00:00Il est 7h42, l'invité d'RTL Matin et Thomas, vous recevez aujourd'hui le Monsieur Économie
00:09du Rassemblement National, Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme et président délégué
00:13du groupe RN.
00:14Et ce n'est pas un métier facile, parce qu'il lève les yeux au ciel quand vous dites
00:16le Monsieur Économie.
00:17Bonjour et bienvenue sur RTL Jean-Philippe Tanguy.
00:19Bonjour Monsieur Soto, merci pour votre invitation.
00:21Quelle est votre définition du mot trahison ?
00:24Écoutez, ça me paraît un peu spontané.
00:27Trahison, c'est quelqu'un qui ronde confiance, une loyauté, une relation de travail, d'amitié,
00:32d'amour.
00:33Je vous pose la question, parce qu'hier vous avez parlé d'un budget de trahison morale.
00:36Oui, effectivement, j'avais raison, c'est cohérent avec ma définition, puisque M.
00:41Barnier a pris des engagements, quand il a été nommé par M.
00:44Macron, des engagements, baisser vraiment les dépenses, les dépenses augmentent toujours
00:47plus vite que l'inflation dans le budget qu'il propose, il n'y a pas de trajectoire
00:51de désendettement, et deuxième engagement, ne pas augmenter les impôts des classes moyennes
00:57et populaires, et ils vont augmenter, 3 milliards par exemple, sur les taxes sur l'électricité,
01:01avec déjà 3 milliards qui étaient déjà prévus, donc quand même 6 milliards, rien
01:04que pour l'électricité, mais aussi, par exemple, cibler les cotisations pour les
01:10personnes au SMIC, alors certes, ça ne les concerne pas directement, mais ça pourrait
01:13dégrader leurs conditions d'emploi et re-augmenter le chômage des catégories populaires.
01:17Donc pour vous, la messe est dite, ça sera non au budget, c'est clair et net ?
01:20Oui, mais de toute façon, nous sommes l'opposition à M. Barnier, alors la question maintenant
01:24qui se pose, ce n'est pas, est-ce qu'on allait voter pour ou contre ce budget, on
01:27votait contre, c'était, est-ce qu'on va censurer ? Donc la réponse, elle est dans
01:34le jardin de M. Barnier, c'est à lui de nous dire si, oui ou non, il négocie un certain
01:38nombre d'axes fondamentaux, notamment le fait que les classes moyennes et populaires
01:42ne soient pas frappées par des impôts, si on arrive à trouver ensemble des vraies économies,
01:46comme on a proposé pour 25 milliards hier, dans notre contre-budget, un moyen de baisser
01:50drastiquement les mauvaises dépenses, bref, nous on est ouverts à la négociation par
01:55intérêt.
01:56Vous êtes ouverts, mais vous n'excluez pas la censure dès le budget ?
01:57Ah ben oui, absolument, puisque nous sommes, une fois de plus, le principal parti d'opposition.
02:02On n'a pas à se soumettre à M. Barnier, par contre pour l'intérêt national, vu
02:06la crise budgétaire, on peut négocier, on peut faire des efforts, on a présenté un
02:10plan concret très détaillé, sur lequel d'ailleurs, pour le moment, je n'ai pas
02:13vu spécialement de critiques ou de remarques des macronistes ou des amis de M. Wauquiez.
02:18Maintenant, la balle est dans leur camp, est-ce que oui ou non ils sont capables de prendre
02:22en compte nos critiques et nos propositions positives ? Je suis assez pessimiste, parce
02:26qu'hier en commission finance, je dois dire que je n'ai senti des parlementaires
02:30wauquiezistes ou anciens plus ou moins macronistes, aucune volonté de dialogue et aucune volonté
02:35de vraiment changer les choses.
02:36On est vraiment toujours dans l'addiction à la dépense publique et dans le com' avant,
02:41on a l'impression vraiment que les députés ne se sont pas réveillés.
02:43Moi j'ai l'impression qu'il est sur le chemin de la motion de censure quand même.
02:45Là, à vous entendre ce matin, à 7h45 sur RTL, on se dit, waouh, on ne voit pas comment
02:50ils vont se mettre d'accord.
