'y préparer,
03:09qu'il y a des équipes plus ou moins préparées,
03:11mais ce qui est sûr, c'est que depuis maintenant toutes les années,
03:16en tout cas pour la France c'est sûr,
03:17et puis moi j'ai beaucoup travaillé aussi et partagé à l'étranger,
03:20en Allemagne mais ailleurs, et je sais très bien que l'ensemble des services,
03:24au début ça concernait surtout les grandes villes,
03:26et puis tout le monde petit à petit s'est préparé aussi
03:30à ce qu'on appelle des tueries de masse ou des attentats de masse,
03:33avec évidemment, on n'a pas les mêmes moyens à Paris
03:36que dans des coins plus reculés en métropole,
03:42mais tout le monde sait faire,
03:44moi je crois beaucoup à la capacité de l'ensemble de nos services
03:48de correctement réagir avec leurs moyens, avec leurs capacités,
03:52avec leurs expériences, mais ils savent faire ça.
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