Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 an

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00:00J'ai eu un rêve très mignon.
00:00:02Qu'est-ce que c'est ?
00:00:03J'ai rêvé d'un magnifique chien.
00:00:06Oh !
00:00:07Et il s'est tourné autour et a sorti son doigt et je l'ai eu.
00:00:11J'ai laissé ce chien voler dans mon voiture et j'ai arrêté et je suis allé au lit.
00:00:15Il était encore vivant.
00:00:17Donc tu l'as retourné ?
00:00:19Non, j'ai laissé savoir exactement qui j'étais et j'ai cassé sa tête.
00:00:25C'est la plus belle histoire que j'ai eue.
00:00:28C'est la plus grande enquête de l'histoire de l'Alaska.
00:00:31Ça a frappé l'imagination de la communauté et exacerbé leur peur.
00:00:36La population avait peur, c'était légitime.
00:00:39L'amitié ses limites.
00:00:41Le meurtre en est une.
00:00:44Il faut être vraiment mauvais et aigri.
00:00:47C'était des actes aveugles.
00:00:49N'importe qui aurait pu être tué.
00:00:51C'était des démons à forme humaine.
00:00:53De véritables démons.
00:00:56Ils pensaient que c'était fini.
00:00:58Ils l'espéraient.
00:01:00Mais ce n'était que le début.
00:01:26En septembre 1991, j'étais procureur à Anchorage.
00:01:31J'ai un souvenir très net du moment où j'ai appris qu'il y avait une explosion à Toronto.
00:01:36Je me souviens bien.
00:01:38J'étais en Corée du Sud.
00:01:40J'étais en Corée du Sud.
00:01:42J'étais en Corée du Sud.
00:01:44J'étais en Corée du Sud.
00:01:46J'étais en Corée du Sud.
00:01:48J'étais en Corée du Sud.
00:01:50J'étais en Corée du Sud.
00:01:52J'ai un souvenir très net du moment où j'ai appris qu'il y avait une explosion à Chugiak.
00:01:58C'est dans la périphérie d'Anchorage.
00:02:00Une sorte de grande banlieue rurale.
00:02:04Une zone où on ne s'attend pas à ce qu'il y ait de tels événements tragiques.
00:02:15Quand les premiers secours sont arrivés, c'était terrible.
00:02:18La maison était en miettes.
00:02:22C'était le 17 septembre 1991.
00:02:28J'étais pompier volontaire à la caserne de Chugiak.
00:02:34On a été envoyés à Thunderbird Falls, où une maison avait apparemment explosé.
00:02:41Mais on n'avait pas beaucoup plus d'informations.
00:02:48Je suis arrivé avec le premier véhicule.
00:02:51Et je me souviens que c'était le chaos.
00:02:58Toutes les fenêtres avaient été soufflées.
00:03:02Et la façade avant s'était littéralement séparée du reste de la maison.
00:03:09Au départ, on pensait tous qu'il y avait eu une explosion de gaz.
00:03:15Personne ne se doutait du type d'intervention auquel on allait être confrontés.
00:03:21En 1991, j'étais journaliste et présentatrice pour la NBC locale.
00:03:27Thunderbird Falls est à environ 30 kilomètres d'Anchorage.
00:03:32C'est une petite communauté où tout le monde se connaît.
00:03:34Cette histoire a fait grand bruit.
00:03:38Les voisins avaient du mal à croire qu'il n'y avait pas d'invasion.
00:03:43Ils se disaient qu'il n'y avait pas d'invasion.
00:03:45Cette histoire a fait grand bruit.
00:03:48Les voisins avaient du mal à croire qu'un incident pareil puisse se produire dans leur village.
00:03:55Il était difficile de croire qu'on puisse trouver des survivants à l'intérieur.
00:03:59Ce qui nous inquiétait surtout, c'était le risque de nouvelles déflagrations liées à un problème d'équipement.
00:04:06À l'époque, les explosions n'étaient pas très fréquentes.
00:04:09Quand ça se produisait dans un quartier résidentiel, c'était donc important.
00:04:12Et on savait qu'il fallait prendre ça au sérieux.
00:04:17Une fois dans la structure, on a commencé à fouiller les débris pour essayer de trouver des personnes.
00:04:26Il y avait une femme qui vivait dans cette maison.
00:04:29Elle a immédiatement répondu à l'appel.
00:04:34Elle était grièvement blessée et elle avait des lésions catastrophiques sur le visage et le corps.
00:04:40Elle avait été déchiquetée par les éclats de l'explosion.
00:04:44Elle a dit qu'elle avait l'impression de fondre.
00:04:47Elle avait été propulsée contre le sol et n'avait pas bougé jusqu'à ce que les secouristes viennent l'extraire.
00:04:54Son ouïe et sa vue étaient abîmées.
00:04:58Et elle était dans un état de semi-conscience.
00:05:04Les premiers intervenants avaient un enregistreur.
00:05:08Et ils ont réussi à discuter avec elle.
00:05:12Entre deux états d'inconscience, Michel a pu leur donner des informations cruciales dans la première heure qui a suivi l'explosion.
00:05:23On a appris qu'une autre victime potentielle se trouvait sur les lieux.
00:05:32On a donc repris nos recherches pour s'assurer qu'on avait tout le monde.
00:05:37On a alors localisé un homme qui était visiblement décédé.
00:05:44Il était clair quand on l'a trouvé qu'il était à l'endroit de l'explosion ou tout près de l'explosion quand elle s'était déclenchée.
00:05:55Je suis pompier depuis très longtemps.
00:05:59J'ai été sur beaucoup de sites et j'ai vu beaucoup de choses dont je ne me souviens pas.
00:06:06C'était ma toute première explosion, le genre d'intervention qui n'arrive qu'une fois dans une carrière.
00:06:15Il y avait de nombreuses interrogations.
00:06:18Tout le monde avait à cœur de savoir ce qui avait pu se passer.
00:06:25Qui avait fait ça et pourquoi ? Est-ce que ça allait se reproduire ? Y aurait-il d'autres explosions ?
00:06:33Quand une explosion aussi importante frappe un quartier comme ça, on ne pense pas que ça puisse être en lien avec une affaire qui a eu lieu un an auparavant.
00:06:40Je ne me doutais pas de ce qui nous attendait.
00:06:51Pour beaucoup, l'Alaska n'est qu'une immense contrée sauvage.
00:06:56C'est en partie vrai.
00:06:59Au début des années 90, il y a eu un pic de criminalité.
00:07:06Parmi les 500 000 habitants de l'État, il y avait beaucoup d'armes à feu.
00:07:11Ça devenait incontrôlable.
00:07:13Le taux d'homicide grimpait, notamment à cause de la drogue.
00:07:17C'était un sujet d'inquiétude à l'époque.
00:07:20Le bureau du procureur et la police d'Anchorage tentaient de canaliser cette violence qui angoissait la population.
00:07:29L'arrivée de l'armée
00:07:36Quand mon mari Ronald est entré dans l'armée en 1964, il a été affecté en Alaska.
00:07:43On l'a donc suivi.
00:07:45On n'avait pas beaucoup d'argent.
00:07:48Mais à cette époque-là, c'était dans l'ordre des choses.
00:07:52On faisait simplement ce qu'on avait à faire.
00:07:55C'était comme ça.
00:07:58C'était notre leitmotiv.
00:08:00C'est comme ça.
00:08:04En 1970, six ans après notre arrivée en Alaska, j'ai eu mon troisième enfant, Jeffrey.
00:08:10Il avait six ans de moins que Brian et huit de moins que Colleen.
00:08:15C'était le bébé de la famille.
00:08:18De l'avis général, Jeffrey Cain était un jeune homme formidable.
00:08:22L'un d'avenir, aimé des siens et admiré des élèves du lycée.
00:08:28Il aimait le sport.
00:08:30Il jouait au foot l'été et au hockey l'hiver.
00:08:34C'était un garçon intelligent avec beaucoup d'humour.
00:08:37Probablement le meilleur à l'école parmi nos trois enfants.
00:08:41Après avoir obtenu son bac au lycée de Chugiak en 1988, il a suivi quelques cours à l'université d'Anchorage.
00:08:49Puis, en août 1990, il a obtenu le poste dont il rêvait.
00:08:55Analyste et programmateur en informatique à Fort Richardson.
00:09:01Il avait des projets.
00:09:03Il était heureux et allait chercher une maison.
00:09:07Il devait même signer l'acte d'achat le lundi après le jour de son vingtième anniversaire.
00:09:19C'était le vendredi soir.
00:09:22Jeffrey devait sortir avec son ami Robbie.
00:09:25Mais il n'avait pas beaucoup d'argent.
00:09:27Alors il a dit, je serai de retour à 21h30 parce que c'est ma dernière sortie.
00:09:32Lundi, j'emménage dans ma maison et je ne pourrai plus me permettre de sortir.
00:09:37C'est donc la dernière fois.
00:09:39Je lui ai dit, tu veux de l'argent ?
00:09:41Il m'a dit non.
00:09:43J'ai dit, d'accord.
00:09:45Quand Ron lui a dit, sois sage.
00:09:47Jeffrey a dit,
00:09:52Maman, je t'aime.
00:09:55J'ai dit, d'accord.
00:09:59Ne rentre pas tard.
00:10:01Pas plus de 9h30.
00:10:03Et il est parti.
00:10:06La Toyota rouge était conduite par Robbie Chamberlain, le meilleur ami de Jeffrey.
00:10:11Ils voulaient manger un hamburger mais ne sont jamais arrivés au restaurant.
00:10:17Il y avait un KFC juste après une bretelle de sortie sur l'autoroute Glen, en direction d'Anchorage.
00:10:24Un jeune homme est entré dans le restaurant en demandant de l'aide.