02:51Moi je ne veux pas mentir à ceux qui nous écoutent, aujourd'hui, il n'y a pas de
02:54volonté de prendre en compte nos propositions, c'est systématiquement le mur, c'est l'administration
02:59de Bercy qui nous a sorti ce musée des horreurs, de toutes les réformes et réformettes qu'il
03:03y avait dans les tiroirs, sans cohérence, sans vision commune.
03:06Si on ne baisse pas les dépenses d'un côté mais qu'on augmente les impôts qui vont
03:10casser la croissance, on aura la double peine et donc une dégradation encore pire des finances
03:14publiques.
03:15Donc on va se retrouver avec combien ? 7% de déficit l'année prochaine ?
03:18Alors j'ai regardé vos propositions pour le budget, votre contre-budget dans lequel
03:21vous proposez 15 milliards d'économies nouvelles, vous baissez les impôts, vous annulez le
03:24report de la revalorisation des pensions de retraite, vous supprimez la hausse de la taxe
03:28sur l'électricité, vous sanctuarisez les lois de programmation sur le régalien, vous
03:31rétablissez les crédits pour la justice, pour la sécurité, idem pour la recherche
03:36et pour financer tout ça, vous jouez au loto ?
03:38Non pas du tout, on propose plus de 20 milliards d'efforts fiscaux concentrés, comme l'avait
03:43prouvé M.
03:44Barnier, sur la spéculation, la finance, les rentes, les fraudes.
03:48C'est quoi les rentes ? Vous en prenez au rente de situation ?
03:50Oui, par exemple vous savez que depuis 10 ans, un certain nombre d'entreprises privées
03:53utilisent 20% de la production nucléaire d'EDF pour revendre cette électricité sans
03:59rien produire.
04:00Donc moi je propose une redevance pour que ces entreprises qui ont fait beaucoup d'argent
04:03sur un bien public payent enfin leur juste part, ça rapporte 500 millions d'euros.
04:07La plus grosse de nos mesures, c'est la taxe sur les rachats d'actions.
04:11Un rachat d'action c'est quoi ? Ce n'est pas le petit porteur qui achète une action.
04:14Le rachat d'action, c'est quand une multinationale a tellement de profit qu'elle se permet de
04:19racheter ses propres actions sur le marché et les annuler pour spéculer sur la valeur
04:23de ses actions et augmenter le temps par action.
04:24Ça le gouvernement veut le taxer à 8% ?
04:25Non non, ce n'est pas 8%.
04:27En fait, ils ont fait une manœuvre pour faire croire qu'ils taxent à 8%.
04:30En fait, ils utilisent via l'Europe la valeur nominale, ce qui fait qu'en taxant à 8%
04:3330 milliards, ça ne rapporte que 100 millions.
04:36Mais vous, vous taxez à combien ça ?
04:37Nous, on calcule à 33% sur la valeur de rachat et donc ça rapporte 9 milliards.
04:42C'est une taxe très dure.
04:43Pourquoi ? Parce qu'on veut aussi faire quitus sur les surprofits.
04:46Ça fait 4 ans qu'un certain nombre de multinationales profitent de l'hyperinflation et du malheur
04:51du peuple ukrainien pour faire des profits abusifs.
04:54Malheureusement, le gouvernement n'est pas allé chercher ces surprofits.
04:57Il y a la règle constitutionnelle de non rétroactivité de la fiscalité, mais la
05:01mesure qu'on propose permet de récupérer une partie.
05:03Je vous rappelle que la Cour des comptes avait établi que les énergéticiens s'étaient
05:07mis 30 milliards d'euros, 30 milliards d'euros dans la poche des contribuables.
05:10Jean-Philippe Tanguy, je voudrais qu'on se parle un peu de Doliprane.
05:12Vous savez que les usines qui fabriquent Doliprane sont en grève à partir d'aujourd'hui en France.
05:17Tout le monde les soutient, tout le monde est d'accord pour dire qu'il faudrait que le site
05:19reste français, etc.
05:20Mais comment faire pour passer des mots aux actes ?
05:23Quelle est la solution ? Est-ce qu'elle existe ?
05:25Oui, vous avez deux solutions.
