00:00Bonjour. Pour l'instant, je ne parlerai pas de bilan, puisqu'on n'a aucune communication, comme vous l'avez dit. On est coupé de tout.
00:10Moi, je suis sur la petite terre à Pamandy, là où se trouve l'aéroport. Et là, aujourd'hui, je dirais, maintenant, la priorité, c'est de venir nourrir.
00:19On a des centres d'hébergement qui se remplissent de plus en plus. Et là, maintenant, c'est la famine qui commence.
00:25On a des gens qu'on ne sait pas comment les nourrir, comment leur donner à boire. Donc voilà où, actuellement, la priorité, là où elle est pour nous.
00:32— Alors la priorité, c'est la nourriture. Et bien évidemment, on imagine l'eau. — Bien sûr, l'eau, tout à fait. Là, d'ailleurs, là où je me trouve,
00:40je suis sur un rond-point, le seul lieu d'approvisionnement de l'eau, parce qu'il y a un point qui a été installé... Ça date d'il y a très longtemps.
00:48C'est le seul point, un point pour toute la commune. Et les gens font la queue avec des bidons et essayent de s'approvisionner en eau.
00:55Donc là, ça devient la priorité. Il y a quelques boutiques qui ont pu fournir, qui ont vendu des bouteilles, mais voilà, qui se sont vite terminées.
01:02Mais là, c'est la priorité. Mais moi, mon inquiétude, tous les gens que je croise... Alors les centres d'hébergement, la particularité, maintenant,
01:09c'est qu'au départ, c'était beaucoup des personnes, on va dire des personnes qui habitaient, on va dire, des clandestins. C'était surtout ce type de public.
01:17Mais là, de plus en plus, ce sont, je dirais, des maorais, des gens qui avaient des maisons en dur, mais qui n'ont plus de toiture.
01:24Et eux, on les voit maintenant arriver dans les centres d'hébergement. Et je pourrais dire toute communauté confondue.
01:30On a maintenant aussi des métropolitains, toutes les personnes qui arrivent, puisque les maisons sont menacées. Il y a la pluie.
01:35Et aussi, il y a l'insécurité qui commence vraiment à monter de plus en plus, voilà, ce nouveau-là.
01:41— Oui, justement, Estelle Youssoufa, qui était avec nous en plateau, nous parlait de cette situation, qu'il pouvait y avoir un risque de chaos dans le chaos,
01:47avec ces risques possibles de scènes de pillage. — Tout à fait. C'est le cas. Le soir, on se barricade, puisque nos maisons ne sont pas sécurisées.
01:58On a beaucoup de boutiques. Alors par exemple, il y avait deux quincaillers qui avaient quelques marchandises, je dirais.
02:04Là, il y en a plus. Il y a plus de tol ou des contreplaqués pour sécuriser les maisons. Donc rupture totale.
02:11Donc ce qui fait qu'on se retrouve avec des maisons pas sécurisées. On n'ose pas les quitter non plus, parce qu'on se dit que si on les laisse,
02:17on les laisse à l'abandon. Donc on préfère rester et se barricader dans les maisons. Donc voilà, c'est vraiment une peur qui est en train de monter,
02:24cette insécurité. — Donc la priorité pour vous, c'est le déploiement de forces de sécurité dans l'île, l'eau, l'électricité.
02:32L'arrivée des renforts devrait venir assez vite. Vous savez qu'il y a un pont qui est en train de se mettre en place, un pont aérien avec la Réunion.
02:40— Alors on le sait, on en entend parler. Mais vous savez, là, pour l'instant, nous, on circule, on voit... Alors je vous prends l'exemple de l'électricité.
02:47Alors de partout, on voit les fils, les poteaux à terre, etc. Et notre inquiétude, on se dit « Mais dans quel délai ? ».
02:54Parce qu'on voit que tout est à refaire, en tout cas dans la commune où je me trouve. Et la commune voisine, c'est la même chose.
03:01Donc on sait qu'il y a un pont aérien. Mais même si on nous dit que ça arrive... Mais vous savez, voilà, on est vraiment dans l'inquiétude.
03:08On se demande quand est-ce que ça va commencer. Voilà. On nous dit que ça va arriver. Mais on a hâte, on attend.
03:14— Vous demandez aussi, comme le disait Estelle Youssoupha, que soit déclaré l'état d'urgence ?
03:18— Ah oui, ça, c'est tout à fait... Je suis complètement d'accord avec Mme la députée. C'est ce qu'il faut au plus vite.
03:24Nous, on a besoin de l'armée pour nous sécuriser, d'autant plus par exemple en Petite-Terre. On a la Légion qui est ici.
03:31On a la gendarmerie. Là où je me trouve, je suis à côté de la gendarmerie. Mais on a aussi la Légion.
03:35Et on a besoin, rapidement, avant que les voyous prennent possession, en tout cas commencent à nous pousser, à rester, à nous cloîtrer dans nos maisons.
03:47On est vraiment... On a peur de rentrer dans cette phase de mode de guerre en se disant qu'ils font se cacher. Voilà.
03:53— Salama Ramia, je vais vous donner une bonne nouvelle qui vient de la Sécurité civile, à savoir qu'un premier avion transportant du matériel de secours
04:01vient de se poser. Donc très concrètement, la première aide arrive en ce moment à Mayotte.
04:07— Écoutez, merci. J'espère qu'on va vite la voir sur le terrain. C'est surtout ça. C'est sur le terrain. La population est en attente.
04:16— Merci beaucoup d'avoir été avec nous, Salama Ramia.
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