00:10:31Il a dit qu'il était arrivé un drame.
00:10:34Qu'il conduisait sur l'autoroute et que soudain, il s'était rendu compte que son ami avait reçu une balle.
00:10:41Nous sommes au numéro 21.
00:10:44Nous sommes au numéro 100, Muldoon Road, tout près de l'autoroute Glen, qui est là-bas, au nord.
00:10:52C'était un KFC ici.
00:10:55On avait beaucoup de travail ce soir-là.
00:10:58J'étais dans le centre-ville d'Anchorage quand on m'a envoyé ici.
00:11:04J'ai donc pris l'autoroute et je suis arrivé là.
00:11:09Quand je suis sorti de la voiture, un jeune homme blanc s'est approché.
00:11:13Il était dans tous ses états et m'a dit que son ami avait été abattu.
00:11:19J'ai regardé côté passager et effectivement, il y avait un jeune adulte blanc, dans la vingtaine, qui était décédé.
00:11:28J'ai tout de suite demandé des renforts pour sécuriser la zone.
00:11:33Je ne savais pas si le tireur était toujours dans le coin et je n'avais aucun autre détail.
00:11:38Il a fallu calmer ce jeune homme pour qu'il nous raconte ce qui s'était sur l'autoroute.
00:11:44Il y avait un tireur, mais on ne savait pas où il était, ni qui il était, ni s'il était susceptible de frapper à nouveau.
00:11:53Nous devions découvrir s'il s'agissait d'un acte gratuit ou ciblé.
00:11:58À ce moment-là, on ignorait que cet événement marquerait le début d'une affaire très compliquée, qui allait durer des années.
00:12:07Personne n'imaginait comment cette histoire allait se finir.
00:12:13Les environnements qui sont habituellement silencieux de ce quartier de Muldoon ont été détruits ce soir,
00:12:18lorsque le feu d'arme s'est éteint sur la route.
00:12:20Jusqu'à présent, il n'y a pas de nouvelles d'injuries et les gens se demandent s'il y a un tireur sur la route.
00:12:27Je suis descendue vers 21h15. Le téléphone a sonné. C'était Robbie.
00:12:39Laissez-moi juste une minute.
00:12:44Madame Kane, j'ai dit, quoi Robbie ?
00:12:48Venez maintenant, on a tiré sur Jeffrey.
00:12:51J'ai dit, quoi ?
00:12:52On a tiré sur Jeffrey.
00:12:55J'ai dit, vous êtes où ?
00:12:57Au KFC de Muldoon.
00:12:59J'ai dit, d'accord.
00:13:00J'ai dit, Ron, il faut y aller.
00:13:02Il a dit, quoi ?
00:13:04Je lui ai répété et on est partis.
00:13:06On a pris l'autoroute Glen.
00:13:09On a vu les gyrophares sur plusieurs voitures de police.
00:13:15Alors, on a compris que c'était là que ça s'était passé,
00:13:18mais on ne connaissait pas la gravité de la situation.
00:13:22Les policiers ne nous ont pas laissés passer.
00:13:26Ils nous ont mis dans une voiture de patrouille,
00:13:30mais on ne pouvait pas sortir.
00:13:32Les portes étaient verrouillées.
00:13:36Et Ron était comme un lion en cage,
00:13:39à taper contre la vitre.
00:13:42Finalement, ils nous ont laissés sortir.
00:13:45Un des policiers nous a dit,
00:13:47vous ne pouvez pas passer par là,
00:13:49c'est bloqué à cause d'un homicide.
00:13:51C'est à ce moment-là qu'on a compris.
00:13:54C'est comme ça qu'on a su que Jeffrey était mort.
00:13:57Excusez-moi.
00:14:01J'étais comme paralysé.
00:14:05Ce n'est pas dû être très expansif
00:14:07parce que ma femme était là.
00:14:11Rien ne peut nous préparer à la perte d'un enfant.
00:14:16C'est comme s'il était parti.
00:14:19Quand reviendra-t-il ?
00:14:21On se dit qu'on aurait dû faire telle ou telle chose,
00:14:24et ça rend fou.
00:14:26J'aurais dû lui dire de rester à la maison,
00:14:28de préparer son déménagement.
00:14:30Pourquoi ne l'ai-je pas fait ?
00:14:32Le capitaine est venu et nous a dit,
00:14:35on ne sait pas vraiment ce qui s'est passé.
00:14:39Il semble que ce soit une fusillade en voiture.
00:14:44Je préfère vous dire de ne pas vous faire d'illusions
00:14:46parce que c'est la première fois que ça nous arrive,
00:14:50et qu'il y a des chances qu'on ne sache jamais la vérité.
00:14:54Mais comment peut-on vivre sa vie
00:14:56sans savoir qui a fait ça ?
00:14:59C'était ça le plus dur.
00:15:03Savoir que mon fils était mort,
00:15:05mais que je ne saurais jamais qui l'a tué et pourquoi.
00:15:15Au matin du 20 octobre,
00:15:17la nouvelle s'est répandue en Alaska
00:15:19et en Corrige dans la presse et à la télévision.
00:15:23Tout le monde était horrifié et terrorisé.
00:15:26Tout le monde était horrifié et terrifié par ce crime.
00:15:30C'était très effrayant de ne pas savoir ce qui se passait.
00:15:33Il y avait peut-être un tireur embusqué quelque part.
00:15:36Un jeune homme était mort et tout le monde se demandait
00:15:39comment ça s'est passé ?
00:15:41Est-ce un acte gratuit ? Se connaissaient-ils ?
00:15:47L'idée que quelqu'un puisse conduire tranquillement
00:15:49et qu'il soit abattu par surprise
00:15:51par une sorte de tireur d'élite,
00:15:53c'était une source d'angoisse pour la communauté.
00:15:56Personne ne connaissait le mobile.
00:15:58Il n'y avait aucun antécédent, pas de dispute,
00:16:01pas d'histoire de drogue.
00:16:03Il y avait une grande crainte.
00:16:05Les parents avaient peur pour leurs enfants,
00:16:07peur de cette menace qui planait
00:16:09et qui pouvait théoriquement frapper n'importe qui.
00:16:16On avait un ou plusieurs suspects inconnus,
00:16:19ce qui rendait encore plus vitale la quête de réponses.
00:16:24On a cherché de l'autre côté de l'autoroute
00:16:27des douilles d'armes à feu
00:16:29ou tout ce qui pourrait nous renseigner sur ce crime.
00:16:33On voulait savoir si le tireur était encore là
00:16:36et s'il pouvait éventuellement récidiver.
00:16:41Il y a toujours la crainte au sein des forces de l'ordre
00:16:44et d'une partie de la population
00:16:46que ce soit le début d'une horrible série.
00:16:54Qu'est-ce qu'on a là ?
00:17:03Ah ça c'est chouette.
00:17:05Jeffrey le soir du bal.
00:17:09Tout beau pour son rendez-vous.
00:17:12Oui.
00:17:13C'était un joli couple.
00:17:15Il ouvre la portière pour sa cavalière.
00:17:18Quel homme galant.
00:17:19Le carrosse transformé en pick-up.
00:17:22Ah c'est chouette.
00:17:24J'aime ça.
00:17:25Oui.
00:17:26C'est une belle photo.
00:17:28Jeffrey n'avait pas beaucoup d'amis.
00:17:31Juste une poignée de personnes
00:17:33qui représentaient un peu sa seconde famille.
00:17:37Il n'avait pas de petits amis,
00:17:39sauf Stéphanie, avec qui il sortait depuis très peu de temps.
00:17:43Voilà une photo des trois générations.
00:17:48Moi, mon père au milieu,
00:17:50et Jeffrey à droite.
00:17:54Oui, trois générations.
00:17:56Je suis fier de cette photo.
00:17:58Et voilà la toute dernière photo de Jeffrey.
00:18:02C'était la veille de sa...
00:18:04de sa mort.
00:18:08Je suis fier de cette photo.
00:18:10La veille de sa... de sa mort.
00:18:14Il aurait mérité une coupe de cheveux,
00:18:16mais c'est une belle photo.
00:18:18La dernière de son vivant.
00:18:21Que ressens-tu en voyant ça ?
00:18:25Un sentiment de vide.
00:18:27Oui, c'est...
00:18:28Oui.
00:18:30C'est triste.
00:18:34Que serait-il devenu aujourd'hui ?
00:18:36Oui.
00:18:37Aurait-il des enfants ?
00:18:38Que ferait-il ?
00:18:39Tout ça.
00:18:41Ça me manque...
00:18:44de l'entendre arriver et...
00:18:47Salut, je suis là.
00:18:49Ok.
00:18:50J'ai du linge à laver, maman.
00:18:52Ouais.
00:18:56On s'est d'abord demandé si quelqu'un pouvait en vouloir à Jeffrey.
00:19:00La réponse était personne.
00:19:03Sans mobile,
00:19:04il devenait quasi impossible d'identifier le tueur
00:19:07parmi les 500 000 habitants de l'Alaska à l'époque.
00:19:12Je m'étais toujours sentie en sécurité en Alaska,
00:19:15jusqu'à ce jour-là.
00:19:17Je n'ai pas compris ce qui se passait.
00:19:19Jeffrey était un gentil garçon.
00:19:22Pourquoi aurait-on voulu faire ça ?
00:19:29On savait qu'un jeune homme très peu connu
00:19:31qui vivait sa vie
00:19:32et qui semblait ne pas faire d'histoire
00:19:35avait reçu une balle mortelle
00:19:37alors qu'il se trouvait dans une voiture en mouvement.
00:19:43Il n'y avait pas de vidéosurveillance à l'époque,
00:19:45ni téléphone portable,
00:19:47et donc aucun moyen de savoir qui était sur place à ce moment-là.
