00:00Je restaurerai le service militaire obligatoire minimal.
00:04Vous avez fait le service militaire, président ?
00:06Non.
00:06Il n'a ni le talent, ni la compétence.
00:09Karim Ouad, c'est le fils de son père.
00:11Aucune recune envers Adolay Ouad ?
00:12Aucune, aucune, enfin aucune.
00:14Ce sera votre quatrième candidature à une élection présidentielle.
00:17Qu'est-ce qui n'a pas marché ?
00:18Non, tout a marché.
00:20Elie Seck, bonjour.
00:21Bonjour.
00:22Alors, vous êtes candidat à la présidentielle des élections
00:24qui se tiendront le 25 février 2024 au Sénégal.
00:28Elie Seck, vous n'êtes pas novice en politique.
00:30Vous avez été un des leaders de l'opposition également depuis des années.
00:33Qu'est-ce qui vous a convaincu à rester dans l'arène politique ?
00:35Je suis entré en politique
00:38du fait de l'amitié qu'il y avait entre mon cousin,
00:42Alioune Bazaragnan, et maître Abdoulaye Ouad.
00:46Donc, maître Ouad venait chez nous à Thies
00:49quand j'avais 13-14 ans.
00:51Et c'est comme ça que je l'ai connu.
00:53Mais je suis vraiment devenu homme politique bien après.
00:58En 1988, je suis allé dans le bureau de maître Ouad
01:02lui présenter quelques idées pour sa campagne électorale
01:05et il a décidé de me nommer directeur de campagne électorale.
01:09C'était le premier de l'histoire politique du Sénégal.
01:13J'avais 28 ans.
01:14Après, vous êtes premier ministre.
01:16Et donc, comment se passent vos débuts à ce poste ?
01:18Très bien.
01:20Très bien, c'était une position de confiance et d'autorité.
01:24D'ailleurs, tout le monde disait que la réalité du pouvoir
01:27était entre mes mains plus qu'entre celles du président de la République.
01:31Mais ce n'était pas vrai.
01:32C'est que le président de la République me faisait confiance
01:35et lui-même l'a dit de façon répétée dans les médias
01:39qu'il n'avait même pas besoin de me parler
01:42pour que je comprenne ce qu'il souhaitait qu'on fasse
01:45et je le faisais.
01:46Par la suite, une crise est intervenue
01:50parce que son fils voulait ma place.
01:51Finalement, la relation de confiance s'est brisée
01:53parce que vous le disiez, Abdoulaye Ouad était comme un père pour vous.
01:57C'est ce que vous croyez en tout cas.
01:58Absolument, j'ai eu la naïveté de croire
02:01que j'étais non seulement son fils, mais son fils préféré.
02:05Et d'ailleurs, un de ses amis, M. Pierre Haïm,
02:08me l'a dit un jour en me disant que ce que Ouad disait de moi
02:12à table au palais,
02:15Viviane Ouad, la mère de Karim Ouad,
02:17souhaiterait l'entendre de Karim Ouad, pas de moi.
02:21Donc, j'étais effectivement son fils préféré à tout point de vue.
02:27Vous conjuguez au passé, vous étiez.
02:28J'étais, oui.
02:29Ce n'est plus le cas.
02:30Non, parce que ce qu'il m'a fait par la suite,
02:33il ne l'aurait jamais fait à Karim Ouad.
02:35Mais l'affection est toujours là.
02:38Je n'y peux rien, vous savez, on n'est pas maître des sentiments.
02:41C'est d'ailleurs à la mesure de cette affection
02:44que la déception me pousse parfois à être très dur avec lui.
02:49Aucune rocune envers Abdoulaye Ouad ?
02:50Aucune, aucune rancune.
02:53Je lui souhaite encore aujourd'hui ce que je lui ai toujours souhaité.
02:57Et c'est pour cette raison que je suis allé devant lui dans son palais,
03:00lui dire de ne pas solliciter un troisième mandat.
03:04Parce que s'il le sollicitait et qu'il échouait,
03:06sa carrière serait brisée.
03:08Mais malheureusement, peut-être lié à l'âge,
03:14vers la fin, il s'est laissé manipuler,
03:18soit par l'affection en direction d'un fils qui n'avait pas le poids.
03:23Vous pensez que Karim Ouad n'avait pas à l'époque les moyens,
03:25il ne faisait pas le poids pour gérer ?
03:27Il ne les a toujours pas.
03:29Donc vous pensez qu'il n'est pas capable aujourd'hui
03:30de se présenter à la présidentielle de 2024 ?
03:32Pas du tout, non.
03:33Il n'a ni le talent, ni la compétence,
03:37ni le relationnel avec les gens, ni rien du tout.
03:43Voilà, Karim Ouad, c'est le fils de son père.
03:45Par rapport à cette troisième candidature de Maître Ouad,
03:48vous avez réussi à le dissuader en tout cas.
03:50J'ai essayé.
03:50Vous avez essayé.
03:51Aujourd'hui, on est face à la même situation, à Rimec de 2012.
03:54Est-ce que vous tenterez ou vous avez peut-être déjà tenté ?
03:57Non, j'ai déjà dit à mon jeune frère Makissal, de façon très claire,
04:02qu'il avait déjà un parcours exceptionnel.
04:05Makissal, son père, était gardien dans un service d'agriculture à Fatik.
04:10Il est devenu maire de Fatik, président de la République.
