00:00...
00:04En raison de l'adoption de la motion de censure
00:06et conformément à l'article 50 de la Constitution,
00:09le Premier ministre doit remettre au président de la République
00:13la démission du gouvernement.
00:15...
00:18Adieu.
00:20Quelques jours après la motion de censure,
00:22nous avons suivi 3 députés de retour en circonscription,
00:27un de chacun des blocs de l'Assemblée.
00:30...
00:31Je pense qu'il y a une grosse peine
00:33dans notre arrivée là.
00:35Une grosse peine.
00:36Il faut rester optimiste.
00:37Je pense que ça va avoir un effet un peu électrochoc.
00:42Ca a été une tristesse profonde dans l'arrivée là, quoi.
00:45Tristesse totale.
00:46Ca veut dire qu'on est dans un pays, à l'heure actuelle,
00:50où personne ne peut s'entendre.
00:51Bonjour !
00:52Je suis madame la députée...
00:55Ca inquiète, évidemment.
00:57Quelle est l'issue de ce genre de choses ?
01:00Ca va durer encore pendant 6 mois.
01:02Personnellement, j'aurais voulu que le gouvernement reste en place.
01:06Après, je comprends tout à fait.
01:08...
01:11Comment ça va ?
01:12Cette censure va créer une instabilité, c'est sûr,
01:16mais ce qui me choque un peu,
01:18c'est que notre président,
01:21il nous donne la responsabilité de ce qui se passe.
01:24...
01:31Bonjour, je suis Philippe Schreck,
01:33député Rassemblement national de la 8e circonscription du Var.
01:36Je suis de retour à Draguignan,
01:38après avoir voté la censure du gouvernement de M. Michel Barnier.
01:44Bonjour, Alexandra.
01:46Est-ce qu'on a des retours, suite à cette censure ?
01:49Vous avez eu 2 petits textos,
01:51et celui le plus récent,
01:52bonsoir, M. Schreck, bravo à vous et à Mme Le Pen,
01:55ainsi que le groupe des députés RN,
01:57de voter la censure à ce gouvernement.
01:59Barnier, encore bravo, il faut que la France change de politique.
02:03M. Antel, mes amitiés.
02:05...
02:06De quoi conforter le député dans son vote.
02:09Ce matin-là, Philippe Schreck fait la tournée
02:12des commerçants de Draguignan.
02:14Bonjour.
02:15Comment ça va ?
02:16Ca va, M. Schreck ? Vous allez bien ?
02:19Ca travaille bien ?
02:20Ca va.
02:21Bon, tant mieux.
02:22Il vient prendre le pouls.
02:24Leur situation économique est visiblement fragile.
02:28Ca va ?
02:29Ca va.
02:30Ca travaille un peu, pour elle ?
02:32Non.
02:33D'accord.
02:34C'est dur ?
02:35Bon.
02:37C'est le pouvoir d'achat ?
02:38Qu'est-ce que vous en avez pensé, là,
02:41de la censure de votre député contre le gouvernement ?
02:44J'ai pas regardé.
02:45Pour être honnête, voilà.
02:47Ca vous intéresse plus ?
02:48Ca...
02:49Vu les soucis qu'on a, franchement...
02:52Ca me passe à 3 000.
02:53Voilà.
02:54Pour l'instant, ce qui est vital, c'est le magasin,
02:58c'est notre clientèle, c'est les fêtes de Noël,
03:00le reste...
03:02On est, je pense, en ce moment, la risée du monde.
03:05Voilà.
03:06La France n'est plus crédible.
03:08Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de plus ?
03:11Un sentiment partagé dans les commerces du centre-ville.
03:15Merci bien.
03:16Bon, ça va ?
03:17Il y a toujours le courant, malgré le gouvernement renversé.
03:21T'as toujours le courant, tout va bien ?
03:23C'est ça.
03:24Il faut qu'il y ait une fronte d'unité,
03:27si on travaille pour la France.
03:29On va se prendre des chariots à l'international, là.
03:32C'est-à-dire ?
03:33Ah, bah, moi, des coups de pied au cul aux députés, là,
03:36j'en filerai un paquet.
03:38Aux députés !
03:39Au pluriel, oui, oui, j'entends bien.
03:42C'est un très bon coup de pied.
03:43Parce que c'est un très mauvais exemple.
03:46Mais notre image est dégradée depuis très longtemps.
03:49Non, mais là, ça continue, là.
03:51Là, ça devient insupportable.
03:53Allez, ciao.
03:54Ciao, merci, bon courage.
03:55Musique douce
03:58Ici, le député est en terrain conquis.
04:01Il a été élu dès le premier tour des législatives.
04:05Les habitants comprennent son choix de voter
04:09pour la motion de censure.
04:12Bon.
04:13C'est le caca, le gouvernement, ça.
04:15Il y en a plus.
04:16Oui, il y en a plus.
04:18Un moment, on est arrivés
04:20dans une situation de catastrophe, quoi.
04:23Il faut faire quelque chose, il faut réagir,
04:26mais on est tous craintifs de l'avenir.