00:19:50On avait juste une victime et une vitre arrière éclatée.
00:19:58Que vont penser les gens ?
00:20:00Ils voient les gros titres, les reportages aux infos.
00:20:03Était-ce un meurtre gratuit en pleine autoroute ?
00:20:07Ou bien quelque chose d'autre qui se tramait ?
00:20:1124 heures après le coup de feu,
00:20:13les autorités sont dans l'impasse.
00:20:16Il n'y avait aucun élément ni aucune piste menant à un éventuel suspect.
00:20:23Jusqu'à ce qu'un jeune homme nous dise qu'il était dans la voiture
00:20:26depuis laquelle le coup de feu avait été tiré.
00:20:33Après le meurtre par balle de Jeffrey Cain sur une autoroute d'Alaska,
00:20:37un témoin se présente au poste de police avec l'identité du tireur.
00:20:42Il savait ce qui s'était passé dans la voiture du tireur.
00:20:48Il a dit à la police qu'il était assis à l'arrière de la voiture
00:20:51quand le coup de feu avait été tiré.
00:20:54Quand un témoin s'est présenté,
00:20:56j'ai été très reconnaissant.
00:20:59Je me fichais de ses antécédents
00:21:01du moment qu'il n'était pas directement impliqué.
00:21:05Je voulais que celui qui avait tiré sur Jeffrey soit arrêté, jugé et emprisonné
00:21:11et savoir pourquoi il avait fait ça à mon fils.
00:21:14Pourquoi la voiture de Robbie ? Que s'était-il passé ?
00:21:20Il a dit s'appeler George Kerr.
00:21:32Il avait peur, mais il faisait ce qui était juste.
00:21:36George dit que la voiture était conduite par son ami Raymond Tilly.
00:21:41Côté passager se trouvait l'homme qui tenait le fusil, Doug Gustafson.
00:21:46Ces garçons étaient déjà connus des services de police.
00:21:49Ils avaient été impliqués dans plusieurs affaires.
00:21:53Il semble que la présence simultanée des deux véhicules
00:21:56au même endroit soit le fruit du hasard.
00:22:00George Kerr faisait partie d'un groupe dont Raymond Tilly était le chef.
00:22:05Doug Gustafson était tombé sous son emprise.
00:22:09Ces deux garçons avaient déjà participé à plusieurs délits en tout genre.
00:22:14C'était un groupe qui n'avait pas d'honneur,
00:22:16mais qui avait des intérêts.
00:22:18Doug Gustafson avait déjà participé à plusieurs délits en tout genre.
00:22:22C'était deux jeunes adultes d'à peine 20 ans.
00:22:25Tilly, Gustafson et Jeffrey avaient fréquenté le même lycée,
00:22:28mais ils ne se connaissaient pas.
00:22:30Jeffrey les connaissait uniquement de réputation.
00:22:34Ces garçons avaient des surnoms intéressants.
00:22:36Raymond Tilly était surnommé Smiley,
00:22:39car il avait toujours un petit sourire.
00:22:41Deux cas parleraient même de rictus.
00:22:44Douglas Gustafson, lui, était surnommé le lézard.
00:22:49Pourquoi ?
00:22:50Parce que le lézard est une créature sournoise.
00:22:56Un de leurs professeurs a déclaré qu'ils avaient un penchant pour les armes.
00:22:59Surtout Doug, qui était fasciné par les armes à feu et les fusils d'assaut.
00:23:06La police d'Anchorage a su qu'il y avait eu un cambriolage au marché de la viande,
00:23:10que ces trois individus y avaient participé
00:23:12et qu'ils avaient récupéré un butin de près de 20 000 dollars.
00:23:16Avec cet argent, ils ont acheté des armes de gros calibre.
00:23:19Avant de prendre l'autoroute ce soir-là,
00:23:21ils s'étaient entraînés au tir sur cible avec ces mêmes armes à Eklutna.
00:23:27C'est à moins d'une heure de l'endroit où Jeffrey Cain a été abattu.
00:23:36George Kerr raconte à la police que le soir du 19 octobre 1990,
00:23:41deux voitures roulaient sur l'autoroute Glenn.
00:23:46Il y avait la Toyota rouge avec Jeffrey Cain côté passager.
00:23:52L'autre véhicule appartenait à Doug Gustafson,
00:23:54qui se trouvait lui aussi côté passager.
00:23:58Raymond Chilly était au volant,
00:24:00et à l'arrière il y avait George Kerr, trois hommes.
00:24:16C'était une bonne humeur, prête à se défoncer.
00:24:18C'était bien.
00:24:20À quel point, pendant le vol,
00:24:24s'est approchée cette voiture rouge ?
00:24:26C'était juste avant le volant,
00:24:28il y avait peut-être un ou deux milles à l'arrière.
00:24:33Les deux voitures se suivaient,
00:24:36et à un moment, Raymond Chilly a eu l'impression
00:24:39que la Toyota conduite par Robbie Chamberlain lui avait fait une queue de poisson.
00:24:46Alors Chilly et Gustafson ont dit qu'ils allaient leur donner une leçon.
00:24:51Bien sûr, ils ignorent qui sont les occupants de cette voiture.
00:24:55Pour eux, ce ne sont que des inconnus.
00:25:16La poursuite s'est engagée.
00:25:18Chilly est monté à 130 pour rattraper Robbie.
00:25:46Doug Gustafson a un fusil HK-91 devant avec lui.
00:25:54Raymond Chilly manœuvre la voiture
00:25:58et lui dit « canarde ».
00:26:16Ils ont changé de voie pour que Doug Gustafson bénéficie du meilleur angle de tir possible.
00:26:22Ils ont baissé la fenêtre et se sont positionnés pour le tir.
00:26:46Il a tiré une seule balle qui a traversé la vitre arrière
00:26:50avant de toucher en pleine tête Jeffrey Cain qui est mort sur le coup.
00:27:16C'est pas une bonne idée, c'est dangereux.
00:27:27Et vous vous rappelez des commentaires que Mr. Gustafson a fait après avoir tiré sur la voiture ?
00:27:35Il a dit « je m'en souviens ».
00:27:36« Je m'en souviens ».
00:27:37J'étais en train de regarder la voiture et je n'ai pas vu la voiture s'arrêter,
00:27:42je n'ai pas vu la voiture s'arrêter et je n'ai pas vu la voiture s'arrêter.
00:27:47Ils ne savent pas qu'ils viennent de tuer Jeffrey Cain qui était assis côté passager.
00:27:54La voiture devant eux a disparu par la bretelle de sortie.
00:28:00Ils ne se sont pas rendu compte qu'ils avaient tué quelqu'un.
00:28:03Une balle tirée entre deux véhicules en mouvement, la probabilité était très faible.
00:28:08On n'a pas vu Robbie avant d'arriver dans la grande salle du poste de police.
00:28:13Il y avait l'aumônier et plein de monde.
00:28:16Puis Robbie est entré et c'est là qu'on l'a vu.
00:28:20Le pauvre.
00:28:22Ce n'est plus le même depuis.
00:28:25Je ne sais même pas s'il a entendu la vitre exploser.
00:28:29C'est peut-être ce qui lui a fait tourner la tête.
00:28:32Et il a vu Jeffrey s'effondrer.
00:28:35Il a donc continué sur la voie de décélération et il est allé sur le premier parking possible, celui du KFC de Muldoon sur la droite.
00:28:45Quand il s'est garé, c'est là qu'il a vu que Jeffrey était mort.
00:28:50La seule balle qui a été tirée a tué Jeffrey.
00:28:55Alors ils ont dit, il est mort sur le coup.
00:28:59Mais comment le savez-vous ? Comment ?
00:29:01J'ai parlé avec le procureur adjoint, Branch Flower, qui m'a dit, on ne connaît pas le mobile du crime.
00:29:09Ils les ont dépassés et ils ont tiré.
00:29:16C'est un coup de chance, paraît-il.
00:29:21Gustafsson était conscient de ce qu'ils faisaient, tout comme Chili.
00:29:24Mais la confirmation qu'ils avaient fait mouche et le nom du passager qu'ils avaient tué, ça ils ne l'ont appris que le lendemain.
00:29:34George rentre chez lui après la soirée.
00:29:38Et le lendemain matin, aux infos, il apprend que le seul tir de Doug Gustafsson a été de trop.
00:29:46Jeffrey Cain est mort.
00:29:48George Kerr nous a dit que Gustafsson et Chili l'ont appelé ce jour-là.
00:29:54Ils venaient d'apprendre que quelqu'un était mort et ont dit à George qu'ils allaient dissimuler l'arme et qu'aucun d'eux ne devait parler.
00:30:03George Kerr était sur la banquette arrière.
00:30:07Il n'avait donc pas conduit la voiture et encore moins utilisé le fusil.
00:30:11Il était innocent.
00:30:12Il n'avait rien prémédité et n'avait pas obligé ses camarades à faire ce qu'ils avaient décidé de faire.
00:30:18George n'était pas à l'aise.
00:30:21Il est allé travailler ce matin-là.
00:30:25Et par le fruit du hasard, il a raconté à son chef ce qui s'était passé.
00:30:32Ce dernier lui a dit, tu dois tout dire à la police maintenant.
00:30:38Tu dois tout dire à la police maintenant.
00:30:41Est-ce que George a eu peur des conséquences ?
00:30:44Qui peut le dire ?
00:30:46En tout cas, ça n'a pas dû être facile pour lui, étant donné l'histoire qu'il avait avec les deux autres depuis le lycée et l'amitié qu'ils entretenaient depuis.
00:30:56Mais l'amitié a ses limites.
00:30:58Le meurtre en est une.
00:31:00C'est certainement ce que George a pensé.
