00:00Oui, il y a un petit peu moins de monde que tout à l'heure, pour bien expliquer à nos téléspectateurs ce qu'il s'est passé.
00:04Il y avait un cortège qui était prévu, qui devait partir ici devant la mairie de Valence
00:09pour arriver jusqu'au siège de l'équivalent du conseil régional du coin.
00:13Une partie de la foule a bien effectué ce trajet.
00:16Ils étaient plusieurs milliers et d'autres ici sont restés devant la mairie.
00:19Et c'est là qu'on a assisté, il y a maintenant un peu plus d'une heure et demie,
00:22à des tensions avec des jets de projectiles sur les forces de l'ordre,
00:24des jets de boue également, de la boue qui avait été ramassée un petit peu plus loin,
00:27dans le sud de Valence, au niveau des zones sinistrées.
00:30La police est intervenue, il y a eu des renforts.
00:32Et là, désormais, plus d'une heure et demie après, la tension redescend,
00:35même si la foule majoritairement jeune est encore ici.
00:38On va aller discuter avec Clara qui est ici, Clara qui est française,
00:41qui habite ici à Valence depuis cinq ans.
00:43Merci de répondre à nos questions.
00:44Vous, vous êtes chaque jour en train de nettoyer un petit peu au sud
00:47et vous avez vu cette colère monter.
00:49Est-ce que vous pouvez nous l'expliquer ? D'où elle vient cette colère ?
00:51Elle vient de cette colère parce qu'ils n'ont pas été capables de tenir au courant la population
00:56de ce qui allait se passer alors que les stations météorologiques,
00:59ou je ne sais pas comment ça s'appelle ça,
01:00ils le savaient qu'il allait se passer quelque chose de grave.
01:03La seule institution publique qui nous a dit, c'est l'université de Valence,
01:08qui a dit à ses élèves et à ses profs de ne pas aller à la fac le mardi
01:12parce qu'ils savaient que ça allait être grave les pluies qu'il y allait y avoir.
01:14Et le président de la Généralitat, c'est comme le président de la région,
01:18il a dit non, population, tranquillité, il ne va rien se passer.
01:21Ça, c'est au moment de l'alerte.
01:23Et maintenant, ce que vous reprochez également, c'est les renforts, l'aide qui n'est pas venue tout de suite.
01:28Déjà, l'alerte est venue quand les gens étaient déjà en train de mourir à plus de 8 heures,
01:32et les villages étaient déjà inondés, et les gens étaient dans les voitures en train de mourir.
01:37Et oui, après les renforts, ils ne sont pas arrivés à temps.
01:39Et pourquoi ils refusent l'aide de la France, par exemple, ou l'aide du Salvador,
01:43l'aide des pompiers au début des autres régions d'Espagne, ils les ont refusés.
01:47Pourquoi ? C'est de la fierté ? C'est quoi ça ? On a besoin d'aide ici.
01:51On voit chaque jour, on l'a vu aujourd'hui, on a fait des reportages au plus près des gens qui nettoient,
01:55et on voit ici que c'est majoritairement des jeunes qui sont en colère.
01:58Ils travaillent toute la journée, et là, maintenant, ils viennent crier leur colère,
02:01c'est un peu ça comme ça qu'il faut l'interpréter ?
02:03Oui, les gens sont en colère parce qu'au final, on prend du temps personnel,
02:06qu'on ne passe pas avec notre famille, ou à se reposer, ou à aller travailler.
02:09Il y a des gens qui ont même pris des jours de congés pour aller aider les autres.
02:13Et il y a plein de monde qui a perdu son travail, qu'on ne peut plus aller à l'université.
02:18Et il y a des gens qui ont tout perdu, c'est la misère ici.
02:21Vous avez avec vos amis quelques pancartes, est-ce que vous pouvez nous en traduire quelques-unes,
02:24nous expliquer les messages ?
02:26Ça, c'est parce qu'ils ont refusé l'aide de pays étrangers alors qu'on en a besoin,
02:30et ils disent que non, c'est totalement faux.
02:32Ça, c'est parce qu'ils disent que c'est le peuple qui se tâche les mains debout,
02:36et eux descendent parce que c'est des assassins.
02:39Et ça, ça dit que ceux qui ne tiennent pas au courant la population de ce qui va se passer, c'est des traîtres.
02:44Ça, c'est parce que Mathone, il faut le dire et le répéter,
02:46pendant que le peuple, il était en train de mourir sous l'eau,
02:49lui, il était en train de faire un repas pour des business à lui.
02:53Carlos Mathone, le président de la Généralité des Valences de Valence.
02:57C'est une politique financée par l'humanité.
03:00Voilà, merci beaucoup Carla, c'est lui qui cristallise principalement toutes les tensions.
03:03Son nom a été cité et sur les banderoles depuis tout à l'heure.
03:05Et puis il y a un autre slogan qu'on a entendu tout à l'heure,
03:07« Où étiez-vous le premier jour ? ».
03:09C'est la foule qui s'est adressée à la police, ils ont répété ça sans cesse.
03:12Ils ne comprennent pas pourquoi les renforts, les pompiers, les policiers
03:18sont arrivés si tard sur le terrain, même l'armée,
03:20qui parfois est arrivée 2, 3, 4 jours après.
03:22Maintenant, plus de 10 jours après, c'est le cas.
03:24On les a vus sur le terrain, on l'a constaté nous-mêmes.
03:26Mais ici, la foule ne digère pas ce qui s'est passé il y a 10 jours.
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