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  • il y a 3 ans
En 2024, Idrissa Seck sera candidat pour la 4e fois aux présidentielles.
Il en parle avec notre journaliste Edouard et nous révèle ses plans pour les jeunes, dont l'instauration d'un service militaire.

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Transcription
00:00Je restaurerai le service militaire obligatoire minimal.
00:04Vous avez fait le service militaire, président ?
00:06Non.
00:06Il n'a ni le talent, ni la compétence.
00:09Karim Ouad, c'est le fils de son père.
00:11Aucune recune envers Adolay Ouad ?
00:12Aucune, aucune, enfin aucune.
00:14Ce sera votre quatrième candidature à une élection présidentielle.
00:17Qu'est-ce qui n'a pas marché ?
00:18Non, tout a marché.
00:20Elie Seck, bonjour.
00:21Bonjour.
00:22Alors, vous êtes candidat à la présidentielle des élections
00:24qui se tiendront le 25 février 2024 au Sénégal.
00:28Elie Seck, vous n'êtes pas novice en politique.
00:30Vous avez été un des leaders de l'opposition également depuis des années.
00:33Qu'est-ce qui vous a convaincu à rester dans l'arène politique ?
00:35Je suis entré en politique
00:38du fait de l'amitié qu'il y avait entre mon cousin,
00:42Alioune Bazaragnan, et maître Abdoulaye Ouad.
00:46Donc, maître Ouad venait chez nous à Thies
00:49quand j'avais 13-14 ans.
00:51Et c'est comme ça que je l'ai connu.
00:53Mais je suis vraiment devenu homme politique bien après.
00:58En 1988, je suis allé dans le bureau de maître Ouad
01:02lui présenter quelques idées pour sa campagne électorale
01:05et il a décidé de me nommer directeur de campagne électorale.
01:09C'était le premier de l'histoire politique du Sénégal.
01:13J'avais 28 ans.
01:14Après, vous êtes premier ministre.
01:16Et donc, comment se passent vos débuts à ce poste ?
01:18Très bien.
01:20Très bien, c'était une position de confiance et d'autorité.
01:24D'ailleurs, tout le monde disait que la réalité du pouvoir
01:27était entre mes mains plus qu'entre celles du président de la République.
01:31Mais ce n'était pas vrai.
01:32C'est que le président de la République me faisait confiance
01:35et lui-même l'a dit de façon répétée dans les médias
01:39qu'il n'avait même pas besoin de me parler
01:42pour que je comprenne ce qu'il souhaitait qu'on fasse
01:45et je le faisais.
01:46Par la suite, une crise est intervenue
01:50parce que son fils voulait ma place.
01:51Finalement, la relation de confiance s'est brisée
01:53parce que vous le disiez, Abdoulaye Ouad était comme un père pour vous.
01:57C'est ce que vous croyez en tout cas.
01:58Absolument, j'ai eu la naïveté de croire
02:01que j'étais non seulement son fils, mais son fils préféré.
02:05Et d'ailleurs, un de ses amis, M. Pierre Haïm,
02:08me l'a dit un jour en me disant que ce que Ouad disait de moi
02:12à table au palais,
02:15Viviane Ouad, la mère de Karim Ouad,
02:17souhaiterait l'entendre de Karim Ouad, pas de moi.
02:21Donc, j'étais effectivement son fils préféré à tout point de vue.
02:27Vous conjuguez au passé, vous étiez.
02:28J'étais, oui.
02:29Ce n'est plus le cas.
02:30Non, parce que ce qu'il m'a fait par la suite,
02:33il ne l'aurait jamais fait à Karim Ouad.
02:35Mais l'affection est toujours là.
02:38Je n'y peux rien, vous savez, on n'est pas maître des sentiments.
02:41C'est d'ailleurs à la mesure de cette affection
02:44que la déception me pousse parfois à être très dur avec lui.
02:49Aucune rocune envers Abdoulaye Ouad ?
02:50Aucune, aucune rancune.
02:53Je lui souhaite encore aujourd'hui ce que je lui ai toujours souhaité.
02:57Et c'est pour cette raison que je suis allé devant lui dans son palais,
03:00lui dire de ne pas solliciter un troisième mandat.
03:04Parce que s'il le sollicitait et qu'il échouait,
03:06sa carrière serait brisée.
03:08Mais malheureusement, peut-être lié à l'âge,
03:14vers la fin, il s'est laissé manipuler,
03:18soit par l'affection en direction d'un fils qui n'avait pas le poids.
03:23Vous pensez que Karim Ouad n'avait pas à l'époque les moyens,
03:25il ne faisait pas le poids pour gérer ?
03:27Il ne les a toujours pas.
03:29Donc vous pensez qu'il n'est pas capable aujourd'hui
03:30de se présenter à la présidentielle de 2024 ?
03:32Pas du tout, non.
03:33Il n'a ni le talent, ni la compétence,
03:37ni le relationnel avec les gens, ni rien du tout.
03:43Voilà, Karim Ouad, c'est le fils de son père.
03:45Par rapport à cette troisième candidature de Maître Ouad,
03:48vous avez réussi à le dissuader en tout cas.
03:50J'ai essayé.
03:50Vous avez essayé.
03:51Aujourd'hui, on est face à la même situation, à Rimec de 2012.
03:54Est-ce que vous tenterez ou vous avez peut-être déjà tenté ?
03:57Non, j'ai déjà dit à mon jeune frère Makissal, de façon très claire,
04:02qu'il avait déjà un parcours exceptionnel.
04:05Makissal, son père, était gardien dans un service d'agriculture à Fatik.
04:10Il est devenu maire de Fatik, président de la République.
04:15Président de l'Union africaine, qui a un bilan exceptionnel,
04:20en tout cas sur le plan matériel.
04:22Sur l'immatériel, il y aurait des choses à améliorer.
04:24Je ne souhaite pas qu'une tentative d'un troisième mandat
04:30puisse venir souiller tout ça.
04:32Donc, ma position est très claire.
04:34En revanche, je ne referai pas ce que j'ai fait en 2012.
04:392012 a été ma pure élection présidentielle.
04:41Vous n'avez pas mené le bon combat en 2012 ?
04:43Non, je n'ai pas mené le bon combat.
04:45Parce que le vrai combat en matière politique,
04:49c'est de s'adresser à l'électeur qui, en dernier ressort,
04:53est le seul souverain et le seul décideur.
04:55Quand on dit Idriss Asseke, on pense au candidat
04:58qui aujourd'hui, peut-être comme vous le dites,
05:01vous en êtes convaincu, va être président de la République du Sénégal.
05:04Qu'est-ce que vous proposez justement aux Sénégalais, à cette jeunesse ?
05:07Injecter dans la jeunesse sénégalaise et africaine
05:12ce qui se fait de mieux au monde en matière d'alimentation,
05:17d'éducation, de santé, de pratiques sportives,
05:21de gestion d'un environnement sain.
05:24Puisque je sais que si ces ingrédients-là sont injectés
05:27dans la jeunesse sénégalaise et africaine,
05:29elle ira à la conquête du monde.
05:31Les défis sont colossaux, Idriss Asseke.
05:34Et cette jeunesse en demande beaucoup.
05:36Cette population sénégalaise en demande beaucoup.
05:38Tout à fait.
05:38Mais la jeunesse demande beaucoup, mais elle peut beaucoup.
05:42La première requête que j'aurai en revanche,
05:45c'est que j'exigerai d'eux un minimum de discipline.
05:49D'ailleurs, je restaurerai le service militaire obligatoire minimal.
05:55C'est un grand défi.
05:55Ah, c'est un très grand défi.
05:56Comment comptez-vous convaincre les jeunes
05:58à obligatoirement faire le service militaire ?
06:00Écoutez, dans un premier temps, s'ils ne sont pas convaincus,
06:04je le ferai par incitation.
06:07Je prendrai dans les emplois disponibles
06:11ceux qui acceptent d'aller au service militaire
06:14au minimum de trois mois.
06:15Moi, ce que je souhaite, c'est que mes jeunes
06:18aient un minimum de valeur.
06:19Mais le service militaire n'est pas peut-être le seul moyen d'y accepter.
06:21Non, ce n'est pas le seul moyen.
06:22C'est l'éducation de manière générale.
06:24Vous avez fait le service militaire, Président ?
06:26Non, je n'ai pas eu la chance,
06:28mais j'ai fait une sorte de service militaire,
06:33c'est-à-dire le Daraa, l'école coranique.
06:35Il y a un reproche qui vous a été fait,
06:37le fait d'avoir rejoint le Président Macky Sall
06:41à quelques mois de la présidentielle,
06:43sachant que vous allez vous présenter.
06:44Si c'était à refaire, je l'aurais refait
06:46exactement dans les mêmes conditions.
06:48Pourquoi ?
06:49Parce que je voulais éviter à mon pays
06:52ce qui s'est passé ailleurs.
06:54Nous étions en face d'une crise majeure.
06:57Nous étions en train de discuter dans le cadre d'un dialogue
07:00de la mise en place d'un statut de l'opposition et de son chef
07:04que j'aurais été de toutes les façons.
07:07D'ailleurs, cette notion de chef de l'opposition a créé un débat,
07:09M. Diesteik, entre vous et l'opposant Ousmane Sonko.
07:13Ah non, ça n'a créé aucun débat.
07:16Il n'est pas possible qu'il y ait un débat quelconque sur la question.
07:20Pourquoi ?
07:20Parce que c'est clair,
07:23les Sénégalais sont les seuls à désigner
07:27les acteurs politiques de leur choix.
07:30Ils ont donné 58% à Macky Sall,
07:32ce qu'en a fait le président de la République.
07:35Ils m'en ont donné 20%.
07:37Vous faites quoi des 20% ?
07:39Sonko est arrivé troisième avec 15%.
07:41Il fait quoi de ces 15% ?
07:43La preuve, quand je suis allé rejoindre le gouvernement
07:49pour sauver le Sénégal de la crise,
07:51il s'est précipité pour se déclarer chef de l'opposition
07:55avec tous ses amis.
07:57Sur quelle base ?
07:58Parce qu'il était troisième.
07:59Aujourd'hui, si vous vous présentez,
08:00vous allez vous présenter bien sûr pour 2024.
08:02Ce sera votre quatrième candidature à une élection présidentielle.
08:06Qu'est-ce qui n'a pas marché finalement ?
08:07Non, tout a marché et tout marche toujours.
08:11L'échec n'est pas un échec.
08:13Le fait de ne pas atteindre le résultat n'est pas grave.
08:17Ce qui est grave, c'est de ne pas tenter.
08:20Ce qui est grave, c'est de ne pas être fidèle aux principes qui vous animent.
08:25Donc je ne dis pas ça a marché, ça n'a pas marché.
08:27Je dirais simplement le résultat n'est pas atteint,
08:29mais je sors toujours de ces expériences-là totalement enrichi.
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