00:00Tu m'as dit, Zaza, je veux pas que tu joues, je veux que tu sois.
00:04Elle a voulu qu'on retranscrive le texte de la façon dont on est, nous, naturellement, si tu veux.
00:10Qu'on ne joue pas, qu'on ne fasse pas la Muriel Robin dans Les Visiteurs 2,
00:15là, qui veut imiter la Valérie Lemercier. Tu comprends le sens du truc ?
00:18Ça a été une de mes plus belles expériences, je pense.
00:22Voilà, il y a eu deux, trois petits trucs comme ça dans ma vie.
00:24J'ai eu la chance de chanter dans le micro de Tina Turner dans les arènes de Nîmes.
00:28Et puis, j'ai eu la chance de faire un film avec Louise Couroisier de Crécyon, voilà.
00:33C'est mes deux trucs.
00:35Pour moi, Louise, elle est au cinéma, ce que Renaud, il est à la chanson.
00:40Il se met à notre niveau, Renaud. Il est comme toi.
00:42Toi, tu t'es mis à notre niveau. Tu comprends ce que je veux dire ?
00:47Parce qu'on est ensemble, on est au même endroit, on vient du même endroit.
00:50Alors, attention, je vais te surveiller.
00:52Que t'ailles pas dérailler du ciboulot, là-haut, dans les prochains mois à venir.
00:58Moi, j'ai qu'une hâte, c'est de revenir.
01:00Tant que tout ça, ça termine et que je sois ici.
01:03Ah oui, parce que là, c'est difficile pour toi.
01:05Non, mais c'est super.
01:06Moi, je suis très, très contente et pour le film et pour tous les comédiens
01:10qui vont me suivre à Cannes et tout ça.
01:11Moi, je suis trop contente.
01:12Mais c'est vrai que je me réjouis de pouvoir retrouver un petit peu...
01:16Sérénité, tranquillité.
01:17Oui, de pouvoir un peu retrouver ma vie ici, quoi.
01:21Là, on est dans la ferme dans laquelle on a tourné.
01:24Je m'en rie, une star.
01:27Elles sont où, les vaches, là ?
01:29On ne les voit pas.
01:30On ne les voit pas, là.
01:32Par contre, on n'a plus la vache...
01:34Vous n'avez plus Payette ?
01:35Non.
01:36C'est la première ferme qu'on a visitée, en fait.
01:38Après, on en a visité plein d'autres, mais on se disait...
01:40On repensait tout le temps à celle-là.
01:41On n'arrivait pas trop à décrocher avec ma sœur, qui est chef déco.
01:45Et ça s'est passé comment sur le tournage d'avoir toute une équipe chez vous ?
01:49Le plus contraignant, c'était la gestion des animaux.
01:52Parce que nous, on a notre routine de fermer les tiers.
01:55Donc, matin et soir, on traite les vaches.
01:57Il y a des engins qui se mettent en route, la salle de traite.
02:00Il y a des trucs automatiques.
02:01Des fois, même pendant le tournage, il y avait la salle de traite qui se mettait en route.
02:03Il fallait arrêter en divergence et tout.
02:05Et du coup, c'était peut-être ce qui a été le plus compliqué.
02:07Il fallait même diriger un peu les vaches, parce que les vaches, elles sont importantes dans le film.
02:11Et du coup, on avait des techniques avec Jean-Marie qui était en haut, postée,
02:15qui devait laisser par vague de 10 les vaches passer
02:18pour qu'on ait toujours des vaches à chaque prise et tout ça.
02:22C'était marrant.
02:23On a vraiment travaillé ensemble, quoi.
02:25Ouais, on était au maximum de taille.
02:27Ah ouais, non, c'était...
02:28Ce qui était drôle, quand même, c'était de travailler avec des personnes qui n'avaient pas l'habitude des vaches.
02:31Et du coup, nous, on devait dire ce qui était possible et pas possible.
02:34Par exemple, un jour, on nous a demandé comment on fait coucher une vache.
02:36Ça, c'est le truc, tu ne peux pas, quoi.
02:38Tu dois la tendre.
02:39Et du coup, ça, ça nous a bien fait.
02:41C'est le paysage qui nous a aussi donné envie de tourner ici, quoi.
02:44C'est ça qui m'inspire, quoi.
02:45Je ne saurais pas faire un film dans un appartement parisien, je serais nulle, je pense.
02:50On est à 20 kilomètres de chez moi.
02:53Donc, on est vraiment dans mon décor, dans mes montagnes.
