00:00Je veux vraiment te dire merci du fond du cœur, parce que je le pense.
00:03Et merci d'avoir été là pour nous, de nous avoir soutenus, encouragés,
00:07même pour tout ce qu'on faisait.
00:09Tellement de bienveillance aussi de ta part. Merci beaucoup.
00:12Merci à toi.
00:14Dans le film, Tony Infamy, vous incarnez une mère et sa fille.
00:19Juliane, toi t'as réagi comment quand on t'a dit
00:22ta maman ça va être Camille Pottin ?
00:24J'étais trop contente franchement, parce que t'es une actrice que j'aime beaucoup
00:28dès là, à la base, j'avais pu lire des projets que t'avais fait et j'étais vraiment trop contente.
00:34Sur le tournage, entre vous, avec les autres,
00:37est-ce que vous avez partagé vos expériences, vos vécus ?
00:40Camille vous le disait, Juliane, c'est pas du tout ton premier film.
00:44Est-ce que vous avez échangé ce que vous vous êtes dit parfois ?
00:47Sur le métier.
00:48Ça pouvait être très bienveillant ou juste quelques petites anecdotes,
00:52mais c'était pas nos plus grands sujets de conversation.
00:57Moi j'ai adoré les voir improviser, par exemple,
01:00à un moment la maman va faire son coming out sur son choix de vie,
01:06et donc ils sont dans la cuisine, ils sont tous en train de parler,
01:10et la situation telle que c'est écrit dans le scénario,
01:13c'est Tony essaye de prendre la parole mais les enfants ne l'entendent pas,
01:17parce qu'ils sont dans leur conversation.
01:19Donc ils se sont mis à improviser sur la discussion.
01:23Mais moi je buvais du petit lait, j'aurais pu les laisser parler pendant des heures.
01:27Ils sont brillants, j'avais fait un stage d'impro il y a très longtemps,
01:31ils disaient que le principe de départ de l'impro, c'était de toujours dire oui à ce qu'on propose.
01:36Mais voilà, pour faire une bonne impro, je pense qu'il faut être très conscient des autres,
01:41laisser la place, écouter rebondir, renvoyer la balle,
01:46et eux ils le faisaient vraiment, moi ça aurait pu durer des heures,
01:50ça faisait des heures à les regarder,
01:53et je trouve que Juliane elle est très pro,
01:58mais en plus il y a quelque chose de par son âge, sa maturité, sa sensibilité,
02:06de tellement spontanée, pas truquée, je dirais elle a de la technique,
02:12mais il y a quelque chose de très beau, de très pur dans sa façon de jouer,
02:19qui place à un endroit, quand on est adulte, qui est assez unique.
02:26Une des choses qui m'ont frappée dans le film, c'est à quel point elle a l'air vraie cette famille,
02:31à quel point on y croit, aussi bien entre les frères et soeurs que vous,
02:35avec Juliane et avec tous les autres, comment ça se construit cette relation là ?
02:39C'est vrai que dans la vraie vie, on était tous très proches,
02:42il y avait une alchimie vraiment forte entre nous,
02:45et un lien très fort qui s'est créé très vite, nous on a tourné un mois et demi,
02:49où un mois et demi on était tout le temps ensemble, le soir on se retrouvait, on mangeait ensemble,
02:54et en fait on a vraiment créé comme une famille,
02:57et même avec Camille c'était pareil, on était très très proches.
03:00Ils étaient tous à fait au camping, un camping en dur,
03:06et Nathan était beaucoup avec eux, Nathan le réalisateur avait 22 ans,
03:13donc il était assez proche d'eux, même en âge,
03:17et c'est vrai qu'il a passé beaucoup de temps avec vous tous les soirs,
03:21et les jeux, les pétanques, les unos, il y a eu beaucoup de jeux,
03:25et moi ce qui me frappait quand on se retrouvait sur le plateau,
03:29c'était la bienveillance entre eux.
03:32Et vous cette mère, vous êtes allée la chercher exclusivement dans le scénario,
03:35ou vous êtes allée la chercher ailleurs ?
03:38J'ai une famille, j'ai une grande fratrie,
03:41on est une famille recomposée, mais j'ai 4 frères et soeurs,
03:44et j'ai 24 ans d'écart avec ma dernière soeur,
03:47donc presque plus que l'écart entre Tony et sa grande-fille.
03:53Donc comme je suis l'aînée de cette fratrie,
03:58j'ai pu aller chercher un peu dans ce vécu-là.
04:04Voilà, ma belle-mère qu'on a élevée 3,
04:08je pense qu'à partir de 3 on peut commencer,
04:11dès que les adultes passent en minorité, on peut commencer à parler de famille nombreuse.
04:14Donc j'ai un peu observé, j'ai des amis qui élèvent toutes seules leurs enfants,
04:18donc je me suis un peu inspirée de tout ça.
04:23Et puis de mon expérience de maternité aussi, de mère,
04:29je suis très touchée par la solitude de cette femme aussi.
04:34Elle épaule beaucoup, mais elle n'est pas très épaulée,
04:37et c'est normal, c'est comme ça.
04:40Mais je trouve ça touchant de raconter ça,
04:43et voilà, j'ai repensé à ma maman.
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