00:00RTL Soir, Yves Calvi et Agnès Bonfillon.
00:03Il est 18h43, bonsoir Georges Malbrunot.
00:06Bonsoir Yves.
00:07Merci de nous rejoindre sur RTL, vous êtes grand reporter au Figaro, éditorialiste dans notre radio.
00:12Notre ministère des Affaires étrangères affirme aujourd'hui qu'il promet de respecter le mandat d'arrêt émis il y a quelques jours
00:18par la Cour pénale internationale contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.
00:22Mais dans le même temps, le quai d'Orsay évoque, je cite, les immunités des Etats non partis à la CPI,
00:28enfin bon, ce qui est le cas d'Israël.
00:30Soyons clairs, est-ce que ça veut dire qu'on l'arrête s'il vient en France ?
00:34Non, justement, s'il vient en France, on ne l'arrêtera pas parce que ce matin, le quai d'Orsay a publié un communiqué
00:41disant que finalement, un dirigeant d'un pays qui, comme vous le disiez, n'a pas reconnu la CPI,
00:48eh bien, ce dirigeant bénéficie d'une immunité et donc Benjamin Netanyahou, s'il venait en France, ne serait pas arrêté.
00:56Alors, c'est évidemment un revirement par rapport à ce qu'on nous disait la semaine dernière,
01:02vous vous souvenez peut-être, il y a exactement une semaine, lorsque le mandat d'arrêt a été lancé par la CPI
01:10contre Benjamin Netanyahou, la France a dit, successivement par la voix du quai d'Orsay,
01:16ensuite par la voix d'Emmanuel Macron, que la France respecterait ses engagements
01:22puisqu'elle est signataire du statut de Rome qui institue la Cour pénale internationale
01:27et donc qu'elle se conformerait à ses engagements, ce que d'ailleurs Michel Barnier, hier, avait rappelé à l'Assemblée nationale,
01:35le Premier ministre, en disant que la France remplirait ses obligations.
01:38Donc, évidemment, pourquoi il y a eu ce revirement qui est quand même assez surprenant ?
01:45Eh bien, c'est parce qu'entre la semaine dernière et aujourd'hui, il y a eu, vous en avez fait état sur RTL,
01:52un cessez-le-feu au Liban entre Israël et le Hezbollah,
01:56et que depuis des semaines, la France et les États-Unis négocient en coulisses pour ce cessez-le-feu.
02:02Simplement, d'après un site qui est bien informé, le site Axios,
02:07la semaine dernière, lorsque Benjamin Netanyahou a appris la position française concernant son mandat d'arrêt,
02:14eh bien, il a dit, puisqu'il en est ainsi, la France ne participera pas aux négociations, en tout cas aux règlements,
02:23aux comités de surveillance de ce cessez-le-feu qui est rentré en vigueur cette nuit,
02:28et que par conséquent, Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahou se sont parlé au téléphone.
02:36L'Élysée, évidemment, dément, mais il y a fort à parier que Benjamin Netanyahou
02:41a marchandé, en quelque sorte, l'immunité dont la France l'assurerait s'il venait en France
02:48contre une place réservée à la France dans ce comité de surveillance du cessez-le-feu au Liban
02:55qui est intervenu la nuit dernière avec un communiqué conjoint, vous avez vu, Joe Biden-Emmanuel Macron,
03:01et ce matin, eh bien, le quai d'Orsay se fendait de ce communiqué qui est quand même extrêmement...
03:07Complexe.
03:08Complexe et surtout qui signe, je veux dire, un revirement extrêmement politique
03:14et qui ne convainc pas et qui a entraîné d'ailleurs des critiques d'un certain nombre d'élus français.
03:21Georges Malbruneau, ça veut dire qu'au nom de la diplomatie, on ne respecte pas la Cour pénale internationale ?
03:30En tout cas, au nom d'une conception de la diplomatie, c'est-à-dire de vouloir être partie prenante
03:38à un règlement d'un conflit, ce qui est tout à fait honorable, eh bien,
03:42on marchande et on accepte de revenir sur ses engagements parce qu'encore une fois, je vous dis,
03:46depuis une semaine, si vous reprenez les déclarations successives du quai d'Orsay, de Michel Barnier
03:51et même d'Emmanuel Macron, la France, conformément à sa position traditionnelle de respect du droit international,
03:58devait se conformer à ses engagements, c'est-à-dire effectivement, lorsque Benjamin Netanyahou,
04:04si l'aventure est devenue en France, il serait arrêté. Et donc là, il y a eu du marchandage
04:09parce qu'on a considéré qu'en France, il fallait accéder aux demandes de Benjamin Netanyahou
04:16et ce qui, évidemment, jette une image un petit peu et qui conforte un petit peu.
04:20Je faisais une chronique il y a quelques semaines sur les zigzags d'Emmanuel Macron au Moyen-Orient.
04:26Là, on en a un nouvel exemple de ce zigzag qui jette évidemment une lumière un peu crue
04:33sur ce qu'est la politique française dans cette région.
04:35Alors, je précise que des pays comme l'Italie et le Royaume-Uni, Georges,
04:38eux ont annoncé qu'ils respecteraient l'engagement auprès de la CPI.
04:42Et ça veut dire qu'ils l'arrêtent, lui, et qu'ils le mettent en prison ?
04:45Ça veut dire que normalement, ils devraient le faire. Mais l'Italie et la Grande-Bretagne ne sont pas membres.
04:51On a déjà vu ça ?
04:52Non, on n'a pas vu ça à l'égard d'un Premier ministre israélien.
04:56Mais ça veut dire aussi que l'Italie et la Grande-Bretagne ne sont pas impliqués dans les négociations sur le Liban.
05:03On assiste effectivement un peu à un marchandage.
05:07On a assisté à un marchandage qui ne donne pas une image, encore une fois, très glorieuse
05:11de la position, de la posture diplomatique française.
05:15Mais bon, ça fait partie de la réalité des relations internationales
05:19qui peut nous choquer, qui doit nous choquer, mais il en est ainsi.
05:25Et Poutine dans tout ça ?
05:27Poutine, lui, effectivement, pourrait harguer que s'il venait,
05:33s'il devait, si la Russie n'a pas signé la CPI,
05:38on pourrait lui ressortir, effectivement, dire qu'il y a un article du statut de Rome
05:45qui institue cette CPI pour lui dire que vous disposez d'une immunité.
05:49Ce qu'il faut dire, c'est que cette version qui a été sortie ce matin par le Quai d'Orsay,
05:53elle est contestée, elle est ouverte à diverses interprétations de la part d'un certain nombre de juristes.
05:59Donc là, la France risque de se retrouver accusée de part et d'autre, de tous les bords,
06:06d'avoir justement une vision, une conception très, très évolutive du droit international.
06:12Merci beaucoup, Georges Malbrunot, de vos analyses grand porteur au Figaro.
06:15On retrouve votre éditorial chaque vendredi dans la matinale d'RTL,
06:18et je précise que ce soir, il sera le fait donc à peine de cette décision de la Cour pénale internationale
06:22et demande la suspension de celui-ci.
06:24Dans un instant, un homme mandaté pour nous faire rire, c'est pas compliqué,
06:28il est très en forme, il s'appelle Marc-Antoine Lebray.
06:30C'est le Breaking News.
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