00:00Aujourd'hui, il y a une obligation d'assister à des cours de français.
00:04Il n'y a aucun test à la fin, ce qui veut dire très concrètement
00:07que l'étranger qui veut obtenir un titre peut dormir au fond de la classe
00:12et absolument pas apprendre le français, être très mauvais à la fin,
00:16ne rien apprendre et on lui accordera quand même son titre.
00:18C'est comme ça que ça se passe aujourd'hui.
00:20Aujourd'hui, au moment où on parle, l'obligation est effectivement
00:22une obligation d'assiduité, donc d'assister à un certain nombre d'heures
00:26de cours qui vous sont indiquées en fonction de votre niveau.
00:30Mais néanmoins, effectivement, il n'y a pas de test à la fin
00:32pour vérifier l'atteinte.
00:33Alors qu'est-ce que vous voulez faire ? Qu'est-ce que vous voulez changer ?
00:36Alors, à partir de l'année prochaine,
00:39nous essayons d'aller plus vite que ce qui est prévu aujourd'hui,
00:43c'est-à-dire à partir du 1er juillet prochain,
00:45nous allons expérimenter des tests qui vont permettre
00:49de vérifier le niveau de langue atteint par la personne
00:52qui demande un titre de séjour pluriannuel.
00:54On ne parle pas des gens qui viennent d'arriver.
00:56Une fois qu'ils arrivent, on les met dans un parcours d'intégration
00:59et on leur fait effectivement suivre des cours de français.
01:01Mais au bout, il y a effectivement un test.
01:04C'est l'orientation que nous prenons avec Bruno Retailleau,
01:06le ministre de l'Intérieur, avec un niveau de langue qui,
01:10pour vous donner une idée, pour un titre de séjour dans la durée,
01:13est le niveau de langue d'un collégien de quatrième en anglais.
01:16C'est un niveau de langue minimal à atteindre avant d'avoir le droit
01:19à un titre de séjour sur plusieurs années.
01:21Othmane Asrou, si le niveau n'est pas atteint, que se passe-t-il ?
01:25Si le niveau n'est pas atteint, il n'y aura pas,
01:27à partir du 1er janvier 2026, cette fois,
01:29de titre de séjour pluriannuel accordé à ce primo arrivant.
01:33Cette personne qui vient d'arriver,
01:34elle devra poursuivre évidemment les cours.
01:37Vous voulez donner des cours également de valeur républicaine.
01:40À quoi ça peut ressembler des cours de valeur républicaine ?
01:43On ne peut pas accueillir, intégrer des personnes
01:46qui ne partagent pas un certain nombre de valeurs et de principes élémentaires
01:50qui sont les valeurs de la République.
01:51Ça n'est pas possible d'avoir dans notre pays
01:55des gens qui ne souscrivent pas à la laïcité,
01:58qui ne comprennent pas l'égalité entre les femmes et les hommes,
02:02qui ne s'associent pas à l'idée que,
02:05quelle que soit votre orientation sexuelle dans notre pays,
02:07vous pouvez vivre en paix et avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.
02:11Tous ces principes-là doivent être enseignés.
02:13Ils le sont insuffisamment aujourd'hui et ensuite doivent être vérifiés.
02:16C'est ce que font la plupart de nos voisins.
02:19J'allais dire, ça s'apprend, ça ?
02:22C'est-à-dire qu'il y a un véritable avant et après ?
02:24Il n'y a pas des personnes qui, intrinsèquement,
02:27pour des raisons religieuses, il faut dire les choses,
02:29ne veulent pas de ces valeurs et ne les acceptent pas,
02:31ne veulent pas de nos valeurs françaises, républicaines.
02:34Mais les valeurs que je viens de vous citer ne sont pas négociables.
02:37La laïcité, l'égalité entre les femmes et les hommes,
02:39ça n'est pas négociable.
02:40Et donc, non seulement ça s'explique, parce qu'encore faut-il expliquer.
02:44Je pense à la laïcité qui, aujourd'hui, est mal comprise.
02:47Et d'ailleurs, certains font exprès de mal l'expliquer, de mal la décrire.
02:51Et donc, il faut l'expliquer. C'est aussi une liberté, d'ailleurs.
02:53C'est aussi la garantie de la liberté de conscience,
02:56de la libre expression des cultes, mais néanmoins avec certaines règles.
02:59Ces règles ne sont pas négociables. Il faut les expliquer.
03:01Il faut vérifier que la personne qu'on accueille est d'accord,
03:05les a intégrées, les a assimilées, j'assume le terme,
03:08et donc qu'elle peut tout à fait trouver sa place dans notre société.
03:11Je suis certain que tout ça se passera très bien.
03:14Et encore une fois, la plupart de nos voisins font exactement la même chose.
03:17Que ces personnes assimilent nos valeurs.
03:20Vous utilisez ce terme, et vous ne l'utilisez pas au hasard.
03:23Il faut imposer l'assimilation, disait l'ancien ministre de l'Intérieur,
03:28ancien Premier ministre, accessoirement, Manuel Valls,
03:30qui était à votre place cette semaine et que j'interrogeais.
03:32Vous reprendriez cette formule à votre compte ?
03:35Il faut imposer l'assimilation.
03:37Et qu'est-ce que c'est que l'assimilation ?
03:39Quelle est votre définition de l'assimilation ?
03:41D'abord, l'assimilation, c'est le terme, aujourd'hui,
03:44dans nos textes, c'est le terme du code civil.
03:46Donc, on peut faire tous les débats sémantiques qu'on veut.
03:49L'assimilation, ça veut simplement dire s'approprier,
03:51assimiler un certain nombre de choses.
03:54La langue, un certain nombre, un socle, j'ai envie de dire, de valeurs.
03:58Exactement. Et celles-là ne sont pas négociables.
04:00Ça ne veut pas dire qu'on demande à la personne de renoncer à tout ce qu'elle est.
04:03Bien sûr que non, ça, c'est une caricature
04:05de ceux qui veulent enfermer chacun dans son identité d'origine,
04:09qui veulent précisément qu'on ne fasse pas une seule société,
04:11qui jouent la communautarisation de notre société,
04:14l'ethnicisation, l'essentialisation.
04:16C'est le contraire qu'il faut, c'est l'universalisme.
04:18Cet universalisme, il consiste à rappeler ce socle de valeurs
04:22que tout le monde doit partager, ce sont des principes de base.
04:25Et c'est ça, l'assimilation, et moi, je l'assume pleinement.