00:00Et bonjour, bonsoir, bienvenue, nous allons au 30 ans du festival des 7 collines, une
00:12invitation exceptionnelle, un événement qui a son histoire, ses débuts, ses premiers
00:17pas sur le grand écran, et puis 15 ans, ce sont les cirques qui s'ancrent, qui s'enracinent
00:23même à 30 mètres du sol, comme ici, les transexpress, l'amitié spéciale de cette
00:2830e édition, une édition en 3 épisodes, ils ont eu lieu en mai, juin, juillet, des
00:34créations hors normes, et des spectacles ciné, théâtre, cabaret, ou sans images,
00:39comme le cirque trottelat qui garde le mystère, voilà, c'est une édition des 30 ans dans
00:44l'esprit du festival, à la fois équilibriste et alerte, et on commence avec des scènes
00:50circassiennes des Black Blues Brothers, qui rendent hommage à leurs cousins américains,
00:55évidemment avec des lunettes noires, un hommage aussi au Cotton Club, au film miraculé de
01:00John Londis, le tout en numéro, publicité par plus de 1200 spectateurs ici, à l'Opéra,
01:09et on va retrouver le directeur du festival, Jean-Philippe Néandon, dans cette opéra
01:13en effervescence, les Black Blues Brothers, c'est la touche du Cirque Canyon, des portées
01:19extraordinaires, mais aussi toute la bande-son de la musique jazz américaine, du grand art,
01:24et c'est pour ça, Jean-Philippe, que vous voulez des invités.
01:27Là, c'est un spectacle cirque-cabaret, ambiance musicale, voilà, c'est ça aussi, on a trouvé
01:36que pour les 30 ans aussi, mettre un spectacle qui met la joie, qui est plein d'énergie,
01:42qui est très généreux, qui propose des acrobaties incroyables, c'est chouette, et
01:48je crois que là, tout le monde est sorti avec le sourire, avec plein d'énergie, c'était
01:55un beau moment.
01:56Les Black Blues Brothers qui nous permettent de rappeler que le festival, à ses tout débuts,
02:11était un festival de cinéma seulement, mais ça s'ouvre le loin maintenant.
02:16En plein air, oui, c'est vieux, mais en effet, il y avait quelques films qui étaient présentés
02:23en plein air dans le cadre du festival, là maintenant, ça fait longtemps que ce n'est
02:27plus le cas.
02:28Qu'est-ce que ça vous a amené le fait de passer du cinéma au cirque ? C'était naturel,
02:36comment ça s'est fabriqué tout ça ?
02:38Oui, il y avait les deux en même temps, et puis ça nous a semblé plus opportun de se
02:45consacrer sur le spectacle vivant plutôt que sur le cinéma.
02:49Je veux dire, à Saint-Etienne, il y a plein de salles, des possibilités de voir des films,
02:54etc.
02:55En revanche, les spectacles vivants qui sont, notamment pour certains, peu diffusés en
03:01France, c'est important qu'on soit là pour les montrer, donc du coup, ça nous semblait
03:09prioritaire presque de se consacrer au spectacle vivant à un moment donné, et maintenant,
03:14c'est quelque chose qu'on fait depuis plus de 15 ans et ça nous satisfait complètement.
03:18Alors oui, vous êtes devenu un étonnant festival de cirque international ici à Saint-Etienne
03:24avec des compagnies qui nous arrivent d'Australie, du Canada, et puis cette année, il y avait
03:28un objet un peu particulier parce que vous avez renoué avec le cinéma et Hollywood
03:35avec ce biopic d'Eddie Lamarr qui est associé au théâtre Magie Nouvelle Cirque.
03:40Alors c'est l'histoire de cette actrice autrichienne qui se réfugie à Hollywood pendant la guerre,
03:47elle devient star, et en parallèle de sa carrière d'actrice, elle devient l'inventrice
03:51de génie, des ondes courtes, précurseur du Wi-Fi.
03:54Voilà, c'est une histoire incroyable, avec des espions qui tombent des cintres, une assistante
04:00invisible, un complice au piano, et une star, femme fatale, et femme de caractère.
04:05Qu'est-ce qui se passe ? J'arrête tout ! Râle-moi de jouer les potiches dans des
04:12villes de merde alors que le monde est en train de devenir fou !
04:16Oui, complètement.
04:17C'était Eddie Lamarr qui a fui l'Allemagne, le nazisme en Autriche, qui a fui aux Etats-Unis,
04:25qui est devenu actrice, et tout en étant actrice, elle a eu des intuitions d'ingénieur,
04:31d'ingénierie.
04:32Elle a mis au point ce qu'on appelle maintenant le Wi-Fi, que tout le monde utilise, que la
04:37planète entière utilise, sans savoir que c'est elle qui est à l'origine de ce moyen
04:45de communication.