00:31:03George Kerr a accepté de porter un micro et d'aller à l'aéroport d'Anchorage, où travaillait Doug Gustafson, afin de discuter avec lui de ce qui s'était passé.
00:31:14Les enquêteurs savaient qu'il n'aurait peut-être qu'une seule chance d'obtenir des aveux avec l'aide de George Kerr.
00:31:21Deux jours après le meurtre de Jeffrey Cain, l'un des passagers de la voiture du tireur se livre à la police pour raconter ce qu'il sait.
00:31:31George Kerr a accepté de porter un micro et d'aller discuter avec Doug Gustafson de ce qui s'était passé.
00:31:40Il fallait faire vite.
00:31:41George a alors contacté Doug Gustafson, afin d'organiser une rencontre à l'aéroport d'Anchorage, où travaillait Doug.
00:31:54C'est toujours risqué de porter un mouchard face à quelqu'un qui a commis des erreurs.
00:31:59C'est toujours risqué de porter un mouchard face à quelqu'un qui a commis des erreurs.
00:32:03C'est toujours risqué de porter un mouchard face à quelqu'un qui a commis des erreurs.
00:32:07C'est toujours risqué de porter un mouchard face à quelqu'un qui a commis un homicide.
00:32:13Dans ce genre d'affaires, il y a toujours le risque que les témoins prennent peur et qu'ils se disent « je ne vais pas y arriver ».
00:32:21Si George renonçait, la possibilité d'avoir des preuves suffisantes se réduirait considérablement.
00:32:27Sans aveux, impossible de monter le dossier. George Kerr était la pierre angulaire de l'affaire.
00:32:32Dans la voiture de police qui roulait en direction de l'aéroport, George a dit au procureur adjoint Steve Branchflower qu'il était impliqué dans le vol au marché de la viande quelques jours plus tôt.
00:32:44Les trois hommes, George Kerr, Raymond Chilly et Doug Gustafson, s'étaient servis de l'argent de ce vol pour acheter des armes.
00:32:53Doug s'est payé un HK91, l'arme avec laquelle il a tiré la balle qui a tué Jeffrey Cain.
00:33:02Le procureur adjoint décide qu'il est préférable d'accorder l'immunité à George Kerr pour le cambriolage, plutôt que de risquer de perdre un enregistrement crucial de Doug Gustafson.
00:33:16Trente ans plus tard, une partie de la discussion est encore audible.
00:33:20L'aéroport est un environnement très dynamique, avec beaucoup de facteurs que les forces de l'ordre ne peuvent pas forcément maîtriser.
00:33:44Ça a dû être un moment très effrayant pour George Kerr.
00:33:48Doug Gustafson avait plusieurs armes.
00:33:51C'était un homme dangereux qui venait de tuer quelqu'un.
00:33:56À ce stade, George était le seul à pouvoir les faire tomber.
00:34:00Il était devenu une cible.
00:34:02Une fois dans l'aéroport, outre le fait que la police pouvait entendre le micro qu'il portait, George Kerr était livré à lui-même.
00:34:09Il a été très courageux de faire ça.
00:34:11Pendant qu'il discutait avec Doug Gustafson, Steve Branchflower, le procureur adjoint et un officier de police d'Anchorage les écoutaient en temps réel.
00:34:21George Kerr a retrouvé son ami.
00:34:24C'était un moment décisif.
00:34:42Cette discussion à l'aéroport est effrayante, factuelle et directe.
00:34:48Ils parlaient de quelqu'un qui avait été tué moins de 48 heures avant.
00:35:02Ils ont parlé un moment, puis, moment de vérité, George lui demande « Pourquoi tu as tué ce mec ? »
00:35:10Et Doug répond « C'était pas volontaire ».
00:35:18Quand quelqu'un dit « Je n'ai pas volontairement tué cet homme », c'est forcément le tireur.
00:35:26On disposait donc de l'enregistrement de la demi-confession venant du tireur lui-même.
00:35:32Et on avait le témoignage de George Kerr à propos du comportement de Raymond Chilly, qui avait rendu le tir possible.
00:35:40C'était suffisant pour les inculper.
00:35:45Quand on nous a dit au téléphone qu'ils allaient arrêter quelqu'un, j'ai été soulagée.
00:35:51Parce que je voulais savoir qui, quoi, quand et comment. Je voulais des réponses.
00:35:56Quelques jours après la fusillade de l'autoroute, Doug Gustafson et Raymond Chilly sont arrêtés et inculpés pour le meurtre de Jeffrey Cain.
00:36:05Le procureur adjoint à Branchflower m'a annoncé « Je crois qu'on les a ».
00:36:11Ça m'a ôté un poids. Un très gros poids.
00:36:19Une semaine après, les obsèques de Jeffrey ont eu lieu à Eagle River, à l'église catholique.
00:36:27Personne n'est supposé vivre ça avec ses enfants.
00:36:34Je me souviens seulement d'être entrée dans l'église.
00:36:38Jeffrey était là.
00:36:40Les gens me consolaient en me disant « ça va aller ».
00:36:44Oui, d'accord.
00:36:47Avant qu'ils mettent Jeffrey dans le cercueil, on est allés au funérarium.
00:36:52Quand on meurt, ils nous maquillent, mais ils avaient fait quelque chose de bizarre sur ses lèvres.
00:36:59Et comme il avait reçu une balle dans la tête, il avait un gros œil au beurre noir.
00:37:07Ils ont donc arrangé son visage avec des produits cosmétiques.
00:37:12Il avait l'air apaisé, comme s'il était endormi.
00:37:18Comme j'étais dans l'armée, ils ont bien voulu que mon fils soit enterré dans un cimetière militaire.
00:37:24Et je le rends sur reconnaissant.
00:37:28Il y avait des centaines de personnes.
00:37:34Ça a dû être les plus grandes funérailles de tout l'Alaska.
00:37:39Ça m'a prouvé que c'était une communauté solidaire et ça m'a fait chaud au cœur.
00:37:45C'était bon de voir que les gens se soucient autant de quelqu'un.
00:37:50Le cercueil était ouvert.
00:37:54Brian avait acheté un médaillon de Saint Christophe,
00:38:00avec une chaîne, et il l'a posé sur Jeffrey.
00:38:04Colleen lui avait acheté une belle chemise.
00:38:10C'était atroce.
00:38:13Le Père Gibut est venu.
00:38:17Il a mis son bras sur mes épaules.
00:38:20Et il m'a dit qu'il s'occupait du reste.
00:38:23Je suis sortie et c'est tout.
00:38:28Je revis souvent cette journée.
00:38:32Souvent.
00:38:36Jeffrey est mort le 19 octobre 1990.
00:38:40Les procès ont eu lieu au printemps 1981.
00:38:50Il y a eu deux procès. Gustafsson en premier, Chilly ensuite.
00:38:56Les procès affectent terriblement la famille de Jeffrey.
00:39:00Raymond Chilly s'est montré très arrogant pendant son procès.
00:39:06Comme s'il était sûr de s'en sortir.
00:39:09Il avait toujours ce petit rictus sur les lèvres.
00:39:13Il ne nous a pas regardés. Il ne s'est pas excusé.
00:39:17Il semblait ne pas avoir le moindre remords.
00:39:20Les entendre raconter...
00:39:26Comment ils ont fait, c'était horrible.
00:39:31C'était très dur de les regarder.
00:39:35Notamment Gustafsson et de se dire...
00:39:38Ce garçon a tué mon fils.
00:39:40Il ne m'a jamais regardé. Pas une seule fois.
00:39:44Pour ce qu'ils ont fait à mon fils, il ne méritait pas de vivre.
00:39:48C'était des démons.
00:39:50De véritables démons.
00:39:53Comment dire...
00:39:55C'est ça, des démons à forme humaine.
00:40:07Pour moi, chacun de ces garçons aurait pu empêcher ce coup de feu.
00:40:11Pourquoi George Kerr n'a-t-il pas saisi le fusil ?
00:40:15Pourquoi n'a-t-il pas arrêté Chile ?
00:40:18Pourquoi n'a-t-il pas crié ?
00:40:20Il aurait pu les empêcher de faire ça.
00:40:23Alors que les deux coupables sont incarcérés,
00:40:26George Kerr quitte l'Alaska pour s'engager dans la marée.
00:40:30Tous ceux qui avaient travaillé sur cette affaire
00:40:33pensaient que c'était fini.
00:40:35Du moins, l'espéraient-ils.
00:40:37Mais ce n'était que le début.
00:40:41Un an plus tard
00:41:00On avait un balayeur de fréquence dans la salle éditoriale
00:41:03qui diffusait les communications de la police.
00:41:06Un jour, j'ai entendu qu'il parlait d'une explosion à Thunderbird Falls.
00:41:10Dans un quartier résidentiel.
00:41:12C'était grave.
00:41:14Je me suis dit qu'il n'y aurait certainement pas de survivants.
00:41:17Quand on a interrogé les résidents, ils étaient sous le choc.
00:41:21C'était une histoire assez énorme.
00:41:41Cette affaire a profondément marqué la population.
00:41:45Pas seulement les proches.
00:41:48Quand les premiers secours sont arrivés, c'était terrible.
00:41:51La maison était en miettes.
00:41:53C'était une situation problématique.
00:41:56Ils ont craigné qu'il n'y ait d'autres explosions.
00:41:59Il a fallu du temps pour savoir s'il y avait des personnes dans la maison.
00:42:03C'était une situation très problématique.
00:42:05Les premiers intervenants ont exploré l'intérieur des décombres.
00:42:08Ils ont trouvé une femme à peine vivante.
00:42:10Grievement blessée.
00:42:12Michelle Kerr.
00:42:14Et son mari, David Kerr.
00:42:16Qui était déjà décédé.
