00:00Nicolas, c'est l'énigme de la matinée, reprendre sans suspendre, c'est la position formulée par François Bayrou hier soir sur la réforme des retraites, qu'est-ce que ça veut dire ?
00:11Alors d'abord, rien.
00:12Mais Mathieu dit pareil.
00:14Première lecture, rien. Deuxième lecture, reprendre, on va discuter, sans suspendre, sans doute pas abroger, mais franchement.
00:21Qu'est-ce qu'on sait finalement ce matin ? On connaît les quelques positions de François Bayrou sur les précédentes réformes des retraites.
00:262023, il parle d'un passage en force quand on va à 64 ans et en 2010, il était contre le fait de reculer l'âge auquel s'annule la décote.
00:36C'était 65 ans, il ne voulait pas qu'on aille à 66 ou 67 et il a aussi déjà défendu par le passé l'idée d'augmenter les cotisations payées par les entreprises et les salariés,
00:45donc d'augmenter les prélèvements, les impôts, voilà.
00:48Mais maintenant, le sans suspendre, qu'est-ce que ça veut dire ? Franchement, je ne sais pas si c'est retour de la retraite à 62 ans.
00:54D'autant qu'il fixe une échéance, l'idée c'est de rouvrir ce débat jusqu'en septembre prochain.
00:59Conférence sociale, avec les partis, avec les syndicats, le temps d'une gestation pour accoucher de quoi ? On verra bien.
01:06C'est le coup de la conférence sociale ou du grenelle des grenelles, on a déjà vu ça.
01:09Les thèmes, on les connaît, les carrières hachées des femmes, les métiers pénibles, les carrières longues, comment on fait pour garder plus de 60 ans dans l'emploi,
01:18à quoi ressemblera l'emploi des seniors, c'est ça les thématiques, au-delà de la question de la borne d'âge.
01:23On a reproché à la réforme de 2023 d'avoir été imposée et adoptée par le 49-3, la méthode de François Bayrou, elle est peut-être plus adaptée ?
01:30On s'en fout de la méthode, c'est une folie de revenir sur la réforme des retraites, une contre-réforme des retraites, un mouvement qui va à l'envers de l'histoire.
01:39Mais les Français le veulent.
01:40Mais les Français, si tu leur donnes 20 semaines de congés payés, ils voudront.
01:46Il y a une espèce d'évidence.
01:48Tout le monde veut son bonbon.
01:50Mais ça va à l'envers de l'histoire.
01:53On peut être la seule nation au monde à imaginer qu'on peut se payer une contre-réforme des retraites.
01:58C'est un débat qui ignore la réalité démographique.
02:02La réforme dont on parle, c'est une réforme hyper basique, la réforme des retraites de 2023, ce n'est pas une révolution.
02:08Ça a permis quoi ?
02:09Ça a permis de revaloriser 1,6 million de pensions pour les porter à 1 200 euros.
02:14Si on ne l'avait pas faite, cette réforme, on ne pouvait pas faire ça.
02:17Ça permet d'espérer assurer le financement de notre système par répartition à bout de souffle.
02:22Tu prends 1 000 euros de dépenses publiques, tu as 262 euros qui partent dans la retraite, 205 euros qui partent dans la santé massivement consommée par les plus âgés.
02:32Et le troisième poste, c'est les jeunes, 97 euros dans l'enseignement.
02:36C'est lourd quand même.
02:37C'est une réforme qui permet d'augmenter le taux d'emploi, d'augmenter le nombre d'actifs dans l'emploi.
02:43Et c'est l'unique clé pour réussir à sauver une économie comme la nôtre.
02:47Il n'y en a pas d'autres sur le long terme.
02:48Et ces données dégagent au reste du monde.
02:50Ça veut dire quoi, ça ?
02:51Ça veut dire que c'est la réforme structurelle majeure d'un pays qui vieillit et qui vient accréditer la réforme des retraites.
02:56Il n'y en a pas d'autres, des grandes réformes.
02:58Ça veut dire que le truc à ne pas faire, c'est revenir à 62 ans.
03:01Parce que celui qui nous prête de l'argent à Helsinki, à Tokyo ou où vous voulez,
03:05il ne regarde pas la conclusion de la commission de mixte paritaire ou si on allège les cotisations à 2 ou 2,25 schmicks
03:10ou si on va indexer le barème de l'IR sur l'inflation.
03:14Ah non, mais une contre-réforme des retraites, il la voit.
03:16Une censure bis avec une chandelier politique bis, il la verra.
03:20Un programme hanté d'Illuvien qui te met des taux marginaux à 90%, il le verra, ça aussi.
03:25Un écart de taux sans fin entre la France et l'Allemagne, ça, il le verra.
03:28On a 300 milliards à placer en 2025.
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