00:00Vous êtes bien sur Europe 1 si vous venez de nous rejoindre, c'est Culture Média, 9h30, 11h avec Thomas Hill et vos invités ce matin.
00:05Thomas vous recevez Benoît Poudvorde et Stéphane Liberski pour le film L'Art d'être Heureux qui sort demain partout en France.
00:12Excusez-moi de vous interrompre, Thomas vous nous disiez votre passion, votre amour de ce musicien André Rieu.
00:18C'est étonnant, on s'est dit pourquoi vous n'en parlez pas, c'est de la grande musique.
00:22C'est vrai qu'il n'en parle jamais.
00:24André Rieu, je vais le voir ce week-end.
00:26Vous avez fait partager ce beau moment pendant les publicités, vous avez dit au tard de revoir André.
00:34C'est devenu un ami ?
00:37Oui, on est proches, on s'est rapprochés.
00:39C'est du violon, ça a ma part.
00:41Quand on aime la musique, quand on aime le bon son.
00:43C'est du gros son comme vous le dites.
00:45Allez, on reprend l'affaire.
00:47Je crois que les auditeurs sont là.
00:49L'aventurier.
00:51Ils s'assiedent dans la bagnole à fond, les ballons.
00:54Et là, on fait des kiosques de Badière.
00:56Il y en a une ambiance là-bas.
00:58Faut le voir sur les routes de Badière.
01:00Faut l'écouter sur les routes de Badière.
01:02J'ai des petits posters dans notre loge.
01:04Bon, on va revenir au film.
01:06On en est, c'est le copain.
01:08C'est le Rieu, c'est mon vieux pote.
01:10C'est un intime.
01:12En vrai, ce grand vieux dédé.
01:14On l'appelle Rieu.
01:16Parlons plutôt de Machon.
01:18Ce personnage de Machon dans votre film, l'art d'être heureux.
01:21Parce que c'est quelqu'un qui parle beaucoup tout seul.
01:23Machon, comme vous le faites parfois d'ailleurs.
01:26Il répond à des interviews imaginaires.
01:29Il se fait des auto-interviews.
01:31Je trouve que ça le caractérise assez bien.
01:35C'est quelqu'un qui est un peu enfermé dans ses concepts,
01:39dans ses idées qui se font lui-même.
01:41C'est un vrai solitaire.
01:43Mais, il va rencontrer les autres.
01:45C'est-à-dire qu'au départ,
01:47il cultive plutôt l'art d'être malheureux.
01:49Parce qu'il est seul avec lui.
01:51C'est un moi-je, moi-je, moi-je.
01:53Et donc, il se fait des auto-interviews.
01:56Parce qu'il n'y a personne qui lui pose de meilleures questions que lui.
02:01D'ailleurs, parce qu'il peut y répondre avec des citations.
02:04Et voilà.
02:06Le film, ça raconte ça lui-même.
02:08Précisons qu'on parle bien du personnage.
02:10Parce qu'à un moment, j'ai pensé qu'il n'y avait pas eu un malentendu.
02:12Avec nos auditeurs.
02:14Alors, est-ce que vous avez très bien amené...
02:16Monsieur... Mathieu.
02:19Fais-moi Jean-Pierre.
02:20Comment dirais-je ?
02:21Thomas.
02:22Thomas, c'est ce que j'ai dit.
02:23Mais je pensais à M. Rieu et puis après à un autre ami.
02:25Donc, vous m'avez parlé de moi.
02:26Enfin bref, nous nous égarons.
02:27Mais simplement pour dire,
02:28vous avez raison qu'à un moment,
02:29il y a quelque chose de ce personnage qui peut me ressembler.
02:31Quand on lui dit, vous devriez apprendre à fermer votre gueule.
02:34Ça se passe.
02:36Je ne sais pas, oui.
02:37Mais, je ne vous interromps plus.
02:39Parce que vous avez dit un truc très intéressant hier,
02:41à la première.
02:42Il est quand même assez révélateur de notre époque.
02:44Ah bah oui, oui.
02:45Où on s'écoute parler.
02:47Non, où on est un peu dans les pièges de l'identité.
02:49Comme ça, être soi.
02:51Mon ressenti.
02:53Qui suis-je ?
02:54Moi, moi, moi.
02:55Et à partir de...
02:57Ce qu'on découvre un peu dans le film, peut-être.
02:59Je le dis, ce n'est pas vraiment un scoop.
03:01D'être heureux, c'est peut-être ça.
03:03C'est peut-être de s'oublier un peu.
03:05Et c'est peut-être le collectif.
03:06Aujourd'hui.
03:07Et alors, Machon, il va justement rencontrer Cécile,
03:09une galeriste très ambiguë,
03:11qui passe comme ça, on l'a dit,
03:13un peu du chaud au froid en un quart de seconde.
03:15Jouée par l'excellente Camille Cotin.
03:17Qui vous mène complètement par le bout du nez.
03:19C'est le cas de le dire.
03:21Et on ne comprend jamais vraiment, d'ailleurs, ce qu'elle cherche
03:23à obtenir de vous, Benoît Poulevard.
