00:00Là, c'est vraiment leur visage tel qu'ils étaient en 1846, lorsqu'ils ont été interrogés et moulés.
00:23Captifs des portes à bord du Lévis, seulement six ans après leur introduction dans l'île,
00:28et dans cette cinquantaine, j'ai pu identifier 24, donc 21.
00:32J'ai pu recouper les informations qui apparaissent sur les bustes humaines,
00:37notamment des inscriptions à l'arrière, dans la cavité, des inscriptions, des noms de ces individus,
00:46que j'ai pu recouper avec les carnets manuscrits,
00:49et j'ai pu ainsi, au bout de quelques années de recherche,
00:53identifier la quasi-totalité de la collection et des individus eux-mêmes.
00:57Il y a des restes organiques qui ont été captés dans le clade.
01:00Ici, je vous invite à voir, par exemple, le buste de Joao Didièque,
01:04et vous voyez bien ici, sur ce buste large, des cils qui ont été captés dans le clade.
01:09J'ai pu identifier formellement 56 sur 58 individus qui ont été interrogés
01:14et dont les visages ont été moulés par Eugène de Froberville.
01:17Tous étaient d'anciens captifs déportés de l'Afrique orientale.
01:21Ce ne sont pas des sculptures, ce sont des moulages sur nature, moulés sur vivants,
01:25ce sont littéralement des empreintes d'ancêtres.
01:28Et d'ailleurs, des restes organiques ont été captés dans le plâtre.
01:31On y retrouve notamment des cheveux et des cils, donc même potentiellement de l'ADN.
01:35Ils ont presque une valeur de relique pour les descendants supposés ou réels.
01:50Aujourd'hui, avec ce supplément de visite, disons, dans une salle qui n'est pas préparée,
01:54vous le voyez, vous êtes dans un espace qui n'est pas prévu.
02:00Ce que je pensais, moi, comme beaucoup de descendants africains,
02:03c'est que mon nom venait, provenait d'un éventuel maître
02:08qui avait possédé mes ancêtres quand j'étais, il y a longtemps.
02:12Et en fait, il s'avère que non.
02:14Que non seulement mes lits n'ont pas été esclaves,
02:18puisqu'ils ont été libérés, que l'esclavage avait été aboli sur l'île de Maurice.
02:24Et qu'en fait, du coup, ça vient de ce bateau et de tout ce que ça représente.
02:29C'est vrai que c'est quelque chose de très émouvant.
02:32Je pense que cet événement-là, ça va quand même booster pour continuer à faire des recherches.
02:37Il me reste encore deux générations à remonter pour savoir
02:41qui était vraiment la personne qui est arrivée à bord du lit d'île en 1840.
02:47L'histoire terrible de l'esclavage, de la traite, de l'esclavage, de l'exploitation,
03:01dans le cadre de ce qu'a été le colonialisme français,
03:04dans sa période esclavagiste pendant deux siècles.
03:06Il est important que cette histoire continue d'être transmise, connue, partagée.
03:11Et c'est une manière aussi de réconcilier des peuples.
03:13Là, il ne s'agit pas de prendre une revanche sur quiconque, mais il s'agit de dire la vérité.
03:18Et donc, il y a une dimension historique, une dimension humaine, une dimension sensible.
03:22Et cette exposition la montre de façon remarquable.
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