05:27Il y a ce qu'on appelle le décret Lemaire, Montebourg, Florenge, il a changé autant
05:32de plus de noms qu'il n'a été utilisé malheureusement pour protéger les intérêts
05:35nationaux.
05:36Bloquer cette vente à un fonds américain, il y a des repreneurs français, c'est une
05:39entreprise rentable, ce n'est pas une entreprise malade qui aurait besoin d'un sauveur, c'est
05:44rentable.
05:45Il faut mettre de l'argent public ou pas ?
05:46Il n'y a pas spécialement de raison.
05:47Je pense qu'on peut trouver des repreneurs français qui seraient capables de s'occuper
05:51de cette activité.
05:52Par ailleurs, il y a une deuxième solution, c'est de prendre non pas de nationaliser
05:55Sanofi comme le veut la gauche, ça coûte entre 120 et 140 milliards d'euros, mais
05:59prendre ce qu'on appelle une golden share, c'est une action préférentielle, l'État
06:03peut le faire.
06:04Pour un montant modique, on pourrait avoir un pouvoir de décision important dans cette
06:08entreprise, mais moi pour le moment, je pense qu'on peut tout simplement bloquer la vente
06:10et trouver des repreneurs français.
06:12Sanofi n'est pas dans l'urgence de vendre cette activité rentable.
06:17Et Amandine Bégaud en parlera et posera la question à Audrey Duval, à la présidente
06:20de Sanofi, qui sera son invitée tout à l'heure à 8h15.
06:23Est-ce que vous avez trouvé ?
06:24Oui, je sais ce que vous allez me dire, vous allez me parler du livre de Jordan Bardot.
06:27Et bien voilà, est-ce que vous trouverez ce qu'il cherche, qu'il va publier son premier
06:29livre qui s'appelle « Ce que je cherche » ?
06:31Oui, c'est une citation qui, si je comprends bien, s'inscrit dans le pas de grands personnages
06:37français qui ont inspiré sans doute l'histoire de Jordan, comme la mienne et comme celle
06:41des militants patriotes.
06:43Écoutez, moi je suis impatient de lire ce livre, il y a une belle couverture médiatique,
06:47c'est un livre qui a attendu pour que les Français...
06:49Vous ne l'avez pas envoyé encore ?
06:50Non, c'est un secret très bien gardé, moi j'ai appris la date de sortie de ce livre
06:55et son titre, comme tout le monde, par une dépêche AFP, donc c'est un secret qui était
06:58bien gardé.
06:59Et ça le mérite, moi je crois que beaucoup de Françaises et de Français veulent mieux
07:03connaître Jordan Bardella et j'espère que ce livre leur permettra de connaître son
07:07parcours.
07:08Et si Marine Le Pen était empêchée par son procès qui se tient actuellement pour la
07:12présidentielle, il serait le candidat naturel du RN de Jordan Bardella ?
07:14Sans doute, c'est le président de notre parti, mais je ne veux pas mettre dans cette configuration
07:18puisque Marine Le Pen est parfaitement innocente des faits qui lui sont reprochés.
07:22Je suis vraiment très choqué de cette machination qui consiste à salir des personnes impliquées
07:27dans la vie politique.
07:28Qui s'allie qui là ?
07:29Je pense aussi à M. Béroux, M. Martin Schultz et les technocrates de l'Union Européenne
07:33qui ont décidé de frapper les trois grands partis qui contestaient la bureaucratie européenne,
07:38à savoir M. Béroux, qui était pour l'Europe mais contre la bureaucratie européenne, Mme
07:42Le Pen et demain ce sera M. Mélenchon.
07:44Vous ne faites pas confiance dans la justice française ?
07:45Oui, j'espère qu'elle sera innocentée, mais je n'ai aucune confiance par contre dans
07:48les bidouillages de l'Europe.
07:51L'OLAF qui est jugé parti, M. Schultz qui a attaqué Mme Le Pen pendant qu'il y avait
07:56des valises de billets pour les socialistes européens, ça j'attends le procès.
07:59C'est le tribunal qui juge, ce n'est pas l'Europe.
08:01Merci beaucoup Jean-Philippe Tanguy.
08:02Pas grand délit sur les valises de billets.
08:03Bon, vous restez avec nous Jean-Philippe Tanguy.
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