03:25En tout cas, je peux vous dire que dans ce film,
03:27pour les amateurs d'humiliation, j'en prends quand même quelques unes.
03:29C'est cool.
03:31J'ai juste qu'à me mettre à genoux et à sortir un tout petit bout de langue
03:33en tentant un vin d'abaiser
03:35qui me sera refusé.
03:37Et puis alors, malheureusement,
03:39les confrontations contre moi,
03:41les canalisations de mes toilettes explosent,
03:43la peinture ne vient pas,
03:45le concept ne vient pas,
03:47l'art n'est pas au rendez-vous.
03:49Et je tombe amoureux de cette jeune fille qui a une galerie
03:51et qui est imprévisible.
03:53A l'heure totalement imprévisible.
03:55Il se heurte à la réalité.
03:57C'est très difficile à jouer.
03:59On ne le sait pas.
04:01Jamais.
04:03En tout cas, on vous souhaite avec ce film le même succès
04:05que pour un film qui est depuis quelques jours
04:07au cinéma et qui fait un carton.
04:14Un film qui s'appelle Forever Young ?
04:16Non, qui s'appelle L'Amour Ouf
04:18avec effectivement
04:20Forever Young d'AlphaVille dans la bande originale.
04:22L'Amour Ouf,
04:24deuxième film de Gilles Lelouch
04:26dans lequel vous jouez Benoit Poulevoorde,
04:28presque 2 millions d'entrées déjà en salles.
04:30Non, pas moi !
04:32Non mais c'est colossal !
04:34Mais il paraît que c'est un peu grâce à vous
04:36que ce film est né,
04:38parce que c'est vous qui avez glissé le livre
04:40de Neville Thompson à Gilles Lelouch.
04:42Mais le mot glisser est assez juste.
04:46Je l'avais là sous la main, je l'ai glissé.
04:48Je glisse mon livre.
04:50Tiens, prends-le. Prends ce livre, fais-en quelque chose.
04:52Et voilà L'Amour Ouf.
04:54Oui, on était là-dessus ensemble, c'est vrai.
04:56Et il y a un lien d'ailleurs entre les deux films,
04:58c'est votre coupe de cheveux.
05:00Ah, bravo !
05:02Là je dis bravo, là je fais monsieur,
05:04c'est du métier, très loin du copain d'André.
05:06Là on est revenu avec mon Thomas.
05:08100% c'est bon.
05:10J'ai terminé ce film,
05:12Gilles me demandait d'avoir une sorte de brosse,
05:14et donc il a fallu me raser la nuque
05:16pour que je sois un petit peu plus...
05:18comment dirais-je...
05:20un peu plus méchant.
05:22Il m'a rasé les cheveux.
05:24Et nous voulions des cheveux plus longs
05:26et une grosse barbe, mais je ne pouvais pas, je n'en avais plus.
05:28Alors il fallait trouver quelque chose de distinctif.
05:30Et d'un peu ridicule.
05:32Et d'un peu ridicule pour l'art d'être heureux.
05:34Mais une idée, on le sent à nouveau,
05:36c'est un concept un peu.
05:38C'était le premier jour de tournage.
05:40Oui, oui, on s'est dit...
05:44Vous savez, c'est un peu comme...
05:46Comme une tonsure.
05:48Il y a des gens comme ça, tu...
05:50On dirait la coupe de Gérard Juniau
05:52dans Les Bronzés, quand il sort chez le coiffeur.
05:54Un petit peu, il y a aussi...
05:56De toute façon, on ne comprend pas.
05:58De toute façon, ce qui est amusant, ce sont ces gens
06:00qui se distinguent par un tout petit truc.
06:02Et ça n'est jamais justifié.
06:04Non.
06:06On l'appelle deux fois monsieur l'abbé, alors que tu dis...
06:08On ne comprend pas, c'est une coupe de cheveux bonnet.
06:10Mais en fait, c'est venu sous...
06:12Bêtement, on se dit...
06:14Je ne voulais pas mettre de perruque.
06:16Je ne voulais pas mettre de truc, parce que je savais qu'il allait faire chaud.
06:18Et je déteste mettre de la colle sur mon visage.
06:22Et j'ai dit, rase tout en dessous.
06:24Rase tout.
06:26Le coiffeur a fait ça.
06:28On a essayé les lunettes.
06:30On s'est envoyé par SMS une paire de lunettes que j'ai achetées.
06:32C'est bon, c'est ridicule, on garde.
06:34Tu sais, c'est comme...
06:36Je dis qu'ils mettent des toutes petites queues de rats.
06:38Et on ne comprend pas.
06:40C'est le dernier vestige
06:42de leur individualité rock'n'roll.
06:44Et ils ne veulent pas. Et on se demande, quand ils vont
06:46à la DFR, ça va faire quoi ?
06:48Et tu te dis, mon Dieu, mais qu'est-ce qu'il fait ?
06:50C'est terrible.
06:52Et lui, c'est ça. Son petit signe à lui.
06:54Sa petite façon d'être.