Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 an

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Europe 1, 11h, 13h, Pascal Praud et vous !
00:06Maître Antoine de Vey est avec nous, il est avocat d'Oscar Gégou et Hugo Auradou,
00:11les deux rugbymen que vous connaissez.
00:13La justice argentine a annoncé qu'elle abandonnait les poursuites contre ces deux rugbymen
00:17qui étaient inculpés de viols aggravés en juillet lors d'une tournée du 15 de France.
00:21Alors, le sujet que vous avez soulevé, qui est un sujet important et on le voit bien,
00:26avec ce qui s'est passé autour de Mbappé, qui aujourd'hui, l'affaire est close
00:31puisque le procureur de Suède a annoncé qu'il n'y avait pas d'éléments pour aller plus en dedans.
00:40Le sujet que vous soulevez, comment la presse, et qui influence forcément l'opinion publique,
00:45doit-elle traiter une affaire qui, généralement, concerne quand même une personnalité ?
00:50Comment doit-elle traiter ? Et moi, je n'ai pas la réponse à cette question.
00:54Alors, si vous avez un modus opératoire à proposer, je l'écoute volontiers.
01:00Non, mais il n'y a pas déjà de volonté de...
01:03Parce que tout débat semblerait dire que ça doit être une limitation.
01:06L'air de dire qu'il ne faudrait pas que la presse s'empare d'un sujet quand il est judiciaire.
01:10Ce n'est pas du tout le cadre.
01:11Le cadre, d'abord, il est fixé par des conventions.
01:13Il y a des conventions très claires qui expliquent comment un journaliste doit, par exemple,
01:16faire état dans son article d'éléments qui pourraient le rendre moins objectif.
01:20C'est un cadre clair.
01:23Et puis, deuxièmement, c'est plus, moi, je pense, l'éducation du public qui reçoit l'information.
01:28Si vous regardez la façon dont les affaires judiciaires étaient présentées au XIXe siècle,
01:32elles étaient présentées avec un parti pris.
01:34Le chroniqueur judiciaire avait une plume, il avait une façon de faire.
01:37Mais les journaux, quand vous lisiez tel journal, vous saviez que c'était tel parti pris.
01:42Aujourd'hui, il y a une pluralité qui doit être...
01:45Et qui, je crois, est quand même assez forte dans notre pays.
01:47La difficulté, c'est de savoir si ce qu'on lit dans le journal est vrai.
01:50Et ça, ça pose la question du contradictoire, de la prise en compte des intérêts divergents.
01:54Du fait de, par exemple, le mot plaignant, victime, c'est quand même très important.
01:59Si dans une affaire judiciaire, quand quelqu'un conteste les faits,
02:02il est présenté qu'il y a une victime, c'est que forcément, les faits sont établis.
02:06Donc, il y a plein de choses...
02:08Moi, je vais défendre les journalistes.
02:10Les journalistes y suivent.
02:11Dans l'affaire, par exemple, de Suède, ce n'est pas les journalistes qui sortent l'affaire.
02:14C'est parce qu'il y a le procureur de la République de Suède qui, effectivement...
02:20Ça, je n'en sais rien. Je ne sais pas d'où vient l'information.
02:22L'information, elle vient toujours de l'institution.
02:25Non, elle ne vient pas toujours de l'institution, pas du tout.
02:2780% des éléments viennent de fuites de dossiers.
02:30Et c'est ça qui est critiquable.
02:32Quand l'institution judiciaire communique, elle a le droit de le faire.
02:34Le parquet a des fenêtres de communication.
02:36Mais c'est ce qui s'est passé avec l'Argentine.
02:37C'est parce que, tout d'un coup, ces jeunes gens sont en garde à vue.
02:40Oui, mais c'est une emballe dans l'affaire.
02:42D'abord, toutes les affaires sont un peu différentes.
02:43Quand il y a des fuites de dossiers dans un cadre politique, par exemple,
02:48qui visent à orchestrer que les fuites vont générer des articles
02:52alors que la personne est présumée innocente,
02:53ce n'est pas du tout le même cadre que quand,
02:55dans un cadre criminel ou dans un cadre d'attentat,
02:57un parquetier vient donner des éléments d'enquête.
03:00Attendons bien, mais par exemple, en l'espèce,
03:02qu'est-ce qui aurait pu être...
03:03Qu'est-ce qui aurait pu être dans l'affaire que vous avez suivie ?
03:06En l'espèce, c'est l'emballement.
03:08Mais c'est inhérent à la personnalité.
03:10Deuxièmement, la façon dont les faits sont rapportés.
03:15Le fait de pouvoir rapporter les faits avec des précautions.
03:18Le fait de ne pas dire qu'un viol a été commis.
03:20Même pour les avocats, je dirais que c'est une réserve.
03:23Quand vous avez l'avocate de la plaignante qui sort
03:25et qui raconte les faits comme si elle y avait été...
03:27Mais c'est pas ça, c'est pas les journalistes.
03:29Mais pourquoi vous voulez...
03:33Mais parce que les journalistes y suivent, c'est ce que je viens de vous dire.
03:36Je viens de vous dire exactement le fait que ça n'est pas que la responsabilité des journalistes.
