00:00On s'attache aux arbres qui sont à côté de chez nous, c'est quelque chose qu'on aime bien,
00:12mais c'est un patrimoine vivant et comme nous, ils vivent et puis un jour ils meurent aussi.
00:30Là on peut penser que les peupliers sont relativement loin de l'ouvrage où se trouve la
00:39bièvre ici, mais en fait leur système racinaire il est répandu partout. Le même volume que ce
00:45qu'on a au-dessus, on l'a en dessous, mais sur un mètre, un mètre cinquante à peu près. Donc
00:51on a vraiment des racines de peupliers partout jusqu'au ras de l'ouvrage et donc si on veut
00:55démolir cet ouvrage pour faire réapparaître la bièvre, on va gravement endommager le système
01:00racinaire des arbres et donc ils vont devenir dangereux.
01:13C'est des arbres qui ont subi dans le temps un certain nombre de tailles assez importantes
01:17parce qu'ils gênaient le voisinage probablement. Ça a entraîné des pourritures, des bouts de
01:24branches qui sont morts et les champignons se sont installés dedans et sont descendus dans le
01:30tronc. Là on est quasiment à la base de l'arbre, donc voilà ici on voit ça. Ça peut être des
01:36dégradations beaucoup plus importantes dans certains cas.
01:43Les peupliers ont été plantés et alignés par l'homme lorsque la bièvre a été enterrée,
01:47voilà près de 70 ans. Comme une résurgence de la rivière enfouie qui s'est ancrée en nous,
01:52qui a pris racine avec le temps, une mémoire a succédé à une autre.
01:56Il y a des dizaines d'années qu'ils sont là, donc tout le monde a toujours connu ça,
01:59puis d'un coup on se lève un matin, il n'y a plus d'arbres, c'est un peu brutal,
02:03mais bon il faut imaginer que dans quelques années il y aura un autre paysage sûrement
02:08encore plus joli que cette allée aujourd'hui. Mais c'est vrai que c'est quelques années de
02:14transition auxquelles il faut s'habituer. À présent on a une rivière qui est dans une
02:20structure en béton, on va recréer des espaces de nature, on va remettre l'eau à l'air libre,
02:24et puis des berges qui sont perméables et qui sont favorables à la végétation.
02:30La biève coulera à quelques mètres de profondeur. Il faudra terrasser, créer un mur
02:51de soutènement pour façonner une berge en pente douce et protéger les habitations riveraines.
02:55Le système racinaire des peupliers tout en surface n'y survivrait pas. Ces arbres en fin
03:01de vie deviendraient des risques majeurs. La ville est une contrainte, c'est compliqué la nature en ville.
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06:55– Sur les 29 arbres qu'on a vus, en tout cas, on n'a pas vu d'arbres en excellent état.
07:04Les arbres ne sont plus du tout en bon état, on dit phytosanitaire. Au niveau de la souche,
07:14on voit qu'il n'y a plus beaucoup de cellules vivantes, en tout cas sur les arbres.
07:22La trace sombre, c'est ce qui commence à mourir et après, au fur et à mesure,
07:27ça se décompose et ça vient faire un trou, ça devient du terreau.
07:32Là, on peut voir que ce n'est pas un arbre qui est en pleine forme et qu'il faut laisser debout.
07:40Parce que là, il y a des habitations à côté, ça peut être dangereux.
07:45L'alignement inerte des souches, l'amoncellement des troncs coupés sont forcément l'image d'une désolation,
07:52mais temporaire. Il faut imaginer ici la rivière en creux, douce et bucolique, arborée et vivante,
07:59car d'un pas décidé, la transformation opère. C'est une transition en marche.
08:45De nombreuses plantes seront implantées en ondes sur les berges, sur l'arripicive,
08:50pour une vie de rivière, un îlot de fraîcheur, un avaleur de gaz carbonique,
08:54un couloir bucolique au cœur de nos villes.
09:16Les copeaux, ce sont un peu de ces peupliers qui partent dans nos jardins, sur nos balcons.
09:21La vie est un continuum, tourmentée parfois, mais le jour en vaut la chandelle.
09:26C'est une époque nouvelle qui s'ouvre.
09:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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