00:00Quand c'est qu'une rue qui est touchée dans une ville, c'est facile.
00:03Quand c'est toute la ville qui est touchée, voire même plusieurs villes,
00:06à un moment donné effectivement les secours ne sont pas illimités.
00:09Quand on est arrivé, les gens étaient partagés entre la satisfaction de voir arriver des secours
00:15et l'énervement et l'agacement d'avoir eu à affronter cette inondation seul.
00:20Dès qu'on est arrivé sur place, les gens sont tout de suite venus au contact
00:23pour nous demander si on venait de France, pour nous remercier d'être là
00:26et donc on leur a expliqué que notre mission serait de vider le parking où les gens habitaient
00:31dans un premier temps, de récupérer l'eau pour aller nettoyer toute la boue sur la devanture de leur immeuble
00:39puisqu'il y avait à peu près 50 cm de boue avant notre arrivée
00:43et ça nous évite en même temps de jeter l'eau à la poubelle sans l'utiliser.
00:48Et enfin, une fois que l'eau était descendue, on a malheureusement fait la reconnaissance des locaux
00:54pour voir si des corps étaient encore présents.
00:56Par chance, sur notre parking qu'on avait, on n'a eu aucun corps de trouvé.
01:01A quelques mètres de là, dans un autre parking, on a d'autres personnes qui sont des pompiers
01:08de la même équipe avec qui on était, qui eux ont eu comme connaissance de la présence de trois corps
01:15mais que malheureusement il était impossible à sortir pour l'instant au vu de la quantité d'eau qu'il y avait.
01:20Ce qui nous a vraiment marqué, nous, c'est plutôt comment s'est passée cette inondation.
01:24Donc c'est notre 36e mission, on a l'habitude d'en faire depuis six ans qu'on est créés
01:30mais on se rend compte que de plus en plus maintenant, les inondations, on les appelle les inondations éclaires.
01:36C'est-à-dire que l'eau arrive très rapidement, elle se retire aussi vite qu'elle est arrivée
01:41mais vu qu'elle surprend tout le monde, surtout quand c'est ennui comme là ça a été le cas,
01:45malheureusement elle laisse derrière elle des gens bloqués dans leur véhicule, des débris dans tous les sens et des corps disparus.
01:54On est restés que quatre jours mais en quatre jours, ce que je me rends compte c'est que
01:58en fait c'est pas une histoire d'avoir du monde parce que de toute façon sur chaque catastrophe,
02:03la population elle est là et elle veut aider.
02:05On a vu, il y avait des barrières de police, les gens garaient leur voiture avant les barrières de police
02:11parce qu'ils ne pouvaient pas passer.
02:12Tout le monde descendait des voitures et ils prenaient avec eux des pelles, des balais
02:16et ils marchaient des fois pendant plusieurs kilomètres simplement pour pouvoir venir proposer leur aide.
02:21Pareil quand on a nettoyé les rues, on avait avec nous des dizaines et des dizaines de personnes qui étaient à l'écoute.
02:29On leur disait faites ça et puis ils le faisaient immédiatement.
02:32On sentait qu'il y avait vraiment cet esprit de solidarité.
02:34D'ailleurs en termes de solidarité, quand on a travaillé de nuit,
02:38on avait des gens qui venaient nous voir des fois à 2h, 3h du matin sans s'arrêter,
02:43comme si c'était organisé pour nous dire est-ce qu'il vous faut un café ?
02:46Est-ce que vous voulez manger un sandwich ?
02:48C'était vraiment impressionnant et c'est ce qui a le plus marqué nos collègues et moi-même pour cette solidarité-là.
02:55Il y a un moment quand on monte une association et qu'on se dit qu'on la constitue pour aller aider les gens,
02:59si on ne part pas sur une catastrophe comme celle-ci où il y a des villes complètes ravagées avec des centaines de morts,
03:06il faut qu'on arrête l'associatif, qu'on fasse autre chose.
03:09C'était un devoir pour nous d'y aller et on est content de l'avoir fait parce que les gens nous l'ont fait reconnaître
03:16quand ils nous ont serré dans les bras pour dire au revoir en pleurant.
03:19Ce sont des choses qu'on n'oubliera jamais et finalement c'est notre paye, c'est notre récompense,
03:23c'est d'avoir ces gens qui sont honnêtes et qui nous disent merci la France, merci le GIPS.
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