02:55Tout le film, je l'ai écrit en fonction des décors d'ici, en pensant aux gens d'ici.
02:58C'est un paysage qu'on ne voit pas beaucoup, qu'on ne connaît pas très bien.
03:01Les gens sont un peu sauvages, ici.
03:04Mais quand on les connaît, je trouve qu'il y a un potentiel de cinéma qui est assez fort.
03:08Mon film, ça raconte l'histoire de Toton, qui est un jeune homme un peu abîmé, disons,
03:13qui n'a pas une vie facile et qui va se retrouver un peu par la force des choses
03:16à devoir s'occuper de sa petite sœur qui a 7 ans.
03:19Et du coup, avec sa bande de potes, ils vont se mettre en tête,
03:23pour essayer de s'en sortir, de gagner une médaille du meilleur comté.
03:26Donc ici, il s'est passé beaucoup de choses dans ce film.
03:30Et c'est là qu'il y a la naissance du veau.
03:32Oui, d'ailleurs, on a attendu que la vache se couche.
03:34On était là, au moment où elle n'a pas l'air prête à veller, elle n'a pas l'air prête à veller.
03:37Tout le monde est parti du plateau, quoi.
03:40Je me suis retrouvée toute seule.
03:41Je me suis dit, merde, on va attendre combien de temps et tout.
03:44Là, la vache se couche.
03:45Et en quelques secondes, le veau était déjà sorti.
03:49Il fallait ramener tout le monde.
03:50On a fait ça vraiment comme une scène d'intimité, quoi.
03:52C'était une scène où on était quatre sur le plateau.
03:55Il y avait le chef-op avec sa caméra, moi, la première assistante et la perchmanne.
04:01Et c'est tout.
04:02Donc, on s'est dit qu'il fallait le moins de gens possible
04:04pour que la vache puisse être confortable,
04:06parce qu'il fallait quand même qu'elle soit assez bien
04:08pour pouvoir veller et que ça se passe bien.
04:12Et petit veau, le grand couloir de la ferme.
04:14Chaque fois, le décor nous donnait des inspirations
04:16de où est-ce qu'ils pourraient se parler,
04:18comment on a envie de les placer dans cet espace-là
04:20pour mettre en valeur et l'espace et la scène, quoi.
04:23On a répété beaucoup avec les comédiens ici.
04:25Et c'était pas mal aussi pour la comédienne,
04:27qui, elle, est aussi agricultrice,
04:28mais elle n'a jamais travaillé dans cette ferme-là.
04:30Donc, il fallait qu'elle se familiarise un peu avec l'espace, avec les vaches,
04:34avec Jean-Marie aussi, qui l'a pas mal accompagnée
04:36pour la partie vellage, manipulation de la vache.
04:39Donc, c'était bien de venir beaucoup ici,
04:41qu'ils se connaissent, qu'ils soient familiers avec l'espace,
04:44avec les gens ici et tout ça.
04:45Et comment le cinéma est arrivé dans ta vie ?
04:47Un peu par hasard, parce qu'en fait, je voulais partir d'ici.
04:50C'est bizarre à dire, mais je voulais partir d'ici le plus vite possible
04:54parce que quand on grandit ici, des fois, on a envie de voir ailleurs aussi.
04:57Et j'ai pris une option au lycée, une option cinéma.
05:01Et j'y ai pris goût.
05:03J'ai continué.
05:05Après, je suis partie à Paris, je suis allée à Paris.
05:07J'ai fait une licence et ensuite, j'ai fait la Cinéfabrique à Lyon,
05:09une école de cinéma où j'étais en scénario.
05:12Et je suis sortie avec un film qui a eu le premier prix
05:16à la Ciné Fondation à Cannes.
05:18Et c'est ça qui a lancé tout le reste.
05:22Donc, j'ai eu un peu de chance dans mon parcours aussi.
05:25Est-ce que tu projettes ?
05:26Est-ce que tu aurais envie d'être dans 5 ans, dans 10 ans ?
05:29Non.
05:30Alors ça, je ne peux pas te dire.
05:32J'aimerais en tout cas être encore très ancrée dans le cinéma.
05:36Très ancrée ici, dans le Jura, ça c'est sûr.
05:40Je pense que j'ai encore envie de développer des projets
05:43qui me tiennent autant à cœur que celui que je viens de finir.
05:46Mais je n'ai pas d'idée précise, je me laisse porter par les événements.
05:51Je n'aime pas trop anticiper moi.
05:54Je préfère laisser les choses arriver petit à petit.
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