00:42:22Ils ignoraient si elle allait s'en sortir ou pas.
00:42:25Les médecins devaient crier.
00:42:27Mais ils n'arrivaient pas.
00:42:29Les médecins ne pouvaient pas s'en sortir.
00:42:31Ils n'arrivaient pas.
00:42:32Ils ne pouvaient pas s'en sortir ou pas.
00:42:34Les médecins devaient crier.
00:42:36Parce qu'elle avait perdu presque toutes ses capacités auditives.
00:42:40Afin d'obtenir une réponse.
00:42:42N'importe laquelle.
00:42:44Au cas où elle ne survivrait pas.
00:42:55L'écouter en train de répondre aux questions de l'officier de police,
00:42:59ça fait froid dans le dos.
00:43:03Elle essaye d'expliquer ce qui s'est passé.
00:43:11Elle leur a dit que la bombe était arrivée par courrier.
00:43:15Que son mari avait récupéré le colis à la poste.
00:43:18Et qu'il avait explosé au moment de l'ouvrir.
00:43:33C'est seulement à ce moment là,
00:43:35qu'on a su que l'explosion avait été provoquée par un colis et rien d'autre.
00:44:03Les colis piégés sont extrêmement rares.
00:44:06Sur les 181 milliards de courriers distribués par la poste américaine en 1991,
00:44:13le seul colis piégé a eu lieu cette année là à Anchorage.
00:44:19Un colis piégé est un crime fédéral.
00:44:21C'était grave.
00:44:22Alors les fédéraux sont intervenus.
00:44:25Le service d'inspection de la poste
00:44:28est l'agence fédérale de police la plus ancienne des États-Unis.
00:44:32On enquête sur toutes sortes de crimes liés aux courriers,
00:44:35comme la pornographie pédophile,
00:44:38le vol de lettres,
00:44:40les narcotiques qui transitent par la poste,
00:44:42et les meurtres.
00:44:44Notre inquiétude première,
00:44:46était de savoir si Michelle allait survivre.
00:44:49Voici la maison des Kerr.
00:45:02Ce sont les ténèbres d'Unis.
00:45:05Elles sont étroites.
00:45:07Je ne sais pas si ça les parait,
00:45:09mais c'est la maison des Kerr.
00:45:10On avait dressé une tente pour rassembler toutes les preuves trouvées sur place et
00:45:25créer des systèmes de tamis pour filtrer tous les résidus récupérés dans la maison
00:45:30et sur le sol.
00:45:31Dans une affaire d'explosion, c'est toujours très onéreux de passer au peigne fin les
00:45:42débris pour y trouver le moindre élément de preuve.
00:45:45La façade avant de la maison avait projeté des débris sur une quinzaine de mètres.
00:45:51Il y avait donc des milliers d'indices potentiels.
00:45:54Il fallait les examiner un par un pour vérifier s'ils faisaient partie du colis piégé.
00:45:59À ce stade, on ignorait si l'explosif était d'origine militaire ou disponible dans le
00:46:09commerce.
00:46:10La bombe s'était littéralement désintégrée.
00:46:16Avec l'explosion, on a juste trouvé un petit bout de plastique appartenant à un interrupteur.
00:46:27Notre laboratoire en a identifié le fabricant et a déterminé qu'il faisait partie de la bombe.
00:46:36On a aussi trouvé des fragments provenant d'un ou plusieurs couvercles de batterie de 9 volts.
00:46:44C'est tout ce qu'on a retrouvé de la bombe.
00:46:46C'était un engin artisanal, mais suffisamment sophistiqué pour produire l'effet escompté.
00:46:55La nature artisanale de la bombe prouvait qu'il s'agissait d'un acte personnel.
00:47:01On a donc cherché qui pouvait nourrir une telle animosité.
00:47:06Qui avait envoyé une bombe chez l'équerre ?
00:47:19Les colis piégés sont extrêmement rares.
00:47:22Il nous fallait déterminer rapidement si c'était un incident isolé ou si un autre colis était en transit.
00:47:30C'est un point sur lequel la presse revenait constamment.
00:47:33Vous êtes sûr que c'est tout ? Il y en a-t-il d'autres ?
00:47:36La population avait peur et c'était légitime.
00:47:39Toute la difficulté était de calmer cette peur.
00:47:44On entendait parler d'enfants qui fuyaient à l'approche du facteur dans la rue.
00:47:48Il y avait potentiellement un tueur ou une tueuse dans la communauté, mais on ignorait son identité.
00:47:56On avait eu le tristement célèbre terroriste Una Bomber,
00:48:01qui avait envoyé pendant 18 ans des colis piégés partout dans le pays,
00:48:05faisant des victimes qui n'avaient aucun rapport entre elles.
00:48:08Dans ce genre de situation, l'une des priorités des autorités consiste à empêcher les rumeurs de se propager.
00:48:14Ça a frappé l'imagination de la communauté et exacerbé leurs peurs et leurs angoisses.
00:48:19Un journaliste a swappé d'informations. La police a donc organisé une conférence de presse.
00:48:25On a rapidement offert une récompense pour toute information,
00:48:30nous permettant d'identifier un ou plusieurs responsables.
00:48:34Une récompense de 10 000 dollars.
00:48:37Et on a mis en place un numéro de téléphone spécifique
00:48:40que le public pouvait composer.
00:48:43Beaucoup de gens ont appelé ce numéro pour donner des informations
00:48:47sur les personnes qu'ils pensaient capables d'être impliquées dans ce type d'activité.
00:48:53Toutes les pistes devaient être étudiées.
00:48:57Michel était le seul témoin encore en vie.
00:49:00Il était donc crucial qu'elle nous fournisse des informations.
00:49:03C'est alors qu'on a obtenu un élément décisif.
00:49:07Quand on entend cet enregistrement, c'est déchirant.
00:49:13Michel a visiblement du mal à respirer, mais elle donne des détails du mieux qu'elle peut.
00:49:20Elle se bat pour survivre suffisamment longtemps,
00:49:23pour veiller à ce que les policiers comprennent ce qu'elle a dit.
00:49:27Elle a fait tout ce qu'elle pouvait pour s'assurer qu'il n'y ait pas d'accident.
00:49:34Michel était assez consciente pour donner une information cruciale.
00:49:38Le colis est arrivé par courrier.
00:49:41Il venait de l'Alaska,
00:49:45et était adressé à George.
00:49:51La question était alors de savoir si le colis avait été envoyé par courrier,
00:49:55ou s'il n'avait pas été envoyé par courrier.
00:50:00La question était alors, pourquoi viser ce jeune homme de 20 ans?
00:50:06Quand on a appris que le colis était destiné à George,
00:50:11on a commencé à chercher qui étaient ses amis, ses collaborateurs,
00:50:15et quelles étaient leurs relations, et qui pouvait en vouloir à George.
00:50:21Puis elle a dit ses mots essentiels.
00:50:29C'est Doug.
00:50:33George l'a envoyé en prison.
00:50:37On a le nom de Doug Gustafson.
00:50:41Qui est donc ce fameux Doug, et pourquoi s'en prendrait-il à George Kerr?
00:50:49George avait une vingtaine d'années,
00:50:53et avait à ce moment-là quitté l'Alaska pour s'engager dans la marine.
00:50:57On a découvert qu'en février et mars 1991,
00:51:01George Kerr avait témoigné contre Doug Gustafson
00:51:05et Raymond Cheely lors d'un procès pour meurtre.
00:51:09À la suite de quoi, les deux inculpés avaient été condamnés à de longues peines de prison.
00:51:15Ils nourrissaient une très forte rancœur envers George,
00:51:19qu'ils jugeaient responsables de leur incarcération.
00:51:23Ça a été un moment décisif.
00:51:25Gustafson et Cheely, qui avaient été incriminés par le témoignage de George Kerr,
00:51:31avaient une vraie raison de s'en prendre à leur ancien ami et à sa famille.
00:51:35Mais les deux hommes purgeaient leur peine dans le pénitencier le plus sécurisé de l'Alaska.
00:51:41C'était la question.
00:51:43Comment un détenu pouvait-il fabriquer ou aider à la fabrication d'une bombe?
00:51:49Tout le monde cherchait à savoir comment une chose pareille était possible.
00:51:55On a appris que Raymond Cheely et Doug Gustafson se retrouvaient dans la chapelle de leur prison
00:52:07et qu'ils y communiquaient avec une sorte de langage codé.
00:52:11En dehors de ça, ils étaient séparés.
00:52:13Un informateur a dit qu'il les avait vus échanger des petits mots et discuter brièvement.
00:52:21On est toujours en quête de l'indice crucial qui permet de rassembler les pièces du puzzle.
00:52:29Et les tuyaux donnés par les anciens détenus incarcérés avec Raymond Cheely
00:52:35nous ont indiqué qu'ils étaient prêts à tout pour se venger de George.
00:52:39Mais on avait un problème de taille.
00:52:42Comment Doug Gustafson et Raymond Cheely pouvaient-ils assembler une bombe et la transférer par voie postale
00:52:50alors qu'ils croupissaient dans un pénitentiaire de haute sécurité et qu'ils allaient y rester pendant plus de 60 ans?
00:52:59On s'est donc intéressé à l'histoire de la famille qui avait été visée.
00:53:05Étant donné le passif de George, il avait plusieurs suspects potentiels qui pouvaient avoir un mobile.
00:53:15On a appris qu'il avait participé à un cambriolage l'année précédente.
00:53:21Avec Raymond Cheely et Doug Gustafson, ils étaient entrés par effraction dans une boucherie et avaient volé 25 000 dollars.
00:53:30George s'en était bien sorti puisqu'il n'avait jamais été inculpé pour ce crime.
