Roland Auzet nous entraîne dans les subtilités du pouvoir du dirigeant éternel du Kremlin à travers le personnage de Vadim Baranov, celui qui chuchotait à l'oreille du "Tsar". Ce tableau est particulièrement saisissant.
## Une ambiance intrigante
Dans un environnement froid et dépouillé, orné de miroirs et d’écrans, des personnages mystérieux évoluent. Leurs échanges, à peine audibles, se déroulent durant près de dix minutes tandis que les derniers spectateurs prennent place. Cette introduction jette les bases d'une exploration où seule l'apparence sera dévoilée.
Le Mage du Kremlin, réalisé par Roland Auzet, est à l'affiche de La Scala à Paris jusqu'au 3 novembre 2024.
## Les manigances du pouvoir
Les décisions majeures se prennent dans le secret. Roland Auzet met en scène Vadim Baranov, surnommé le mage du Kremlin, inspiré du livre de Giuliano da Empoli, qui a conquis plus de 600 000 lecteurs.
Ce personnage, magistralement interprété par Philippe Girard, oscille entre introspection et colères éclatantes lorsqu'il est confronté à ses propres paradoxes. L'intrigue retrace la fin difficile du règne de Boris Eltsine et l'ascension de Vladimir Poutine.
## Un pouvoir à craindre
"Le pouvoir, c'est comme le soleil et la mort, on ne doit jamais le regarder en face. Surtout en Russie" est l'une des répliques marquantes d'un des personnages. Ainsi, Roland Auzet s'attaque à ce défi. L'histoire de la Russie se déroule sous nos yeux, menant à l'émergence d'un homme désirant surpasser Staline.
L'élection de Vladimir Poutine résulte d'une décision concertée des oligarques, en quête d’un héritier à Boris Eltsine. Celui qui contrôlait réellement le pays à l'époque, Boris Berezovsky, a choisi un homme discret et modeste, sans ambitions apparentes : Vladimir Poutine, ancien agent du KGB et dirigeant du FSB.
## Le théâtre du pouvoir
Vadim Baranov, ancien metteur en scène et producteur d'émissions de télé-réalité, se révèle le meilleur architecte du succès de Poutine. Grâce à son influence, la Russie devient une scène politique où les temps de la perestroïka et du pouvoir des oligarques sont révolus. Les opposants, désormais traqués, voient certains d'entre eux disparaître : "Le chien est devenu loup."
Poutine, autrefois marionnette, se transforme en tyran redouté, ayant le contrôle de vie et de mort sur ses ennemis. Auzet évoque des figures contemporaines telles qu’Alexeï Navalny et Evgueni Prigojine, dont les morts mystérieuses résonnent en écho à la tyrannie de Poutine, qui, à l'instar de Staline, n'accepte aucune contestation.
## Une mise en scène audacieuse
Roland Auzet offre une mise en scène soignée, où l'usage de la vidéo enrichit une narration complexe. Le Mage du Kremlin bénéficie d'un casting de choix, mettant en lumière l'exceptionnel Hervé Pierre, de la Comédie-française, dans le rôle de Boris Berezovsky, aux côtés d'Andranic Manet incar
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