04:29M. Barnier aurait dû anticiper le fait
04:33qu'il avait en face de lui un groupe politique courageux
04:36qui ne voulait pas trahir le mandat et la parole donnée
04:40par les électeurs.
04:41C'est un petit péché de vanité.
04:43Il manquait 3 milliards, les retraites, c'était fini.
04:46L'indexation des retraites, on ne votait pas.
04:49Musique douce
04:52...
04:54Le Rassemblement national a fait pression
04:57jusqu'au dernier moment sur le gouvernement.
05:00Une situation qui laisse un goût amer
05:03aux députés fidèles au président de la République.
05:06Frédéric Valtout, député de la 2e circonscription de Sénéma,
05:09député d'Horizon, président de la commission des affaires sociales,
05:13et je n'ai pas voté la motion de censure.
05:15...
05:16Frédéric Valtout organise régulièrement
05:19des cafés citoyens dans sa circonscription.
05:22Celui d'Emponville était prévu bien avant la chute du gouvernement.
05:27Avant de rencontrer les habitants,
05:29le député reçoit d'abord les agriculteurs,
05:32très impactés par la censure.
05:34Redis-moi ce que vous allez perdre avec cette histoire de censure.
05:37Une enveloppe de 400 millions d'euros.
05:40C'était des mesures structurelles
05:42qui avaient été négociées au mois de janvier,
05:45mais qui devenaient de plus en plus urgentes
05:48par rapport à la conjoncture.
05:50Là, c'est un 2e coup de massue, tu comprends ?
05:52Hum.
05:54Il y a urgence. Encore une fois, il y a urgence.
05:56C'est pour sauver nos exploitations à court terme.
05:59On fait le point en début de semaine
06:01avec les services de l'Assemblée, la présidence,
06:03en fonction de si un gouvernement est canonné ou pas,
06:06comment on peut ne pas perdre le bénéfice de ces mesures.
06:09Comment ça s'écrit juridiquement ?
06:11Encore une fois, si ce calendrier venait à être trop lent,
06:15il faut négocier des mesures concrètes,
06:17soit par décret, soit local, au niveau départemental,
06:20par les préfectures.
06:21Il faut redonner un peu de souffle immédiatement.
06:24Donc si les discussions au Parlement traînent de trop,
06:27je pense qu'il faut agir d'une autre manière, rapidement.
06:33Le message sonne comme un avertissement.
06:36Dans le café, les habitants, eux,
06:38semblent désabusés par la situation politique.
06:42C'est un grand bazar, aujourd'hui.
06:44On s'y intéresse, c'est pour ça qu'on est là,
06:46mais une partie de la population, quand on parle avec eux,
06:49quand je discute avec les uns et les autres,
06:51qu'est-ce qu'on entend aujourd'hui ? On va plus aller voter.
06:54Les gens ne comprennent pas que nos élus
06:58s'intéressent d'abord, semble-t-il, à leur parcours,
07:02avant de s'intéresser à l'intérêt public.
07:05Il y avait déjà une défiance, un peu, de la classe politique
07:10et un désenchantement par rapport à la vie politique,
07:14qui était déjà fort.
07:15C'est sûr que l'épisode actuel ne va pas l'améliorer.
07:19On a l'impression que c'est le Parti socialiste qui détient la clé.
07:22En fait, tout l'enjeu, aujourd'hui,
07:25c'est comment on passe d'une majorité très relative,
07:28et effectivement de ces trois blocs, on va dire, à grands traits,
07:31à de donner un peu de stabilité aux institutions.
07:34Donc, il faut, à ce moment-là, qu'on accepte tout.
07:36On ne fera pas le programme rêvé
07:38que chacun aurait voulu pouvoir faire s'il avait toutes les manettes,
07:42mais c'est par des concessions qu'on arrivera
07:45à mener les affaires de la France, donner de la stabilité aux institutions
07:48et répondre aux urgences.
07:49On le voit, dans l'élection de la censure, en fait,
07:52c'est des petits pions.
07:53On a 500 députés qui sont 500 petits pions,
07:56qui votent comme le dictateur a dit, quoi.
07:59Est-ce qu'on aura quand même des gens qui auront un peu de puissance
08:02pour dire, là, je ne suis pas d'accord ?
08:04C'est pour ça qu'il n'y a pas de... On ne peut pas s'assembler.
08:08Parce que personne ne réagit par son propre opinion.
08:11Tout le monde réagit par rapport au grand chef.
08:13On a essayé, en attendant la censure, d'aller voir des députés
08:16pour leur dire, est-ce que vous mesurez la conséquence de la décision ?
08:19Est-ce que vous mesurez, vous êtes élus de territoires ruraux, agricoles,
08:23est-ce que vous mesurez l'impact concret de la décision que vous prenez ?
08:27Bon, après, effectivement,
08:29ils votent comme leur chef leur demande de voter.
08:32A l'Assemblée, Frédéric Walthout n'a pas réussi à convaincre.
08:37Les socialistes ont fait le choix de la censure.
08:40Bonjour, je suis Diana Badiop.
08:42Je suis la députée de la 9e circonscription des Yvelines.
08:45Cette semaine, j'ai voté la censure contre le gouvernement de Barnier.
