00:00Et si l'élément marquant, le véritable tremblement de terre politique de ces derniers jours, n'était pas la chute du gouvernement Barnier,
00:07reposant sur la majorité la plus étriquée de l'histoire de la Ve République, mais ce qu'il s'est passé juste avant.
00:12Pour la première fois de son histoire, le Rassemblement National est passé de paria,
00:17méprisé par tous les gouvernements successifs, qu'ils soient de droite, de gauche ou du centre,
00:22à interlocuteur légitime du Premier ministre Michel Barnier, avec qui il a eu, en pleine lumière, de véritables négociations, non sans conséquences.
00:32C'est du jamais vu. En 1997, les quelques élus ayant négocié avec le Front National de l'époque en vue des régionales
00:40s'étaient fait vertement réprimander par leur parti, l'UDF. Il y a encore un an, le ministre de l'Intérieur avait refusé toute discussion
00:48avec les troupes de Marine Le Pen pour faire passer sa loi Immigration, le chef de l'État allant jusqu'à promettre que cette loi
00:55devait être adoptée sans les voix du RN. Les temps ont visiblement changé. Et comment ? En quelques mois, le cordon sanitaire est devenu fil de négociation
01:04entre le gouvernement et le Rassemblement National, prenant en compte le poids nouveau de ce dernier, devenu premier groupe à l'Assemblée Nationale.
01:12Michel Barnier restera finalement, bien malgré lui, le faux soyeur d'un tabou vieux de 40 ans, avec pour conséquences prévisibles
01:19l'impossibilité de toute nouvelle diabolisation du RN par les forces de l'éphémère socle commun.
01:26Et oui, on ne négocie pas avec un parti le lundi pour l'ostraciser en le qualifiant de peste brune ou de fasciste le mardi.
01:33Et ce, quand bien même ce parti en aurait profité pour rappeler de la plus brutale des manières son ADN populiste
01:39en censurant le gouvernement, quelles que soient ses concessions.
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