00:53:36On a pensé que le propriétaire de la boucherie pourrait avoir des ressentiments à son égard et chercher à se venger pour les dommages subis.
00:53:44Il fallait explorer cette piste.
00:53:47Grâce au détecteur de mensonges, on a pu l'éliminer de la liste des suspects.
00:53:53On a appris que George avait obtenu l'immunité grâce à son témoignage l'année précédente lors du procès pour le meurtre de Jeffrey Cain.
00:54:07La famille de la victime pouvait être contrariée que George n'ait subi aucune poursuite.
00:54:13Pour moi, ils étaient tous les trois responsables, le chauffeur et les deux autres, y compris celui à l'arrière.
00:54:26Pourquoi George Kerr n'a-t-il pas pris le fusil ?
00:54:30Pourquoi n'a-t-il pas arrêté Cheely ?
00:54:33Il aurait pu les empêcher de faire ça.
00:54:36A mes yeux, il est aussi coupable que les autres.
00:54:44C'est ce que je ressens au fond de moi.
00:54:54Le père de la victime, Ronald Cain, était un militaire avec de l'expérience en matière d'explosifs.
00:55:02Il avait à la fois l'expertise et le mobile pour s'en prendre à George.
00:55:07La police du Postal Service m'a demandé de passer au détecteur de mensonges.
00:55:12J'ai dit pourquoi, je n'ai rien fait.
00:55:15Ils ont dit, eh bien, vous connaissez les explosifs.
00:55:18J'ai répondu, mais non, je n'y connais rien.
00:55:21Ils ont dit, d'après vos états de service, vous avez fait partie du génie militaire avec pour mission de faire sauter des ponts.
00:55:29J'étais en colère. Pourquoi mon mari et mon fils fabriqueraient-ils une bombe ?
00:55:35Je savais qu'ils étaient innocents.
00:55:37Tout de suite après le test, j'ai demandé, qu'est-ce que ça dit ?
00:55:40Ils m'ont dit, vous êtes innocents.
00:55:42J'ai dit, vous voyez, je vous l'avais dit.
00:55:47C'est la plus grande enquête de l'histoire de l'Alaska.
00:55:57Le Postal Service d'Anchorage compte très peu d'inspecteurs.
00:56:01Il nous fallait plus de ressources.
00:56:05On a demandé que des agents nous soient envoyés depuis les quatre coins du pays.
00:56:10Ils ont été affectés en Alaska pour participer à l'enquête.
00:56:14Il y avait plus d'une centaine de personnes sur cette affaire.
00:56:19Et tous les éléments nous ramenaient à Doug Gustafson et Raymond Chealy.
00:56:25On a appris que Chealy et Gustafson avaient des antécédents en matière d'explosifs.
00:56:31Qu'ils avaient déjà fait des expériences dans ce domaine.
00:56:35On a eu beaucoup de renseignements par des détenus qui avaient été en prison avec Raymond ou avec Doug.
00:56:43Et qui nous ont dit que Raymond avait une liste de cibles.
00:56:49Lors des interrogatoires, on a découvert que Raymond Chealy avait donné à l'un de ses détenus
00:56:54des catalogues sur la façon de créer un engin explosif artisanal
00:56:59et de commander les matériaux nécessaires à sa fabrication.
00:57:03On a alors obtenu un mandat de perquisition pour les cellules de Doug Gustafson et Raymond Chealy.
00:57:09Celle de Doug ne contenait rien de compromettant.
00:57:13Mais dans celle de Raymond, on a trouvé la liste des personnes qu'il voulait attaquer
00:57:17parce qu'elles avaient contribué à son incarcération.
00:57:22Au sommet de cette liste, près de George Kerr, il y avait le procureur adjoint Steve Branchflower
00:57:28et le juge qui avait dirigé le procès de Doug Gustafson.
00:57:34C'était une affaire complexe.
00:57:37Les soupçons n'étaient pas suffisants.
00:57:40Il nous fallait du concret, des faits avérés.
00:57:44Il était évident que Gustafson et Chealy n'avaient pas fabriqué et envoyé la bombe.
00:57:50Ils avaient été aidés, forcément par quelqu'un en dehors de la prison.
00:57:55Il fallait savoir qui.
00:57:59Qui sont leurs collaborateurs ? Qu'en est-il de la famille ?
00:58:03Sont-ils capables de faire une chose pareille ?
00:58:07Raymond était issu d'une famille ouvrière.
00:58:10Son père travaillait dans l'industrie pétrolière et sa mère tenait une boutique.
00:58:16Raymond était le seul garçon.
00:58:18Doug venait d'une famille conservatrice et religieuse
00:58:21qui vivait depuis de nombreuses années dans le secteur Deagle River.
00:58:26On a appris que Doug Gustafson avait une soeur et un frère, Peggy et Craig,
00:58:32et que Raymond Chealy avait un ami, Joe Ryan,
00:58:36qu'il considérait un peu comme un frère et avec qui il avait beaucoup traîné.
00:58:42On s'est intéressés aux contacts qui avaient eu lieu
00:58:45entre ces personnes et Raymond Chealy, d'une part,
00:58:48et Doug Gustafson, d'autre part.
00:58:51Comment peut-on se joindre à un membre de la famille qui est déjà en prison pour meurtre ?
00:58:58On s'est dit que si Doug et Raymond avaient bien communiqué avec quelqu'un à l'extérieur,
00:59:03il devait y avoir des traces.
00:59:06Même si ces discussions étaient anodines, ça nous donnerait au moins une piste à explorer.
00:59:13On s'est d'abord penché sur la fratrie Gustafson.
00:59:16La soeur aînée, Peggy Gustafson Barnett,
00:59:20était assistante dentaire.
00:59:22C'était un peu la deuxième maman de Doug.
00:59:25Doug était le cadet de la famille.
00:59:28On a découvert que sa soeur Peggy lui rendait souvent visite,
00:59:31tout d'abord en direct au pénitencier d'Anchorage,
00:59:34puis lors de longues séances par téléphone dans la prison à sécurité maximale de Seward.
00:59:41Raymond Chealy était lui aussi en contact avec elle, ce qui était plus étrange.
00:59:46Le fait qu'ils soient tous en relation nous indiquait qu'ils œuvraient ensemble avec le même dessin,
00:59:51éliminer George Kerr.
00:59:55Heureusement pour nous, nous avons appris qu'il était habituel
00:59:59que les conversations soient enregistrées par la prison.
01:00:05Vu le nombre de détenus dans la prison de Doug,
01:00:08il aurait été quasiment impossible d'écouter toutes les conversations qui avaient eu lieu par téléphone.
01:00:15On a obtenu les bandes-sondes de la prison de Seward
01:00:19pour la période donnée entre le 3 septembre jusqu'à la date de l'explosion et au-delà.
01:00:27Il y avait des heures et des heures de communication
01:00:30durant lesquelles Doug Gustafson avait des conversations banales avec sa soeur Peggy,
01:00:36avec ses parents et avec d'autres personnes.
01:00:40C'était assez barbant à écouter.
01:00:43La plupart des informations n'avaient aucun rapport avec notre enquête.
01:00:46C'était de simples bavardages sans intérêt particulier.
01:01:14Sur ces premiers enregistrements, rien ne semblait évoquer la fabrication d'une bombe.
01:01:22Mais on a constaté qu'il y avait une différence
01:01:26entre les bandes-sondes que nous avait fournies la prison
01:01:31et les relevés téléphoniques.
01:01:35On a insisté auprès des responsables de la prison.
01:01:38Cherchez bien, il doit y avoir autre chose.
01:01:41Il y avait forcément d'autres discussions.
01:01:45Et ça a payé.
01:01:47Il y avait d'autres bandes.
01:01:49Il y avait d'autres conversations.
01:01:53Et elles ont tout changé.
01:02:02Il était évident que Gustafson et Chilly n'avaient pas fabriqué et envoyé la bombe.
01:02:08Ils avaient été aidés, forcément par quelqu'un en dehors de la prison.
01:02:13On s'est d'abord penché sur la fratrie Gustafson.
01:02:24Peggy estimait que son frère était innocent.
01:02:29Et elle était prête à tout pour l'aider, parce qu'il ne méritait pas d'être en prison.
01:02:35Peggy a joué un rôle important dans l'éducation de Doug.
01:02:39Les enquêteurs ont avancé une théorie
01:02:41selon laquelle Peggy et Doug avaient plus une relation mère-fils que frères-sœurs.
01:02:48Si on va dans ce sens,
01:02:50et qu'on pense à ce qu'une mère pourrait faire pour son enfant,
01:02:54quel que soit le contexte,
01:02:56on sait qu'il n'y a pas grand chose qui l'arrêterait.
01:03:00L'idée qu'il s'agisse d'une mère de famille,
01:03:03semblait absolument surréaliste.
01:03:14Pour une oreille non formée,
01:03:16ces discussions semblent anodines, ennuyeuses.
01:03:20Mais quand on cherche des preuves sur une affaire de colis piégés,
01:03:24certains mots se détachent.
01:03:28Une phrase nous a fait tiquer.
01:03:30J'ai brûlé deux batteries.
01:03:32Peggy commence certaines conversations en évoquant des problèmes de voiture.
01:04:02Ils pensaient être malins.
01:04:05Après un début de discussion apparemment banale,
01:04:08sur la garde des enfants ou autre chose,
01:04:12ils se mettent à parler de circuits,
01:04:15de fils qui brûlent ou d'ampoules qui s'allument au mauvais moment.
01:04:21Puis ils se reprennent et disent
01:04:23« Attends, on parle bien d'un problème automobile, pas vrai ? »
01:04:33Doug notamment n'était pas attentif et en disait beaucoup trop.
01:04:38Et c'était la même chose pour Peggy.
01:04:41Leur façon de parler était louche.
