00:00Écoutez, il y a plein de conséquences qui découlent de ces dramatiques inondations qui ont eu lieu il y a cinq jours.
00:08Aujourd'hui, ce qui nous a marqués, c'est la colère des habitants, mais on va y revenir.
00:12Il y a également la salubrité. Il faut bien se rendre compte que ça fait cinq jours que les rues sont détruites et remplies d'eau.
00:18L'eau qui commence à devenir très sale. Et ne pas oublier qu'il y a encore des dizaines et des dizaines de portées disparues.
00:24Donc potentiellement des corps qui sont sous les décombres, qui sont encore dans les parkings et qui périssent dans l'eau.
00:30Donc il commence à y avoir une forte odeur qui se dégage, très mauvaise odeur.
00:35Autre chose qui nous a également beaucoup marqué, c'est la solidarité.
00:38Il faut... Imaginez-vous des milliers de personnes, des milliers de Valenciens qui font des kilomètres à pied pour venir prêter main forte aux sinistrés
00:48avec des dizaines et des dizaines de packs d'eau, de la nourriture, de toutes sortes d'outils pour déblayer.
00:56Et puis voilà, donc ça fait beaucoup de choses.
01:00Et évidemment, Morgane, il faut se rendre compte que c'est un paysage qui est complètement détruit.
01:06Oui, tout à fait. C'est un paysage qui est absolument apocalyptique.
01:09C'est ce qui nous a marqué avec Rebecca tout au long de la mission.
01:12Ce sont sur des kilomètres et des kilomètres des paysages qui sont détruits.
01:16C'est la désolation totale.
01:18Nous avons traversé plusieurs villages, que ce soit Paiporta, Chivas, La Torre, Picanha.
01:25Et à l'intérieur de ces villages, il y a également énormément d'objets qui ont été sortis via les habitants, mais aussi avec l'aide des bénévoles.
01:35Donc, on retrouve de tout, des appareils électroménagers, des canapés, mais aussi des photos.
01:39Et là, on voit la tristesse justement des habitants d'avoir perdu tout ça, mais aussi des voitures qui sont empilées les unes sur les autres.
01:45On vous en a beaucoup parlé à l'antenne de BFM TV, ces cimetières de voitures empilées, complètement cassées.
01:51D'ailleurs, avec Rebecca, à chaque fois qu'on regardait à travers une vitre, on avait peur de tomber sur un corps.
01:57Aujourd'hui, on s'est rendu à Chivas, qui se trouve à 30 kilomètres au sud de Valence.
02:01Donc, 30 kilomètres sur lesquels, pareil, on a vu un paysage complètement détruit, juste de la boue et des voitures un petit peu partout.
02:07Donc, il faut bien se rendre compte, il faut le voir pour le croire.
02:10C'est absolument partout sur des kilomètres et des kilomètres.
02:13On arrive là-bas et on constate en fait que la colère est en train de monter depuis la venue de Félipe VI dans le village de Paiporta ce matin,
02:22où il s'est fait fortement chahuter. Sa venue ne s'est pas bien passée. Il a même reçu de la boue.
02:26Et donc, on discute avec les habitants et on comprend.
02:29Ils nous font part en tout cas de leur tristesse, de leur incompréhension, mais aussi de leur colère et notamment celle de Stéphanie que nous avons rencontrée.
02:36Cela fait 25 ans qu'elle habite dans ce village. Nous vous proposons de l'écouter.
02:41Personne n'est venu. Personne nous a demandé si on avait besoin de quelque chose.
02:45Mon fils va avec la Croix-Rouge et c'est eux qui prennent tout, qui aident les gens.
02:51Mais ce que c'est le gouvernement, rien. C'est ce qu'on a dit. Personne. Ils nous ont laissé mourir comme des chiens.
02:56Ils auraient pu prévoir tout ça puisqu'ils savaient que la Dana venait.
03:01Évidemment, il y a des catastrophes qu'on ne peut pas éviter, mais ils auraient dû faire quelque chose pour les gens,
03:06prévenir pour que les gens puissent au moins être à l'abri.
03:11Rébecca et Morgane, les mots qu'on vient d'entendre sont quand même très forts et ça nous avait déjà marqué en direct avec vous sur BFM TV.
03:16Cette dame qui dit on nous laisse crever comme des chiens.
