00:00Éric Brunet, RTL Midi, les auditeurs ont la parole.
00:04C'était il y a un an, l'horreur au festival Nova, pris pour cible par les terroristes du Hamas,
00:10il y a un an, jour pour jour, des attaques qui ont fait plus de 1200 morts
00:14et qui ont plongé la région dans la guerre.
00:17Alors aujourd'hui RTL Midi a décidé de donner la parole à deux victimes,
00:20deux personnes dont la vie a basculé ce jour-là.
00:23Netta d'abord, cette jeune femme de 29 ans a été blessée il y a un an
00:27alors qu'elle participait à ce festival.
00:29Rebonjour Valentin Boisset.
00:31Bonjour à tous.
00:32Elle est revenue avec vous sur les lieux de l'attaque
00:34et si elle a réussi à s'échapper, plusieurs de ses amis ont été tués.
00:38Oui, deux amis pour être précis avec qui.
00:41Elle était venue danser ici il y a un an.
00:43Elle porte autour du cou une plaque avec leur nom.
00:46Les jours qui ont suivi le 7 octobre ont été très durs.
00:49Six jours, me dit-elle, sans dormir.
00:51Les premiers jours, je me suis enfermée chez moi avec ma mère.
00:57C'était dur parce qu'elle ne savait pas comment me parler ou comment m'aider.
01:02Personne n'y arrivait, c'était horrible à ce moment-là.
01:08Après une semaine, il y avait urgence.
01:10Netta dit aussi qu'elle n'arrivait plus à manger.
01:12C'est là que sa thérapie va commencer.
01:15Alors quelle forme Valentin a pris cette thérapie ?
01:18Une longue hospitalisation de deux mois.
01:20Netta a arrêté de travailler et s'est rendue dans une structure médicale
01:24où plusieurs survivants ont vécu ensemble.
01:26Après une semaine, j'ai entendu parler de cet endroit qui avait ouvert pour les survivants de Nova.
01:32J'ai décidé d'y aller seule.
01:34Par moi-même, j'ai compris que je ne pouvais plus rester chez moi.
01:38Quand je suis arrivée là-bas, du matin au soir, on avait une foule de psychiatres.
01:44C'était important pour moi.
01:46Et ce que je ne savais pas avant, c'est que quand vous avez un traumatisme,
01:52il faut en parler avec ceux qui ont vécu la chose avec vous.
01:57Après deux mois de thérapie, Netta est partie.
01:59Mais elle continue encore de voir ses camarades aujourd'hui, une fois par semaine.
02:04Valentin, on l'entend, elle est avec vous sur le lieu du festival où résonnent les détonations.
02:08Est-ce qu'elle a eu des difficultés à revenir ici ?
02:11Oui, la première fois, c'était trois mois après le massacre avec une amie, Milat.
02:15Et comme elle me l'a raconté, c'était bien trop tôt pour elle.
02:18Elles ont donc fait demi-tour.
02:20Je suis revenue avec Milat.
02:25On ne savait pas qu'il y avait toutes ces détonations.
02:28Alors, on est resté seulement cinq minutes et on a décidé de repartir.
02:32J'ai plein de trous noirs sur où je me suis enfuie et la journée.
02:35Je ne me souviens plus du tout de ce qui s'est passé, de ce qu'il y avait ici.
02:39Des trous de mémoire qui caractérisent son syndrome post-traumatique, selon les psychiatres qui la suivent.
02:45Valentin, aujourd'hui, Netta va mieux, on l'a compris.
02:49Elle a même, paraît-il, réussi à reprendre un travail, son travail, le travail.
02:54Oui, un travail dans la restauration qui lui permet, dit-elle, de penser à autre chose.
02:58Elle a pris son temps, quatre mois, pour y retourner.
03:01C'était important. Certains autres survivants sont toujours en arrêt.
03:04Ils ne m'ont jamais forcé à revenir.
03:07Ils ont dit, on est là pour toi si tu as besoin.
03:10Et c'était la meilleure chose pour moi parce que quand j'ai senti que j'étais prête, j'y suis retournée.
03:14C'est important de le faire au bon moment et pas avant.
03:17Netta passera ce lundi la journée avec son groupe de thérapie, le groupe de survivants.
03:21Ils ne prendront part à aucune cérémonie publique qu'elle juge trop dure à affronter.
03:25Merci beaucoup, Valentin Boisset.
03:27Autre destin qui bascula aussi le 7 octobre, celui d'Iyad.
03:32Bonjour, Iyad.
03:33Bonjour, Céline.
03:34Vous êtes palestinien, vous avez pu quitter Gaza pour vous réfugier en France avec votre femme et vos trois filles.