01:04:44Lui disait
01:04:46« N'oublie pas qu'on parle des phares de ta voiture. »
01:04:50« Des quoi ? »
01:04:51Il répétait « Les phares de ta voiture. »
01:04:54« C'est ce que tu essaies de réparer. »
01:04:56« Ah oui. »
01:04:57« Oui. »
01:04:58Pour nous, c'était évident que ce n'était pas juste du simple câblage automobile.
01:05:06Ce type de projet nécessite des connaissances sur l'assemblage du système,
01:05:10des connaissances électroniques,
01:05:12afin d'obtenir la charge électrique suffisante pour activer le détonateur.
01:05:19Ils ont dû passer beaucoup de temps à préparer ça.
01:05:22C'était un travail de longue haleine.
01:05:24Doug n'a pas simplement demandé à sa sœur
01:05:26« Tu peux me faire une bombe ? »
01:05:28Il y a eu de nombreuses visites en prison,
01:05:31beaucoup de conversations codées.
01:05:34Il faut être très mal intentionné pour chercher à tuer quelqu'un
01:05:37alors qu'on est déjà en prison pour meurtre.
01:05:40Quand on y réfléchit, c'est assez hallucinant.
01:05:44Le labo scientifique a déterminé qu'il n'y avait pas de problème automobile.
01:05:48Le tovex, un produit disponible dans le commerce
01:05:52et utilisé dans les mines et la construction routière.
01:05:56C'était une nouvelle piste.
01:05:59On cherchait le moindre indice,
01:06:01la moindre direction à explorer hors de la prison.
01:06:06On n'aurait jamais cru trouver les informations
01:06:08qu'on a obtenues sur ces enregistrements.
01:06:10En creusant davantage,
01:06:12on s'est aperçus qu'en plus des communications
01:06:14entre Raymond Tilly et Doug Gustafson,
01:06:17il y en avait eu entre Raymond Tilly et Peggy Gustafson.
01:06:23On a ensuite eu des renseignements sur Joe Ryan
01:06:26à partir des conversations enregistrées.
01:06:30Il faisait partie du groupe mené par Chase,
01:06:32qui était le directeur de l'entreprise.
01:06:35On a aussi eu des renseignements sur Doug Gustafson,
01:06:38il faisait partie du groupe mené par Tilly et Gustafson
01:06:41au lycée et après.
01:06:44C'était un de leurs amis.
01:06:47Sur les bandes-son des discussions avec Joe Ryan,
01:06:49il est surnommé l'homme aux jouets,
01:06:53car il travaillait dans le rayon jouet
01:06:55d'un grand magasin d'Anchorage.
01:07:08...
01:07:24On a découvert qu'un an avant l'explosion,
01:07:27il y avait eu un vol d'explosifs industriels
01:07:32et que visiblement,
01:07:34Doug Gustafson et Raymond Tilly
01:07:37étaient impliqués dans ce vol.
01:07:40On avait à présent une connexion
01:07:42entre ces explosifs volés l'année précédente
01:07:47et ceux utilisés pour le colis piégé.
01:07:51...
01:07:59Il s'était écoulé un an entre le vol des explosifs
01:08:03et l'explosion de la bombe.
01:08:07C'était Joe Ryan.
01:08:13L'équipe de déminage locale a assemblé un engin
01:08:17équivalent à celui du colis piégé.
01:08:21Ils l'ont fait sauter dans un abri de jardin
01:08:24pour montrer ce qui se produit quand une bombe pareille explose.
01:08:303, 2, 1, go !
01:08:34...
01:08:40On s'en est servi pour prouver les dégâts
01:08:43que ce type d'explosifs peut engendrer.
01:08:463, 2, 1, go !
01:08:55Malgré ces preuves accablantes,
01:08:58il nous en fallait plus pour être en mesure
01:09:01d'interpeller ces personnes.
01:09:04Pendant une conversation,
01:09:06Peggy a raconté l'un de ses rêves à son frère.
01:09:31...
01:09:51Elle était en voiture et George à pied.
01:09:55Elle lui a foncé dessus,
01:09:57puis a reculé pour s'assurer qu'il ne s'en sortirait pas.
01:10:01Pour moi, il faut être vraiment mauvais et aigri
01:10:04pour ne serait-ce qu'imaginer une chose pareille.
01:10:07Puis ça s'est précipité.
01:10:09Une conversation datant du 5 septembre,
01:10:12soit 12 jours avant l'explosion,
01:10:15a retenu notre attention.
01:10:17Peggy parlait d'un interrupteur
01:10:19qu'elle n'arrivait pas à faire fonctionner.
01:10:22...
01:10:40C'est un comportement assez effronté de la part de Doug.
01:10:44Il est derrière les barreaux,
01:10:46sous le contrôle de la prison.
01:10:50Mais il dit plusieurs fois à Peggy,
01:10:53presque comme s'il se vantait,
01:10:56« Oups, ils doivent écouter nos appels. »
01:10:59...
01:11:16Il parlait d'une sorte de dispositif artisanal
01:11:20et il tentait de lui expliquer comment brancher les fils de la bombe.
01:11:25Les enquêteurs soupçonnent Peggy,
01:11:28la sœur de Doug, d'être impliquée.
01:11:31Mais les dates ne correspondent pas.
01:11:35L'emploi du temps de Peggy posait problème.
01:11:38Elle était à la clinique en train d'accoucher de son deuxième enfant
01:11:42quand la bombe a explosé.
01:11:44Une autre personne devait donc être impliquée.
01:11:59Peggy avait clairement du mal avec les branchements du système.
01:12:05Doug lui a conseillé d'aller en parler à leur frère Craig.
01:12:15...
01:12:26Ils ont spécifiquement évoqué le fait
01:12:29d'impliquer leur frère dans le projet.
01:12:33Doug a clairement dit à Peggy,
01:12:36« Tu vas avoir besoin de son aide. »
01:12:39« Il peut le faire. »
01:12:41Craig était le cadet de la famille,
01:12:44apparemment un peu à part.
01:12:47Il avait son propre clan
01:12:49et ne fréquentait pas trop le reste de la famille.
01:12:52En tant que mécanicien, il s'y connaissait en circuit électrique.
01:12:57Même si Craig est le cadet de la famille,
01:13:00certains disent qu'il est sous l'emprise de Peggy et de Doug.
01:13:11Difficile d'imaginer qu'une fratrie se lance dans un tel projet.
01:13:42C'était incroyable.
01:13:44Après toutes nos recherches, c'était l'élément décisif.
01:13:48On tenait Doug Gustafsson et sa soeur Peggy.
01:13:53Et on savait à présent que leur frère, Craig Gustafsson,
01:13:57était lui aussi de la partie.
01:13:59C'était un trio, une affaire familiale.
01:14:05On est toujours en quête de l'indice crucial
01:14:08qui permet d'assembler les pièces du puzzle.
01:14:11Dans cette affaire, c'était ça.
01:14:14On a pu concentrer notre attention sur les individus proches de Doug
01:14:19et sur ceux proches de Raymond.
01:14:22On a exploité tout notre attirail d'outils
01:14:25qui comprenaient des mandats de perquisition,
01:14:28la surveillance électronique...
01:14:39Il y avait plus d'une centaine de personnes sur cette affaire.
01:14:46On cherchait tout élément susceptible d'être en relation avec l'enquête.
01:14:51Des branchements ou des fils de la même couleur,
01:14:55des batteries du même type qui pourraient avoir un rapport,
01:14:59des fragments de scotch récupérés sur l'engin,
01:15:02bref, tout ce qui pouvait correspondre.
01:15:05Ou encore des factures pour les interrupteurs,
01:15:08les batteries, les ampoules, ce genre de choses.
01:15:13On a découvert une zone où deux vieilles voitures
01:15:16avaient apparemment été détruites.
01:15:20Les dégâts qu'elles avaient subis indiquaient qu'elles avaient explosé.
01:15:25Mais si les recherches n'ont apporté que peu de preuves,
01:15:29elles ont eu un effet inattendu sur les suspects.
01:15:32Craig est devenu très nerveux.
01:15:39Tard le soir, un homme a demandé à nous parler immédiatement.
01:15:49C'était Craig Gustafson.
01:16:03Le 11 mars 1992, six mois après l'explosion,
01:16:08Craig Gustafson nous a contactés.
01:16:12Il voulait nous parler immédiatement.
01:16:17Il avait compris qu'il était dans notre viseur,
01:16:20tout comme sa fiancée,
01:16:23à qui il en avait trop dit sur son implication dans ce projet.
01:16:28Donc il voulait la protéger.
01:16:30Alors on l'a interrogé ce soir-là.
01:16:34Craig a avoué qu'il avait assemblé la bombe
01:16:37avec les matériaux que Peggy lui avait livrés à son domicile.
01:16:43Une fois le dispositif prêt,
01:16:45il l'avait redonné à sa sœur au domicile de cette dernière.
01:16:49Craig nous a dit qu'il avait conseillé à Peggy de s'en débarrasser.
01:16:53Il avait semble-t-il des doutes quant à cette opération
01:16:56et aurait dit à Peggy de désamorcer la bombe dans les marécages
01:16:59et de ne pas l'envoyer.
01:17:02Le suivi postal permet aux enquêteurs d'identifier le point d'envoi du colis.
01:17:10Le colis piégé a été envoyé depuis ce bureau de poste.
01:17:15On ignorait qui était l'expéditeur,
01:17:18si c'était quelqu'un de cette communauté ou d'ailleurs.
01:17:21Quand j'ai appris qui c'était, j'étais sous le choc.
01:17:25Craig a dit que Peggy l'avait envoyé elle-même.
01:17:28C'était un système assez simple,
01:17:30avec deux kilos d'explosifs, deux interrupteurs et des batteries.
