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Méga-bassines agricoles : pour ou contre ?
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il y a 2 ans
Les méga-bassines sont-elles une aberration écologique ou une bonne idée face aux sécheresses ? On a posé les mêmes questions à un maraîcher bio et à un éleveur de vaches laitières. L'un est contre, l'autre est pour. Voici leurs arguments.
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00:00
Je suis Olivier Drouineau, maraîcher bio à Prins-des-Rançons, opposé aux bassines.
00:05
Et je suis David Payat, agriculteur et éleveur de vaches laitières et raccordé à la réserve de substitution.
00:17
Actuellement on a des épinards, là on a tout ce qui est mâches et salades.
00:23
Je suis contre les réserves, c'est pour que quelques agriculteurs, surtout des céréaliers,
00:29
qui vont arroser du maïs sur les plaines, qui demandent beaucoup d'eau.
00:33
Pourquoi 5-6 agriculteurs auraient le droit de se garder cette eau-là ?
00:38
Aussi, ce que je n'accepte pas, c'est que c'est subventionné à 70% par l'État.
00:43
Ça veut dire que c'est toi, moi et tous les citoyens.
00:47
Ici on est sur le site de production laitière du GUEC Bureau Payat.
00:51
Donc on a 130 vaches laitières à peu près, qui produisent 1 350 000 litres de lait.
00:55
Pour nourrir ce troupeau, il nous faut à peu près 120 hectares sur les 420 hectares que compte l'exploitation.
00:59
Nos vaches sont alimentées avec avant tout des fourrages produits sur l'exploitation.
01:04
Que ce soit la luzerne ou l'anciennage de maïs, ce sont des plantes qui poussent plutôt en été.
01:10
C'est là où la ressource naturelle en eau est la plus faible et donc on utilise de l'irrigation.
01:17
Nous, la structure d'exploitation ne permet pas de faire pâturer les animaux l'été.
01:22
Quand il fait très chaud, l'herbe a du mal à pousser.
01:24
Là on commence à avoir une production aussi de chou-fleurs.
01:26
Ici on produit 45 variétés de légumes.
01:29
On nourrit 300 familles à moins de 20 km autour de l'exploitation.
01:35
On consomme que 7 000 m3.
01:37
Je suis contre la culture du maïs parce qu'ils sont en train de produire du maïs avec de l'eau de nos nappes
01:44
et qu'ils envoient le maïs à plusieurs milliers de kilomètres, voire à l'étranger,
01:48
des fois pour nourrir des animaux et pour nous ce n'est pas acceptable.
01:51
Là tu as les boîtes de foin.
01:53
Ici, pour nourrir les vaches, on utilise à peu près 60 000 m3 d'eau par an.
01:57
L'eau provient aujourd'hui de la réserve qui a été créée l'année dernière.
02:01
Elle a été pompière au moment où elle était la plus abondante
02:03
et elle va nous permettre de constituer nos stocks de nourriture pour l'année.
02:06
C'est ça qui donne l'autonomie fourragère de l'exploitation.
02:09
Sans eau aujourd'hui, on serait incapable d'enchaîner des cultures sur les mêmes surfaces.
02:14
Il nous faudrait beaucoup plus de surface pour nourrir de façon un peu hypothétique nos animaux.
02:21
Ça vient sécuriser l'alimentation de notre troupeau.
02:23
Ça sécurise aussi les gens qui sont derrière nous,
02:25
c'est-à-dire les gens qui nous collectent le lait.
02:29
Ici, c'est le lait tritérralactat et le lait est transformé en beurre à surgère
02:32
et donc ça sécurise aussi toute la filière.
02:34
Tous les agriculteurs qui prennent de l'eau à plus de 1000 m3
02:38
doivent rentrer dans la coopérative de l'eau
02:40
et doivent aussi participer à tous les travaux des réserves d'eau.
02:46
Ça veut dire que des petits maraîchers comme nous payent aussi
02:49
et on ne peut pas, nous, se permettre de payer ces factures-là.
02:52
Sur la bassine de Saint-Denis, on a un maraîcher qui se trouve
02:56
à quelques mètres de cette réserve d'eau
02:59
où il puise de l'eau à 9 mètres de profondeur dans une rivière souterraine.
