00:00Et par ailleurs, le message a souvent été brouillé par des prises d'opposition différentes au fil du temps.
00:06Et parfois, je ne rappellerai pas la position d'Emmanuel Macron quand il s'est rendu pour la première fois au Proche-Orient
00:13en indiquant qu'il fallait former une coalition antiterroriste.
00:17Vous l'avez entendu comme moi, je ne crois pas que c'était l'initiative qu'il fallait imposer.
00:22– Je voudrais vous donner la parole, Elisabeth Borne.
00:25Au fond, le fond de ce que dit Dominique de Villepin, vous le dites fortement ce soir,
00:29et vous l'avez déjà dit ces dernières semaines, c'est qu'on n'entend pas la voix de la France.
00:33C'est ça qu'il vous dit.
00:34– Et je dis ça parce que je passe ma vie à voyager.
00:37– Je pense qu'il y a un envoyé spécial du Président de la République aujourd'hui.
00:41– Tout ça, c'est des formes. J'ai entendu Jean-Yves Le Drian ces derniers jours.
00:45Mais ce n'est pas de nommer un envoyé spécial.
00:48Moi, je préfère voir un certain nombre de responsables à travers le monde,
00:52essayer d'apporter un certain nombre de solutions et de propositions.
00:55En l'occurrence, le combat qu'il faut mener, et que ne mène pas suffisamment la France,
00:59c'est un combat pour défendre les principes.
01:01Ceux qu'il faut défendre en Ukraine, et ceux qu'il faut défendre à Gaza et au Moyen-Orient,
01:08et en particulier le fait que le droit international doit être respecté,
01:12dans un cas comme dans l'autre.
01:13– Elisabeth Borne.
01:14– Là, je pense qu'on rentre dans la politique un peu politicienne.
01:19– Absolument.
01:20– Parce que je pense que dire que la France n'a pas affirmé très fortement,
01:26dès le départ, qu'Israël a le droit de se défendre dans le respect du droit international,
01:32dire que la France n'a pas…
01:34– Arrêtez-vous là. Est-ce qu'elle le fait, dans le respect du droit international ?
01:37Arrêtez-vous là.
01:39– Mais qui ne le dit pas aujourd'hui ?
01:42Et quelle est votre solution magique qui fait qu'on n'obtient pas aujourd'hui ?
01:47– La solution magique.
01:49– Quand Joe Biden donne un ultimatum à Benyamin Netanyahou qui ne le respecte pas,
01:55quelle est votre solution magique ?
01:57– C'est de ne pas accepter, c'est de ne pas accepter.
01:59– Moi je ne l'accepte pas, vous voyez les massacres dans la bande de Gaza,
02:02je ne les accepte pas.
02:04– Et je me bats pour ça.
02:06Et les États-Unis ont mis un veto, il y a quelques jours.
02:10Ils ont mis un veto à l'énième résolution sur Gaza.
02:13Eh bien représentons une nouvelle résolution.
02:16On verra si M. Joe Biden, après le mandat…
02:19– Elles sont rejetées, vous le savez, elles ne sont rejetées pas.
02:22Joe Biden et Trump, il n'est pas encore arrivé.
02:24– Oui mais il s'est passé quelque chose d'autre depuis.
02:26C'est qu'il y a un mandat maintenant contre Benyamin Netanyahou, contre Yoav Galand.
02:30Est-ce que M. Biden aujourd'hui aura le courage,
02:37ou plutôt l'absence de courage, de s'opposer une nouvelle fois à la résolution ?
02:41– La réponse est oui.
02:44– Joe Biden lui-même a dit que sa décision de la CPI était scandaleuse.
02:48– Je m'excuse, mais je crois qu'on ne soit pas beaucoup de diplomates ici.
02:52La diplomatie, c'est de réessayer et de réessayer.
02:56Et voyez-vous, sur l'Ukraine, c'est exactement pareil.
02:58– Alors justement, un mot sur l'Ukraine, parce que tout le temps, malheureusement,
03:01on est au millième jour de la guerre.