01:17:36Mais il a fait de gros dégâts.
01:17:39C'était terrifiant de savoir que ce colis avait transité par le système postal.
01:17:45Il est resté quelque temps au bureau de poste
01:17:47avant d'être transféré chez eux et d'exploser à l'ouverture.
01:17:52Dès son envoi, il aurait pu provoquer une catastrophe.
01:17:57Et le fait que ce soit David Kerr qui réceptionne ce colis
01:18:02et qui le rapporte chez lui, avec sa femme juste à côté au moment de l'ouverture,
01:18:08c'est un événement particulièrement sinistre.
01:18:15Pour pouvoir les juger, il fallait confondre les trois suspects.
01:18:22Le maillon faible, c'était Craig.
01:18:26Plutôt que de l'arrêter ce soir-là, on a préféré le surveiller.
01:18:31Malheureusement, il s'est évaporé.
01:18:37Il y avait plusieurs théories, la plupart inquiétantes.
01:18:41Il pouvait avoir commis l'irréparable.
01:18:44Sous la pression, il s'était peut-être suicidé.
01:18:48Cette théorie semblait étayée par les lettres que Craig avait écrites
01:18:53avant de partir et laissées dans un tiroir de son domicile.
01:18:59L'une était adressée à un inspecteur de la poste, l'autre à ses parents.
01:19:04Il disait en gros, je me suis laissé entraîner et je ne savais pas comment m'en sortir.
01:19:11C'est ce qui nous a fait craindre qu'il s'était donné la mort.
01:19:15On a lancé une procédure d'écoute et de localisation.
01:19:21S'il appelait sa petite amie, par exemple, on pourrait le repérer.
01:19:26C'est ce qui s'est passé.
01:19:35Deux semaines plus tard, Craig a passé un coup de fil à sa fiancée.
01:19:39Quand on a su, en l'entendant, que Craig était vivant, ça a été un grand soulagement.
01:19:46On a sollicité la coopération de sa petite amie.
01:19:49Elle devait nous avertir chaque fois qu'il l'appellerait
01:19:54et tenter de le convaincre de discuter avec l'un des agents qu'il connaissait déjà.
01:20:01Il s'est avéré que depuis Anchorage, il avait pris un aller simple pour Seattle,
01:20:06puis qu'il avait fait du stop jusqu'à Los Angeles.
01:20:10Elle nous a prévenus tout de suite car elle voulait qu'il se rende.
01:20:13Il y avait une récompense de 10 000 dollars.
01:20:16Il a accepté de nous parler.
01:20:20À une heure déterminée, il devait nous appeler en PCV.
01:20:24Bien sûr, on avait contacté la compagnie de téléphone pour qu'ils identifient le point d'appel.
01:20:31S'il appelait sa petite amie et qu'elle parvenait à rester suffisamment longtemps en ligne avec lui,
01:20:37grâce à la compagnie de téléphone, on connaîtrait l'endroit d'où était passé l'appel.
01:20:43Quand il a appelé, on a su qu'il était dans une cabine téléphonique du salon de l'hôtel Roosevelt à Hollywood.
01:20:51Une unité s'est immédiatement rendue sur place pendant qu'on essayait de le garder en ligne.
01:20:57Craig ne se doutait pas qu'on avait déjà tracé l'appel et que les forces de l'ordre l'avaient déployé.
01:21:03C'est pour ça qu'il s'est dit qu'il devait nous appeler.
01:21:05Il y avait sur place une trentaine d'inspecteurs du Postal Service de Los Angeles.
01:21:10Un groupe d'intervention se dirigeait lui aussi vers l'hôtel Roosevelt.
01:21:15Ils sont arrivés toutes sirènes hurlantes et en criant.
01:21:20Et curieuse coïncidence, un film policier a informé le commandant de l'hôtel Roosevelt.
01:21:26C'était un film d'horreur.
01:21:29Nos agents armés ont traversé le plateau
01:21:34et on a été heureux d'entendre un inspecteur au bout de la ligne crier à Craig
01:21:40« Levez les mains, vous êtes en état d'arrestation. »
01:21:45C'était un film d'horreur.
01:21:48C'était un film d'horreur.
01:21:51C'était un film d'horreur.
01:21:53« Levez les mains, vous êtes en état d'arrestation. »
01:22:01Ils l'ont menotté et interpellé.
01:22:04Dans la foulée, on a arrêté Peggy, Raymond et Doug.
01:22:08Cette affaire a fait les gros titres dans la presse et à la télévision.
01:22:13Sur cette une, on voit Gustafsson et Chilly
01:22:17qui ont déjà passé du temps en prison pour le meurtre de Jeffrey Cain.
01:22:21Ils sont escortés par des agents fédéraux pour l'affaire du colis piégé.
01:22:26Ce titre récente, c'est un film d'horreur.
01:22:30C'est un film d'horreur.
01:22:33C'est un film d'horreur.
01:22:35Ce genre de truc heureux, c'est trabalhé pendant deux jours avant le coup.
01:22:41Cette affaire est désués.
01:22:43Cette affaire est désues.
01:22:46Ce titre résume tout.
01:22:49Une arrestation digne d'un film d'Hollywood.
01:22:52Ici, un schéma représente le réseau
01:22:54et la façon dont ils ont collaboré pour fabriquer et organiser l'envoi de la bombe.
01:22:59On voit Doug Gustafsson et Raymond Chilly
01:23:02Au moment où elle manipulait des détonateurs et des explosifs sur son îlot de cuisine,
01:23:09avec un enfant de huit ans dans les jambes, c'est hallucinant.
01:23:13J'ai du mal à concevoir qu'on puisse prendre de tels risques.
01:23:19Elle a mis ses enfants et son propre avenir en danger.
01:23:24Comment a-t-elle pu se dire que c'était légitime et... juste ?
01:23:31Elle a montré son mépris pour la vie d'autrui en envoyant cette bombe par la poste.
01:23:40Ça aurait pu exploser et blesser ou tuer un employé ou un badeau innocent.
01:23:48Et finalement, elle a tué la mauvaise personne.
01:23:52Il y a une sorte de banalisation de la violence.
01:23:57A la fois dans le meurtre de Jeffrey Cain, un simple occupant d'une voiture qui devait passer la soirée avec son meilleur ami,
01:24:04et dans celle de David Kerr, un homme innocent qui a sauté avec le colis piégé alors qu'il n'avait rien fait.
01:24:14Décider de tirer une balle dans la tête d'un passager anonyme, on ne peut pas faire plus malfaisant.
01:24:21Et décider de faire entrer un colis piégé dans une zone résidentielle, au risque de tuer n'importe qui, c'est la définition même du mal.
01:24:30Ces deux affaires ont ceci en commun qu'il s'agissait d'actes aveugles.
01:24:33N'importe qui aurait pu être tué.
01:24:37Ça aurait pu être une pauvre factrice mère de quatre enfants.
01:24:40N'importe qui.
01:24:43C'est choquant de voir qu'autant de personnes ont produit autant d'efforts pour faire autant de mal.
01:24:52Ça a marqué la communauté, mais aussi Anchorage.
01:24:56Les accusés plaident coupables.
01:24:59Oui, sacrée histoire.
01:25:01Peggy a avoué, puis Doug a décidé de plaider coupable.
01:25:06Jeudi après-midi, Doug Gustafson a plaidé coupable pour meurtre au tribunal d'Anchorage et a accepté la perpétuité sans conditionnelle pour aider sa sœur, avec laquelle il a fomenté l'acte de vengeance qui a tué David Kerr.
01:25:18S'il a plaidé coupable, c'était donc uniquement pour alléger la peine de sa sœur.
01:25:35Cette affaire a été la plus importante de ma carrière.
01:25:49C'est difficile de la résumer en quelques mots, quand on y a travaillé autant que moi, avec autant d'intensité.
01:25:59Mais il y a une chose sur laquelle j'insiste.
01:26:04Cette enquête a abouti grâce à l'obtention de preuves cruciales et crédibles, grâce à la persévérance et au professionnalisme des inspecteurs du postal service, et grâce aux procureurs qui n'ont pas cessé de maintenir la pression jusqu'au bout.
01:26:30Un journaliste doit être objectif et factuel.
01:26:34Mais en tant qu'être humain, je me suis dit, je n'ai jamais vu une chose pareille.
01:26:39Ces crimes étaient odieux, des gens innocents sont morts, ce sont des choses qu'on n'oublie pas.
01:26:46On ne saura jamais combien d'autres personnes auraient pu périr si cette série meurtrière avait continué, y compris George.
01:26:56Lequel, en témoignant à la barre, a déclenché une suite d'événements qui ont tué son père et grièvement blessé sa mère, Michelle Kerr.
01:27:16Pour moi, ils ont pris l'avis de mon fils et si je n'avais pas d'avis sur la peine de mort, aujourd'hui, je pense qu'elle devrait être rétablie.
01:27:29Mais si je garde cette colère, ça ne servira à rien d'autre qu'à me faire du mal.
01:27:39C'est l'un de mes plus gros sujets en 17 ans de carrière.
01:27:43Quand je tombe par hasard sur un vieil article, ça revient tout de suite.
01:27:48Ah oui, l'affaire Gustafson-Chilly, la fusillade, le colis piégé, c'était énorme pour une ville comme Anchorage au début des années 90.
01:27:57C'est dur.
01:28:01Il y a des jours où je ne fais que penser à lui.
01:28:03Je prononce son prénom et ça fait rire les petits.
01:28:07Tu sais, je ne suis pas Jeffrey.
01:28:11Il me manque.
01:28:13Parfois, quand je marche dans la maison, il me manque vraiment, mais il est toujours dans mon cœur.
Commentaires

Recommandations