00:00Avant, ici, c'était ma maison, mais elle a été déguerpie.
00:04Ici, c'était quatre chambres-salon.
00:06Il y avait deux douches, un grand salon.
00:09Sur ce côté, c'était la cuisine.
00:11Et les trois chambres étaient sur l'autre côté.
00:13Bonjour, je m'appelle Dioumode Miriam Fassim Hari.
00:17J'ai 24 ans.
00:18Je suis en train de faire la laissée avec ma petite soeur.
00:31Du coup, on a vu des hommes rentrer dans le quartier,
00:33ils disent non que de sortir, qu'ils allaient casser
00:36les maisons qui étaient là.
00:38Bon, dans le début, on n'avait pas cru.
00:39On s'est dit non, ce n'est pas possible.
00:41Quand ils viennent nous dire comme ça de sortir,
00:43nous ne sommes pas des animaux.
00:45Nous sommes des humains, nous sommes des hommes.
00:47On voit une machine venir vers nous.
00:49On était tellement paniqués qu'on était obligés
00:52de faire sortir nos affaires à la force.
00:55Tout était mélangé.
01:00Je suis née ici, j'ai grandi ici, j'ai fait toute mon enfance.
01:05Jusqu'à ce stage-là, j'ai vécu à la GESCO.
01:08J'ai un sentiment de désespoir envers les autorités.
01:12Je suis dessus, quoi.
01:14Quand je vois la cour comme ça,
01:16ça me rappelle des souvenirs, de bons souvenirs.
01:19Et puis, du jour au lendemain, tu viens voir ta maison,
01:22une maison où tu es née, où tu as grandi.
01:25C'est pas possible, non, tu as déménagé,
01:26mais qui a été démolie en moins de cinq minutes.
01:32Ça fait vraiment, vraiment, vraiment mal.
01:35Venir un coup comme ça, venir faire sortir vos affaires,
01:38casser leur maison.
01:40Nos parents ont vécu ici 30 à 40 ans.
01:43Et du coup, venir démolir ça.
01:45Mais vous voyez, ils ont cassé.
01:46Qu'est-ce qu'ils en font aujourd'hui?
01:49Nous ont chassés comme des animaux.
01:51Ils n'ont pas pensé où est-ce qu'on peut aller vivre.
01:55Or, à l'école, ils nous ont appris qu'un citoyen a droit à la sécurité,
01:59à la santé, à l'éducation.
02:02Mais où est sa sécurité aujourd'hui?
02:04Plusieurs personnes, après les déguépissements,
02:06sont dehors, dorment dehors avec leurs bagages.
02:09Ils n'ont nulle part où aller.
02:10D'autres, même, sont à leur village.
02:12Il y a des élèves, même, qui ont arrêté, même,
02:14carrément, d'aller à l'école.
02:20Bon, l'État nous a promis de nous remettre une somme de 250 000 francs.
02:24Plus intérêt de 100 mètres carrés avec la somme de 1 million.
02:28Mais actuellement, c'est la somme de 250 000 francs qu'on a reçue.
02:32Les politiciens, aujourd'hui, ils font des efforts pour baisser
02:36pour pouvoir obtenir ce qu'ils veulent.
02:39Donc, j'espère qu'ils seront dans leurs paroles.
02:52Au début, on n'avait nulle part où aller.
02:55On réfléchissait où on allait vivre.
02:58C'est là que j'ai pensé à la soeur de ma maman, que j'ai appelée.
03:03Elle nous a hébergées, elle a accepté de nous héberger.
03:06Actuellement, comme elle est commerçante,
03:07c'est elle qui s'occupe de nous, la nourriture, un peu tout.
03:12Mais c'est un peu difficile.
03:13Tu n'arrives même plus à te concentrer face à certaines choses.
03:19J'ai pensé à aller au village, mais je ne veux pas que mes frères et sœurs
03:23se limitent à ce niveau de chute-là.
03:26Je veux qu'ils aillent plus loin.
03:27Je compte me battre pour que ça puisse aller.
Commentaires