03:03– On a Donald Trump qui arrive, avec des idées toutes faites, unilatéralisme,
03:07protectionnisme, il va tout régler en Ukraine.
03:10Là encore, nous avons deux mois pour avancer sur des positions fortes
03:15qui puissent permettre de faire barrage à la diplomatie américaine
03:19qui prétend vouloir tout régler très vite et surtout toute seule,
03:23sans consulter les Européens.
03:25Et on se demande même s'ils consulteront les Ukrainiens.
03:28Et bien, travaillons avec les Ukrainiens,
03:31travaillons avec l'ensemble des Européens, de façon unie,
03:37pour fixer une position qui servira, en quelque sorte, de ligne rouge à Donald Trump.
03:42Et en particulier pour le fait que l'Ukraine ne soit pas placée devant la situation
03:46d'avoir à accepter une capitulation.
03:48– Dans les fêtes, ce serait quoi ?
03:50– Dans les fêtes, justement, c'est un cessez-le-feu,
03:53ne pas forcer l'Ukraine à accepter une capitulation.
03:56– Qui dirait ça à qui ?
03:58– Les Ukrainiens avec les Européens auraient cette position commune
04:01et l'exprimeraient devant Donald Trump.
04:03Si Donald Trump veut faire capituler l'Ukraine,
04:05il apparaîtra aux yeux de la planète entière, qu'il a cédée devant Poutine.
04:08– Mais donc, Dominique de Villepin…
04:10– C'est donc faire un travail en commun, comme il faut le faire,
04:12nous, Européens, avec les pays arabes.
04:14Sur Gaza, aujourd'hui, il y a eu un sommet de riade,
04:17enfin, il y a quelques jours, un sommet de riade,
04:19qui a marqué l'unité des pays arabes avec l'Iran
04:22pour refuser une action militaire qui pourrait avoir lieu sur l'Iran.
04:26– Mais Dominique de Villepin, moi je ne comprends pas,
04:28sur l'Ukraine, on a eu des trains de sanctions successifs de l'Europe
04:34qui est restée unie pour sanctionner la Russie.
04:37– Il y a des trains de sanctions, vous avez raison,
04:39mais est-ce qu'on peut s'en contenter,
04:41sachant que toutes ces sanctions sont contournées ?
04:43– Mais pardon, qu'est-ce que vous dites,
04:46parce qu'on a entendu Poutine s'exprimer il y a deux jours
04:49et parler de nouvelle guerre mondiale, ce qui fait peur aux gens,
04:52mais qu'est-ce que vous dites aux Ukrainiens qui se battent,
04:55cette résistance ukrainienne qui se bat depuis deux ans,
04:58400 000 morts, qui sont morts pour rien en fait,
05:00qu'il faut faire le cessez-le-feu, il faut faire taire les armes,
05:02alors qu'ils ont été agressés par la Russie ?
05:05– Mais je dis l'inverse, je dis l'inverse.
05:07Quand je dis cessez-le-feu, c'est bien parce que pour les Ukrainiens
05:10qui ne veulent pas renoncer à leur souveraineté,
05:13le véritable enjeu c'est de ne pas être forcés à la capitulation.
05:16C'est donc dans la mesure…
05:18– Mais Zelensky veut continuer à se battre.
05:20– Dans la mesure où il y a une pression…
05:21– Il dit donnez-nous des armes, il ne dit pas on veut faire le cessez-le-feu.
05:23– Bien sûr, mais Donald Trump arrive et modifie la donne,
05:26et c'est pour ça que depuis plusieurs mois maintenant,
05:28Zelensky se prépare à une situation nouvelle qui pourrait être justement
05:31soit un cessez-le-feu, soit la menace d'une capitulation.
05:34Et ce que je pense, c'est qu'en aucun cas, il ne faut forcer l'Ukraine,
05:38ni abrader son intégrité territoriale, ni abrader sa souveraineté.
05:42– Il faut l'aider alors.
05:44– Il faut l'aider bien sûr, bien sûr qu'il faut l'aider.
05:47– Qu'est-ce que vous appelez exactement un cessez-le-feu ?
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