00:00Je viens de Seine-Saint-Denis et quand j'étais petite, je n'étais pas de droite, je n'étais pas de gauche, je ne savais pas ce que ça voulait dire la droite et la gauche.
00:05Mais je savais qu'à 15 ans, parce que j'étais une jeune femme, je ne pouvais pas sortir de chez moi sans avoir peur.
00:10Que parfois j'étais obligée de changer de tenue quand j'arrivais là où j'allais parce que je savais que je pouvais me faire agresser.
00:15Je me suis faite voler mon téléphone plus de 15 fois dans le RERB, dans le tramway, dans le RERE.
00:20Et quand je rentrais chez moi, j'avais les larmes aux yeux et j'avais honte de dire à mes parents qu'ils devaient me racheter un téléphone
00:25parce que je pensais que c'était de ma faute si je m'étais faite agresser.
00:27Vous vous rendez compte, on fait vivre toute une jeunesse dans ça, toute une jeunesse.
00:31Et ce n'est pas de l'idéologie de vous dire ça, on est des millions à l'avoir vécu.
00:34Je pense que beaucoup de gens qui m'écoutent là ce soir, qui ne sont pas forcément des gens de droite, encore moins d'extrême droite,
00:39se disent que ce n'est pas possible de vivre comme ça dans un pays comme la France.
00:43On est un grand pays, ce n'est pas possible de s'habituer à ce genre de choses.
00:46Ce n'est pas possible que Manon Aubry veuille me rentrer dedans et me couper la parole parce que je dis simplement le vécu de jeunes filles.
00:52Personne ici ne veut rentrer dans personne et me couper la parole.
00:54Vous terminez votre liste de paroles et Manon Aubry vous répond.
01:02Il y a des mesures de bon sens qui peuvent trouver un consensus.
01:05Elle trouve un consensus chez les Français et elle n'arrive pas à trouver de consensus ici.
01:09Et c'est ça qui est dramatique et c'est pour ça que je vous disais tout à l'heure que vous êtes en train de vous couper du reste du peuple.
01:13Avoir des frontières, par exemple, c'est quelque chose de banal.
01:16Tous les pays ont des frontières, on a eu des frontières pendant des siècles.
01:19Il suffirait simplement de se remettre.
01:21L'Algérie a des frontières, la Tunisie a des frontières, les Etats-Unis ont des frontières.
01:24C'est facile de pouvoir...
01:26Une loi immigration va changer sur les sujets que vous mentionnez.
01:30Manon Aubry, puisque vous étiez en train de répondre à Sarah Knafo.
01:33Il se trouve, Sarah Knafo, que je suis aussi une jeune femme, je crois en plus qu'on a à peu près le même âge,
01:39et qu'on arrive à ce moment des débats politiques, je vais vous dire comme je le pense et avec tout mon cœur,
01:45ce moment abject pour les droits des femmes, ce moment où vous instrumentalisez le droit des femmes,
01:50ce moment où vous dites, et par ailleurs vous êtes assez mal placée, sachant que vous êtes dans un parti
01:55dont le leader, Éric Zemmour, est lui-même poursuivi pour violences sexuelles.
02:02Adrien Quatennens ne siège plus dans mon groupe et n'est plus élu.
02:04La différence entre vous et moi, Madame Knafo, c'est que la question des violences sexistes et sexuelles, nous les prenons au sérieux.
02:11Il se trouve que 90% des violences sexistes et sexuelles sont commises, et en particulier pour les violences sexuelles et pour les viols,
02:17par les hommes de l'entourage, Madame Knafo.
02:19Allez dire ça à Claire Géronimi, les yeux dans les yeux.
02:21Madame Knafo, moi je vais vous dire droit dans les yeux, que ce que vous faites d'instrumentaliser la question des droits des femmes
02:29pour servir toutes vos obsessions racistes et xénophobes, c'est insupportable.
02:34Et que la femme que je suis, qui attend par ailleurs des actes d'un gouvernement qui n'a jamais agi sur la question des violences sexistes et sexuelles,
02:42que la société qui est complètement bouleversée par le procès de Gisèle Pelliot, attend des actes, attend des moyens, attend la définition, le changement de la définition du viol.
02:52Donc on aurait pu faire un chapitre sur la question des droits des femmes, mais vous voyez ce chapitre, il n'a rien à voir avec les questions d'immigration.
02:58Alors cessez d'instrumentaliser les questions des droits des femmes pour servir vos obsessions racistes et xénophobes.
03:05Je voulais le dire parce qu'au bout d'un moment, ça suffit que vous utilisiez les droits des femmes comme de la chair à canon électoral.
03:11Et je serai toujours sur votre passage pour ne pas laisser faire.
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