03:40Eric le disait, votre vie, à vous aussi, a changé le système.
03:44Eric le disait, votre vie, à vous aussi, a changé le 7 octobre.
03:47Car la riposte israélienne fut immédiate avec des bombardements qui se poursuivent d'ailleurs aujourd'hui encore sur la bande de Gaza où vous viviez.
03:54Le 27 octobre dernier, vous étiez déjà sur l'antenne d'RTL.
03:58Je vous propose de réécouter un extrait de notre entretien.
04:01Il faut vraiment incesser le feu le plus vite possible pour que la population respire au moins quelques heures de sécurité.
04:09Moi, par exemple, je travaille pour quelques médias français.
04:14Pardon, pardon.
04:15Oh, un autre missile.
04:17Juste derrière chez nous.
04:19Je n'arrive pas à me rassurer.
04:21Je n'arrive pas à assurer mes enfants.
04:23Quand vous entendez ça aujourd'hui, Iyad, comment vous réagissez ?
04:27Il n'y a pas franchement de mots pour décrire cette souffrance.
04:30Ce n'était pas un choix pour moi de sortir de la bande de Gaza.
04:34C'était mon pays, c'était le droit où je suis né.
04:38J'ai fait ma vie.
04:39Quand il y a eu cette guerre, on voyait devant moi les gens qui se sont trouvés chez eux en pleine nuit, en bombardant les maisons sur leurs têtes.
04:50On a présenté la démonte pour le Conseil général de France de Jérusalem et le Quai d'Orsay.
04:55Ma femme et mes trois filles, elles ont pu sortir de Gaza au mois de novembre.
05:00Mais moi, j'ai été refusé de côté israélien de sortir de la bande de Gaza.
05:06Je leur ai dit ne vous inquiétez pas, je vais vous rejoindre bientôt.
05:11Mais bientôt, ça a duré encore quatre mois.
05:15Mais voilà, pendant ces quatre mois et demi que j'ai vécu, entre le 7 octobre 2023 et le 13 février 2024,
05:24j'ai vécu l'horreur, la mort permanente chaque jour qu'on vivait à cause des déplacements,
05:30à cause des conditions de nourriture très très dégradées, à cause d'un manque de soins.
05:34Comment pour vos enfants aujourd'hui, Yad ?
05:37C'est vrai qu'on est en sécurité ici, qu'on est protégé, que mes enfants, ils ont la chance,
05:43ils sont scolarisés, mais c'est très difficile pour nous d'avoir tous ces bénéfices,
05:49alors que ma mère, mes frères, mes cousins, ils sont là-bas.
05:54C'est l'hiver, ils vivent sur des tentes, ils n'ont pas de vêtements pour se protéger du froid,
06:01ils n'ont pas de médicaments, et du coup voilà, on vit le déchirement.
06:05Physiquement on est là, mais toujours la tête elle est là-bas.
06:08La bande de Gaza, c'est pas le Hamas, il y a des civils là-bas, la majorité ce sont des civils.
06:14Vous parliez du Hamas, est-ce qu'un an après, le 7 octobre,
06:17vous en voulez au Hamas d'avoir précipité la bande de Gaza dans une telle guerre ?
06:22Je reproche franchement tout le monde qui parle aujourd'hui de ce qui s'est passé le 7 octobre,
06:27mais on ne parle pas de ce qui s'est passé après ça, le 8, le 9, le 10, jusqu'à 7 heures.
06:33La majorité des Palestiniens ils sont pour la paix,
06:36il y a aussi une partie de l'autre côté qui est aussi pour la paix,
06:40mais face franchement aux intérêts politiques, géopolitiques, financiers,
06:47donc il y a aussi une autre volonté derrière, plus forte que la volonté de la paix.
06:53Mais voilà, j'aimerais bien qu'un jour il y aura une paix durable et juste,
06:59pour que je puisse retourner, pour que mes filles retournent là-bas, pour retrouver les miens.
07:05Merci beaucoup, il y a hâte d'être venu témoigner aujourd'hui dans RTL midi, merci.
07:10Je vous en prie.
07:12La guerre à Gaza, toujours au Liban aussi désormais, on y reviendra évidemment dans le journal de 12h30.
07:21On marque une pause dans un instant, RTL midi, votre vie, on va revenir sur le...
07:26Diagnostic de performance énergétique dans le jargon de l'immobilier, on dit le DPE.
07:32Et c'est l'être crucial pour les propriétaires et locataires,
07:35et un gouvernement qui pourrait bien assouplir les règles, à tout de suite.
07:38RTL, pour tout comprendre de l'actualité.
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