08:49Et me voilà de retour sur ma circonscription.
08:54Pour son retour sur le terrain,
08:56Diana Badiop vient soutenir les professeurs et les parents d'élèves
08:59de son ancien lycée des Mureaux.
09:02Il multiplie les actions pour obtenir davantage de moyens.
09:06Ah, la classe !
09:10Ah, génial !
09:12Mais je peux avoir les mêmes ?
09:14Vous voulez pas venir à l'Assemblée ?
09:17C'est bien, ça ?
09:19Ah oui, vous allez bien ?
09:21Mais je crois que si je fais ça, on rentre à l'Assemblée,
09:23je vais me faire sortir.
09:26Y a que la garde républicaine qui a le droit.
09:28C'est un peu le bazar là-bas, mais on sait pas ce que ça va donner,
09:32ça va être réglé.
09:33Les gens sur le terrain vous interpellent
09:35sur la situation politique ?
09:37Sur la censure ?
09:38Oui, toute la nuit, ils me disent comment ça se passe,
09:41comment tu le sens.
09:42Je les rassure, surtout,
09:44parce qu'il y a eu beaucoup de bruit sur le fait que ce serait le chaos.
09:47S'il y avait la censure, y a pas de chaos.
09:50Plus de moyens pour le lycée de Lyon !
09:54Engager le dialogue, rassurer et expliquer,
09:58c'est la méthode de la députée.
10:00Ici, tous comprennent son vote.
10:02On a accueilli le lycée de Lyon !
10:04Je suis inspecteure des services publics.
10:07Ah, d'accord !
10:08Tu connais bien le processus.
10:10Donc, toi, tu t'es pas laissé berner par ça va être le chaos ?
10:13Non.
10:14On sait que c'est pas possible.
10:16Les institutions sont solides, ça n'existe pas.
10:18Ils parlent d'un chaos.
10:20Ah oui, et pas qu'un peu.
10:21En plus, le pire, c'est qu'ils continuent.
10:24Je les missionne à part.
10:25C'est nous qui avons pas compris.
10:27Mais c'est toujours nous, c'est toujours nous, le problème.
10:30Pour l'un des professeurs,
10:32c'est aussi l'occasion de passer un message à la députée.
10:35Je suis content que le PS s'exécute à l'isentement.
10:39En fait, en tout cas, nous, ce qu'on fait,
10:41c'est qu'on essaye d'expliquer qu'il y a un chemin
10:44pour pouvoir travailler, et ce chemin-là,
10:46il doit se faire en concertation
10:48avec toutes les forces de l'arc républicain.
10:51Mais ça veut pas dire qu'on change d'alliance.
10:53Comme on n'a pas de majorité,
10:55à un moment donné, il va bien falloir discuter avec tout le monde.
10:59C'est le message que Diana Badiop
11:02vient faire passer sur le marché de Maul.
11:04Ici, c'est une terre de droite.
11:07Si la députée entend les inquiétudes,
11:10elle assume et explique son vote.
11:14Vous comprenez que des députés,
11:16que votre député ait voté la censure ?
11:23Non, pas exactement.
11:25Non, pas exactement.
11:26Parce que pour qu'un pays aille,
11:29il faut malheureusement qu'on soit ensemble
11:32et que tout le monde fasse des concessions.
11:34C'est comme dans un couple, il faut réussir à s'entendre.
11:38Nous, on a censuré, pourquoi ?
11:40Parce que M. Barnier, il a dit que je déclenche un 49-3.
11:43Il nous a pas laissés voter.
11:45Donc, nous, s'il déclenche un 49-3,
11:47le seul moyen de dire qu'on n'est pas d'accord,
11:50c'est de censurer. C'est pour ça.
11:51Mais sincèrement, on aurait préféré ne pas avoir à censurer.
11:55Moi, j'aurais préféré ne pas être dans cet instant un peu inédit
11:58où, depuis 60 ans, on n'avait pas fait tomber un gouvernement.
12:01Mais comme vous dites, il faut faire des concessions.
12:04Mais si les concessions, elles viennent toujours du même côté
12:07et que les autres n'entendent rien, il faut que tout le monde fasse ça.
12:13Si la députée est prête à quelques concessions politiques
12:17pour la formation du nouveau gouvernement,
12:19elle attend en retour que le président fasse un pas
12:22vers son opposition.
12:25C'est pour ça qu'on lui a dit qu'il faut un ministre de gauche.
12:29Vous avez essayé à droite, ça dure trois mois.
12:31En plus, ils se sont mis dans l'amende du RN.
12:34Ca ne fonctionne pas.
12:35Eh bien, donner à la gauche l'opportunité d'essayer...
12:39Voilà, il faut laisser les parlementaires
12:42faire leur travail et voir un peu comment ça va se passer.
12:45Il ne faut pas être inquiet.
12:47Musique douce
12:49...
12:51Face aux Français et face à l'instabilité,
12:55les députés tentent de rassurer.
12:57Chacun d'entre eux sait que la stratégie
13:00de son bloc politique sera déterminante
13:03pour les futurs rapports de force à l'Assemblée.
13:06...
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