04:46Peut-être que des scientifiques en parleraient mieux, mais en tout cas, c'est l'alternance
04:51de fréquence.
04:52Elle s'est questionnée, c'est assez fou, sur le guidage des torpilles des alliés pendant
04:58la guerre, qui manquaient leurs cibles, et elle a trouvé un moyen, elle a proposé
05:03le fait non pas de les guider par des fils, mais par des ondes qui alternaient de fréquence
05:09pour ne pas que les ennemis repèrent la torpille.
05:15C'est compliqué, il faut s'intéresser au sujet.
05:18Des spectacles ne racontaient pas tout ça techniquement, mais par contre ils donnaient
05:22le tempérament de cette femme.
05:25Ce n'était pas évident, si on ne connaissait pas l'histoire des dilemmas, de suivre le
05:30spectacle qui donnait des indications sur sa vie.
05:34Peut-être que si on n'avait pas en tête tout ça, ça paraissait peut-être anecdotique,
05:39mais ça ne l'était pas.
05:40Je pense qu'il fallait avoir quelques connaissances sur la vie de cette personne qui a vraiment
05:49été extraordinaire, d'être actrice à Hollywood, tourner dans des grands films,
05:59et en même temps s'intéresser à des choses très concrètes pour guider les torpilles.
06:04Voilà, et surtout très importante en temps de guerre.
06:08Une autre idée qui s'est enracinée aux sept collines, c'est de faire programmation
06:13commune entre cirque et danse.
06:15On ne sépare pas ces deux arts.
06:18Avec cette année, il y aura même un pas de côté avec une non-danseuse indienne.
06:23Un spectacle bifrontal, son espace est entravé de centaines de poupées faites main.
06:27On comprend donc pourquoi elle ne danse pas.
06:29Et le fil rouge, c'est sa voix, celle des chansons oubliées.
06:49C'est très singulier.
06:51Vous avez choisi ce spectacle, pourquoi ?
06:54On l'a choisi parce qu'il nous plaisait beaucoup.
06:57Ce n'est pas si souvent qu'on invite des projets indiens.
07:01Je crois que c'est la deuxième fois depuis 30 ans.
07:05Ce projet nous séduit parce qu'il a une construction narrative très originale.
07:13Il y a une participation du public qui est assez juste.
07:18Les gens participent bien au projet, entourent bien l'artiste.
07:22Ça nécessite ce lien établi dès le début du spectacle avec l'artiste.
07:28Et ça repose sur des voix oubliées, des femmes notamment,
07:34qui ont pu transmettre des choses à travers des chansons.
07:40Ces chansons nous rappellent leur histoire.
07:44Le public s'est approprié ces chansons pour les partager.
07:51Ce sont des choses un peu atypiques qu'on aime beaucoup présenter dans le cadre du festival.
07:57Ça fait aussi partie des singularités du festival.
08:09Merci !
08:40Ils ont accepté de parler de leur dernière création, Strano.
08:44Ce monde étrange, le nôtre, fait d'humanité et d'inextensible mouvement de guerre.
08:49Quelques explications, Strano.
08:51Strano, en italien, ça parle déjà du lointain.
08:58Et c'est étrange parce que pour nous, le cirque tire à tordre la réalité.
09:07On se joue de la pesanteur, on se joue de la rigolade,
09:12et en même temps, on trafique un peu avec les émotions, etc.
09:15Et je trouve que le cirque, il n'y a rien de mieux pour ça.
09:17On arrive sur une place où il n'y a rien,
09:19et il y a tout d'un coup un édifice, un nouveau théâtre, un nouveau cirque qui s'installe là.
09:24Rien que pour ça, on a tordu le décor.
09:27C'est vrai que c'est là que c'est difficile, des fois, quand on est en l'air,
09:30de ne pas faire un truc trop prétentieux ou presque trop...
09:35Et cette image de petit clown qui est un peu fragile,
09:39c'est sûr que c'est super agréable à jouer avec ces deux figures.
09:46Et la deuxième figure, c'est Bona, et vous, vous êtes un clown un peu bourru.
09:56C'est votre personnage de départ, c'est votre clown de départ.
10:00Il me suit depuis un bon bout de temps avec Parle-Bouddhu,
10:04et voilà, c'est comment arriver un peu à causer de l'humanité
10:10par ce côté un peu bourru, un peu brut.
10:17Vous disiez que ça parlait des marges,
10:20peut-être des gens qui sont invisibilisés,
10:24de ramener un personnage, un clown bourru comme ça.
10:29Oui, tout à fait.
10:33Cette idée du cirque, ça invite tout le monde, ça invoque tout le monde sur la piste.
10:38Et les clowns, ils apportent cette espèce de fougue des gens du dessous, du rien,
10:48cette espèce de gaminerie majestueuse.