03:39C'est déjà la médiatisation, la place qu'occupent les médias,
03:42le temps de l'information.
03:44Quand vous avez des réseaux sociaux qui véhiculent des informations complexes,
03:47vous voyez, on a parlé cinq minutes du dossier,
03:49et qu'il faut qu'en 30 secondes, ça soit l'information la plus polarisée,
03:52la plus extraordinaire qui filtre.
03:55Alors qu'un raisonnement judiciaire, c'est quelque chose de long, de compliqué.
03:58Une absence de culture générale sur ce qu'est le droit, sur le fonctionnement de la justice.
04:03C'est pas les journalistes qui sont en faute.
04:05C'est une société dans son ensemble qui a du mal à...
04:08Oui, mais vous n'allez pas réformer forcément tout ça.
04:10Non, mais je n'ai pas comme métier de le réformer.
04:12Non, mais sur le fond, je suis assez d'accord avec vous.
04:15C'est un rapport à l'information qui est un rapport qui a évolué dans les derniers temps
04:19et qui n'est pas figé. C'est le rapport à l'information.
04:21Ça a toujours été plus ou moins les faits divers, ça a toujours été...
04:24Vous savez, quand vous regardez ce que faisait François dans les années 50-60,
04:28qui était le média dominant,
04:30il y avait alimentation du fait divers.
04:33Parce que le débat n'est pas sur le c'était mieux avant.
04:35Le débat est sur comment, dans un monde qui est de plus en plus connecté,
04:38on arrive justement à améliorer la qualité de l'information.
04:41Et ça ne sera pas facile.
04:42Dernière chose, est-ce qu'il y a une fin judiciaire de cette affaire ?
04:49Ou est-ce qu'on repart avec l'appel qui a été fait par l'avocate de la plaignante ?
04:56Qu'est-ce qu'il va se passer ?
04:58Techniquement, cet appel fait qu'il y aura une audience qui devra statuer sur le mérite de cet appel.
05:02Mais sur le fond, il y a des dossiers dans lesquels on pense que, par exemple,
05:05le juge peut avoir une autre interprétation.
05:07Et d'ailleurs, c'est perturbant en termes d'information dans l'esprit du public
05:10de savoir qu'une affaire pourrait être perdue, gagnée, etc.
05:12Ça veut dire que le cadre n'est pas rigide.
05:15Mais là, dans ce dossier-là, quand on lit la décision,
05:18il n'y a rien qui peut être modifié au stade d'appel.
05:22Parce que l'interprétation qui est donnée des éléments objectifs
05:25n'est pas une interprétation qui est susceptible d'évoluer.
05:27Parce qu'elle est objective en fait.
05:29Et clairement, par exemple, l'expertise psychiatrique contradictoire
05:33réalisée par la justice et pas des expertises privées
05:37est extrêmement accablante sur le récit de la plaignante.
05:41Ce qui ne veut pas dire sur la plaignante en elle-même.
05:43Parce que la difficulté, c'est quand vous avez une parole qui est fragile,
05:46parce qu'elle vient d'une personne fragile,
05:48accabler la plaignante en disant qu'elle est fragile ne sert strictement à rien.
05:52Ce qui est important par contre, c'est que sa parole a été conditionnée.
05:55Et donc, elle n'a pas dit la vérité.
05:57Et donc, elle a accusé à tort, de manière mensongère,
06:00des joueurs qui aujourd'hui porteront toujours le poids de cette accusation.
06:03Merci en tout cas d'être passé par le studio d'Europe 1.
06:06C'était clair et puis c'est bien, là où je vous rejoins,
06:09de donner le temps de l'explication.
06:12Parce que tout ça ne se dit pas forcément en 15 secondes.
06:15Et je rappelle qu'Oscar Gégou et Hugo Auradou
06:18ne sont plus inculpés de viol aggravé en juillet.
06:23Lorsque cette plaignante avait accusé ces deux joueurs de rugby, de viol.
06:30Merci grandement monsieur Veil.
06:33Et à très vite, il est 12h10, on va marquer une pause.
06:36Un petit décalage aujourd'hui, parce que monsieur Veil est resté quelques instants en plus.
06:40Mais chaque jour à cette heure-là,
06:42monsieur Guenex nous offre un cadeau jusqu'au 24 décembre.
06:45Il donne une idée de cadeau et le cahier des charges,
06:47c'est d'avoir un cadeau de moins de 50 euros.
06:49Je ne sais pas si vous avez fait vos cadeaux de Noël déjà ?
06:51Je commence, mais là je vais écouter ça après le podcast
06:54et ça va me donner une petite indication complémentaire.
06:57C'est vraiment l'esprit de Noël qui règne dans votre studio.
07:00Je vous remercie d'avoir remarqué cela.
07:04Ça me fait plaisir parce que tout le monde ne voit pas cette dimension.
07:07Il faut savoir voir les belles choses dans la vie.
07:09Ça a l'air de vous toucher.
07:10Oui, bien sûr.
07:11Je ne suis pas derrière cette apparence.
07:13J'ai un petit cœur qui bat, comme tout le monde.
07:15Il est 12h11 à tout de suite.
07:17Dans un instant, le cadeau de monsieur Veil.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations