00:00— Est-ce que vous pouvez résister seul alors que d'autres pays d'Europe...
00:02— Non, pas du tout. Il faut pas être seul. Vous avez raison. Il faut pas être seul. Il faut avoir ce travail de conviction.
00:08Mais il faut aussi éviter les caricatures. Là, on considère que le Mercosur en l'état est un mauvais accord. On s'y oppose.
00:14Après, le commerce, en général, est bon pour l'agriculture française. Je rappelle quand même en même temps que la France,
00:24puisqu'il y a un déficit commercial que nous cherchons à améliorer par toutes les réformes qu'on a faites depuis 7 ans pour être
00:30plus compétitifs, pour réindustrialiser. Ce déficit, il est dur en négatif au fait qu'on est très dépendants de notre énergie.
00:37C'est pour ça qu'on fait cette transition, pour moins importer d'hydrocarbures qu'on ne produit pas chez nous.
00:41Mais on a 2, 3 grands postes où on est bons à l'export, l'aéronautique, le luxe et l'agroalimentaire. Il faut jamais l'oublier.
00:49Donc notre agriculture française, il faut pas non plus qu'elle ait l'image d'elle-même qu'on ait l'image qu'elle devrait être fermée.
00:56Elle doit être ouverte. Et donc il est normal qu'on importe des produits qu'on ne produit pas chez nous, parce qu'on veut en exporter aussi,
01:02et que nos producteurs de blé, que nos producteurs de raisin et derrière nos viticulteurs, ils sont très heureux d'avoir des marchés à l'export,
01:11qui sont l'essentiel parfois, de leur déboucher. Donc on est pour une agriculture ouverte, mais pour des contrats commerciaux qui soient justes.
01:21Et donc ce qui est très important de comprendre, c'est que nous défendons le commerce international, nous défendons le modèle agricole français
01:28qui est de très grande qualité, qui est en train de faire sa transition avec beaucoup d'efforts, qu'on défend son ouverture,
01:33mais qu'on veut pour nos producteurs que les règles soient justes, et donc qu'il y ait une concurrence équitable.
01:38Et donc quand on demande qu'on se passe de certains produits phytosanitaires, qu'on respecte des règles, ce qui est un effort fondement de nos producteurs,
01:46on demande la même chose à ceux qui viennent importer sur notre marché. C'est juste et c'est de bon sens.
01:52— Pensez-vous que l'Europe puisse piétiner la voie de la France, qui est un pays fondateur ?
01:55— Non, je ne le crois pas. Je ne le crois pas. Et je reconnais à la présidente van der Leyen un très grand respect de la parole de la France,
02:04de notre position. Et donc nous, je dis juste, voilà ce qu'on veut, c'est qu'il y ait des règles justes.
02:10Elles ne sont pas justes dans l'accord tel qu'il est là. Et donc on va continuer de travailler avec tout le monde.
02:15Moi, je pense que le bon cadre avec cette région, qui est très importante stratégiquement pour nous, l'Argentine, le Chili,
02:22avec lequel nous avons fait un accord, qui, lui, est juste. C'est pour ça que nous l'avons soutenu.
02:27Mais l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay, la Bolivie, donc tous les pays qui constituent le Mercosur, qu'est-ce qu'on a besoin de faire ?
02:36D'avoir un accord qui définit un bon cadre d'investissement, qui ouvre certains domaines où on a des intérêts,
02:41qui permette d'avoir des partenariats sur des matériaux critiques, mais il ne doit pas sacrifier l'agriculture européenne.
02:46C'est ça, ce qu'on dit. Si on est raisonnables tous, il y a un chemin possible. Mais il ne se fera pas au détriment de nos agriculteurs.
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