00:00Sami, vous êtes quelqu'un d'extrêmement sensible et la gloire de Taxi, est-ce que ça n'a pas été difficile à digérer avec cette sensibilité ?
00:08Est-ce que tout est arrivé à ce moment-là, l'argent, la gloire, peut-être les tentations ? Est-ce que c'est le moment charnière de votre vie où ça a été compliqué à gérer ?
00:16Bien sûr que ça a été compliqué parce que ça tombe dessus comme ça, tu n'es pas préparé à ça, tu ne sais pas que tu vas faire 12 millions d'entrées,
00:23tu les vois tous sauter sur les tables, tu te demandes pourquoi parce que c'est la première heure de…
00:27mais ils ont une salle test et ils savent qu'avec cette salle test, ils vont péter le score, donc tu les vois tous sauter sur les tables et après quand tu vois que tu as fait 12 millions,
00:35alors c'est sûr que d'un coup avec tes potes de quartier, tu ne rentres nulle part dans aucune boîte de nuit de Paris et puis d'un coup, on te fait des haies d'honneur,
00:44viens, laisse-le passer, viens, viens et tu rentres avec tout le monde, ceci, cela, donc à un moment donné, c'est difficile à contrôler, à gérer, pardon,
00:53il faut être bien entouré et peut-être que je n'ai pas fait les bonnes choses à un moment donné, peut-être que je me suis encanaillé avec des gens qu'il ne fallait pas,
01:02peut-être que j'aurais dû rester avec mes copains du cinéma et faire le tri avec les copains de banlieue parce que j'avais le cul entre deux chaises
01:08et si c'était à refaire aujourd'hui, je resterais avec mes potes du cinéma et puis je leur dis les gars, je vous verrai la semaine prochaine, tu vois.
01:16– Oui, mais ça c'est toi aussi, alors Samy, tu veux que je te dise, je te connais un peu, je pense que si c'était à refaire, tu ferais exactement la même chose.
01:22– Je ne crois pas, je te dis franchement, je ne crois pas.
01:24– Tu n'aurais pas lâché tes potes ?
01:26– Non, ce n'est pas ça que je veux dire, c'est que je ne veux pas, je suis maître de ma vie et j'ai été maître de ma vie,
01:35mais je veux dire par là que je ne veux pas non plus faire pleurer dans les chemières et dire ouais, c'est de leur faute, non, non, j'ai ma part de responsabilité,
01:42mais je veux dire à un moment donné, moi j'ai ramé, je me suis battu, j'ai défoncé les portes pour faire ce métier, je voulais travailler,
01:50je regardais Bébel à la télé de long et je me suis retrouvé avec Bébel au cinéma, je veux dire j'ai poussé les portes pour faire ce truc.
01:58Et à un moment donné, j'ai fait peut-être un complexe par rapport à mes potes, j'ai dit putain, eux ils n'ont pas, moi j'ai, pourquoi je ne leur donne pas ?
02:06Et au final après, pourquoi ? Pour que tu te retrouves derrière les barreaux, il n'y en a pas un qui t'envoie 10 francs, il n'y en a pas un qui t'envoie une carte postale,
02:14il n'y en a pas un qui s'occupe de ton fils, il n'y en a pas un qui amène ta mère au parloir, non allez chier, je m'en fous.
02:20Alors j'en ai 2-3 qui sont là et qui sont béton et qui ont toujours été là, mais la majorité c'est les piques-assiettes etc.
02:26J'aurais voulu avoir le cerveau que j'ai aujourd'hui, l'avoir à l'époque, mais ce n'est pas possible.
02:30– Samy, qui sont restés tes potes du cinéma ou tes potes de carrière ?
02:35– Non, j'ai des potes d'avant de quartier qui sont là, qui bougeront jamais et qui ont toujours été là, et ça c'est des bases solides.
02:43Mais j'ai des vrais potes de cinéma avec qui je peux échanger, parler de ma passion, de mon amour du cinéma, du jeu.
02:50Là j'ai passé la nuit, on vient de finir un court-métrage avec ma chérie, où elle a le rôle principal avec une copine à elle comédienne,
02:55j'ai passé la nuit au montage avec un jeune mec qui sort d'une école de cinéma, à monter le premier court-métrage où ma femme a le rôle principal.
03:04Mais c'est un bonheur !
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