04:15Président de l'Union africaine, qui a un bilan exceptionnel,
04:20en tout cas sur le plan matériel.
04:22Sur l'immatériel, il y aurait des choses à améliorer.
04:24Je ne souhaite pas qu'une tentative d'un troisième mandat
04:30puisse venir souiller tout ça.
04:32Donc, ma position est très claire.
04:34En revanche, je ne referai pas ce que j'ai fait en 2012.
04:392012 a été ma pure élection présidentielle.
04:41Vous n'avez pas mené le bon combat en 2012 ?
04:43Non, je n'ai pas mené le bon combat.
04:45Parce que le vrai combat en matière politique,
04:49c'est de s'adresser à l'électeur qui, en dernier ressort,
04:53est le seul souverain et le seul décideur.
04:55Quand on dit Idriss Asseke, on pense au candidat
04:58qui aujourd'hui, peut-être comme vous le dites,
05:01vous en êtes convaincu, va être président de la République du Sénégal.
05:04Qu'est-ce que vous proposez justement aux Sénégalais, à cette jeunesse ?
05:07Injecter dans la jeunesse sénégalaise et africaine
05:12ce qui se fait de mieux au monde en matière d'alimentation,
05:17d'éducation, de santé, de pratiques sportives,
05:21de gestion d'un environnement sain.
05:24Puisque je sais que si ces ingrédients-là sont injectés
05:27dans la jeunesse sénégalaise et africaine,
05:29elle ira à la conquête du monde.
05:31Les défis sont colossaux, Idriss Asseke.
05:34Et cette jeunesse en demande beaucoup.
05:36Cette population sénégalaise en demande beaucoup.
05:38Tout à fait.
05:38Mais la jeunesse demande beaucoup, mais elle peut beaucoup.
05:42La première requête que j'aurai en revanche,
05:45c'est que j'exigerai d'eux un minimum de discipline.
05:49D'ailleurs, je restaurerai le service militaire obligatoire minimal.
05:55C'est un grand défi.
05:55Ah, c'est un très grand défi.
05:56Comment comptez-vous convaincre les jeunes
05:58à obligatoirement faire le service militaire ?
06:00Écoutez, dans un premier temps, s'ils ne sont pas convaincus,
06:04je le ferai par incitation.
06:07Je prendrai dans les emplois disponibles
06:11ceux qui acceptent d'aller au service militaire
06:14au minimum de trois mois.
06:15Moi, ce que je souhaite, c'est que mes jeunes
06:18aient un minimum de valeur.
06:19Mais le service militaire n'est pas peut-être le seul moyen d'y accepter.
06:21Non, ce n'est pas le seul moyen.
06:22C'est l'éducation de manière générale.
06:24Vous avez fait le service militaire, Président ?
06:26Non, je n'ai pas eu la chance,
06:28mais j'ai fait une sorte de service militaire,
06:33c'est-à-dire le Daraa, l'école coranique.
06:35Il y a un reproche qui vous a été fait,
06:37le fait d'avoir rejoint le Président Macky Sall
06:41à quelques mois de la présidentielle,
06:43sachant que vous allez vous présenter.
06:44Si c'était à refaire, je l'aurais refait
06:46exactement dans les mêmes conditions.
06:48Pourquoi ?
06:49Parce que je voulais éviter à mon pays
06:52ce qui s'est passé ailleurs.
06:54Nous étions en face d'une crise majeure.
06:57Nous étions en train de discuter dans le cadre d'un dialogue
07:00de la mise en place d'un statut de l'opposition et de son chef
07:04que j'aurais été de toutes les façons.
07:07D'ailleurs, cette notion de chef de l'opposition a créé un débat,
07:09M. Diesteik, entre vous et l'opposant Ousmane Sonko.
07:13Ah non, ça n'a créé aucun débat.
07:16Il n'est pas possible qu'il y ait un débat quelconque sur la question.
07:20Pourquoi ?
07:20Parce que c'est clair,
07:23les Sénégalais sont les seuls à désigner
07:27les acteurs politiques de leur choix.
07:30Ils ont donné 58% à Macky Sall,
07:32ce qu'en a fait le président de la République.
07:35Ils m'en ont donné 20%.
07:37Vous faites quoi des 20% ?
07:39Sonko est arrivé troisième avec 15%.
07:41Il fait quoi de ces 15% ?
07:43La preuve, quand je suis allé rejoindre le gouvernement
07:49pour sauver le Sénégal de la crise,
07:51il s'est précipité pour se déclarer chef de l'opposition
07:55avec tous ses amis.
07:57Sur quelle base ?
07:58Parce qu'il était troisième.
07:59Aujourd'hui, si vous vous présentez,
08:00vous allez vous présenter bien sûr pour 2024.
08:02Ce sera votre quatrième candidature à une élection présidentielle.
08:06Qu'est-ce qui n'a pas marché finalement ?
08:07Non, tout a marché et tout marche toujours.
08:11L'échec n'est pas un échec.
08:13Le fait de ne pas atteindre le résultat n'est pas grave.
08:17Ce qui est grave, c'est de ne pas tenter.
08:20Ce qui est grave, c'est de ne pas être fidèle aux principes qui vous animent.
08:25Donc je ne dis pas ça a marché, ça n'a pas marché.
08:27Je dirais simplement le résultat n'est pas atteint,
08:29mais je sors toujours de ces expériences-là totalement enrichi.
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