00:00Moi je suis très jeune prof, et c'est ça qui m'inquiète justement,
00:02c'est que moi quand je suis rentré dans ce métier-là,
00:05j'étais passionné à fond, et que maintenant je me rends compte qu'en fait,
00:09il y a de moins en moins de passionnés, les gens ne veulent plus,
00:11parce qu'on n'est pas reconnus, parce qu'en plus on est méprisé tout le temps.
00:14Donc oui, je suis jeune prof, et déjà en colère pour dire.
00:17J'adore être prof, mais actuellement avec les conditions,
00:21en fait on ne s'attend pas à ce monde-là quand on arrive dans le monde des profs.
00:25C'est dur en fait. On se dit mais l'éducation nationale, cool,
00:27on manque de CPE, de surveillants,
00:31ce qui fait qu'en fait nos conditions de travail se dégradent totalement,
00:35et ce qui engendre également une dégradation des conditions d'apprentissage pour nos élèves.
00:39Aujourd'hui on manifeste parce que nous on est des institutions d'éducation dans les vies scolaires,
00:43et il se trouve qu'en fait on nous demande beaucoup de choses,
00:45le salaire il ne va pas avec, on fait beaucoup d'heures malheureusement,
00:48et en fait on n'arrive plus à gérer, ça commence à être infernal.
00:51Donc aujourd'hui en fait on est descendus dans la rue pour montrer que nous aussi les AED en fait,
00:56on est dans le système scolaire, on est là justement pour aider les élèves,
01:00mais voilà on nous demande beaucoup trop et on n'a pas le temps de faire tout ça.
01:02Aujourd'hui de toute façon être professeur c'est une vocation,
01:05de toute façon il n'y a plus trop d'autres attractivités externes,
01:08il n'y a plus de prestige social, il n'y a plus de prestige économique à devenir enseignant,
01:12donc sans la vocation je pense qu'aujourd'hui personne ne devient prof.
01:15Il faut savoir que dans le lycée où on travaille il y a à peu près 800 élèves,
01:19et pour 800 élèves on n'a le droit qu'à 5 AED,
01:21donc des surveillants, c'est inadmissible,
01:24d'autant plus que ces AED sont pour une partie d'entre eux à mi-temps,
01:28donc je vous laisse imaginer les problèmes de surveillance,
01:31les problèmes d'accompagnement des élèves qu'on peut avoir,
01:32il n'y a qu'un seul CPE, il est débordé le pauvre, il est au bord du burn-out,
01:36on aurait besoin de moyens au moins,
01:39ne serait-ce que pour améliorer les taux de surveillance dans les établissements.
01:44Moi l'année dernière j'étais sur trois classes différentes,
01:46j'ai passé une super année, mais pour débuter ce n'est pas des conditions forcément favorables.
01:52Ce qu'on réclame c'est des moyens supplémentaires pour l'école, pour nos élèves,
01:57des ouvertures de classes, des classes moins chargées en élèves.
02:02Moi je considère que je ne peux pas faire mon métier correctement
02:05quand j'ai 28 élèves en maternelle, 27 élèves en maternelle.
02:09Moi je suis en éducation prioritaire et là on est à plus de 27 élèves par classe
02:14d'un certain niveau d'après ce qui est prévu.
02:16On nous annonce finalement des réformes qui vont stigmatiser des élèves,
02:22et qui vont empêcher une bonne inclusion.
02:24Pareil, on nous demande l'inclusion, qu'il y ait une bonne idée,
02:26mais on ne nous donne pas les moyens de le faire.
02:28Donc on se sent un petit peu déconsidérés et démunis.
02:34On demande juste des moyens, des moyens de mettre en place ce que l'on veut,
02:39et des moyens, comme le dit très bien notre nouvelle ministre,
02:41de pouvoir remplacer les professeurs qui ne peuvent pas venir à l'école.
02:45Et on demande des remplacements parce que plus personne ne veut faire ce métier-là.
02:48Moi je fais ça pour les élèves que j'aime et les enfants en général.
02:52C'est ça qui est le plus important parce que là ce n'est pas une guéguerre
02:55entre adultes, entre les gouvernements et les enseignants.
02:57Là on pense aux enfants et c'est la priorité du pays.
03:00Ce que le gouvernement ne veut pas entendre visiblement, mais c'est la priorité.
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