10:52Nous, on adore ça.
10:54La naïveté du cirque a cette force-là.
10:57On a eu aussi envie qu'il y ait ces deux gros costauds
11:00qui brassent cette espèce de clown fragile, délicat,
11:05et qui racontent aussi ça.
11:08Parce que c'est les gens, les marginaux, les clowns, les enfants, la fragilité,
11:15elle est bien malmenée aujourd'hui.
11:17Les trottolins qui signent des figures bouleversantes.
11:20Et on revient à l'ouverture du festival avec les Stéphanois de Diptyque
11:24et cette création, le Grand Ball,
11:26où la danse collective s'imprègne d'un mouvement de rêve parti et de rage.
11:44Jean-Philippe, vous avez donné une nouvelle fois rendez-vous aux Diptyques,
11:47dont les spectacles qui tournent à l'international sont rares dans leur ville d'origine,
11:52et pourtant ils adorent revenir ici.
11:54Alors, le Grand Ball, quelques mots.
11:57Le Grand Ball, qu'on a eu grand plaisir de faire avec la Comédie de Saint-Etienne en co-accueil.
12:03Pour une semaine, quand même.
12:05Pour une semaine, c'était fin mai.
12:07C'est toujours l'énergie de la compagnie Diptyque,
12:12c'est leur force aussi qu'ils ont à rassembler des gens,
12:18à passer du solo danse au groupe.
12:23Il y a toujours ce va-et-vient permanent dans leurs spectacles.
12:28Vraiment, ça porte, c'est beau.
12:30C'est plein d'énergie, ça a eu beaucoup de succès.
12:33Et tout leur spectacle, d'ailleurs, fonctionne super bien.
12:38Les Balles des Diptyques qui a rempli la Comédie,
12:41avec ce Grand Ball à une danse joyeuse, violente.
12:45On pense à On Achève Bien des Chevaux, un film encore.
12:49Et on va conclure, une fois encore, avec un Ball.
12:52Transexpress, la compagnie dromoise, est invitée de la Flamme Olympique et de la Métropole
12:58pour ouvrir le Grand Ball.
13:00Et c'était majestueux.
13:02Deux scènes, des musiciens, sur scène, mais aussi perché dans ce lustre,
13:06ainsi que des acrobates et pour le public.
13:08Une création qui a fait le tour du monde et des airs.
13:11Crystal Palace, c'est un hommage aux Balles de Pinchna,
13:15qui fut répétée et jouée à Manifrance dans les années 80.
13:19Peu s'en souviennent.
13:20Une pièce qui donnera lieu aux Balles de Pinchna.
13:24Une fois encore, c'est peut-être l'exception des 30 ans.
13:26Et on rencontre les équipes de Transexpress,
13:28explications sur ce cirque céleste, perché, qui veut faire danser les publics.
13:33L'art céleste, c'est ce qu'a développé la compagnie depuis les années 90.
13:40C'est rendre visible du plus grand nombre,
13:46du plus grand nombre, du plus grand nombre,
13:49c'est rendre visible du plus grand nombre
13:54les spectacles avec à la fois de la musique live,
14:00du jeu d'acteurs, qui est plutôt du théâtre de gestes pour nous,
14:06puisqu'on est quand même à grande hauteur,
14:09et de la prouesse aérienne, donc souvent des numéros circassiens.
14:15Il y a toujours une philosophie dans la compagnie,
14:20c'est quand même le rapport charnel avec le public.
14:26Ici, dans ce spectacle, on mélange le jeu sur scène avec la danse,
14:33avec des volontaires qui sont issus du cru,
14:40qui ont travaillé pendant trois jours avec nous,
14:43avec la chorégraphe, pour apprendre les chorégraphies qui vont se dérouler sur scène,
14:48et qui doivent susciter l'envie dans le public du plaisir de la danse.
15:04L'enjeu va être de faire monter ce désir chez le public
15:12et de se mettre à danser.
15:15Au départ, c'est le spectacle d'un bal,
15:19et à la fin, on voudrait que ce soit le bal, le bal pour tous,
15:22que tout le monde participe à la fête.
15:28C'est du spectacle de rue, du vrai spectacle de rue,
15:31avec l'ambiance des gars de la rue, l'art de la rue,
15:35pour de vrai, populaire, au bon sens du terme.
15:43Voilà cette 30e édition de cette colline, pas comme les autres,
15:47avec nombre de raconteurs d'histoire,
15:50et toujours plus de fragilité, de sensibilité apportée au cirque contemporain,
15:56comme si c'était désormais naturel et évident.
15:59Un cirque qui peut tout dire, tout faire,
16:02on pourra le vérifier la saison prochaine,
16:05pour une 31e édition en Israël.
16:08A très vite dans Côté scène, portez-vous bien, bye.
Commentaires