03:04
Ce qu'on a peur, c'est qu'il l'assèche
03:06
car leur système fait qu'il pompe de l'eau dans les réserves de novembre jusqu'à mars
03:13
et que nous, après, on prend quand même l'eau de mars jusqu'à septembre.
03:18
Et est-ce qu'on aura assez d'eau pour pouvoir arroser nos légumes ?
03:21
Est-ce qu'on aura l'autorisation aussi d'avoir de l'eau ?
03:24
Il y a très longtemps que le projet des réserves de substitution a vu le jour
03:29
mais ça n'est que l'aboutissement d'une grande démarche
03:31
qu'on a entrepris dès les années 90.
03:33
On a des problèmes de ressources en eau l'été,
03:36
on a de l'eau qui tombe quand même en hiver
03:39
dans des sols qui ne retiennent pas l'eau du tout,
03:41
c'est-à-dire que 48 heures après des grosses pluies,
03:43
en gros, l'eau est rendue dans les nappes
03:46
et quand elles sont en débordement,
03:48
à ce moment-là, pour nous, c'était logique de dire
03:50
on va pomper de l'eau à ce moment-là où elle est plus abondante
03:53
et la stocker pour les moments où en fait on en a vraiment besoin.
03:55
Donc là, je te montre une culture de haricots.
03:58
Sur cette culture de haricots, c'est là où on arrose au goutte à goutte
04:02
et on fait le sens inverse des réserves d'eau, si on peut dire.
04:07
C'est que nous, on met un goutte à goutte, on met le plastique.
04:11
Dès qu'on arrose, toute l'humidité reste sous ce plastique.
04:15
Il n'y a pas d'évaporation par rapport à la chaleur.
04:18
Donc depuis 2019, sur notre exploitation,
04:21
on a fait une économie d'eau de 30 %, qui est énorme.
04:25
On est dans le changement depuis 20 ans,
04:26
c'est-à-dire que si on n'avait rien changé,
04:27
effectivement, aujourd'hui, on serait en grande difficulté.
04:30
Les terrains qui sont devant nous aujourd'hui,
04:31
il y a 20 ans, on cultivait du régras
04:33
qui a séché beaucoup nos terrains en printemps.
04:35
La création de réserves en elle-même n'est qu'un élément
04:38
de tout ce travail qu'on a fait.
04:39
En 20 ans, on a réduit énormément la surface de maïs
04:43
et on a divisé cette surface qui était en maïs avant
04:46
sur notre exploitation en différentes plantes,
04:48
et notamment le tournesol, qui sert à faire de l'huile.
04:52
Quand nos fournisseurs étrangers ont des soucis géopolitiques,
04:55
on est content d'avoir un petit peu en France aussi ces produits-là.
04:58
On a remis en place la culture du sorgho,
05:01
et donc diminué comme ça, en gros,
05:04
pratiquement trois quarts la surface de maïs
05:06
qu'on utilisait sur l'exploitation.
05:07
Notre rôle d'agriculteur, c'est aussi de ne pas tomber dans l'excès,
05:11
c'est-à-dire qu'on ne peut pas supprimer,
05:16
passer d'un système à l'autre de façon brutale.
05:18
En fait, c'est toujours très mauvais.
05:20
Je joue au foot à Saint-Hilaire-la-Palue,
05:22
et on est plusieurs agriculteurs, on est sept, huit,
05:25
et on sent qu'il y a une petite tension.
05:28
C'est-à-dire qu'il y a des enjeux derrière qui sont importants.
05:31
Ça n'est qu'une partie du travail qu'on a fait sur la gestion de l'eau.
05:34
C'est-à-dire que d'abord, on a mis des compteurs,
05:35
alors tu n'étais peut-être pas dans le secteur,
05:36
mais dans les années 90, on a installé des compteurs
05:39
pour déjà mesurer ce qu'on faisait,
05:40
essayer de commencer à améliorer.
05:41
Après, on a réduit, modifié nos assolements.
05:44
Pour nous accompagner dans ces changements,
05:47
on a besoin de ce type d'outils.