03:20On en est vraiment là pour qu'on comprenne depuis depuis Paris et dans le sentiment d'abandon, de colère,
03:27presque de haine de la part de ces personnes que vous rencontrez.
03:32Vous ne savez vraiment ce que Morgane dit. Il faut le voir pour le croire.
03:35Vous ne pouvez pas prendre la mesure. Toute la journée, nous avons pris le pouls des habitants.
03:40On a rencontré José qui s'est complètement énervé, qui s'est laissé emporter par l'émotion, qui était à deux doigts de pleurer, de hurler.
03:48On entendait des insultes envers le gouvernement puisqu'il nous disait, par exemple,
03:53on les voit en train de faire leur politique pour essayer de se faire élire pendant que nous regarder dans la situation dans laquelle on est.
03:59On n'a plus d'eau. On n'a plus d'électricité. On ne sait pas comment se nourrir.
04:02Depuis cinq jours, ils n'ont pas vu un militaire ni un policier venir pour pour les aider.
04:07Donc ça, ça a été évidemment très choquant, très marquant, la colère des habitants.
04:11Ce que Stéphanie nous a dit également tout à l'heure, qui nous a marqué, qui est elle française, qui habite à Valence depuis 25 ans,
04:18c'est le contraste avec la France qui est mobilisée.
04:20Donc nous, les journalistes qui avons la volonté d'informer au vu de ces dramatiques inondations et de l'ampleur des dégâts,
04:27mais également le gouvernement français qui a proposé d'aider l'Espagne et les Espagnols.
04:32Et visiblement, ce qu'elle nous dit, c'est que le gouvernement espagnol a refusé en disant qu'ils avaient les moyens suffisants pour aider.
04:39Donc ça, ça a été un élément très marquant.
04:41Et également, hier, on a passé la journée à Cédavis.
04:44Cédavis, c'est un des quartiers qui a été le plus impacté sur la place principale de la mairie,
04:48où il y a un parking public avec 200 voitures qui est complètement submergé d'eau.
04:53Et en début d'après-midi, il s'est passé un petit événement assez troublant.
04:57Oui, effectivement, donc en début d'après-midi, nous avions un direct avec Rebecca à faire.
05:03Et en même temps, à ce moment-là, nous recevons l'appel de la rédaction.
05:07Et en même temps, la police vient toquer à la porte, à la fenêtre de la voiture pour nous demander de partir.
05:13On ne comprend pas ce qui se passe.
05:14Nous posons des questions, nous expliquons que nous sommes journalistes et que nous souhaitons juste comprendre un petit peu la situation.
05:19Mais on nous demande juste de prendre quelques affaires et de partir, de quitter la zone.
05:23Donc le direct commence.
05:25Rebecca tente d'expliquer ce qui est en train de se passer.
05:28Et on comprend en fait, en voyant des plongeurs sortir du parking et des habitants les aider à mettre de l'eau claire sur eux, que des corps ont été retrouvés.
05:37Donc Rebecca explique tout ça en direct.
05:38Nous passons une première rubalise, une deuxième.
05:40Et pendant ce direct, nous nous approchons des habitants.
05:42Et pour la première fois, nous nous sommes pris à partie par ces habitants.
05:48Ils nous bousculent, ils basculent sur la caméra, ils tentent de la taper.
05:52Et en fait, nous ne comprenons pas tout de suite.
05:55Mais en fait, juste après le direct, nous partons un petit peu, mais nous parlons aussi avec eux.
05:59Et en fait, on comprend la détresse de ces gens qui attendent depuis des heures, voire depuis des jours, de savoir si leurs proches sont à l'intérieur du parking.
06:07Et donc, nous décidons juste de partir un petit peu et de laisser leur colère s'exprimer et qu'ils ne s'arrêtent plus à partir de maintenant.
06:15Oui, absolument.
06:17Et puis, ils étaient pris sous le choc et sous l'émotion.
06:20Donc, ils étaient en état traumatique et post-traumatique.
06:23Voilà, vous avez un petit peu tout le compte rendu ou presque de ce que nous avons vécu.
06:28Il faut savoir que donc aujourd'hui, les habitants étaient très fortement en colère contre le gouvernement.
06:33Également parce qu'une nouvelle alerte rouge a été déclenchée en début d'après-midi.
06:38Donc, évidemment, tout le monde a très peur.
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