00:00Attention, attention, attention !
00:02Attention à la caissière !
00:06Pour la première édition du Andi Marathon des Sables,
00:08sur trois étapes, on a fait 50 km dans le désert marocain.
00:10C'est-à-dire que ça fait 15 ans qu'il n'y avait pas plus
00:12mais des torrents d'eau,
00:14mais vraiment des cascades dans la tronche.
00:20Sabler les roues, en général, ça ne fait pas bon ménage.
00:22Ça dérape !
00:23Doucement, doucement !
00:24Molleux quand même, les gars !
00:26Donc le prochain marathon qu'on fait est à Hambourg
00:28parce qu'il est là.
00:42Quand Pierre a été blessé,
00:44il y a eu un sentiment un peu de privation de liberté au début
00:48en se disant qu'on ne va plus pouvoir accéder à la nature,
00:50aux grands espaces, etc.
00:51Nous, on n'était pas très sportifs à l'époque.
00:54On était très sportifs à la base dans nos vies d'avant
00:56et on se rend compte quand même que quand on est en fauteuil,
00:58si on veut vraiment partir à l'aventure
01:00et être le plus autonome possible et aller le plus loin possible,
01:02il faut être un peu fort physiquement,
01:04il faut réussir à donner de l'énergie
01:06et avoir les muscles qu'il faut pour affronter des terrains difficiles, etc.
01:09Et en fait, c'est un peu comme ça que ça nous est venu.
01:11À chaque nouveau défi, on a eu un peu plus envie de faire du sport.
01:15Pour nous, ça a vraiment été un gros moteur de reconstruction
01:19et d'apprentissage de cette nouvelle vie.
01:22On a eu le temps de faire la traversée de la Nouvelle-Zélande en tandem.
01:28L'ascension du Kilimanjaro.
01:33On était les premiers finisheurs en fauteuil du Marathon des Sables.
01:36À la base, le Marathon des Sables, c'est une course d'ultra sport.
01:39C'est une course d'extrême sport.
01:41On est en plein cœur du désert du Sahara.
01:43On vit en bivouac.
01:44On est en autonomie au niveau de l'alimentation.
01:46Donc, il faut amener du glyophilisé pour les quatre jours de course.
01:52C'est vraiment une course qui est hyper exigeante.
01:55Déjà, pour un valide, aller sur une plage avec un vélo, c'est compliqué.
01:58Et en fait, avec un fauteuil roulant, tu t'enfonces très vite.
02:00Il y a un fauteuil qui va avoir trois roues, des gros pneus à l'arrière
02:03pour essayer de moins s'enfoncer.
02:05C'est un peu comme ça qu'on s'enfonce.
02:07Il y a un fauteuil qui va avoir trois roues, des gros pneus à l'arrière
02:10pour essayer de moins s'enfoncer, avec une largeur un peu plus conséquente
02:13qu'un fauteuil de ville classique.
02:15Derrière, il y a une personne qui va pouvoir pousser,
02:17parce qu'il y a un guidon, il y a des freins, etc.
02:19pour mieux orienter le fauteuil.
02:20Il va y avoir une personne à l'avant, équipée d'un harnais d'expédition polaire,
02:23des cordes pour tirer le fauteuil dans les moments compliqués.
02:26Attention, là, il y a des gros cailloux à gauche et à droite.
02:31Et comme ça, on est trois à fournir cet effort
02:33et à vraiment pouvoir un peu repousser chacun ses limites.
02:37Et donc là, on se retrouve au milieu des dunes, avec du vent.
02:41Sur cette édition, on a eu de la pluie, c'était complètement lunaire.
02:48Et en fait, ce qui est énorme, c'est que la deuxième étape,
02:51le lendemain, elle est supposée se passer 80% du temps sur un lac asséché.
02:55En fait, il a fallu changer d'étape,
02:57parce que le lac n'était plus du tout asséché, c'était juste un lac.
03:04Non, non, à droite, à droite, à droite, à droite.
03:05On est en coupe.
03:06Doucement, doucement.
03:08Ça va, Pierre ?
03:09Ouais, pas à gauche.
03:10On fait des aventures, on a besoin de se parler et de se comprendre.
03:13C'est pas toujours hyper simple, c'est pas toujours hyper fluide.
03:15Un peu chaud, parfois.
03:16Plus à gauche, peut-être.
03:18Ah bon ?
03:19Je sais pas.
03:20On a réussi maintenant à trouver un moyen de presque pas se parler
03:24et de savoir quand est-ce que l'autre a besoin d'aide, etc.
03:26Passer une racine, un caillou qui est trop compliqué pour lui seul,
03:29et éviter justement un peu la bouillasse de sable mou qui va être juste à côté
03:34ou les épines d'acacia pour éviter de crever.
03:36Je pense que notre coéquipière Sylvie, ma sœur, qui était avec nous sur le marathon de Sade,
03:40dira qu'on n'est pas encore 100% nickel sur les engueulades,
03:43mais que globalement, ça se passe plutôt bien.
03:46Bravo, bravo à toutes et à tous,
03:48les équipages endivalides qui arrivent sur cette deuxième ligne d'arrivée,
03:54deuxième étape.
03:56Bravo les gars, bravo, bravo les filles.
03:58Vous êtes incroyables.
04:00En soi, en France, c'est possible de faire du handisport,
04:03mais aujourd'hui, on m'avait refusé la participation à une course
04:06parce que j'étais en fauteuil de ville et pas en fauteuil d'athlétisme.
04:09Tout le monde peut aller courir avec une paire de baskets.
04:11Alors certes, les baskets, il y en a qui coûtent un peu cher,
04:13mais globalement, ça va.
04:14Mais en fait, quand on te force à courir avec un fauteuil d'athlétisme,
04:17on t'explique que t'es obligé de dépenser au moins 3000 euros
04:19pour pouvoir aller faire ta course.
04:21C'est-à-dire que quelqu'un qui a envie de courir avec son propre fauteuil,
04:23ça lui évite aussi d'acheter le fauteuil de sport qui coûte une fortune.
04:26Et du coup, il n'y a pas de raison qu'on lui interdise de le faire
04:29parce qu'en réalité, il n'y a personne qui va le pousser.
04:31Lui, il ne va pas rouler sur les gens.
04:33Ça, ça n'arrive pas.
04:34Ça, c'est dans la tête des organisateurs.
04:36Quand je vois qu'on a réussi à rouler sur personne pour le marathon des sables,
04:39dans le sable, avec des fauteuils qui sont beaucoup plus larges que le tien,
04:42je pense qu'on peut se sentir.
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