05:50
Ça, c'est un outil, ça n'est qu'un outil qui est subventionné.
05:53
À l'heure actuelle, est-ce qu'on n'est pas une agriculture assistée ?
05:57
Parce qu'on a besoin de 70% de l'État.
05:59
Moi, je vais être fier de mon travail,
06:04
je vais être fier de ce que je fais,
06:06
et je ne veux pas de subvention.
06:07
Parce que je n'ai pas envie d'impacter sur les citoyens.
06:11
C'est-à-dire que le retour qu'ils ont, c'est la souveraineté alimentaire.
06:13
On ne fait pas ça juste pour s'en mettre plein les poches,
06:16
et que c'était pour soutenir l'agriculture du territoire.
06:21
Si c'était financé par les propres agriculteurs,
06:24
sans aller chercher de l'argent à l'extérieur,
06:26
on n'aurait pas tout ça.
06:27
Parce qu'en fin de compte, si les gens se révoltent,
06:29
c'est qu'ils se disent, c'est nos impôts qui partent là-dedans,
06:33
et en fin de compte, on préférait le mettre ailleurs.
06:36
En fait, on est tous agriculteurs quand même.
06:39
Alors ça déjà, c'est la base.
06:40
On peut avoir des vues différentes, et des points de vue différents.
06:43
C'est comme la politique.
06:44
Quand tu parlais des subventions tout à l'heure,
06:49
moi j'ai un point de vue où dire, on accepte la subvention,
06:52
on travaille, on fait du résultat dans notre entreprise,
06:55
on reverse de l'impôt qui va servir à d'autres projets structurants
06:59
comme celui des réserves.
07:00
Moi, c'est ma vision de l'économie,
07:02
mais elle n'est pas forcément partagée par tout le monde.
07:04
Bon, vous n'étiez pas dedans, nous les 79, on n'est pas dedans,
07:07
mais quand tu vois que l'autre côté, ils arrosent en plein été,
07:10
matin et soir, les gens se disent aussi, parce que ça vient comme ça,
07:15
ils se disent, nous, on n'a pas le droit d'arroser notre jardin,
07:18
mais l'autre côté, ils arrosent à gogo.
07:20
Mettre sur le même plan d'égalité quelqu'un qui a un jardin,
07:23
et l'agriculture pour moi, ce n'est pas la même chose.
07:26
C'est-à-dire que ce qu'on produit sur nos exploitations,
07:29
ça va servir à un endroit ou à un autre dans la chaîne alimentaire.
07:33
C'est-à-dire que si nos plantes,
07:36
elles ne vont pas directement à l'alimentation humaine,
07:38
elles vont aller à l'alimentation animale,
07:41
et elles vont rester ou sur le territoire national ou à l'export.
07:44
Mais parce que si on l'exporte,
07:45
c'est parce qu'on a besoin d'importer d'autres produits.
07:47
Enfin, je veux dire, on ne fait pas de café, on ne fait pas de bananes.
07:49
Donc, on a besoin de faire des échanges quand même.
07:51
Il y a une grosse partie qui part à l'étranger quand même,
07:53
et c'est ça qui nous dérange.
07:54
C'est notre eau pour arroser du maïs et qui part à l'étranger.
07:58
Les choses ont quand même beaucoup changé.
08:00
C'est-à-dire qu'il y a quelques années, dans le secteur,
08:02
ici, il y avait énormément de maïs,
08:04
et on savait qu'on avait un problème de ressources en eau.
08:06
La question, c'est qu'on n'a pas rien fait.
08:08
C'est-à-dire que, oui, ce n'est peut-être pas encore parfait,
08:13
mais en tout cas, les choses ne sont plus comme elles étaient avant-guerre.
08:15
L'insuline, c'est quand même que des céréaliers.
08:19
Je suis content qu'on ait fait connaissance.
08:20
Après, ça m'embêtait quand je vois pour la première fois comme ça,
08:22
parce qu'en fait, c'est que ça fait longtemps qu'on y connaissait,
08:24
qu'on dit qu'il faut qu'on descende et qu'on aille voir quand même.
08:30
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