00:00A chaque fois que j'avais rien caché, j'ai acheté un scooter.
00:01Et j'en ai eu 11, mais parce qu'on me le volait tout le temps dans Paris.
00:04Vous savez ce que c'est le vrai problème de cette famille ?
00:06Tout le monde ment.
00:07Majette, si on leur disait la vérité.
00:09Ça complique tout la vérité.
00:11Tic-tac, y a zéro conclu, ça va être exceptionnel.
00:14Et donc, c'est quoi ton plan maintenant ?
00:15Vendre pour 104 000 euros de sandwich sur un emplacement illégal ?
00:18Bonjour messieurs.
00:19Bonjour.
00:19Je te dis de te garder pas là.
00:22C'est un truc de l'ordre, de la revanche un peu sociale.
00:25Moi, je l'avais vécu doublement parce que j'ai d'abord eu mon frère
00:28qui nous a sortis d'un truc où on était dans un pur HLM
00:31qui était la cité du lutte à Gennevilliers.
00:33On n'avait pas du tout prévu d'être connu, comédien, humoriste et que ça cartonne.
00:37Il nous a sortis de là, on a habité à l'Anière juste en face
00:39parce que ma grand-mère et ma mère voulaient pas quitter les copines et le marché le dimanche.
00:42Donc, j'ai vécu une première ascension un peu sociale grâce et à cause de mon frère.
00:47Et après, moi, quand j'ai commencé à un petit peu marcher
00:50et avoir même des sous, payer beaucoup d'impôts et tout,
00:52ça y est, je suis dedans là.
00:53Ça y est, je suis dans la tranche où, je sais pas,
00:55je crois que je construis des hôpitaux ou des squares, il faudra me dire,
00:57mais j'ai envie de savoir.
00:58En tout cas, donner un nom, un petit square, une gare, quelque chose,
01:01je crois que je mérite, un dodane même.
01:03Mais ouais, il y a un truc de revanche, qu'on est un peu fier,
01:05car on peut acheter le coca en bouteille en verre.
01:07Ça, je suis contente.
01:08Sans faire du misérabilisme où, genre, on ne buvait pas de coca à Gennevilliers,
01:12mais on était une famille modeste, mais on ne manquait de rien, quoi.
01:14Donc, c'était cool, mais là, de gagner ses propres sous
01:16parce que juste à une idée et ça a touché des gens, c'est un petit kiff.
01:19Je ne vais pas mentir, ça me fait du bien quand je vais chez le psy.
01:22Tu peux me donner 1000 euros ou un million d'euros.
01:24J'ai l'impression que l'argent, il ne faut pas qu'il reste sur le compte.
01:26J'ai un problème, je suis extrêmement dépensière.
01:29Je crois que je suis un peu généreuse aussi,
01:30donc l'un dans l'autre, il ne me reste jamais.
01:31Ouais, le premier cachet, tu te fais des kiffs.
01:33À chaque fois que j'ai eu un cachet, j'ai acheté un scooter.
01:35Je n'ai acheté que des Vespa et j'en ai eu 11,
01:37mais parce qu'on me le volait tout le temps dans Paris
01:39et je ne l'attachais pas tout le temps.
01:41Mais j'en suis à mon onzième Vespa dans Paris qu'on me vole.
01:44Quelles couleurs ? Je les ai toutes vues, les couleurs.
01:45J'ai commencé avec un marron qui était trop beau, avec la selle un peu en cuir.
01:49Je dois avoir une ancienne vie où j'étais italienne en mode Dalcevita.
01:52Après, deuxième, j'ai pris un jaune, je me suis dit, personne ne va me le voler.
01:54Celui-là, on dirait que je bosse pour La Poste.
01:56On me l'a volé.
01:56J'ai eu un bleu, on me l'a volé.
01:57J'ai eu un blanc, on me l'a volé.
01:59J'ai eu un bronze, couleur rare.
02:01Bon, celui-là, je peux te dire...
02:02Bon, j'ai laissé les clés dessus, celui-là, on me l'a volé.
02:03Non, je les ai tous vus.
02:04Genre, vraiment, vous allez voir la clinique du scooter dans le sixième arrondissement,
02:08il vous sort les onze factures.
02:09En fait, là, en grandissant, je me suis rendu compte que quand on est jeune, on est un peu bête.
02:13Par exemple, moi, j'ai eu la chance de grandir avec mes grands-parents et ma maman.
02:15Et quand on est jeune, on se dit, c'est chiant, on ne voit que le côté un peu relou.
02:18Maintenant qu'ils sont partis et maintenant que je grandis,
02:20je me dis, je n'ai pas assez parlé avec eux.
02:22J'ai hérité de beaucoup de recettes de cuisine.
02:23Je pense que le plus gros héritage pour les familles méditerranéennes,
02:26c'est beaucoup les recettes.
02:26On se dit rarement, je t'aime à table.
02:28Mais quand on te donne une recette ou qu'on te fait à manger,
02:30ça veut dire, je t'aime de ouf.
02:32Et ça, je ne m'en rendais pas trop compte quand j'étais jeune ou ado.
02:34Et là, en grandissant, je me dis, waouh, c'est dommage,
02:36j'aurais dû poser plus de questions sur, je ne sais pas, la guerre d'Algérie.
02:39Tu sais, maintenant qu'on grandit, tu as envie de t'intéresser à d'où tu viens.
02:41Je ne voyais pas ça comme une richesse quand j'étais jeune.
02:43Je voyais ça comme un peu une tare d'ailleurs, d'être issu de l'immigration.
02:45On ne pourra pas se mentir, c'est quand même très compliqué d'être issu de l'immigration,
02:48encore aujourd'hui.
02:48Mais à mon époque, j'avais honte quand mes grands-parents venaient me chercher devant l'école.
02:51Genre, parce que ma grand-mère, elle avait le voile.
02:52Mon grand-père, c'était un chauffeur de taxi.
02:54Et maintenant, en en reparlant, en remémorant tous ces souvenirs,
02:58j'ai un peu honte d'avoir eu honte.
02:59C'est fou, aujourd'hui, c'est trop stylé.
03:01Il y a plein de trucs que j'ai envie de savoir.
03:03Pourquoi ? Pourquoi il y a eu des traumas ?
03:04Pourquoi ils sont comme ça ?
03:06Et ouais, en grandissant, tu te dis, putain, j'ai été con.
03:08C'est une richesse de ouf, en fait, l'héritage, je trouve.
03:11Donc là, dans la saison 2, il y a des dettes, mais il n'y a pas que des dettes, en fait.
03:14Bah ouais, de toute façon, je ne me suis jamais caché
03:16d'avoir mis beaucoup de moi, de ma famille, de mes traumas dans cette série.
03:20Ce qui est cool, c'est que je n'ai pas mis que mes traumas,
03:22j'ai aussi les traumas des autres mecs qui ont écrit avec moi.
03:25Donc ça, ce n'est pas plus mal.
03:26Xavier Lacaille, on s'est rendu compte qu'on avait eu la même enfance,
03:28alors que sur le papier, on ne pensait pas.
03:30Que ce soit sur le deuil, la perte de la grand-mère,
03:32c'est un truc qui nous a tous marqué.
03:34On était six à écrire et on avait une manière différente d'avoir vécu le deuil.
03:37Moi, par exemple, quand j'ai perdu ma grand-mère,
03:38je suis allé au karaoké le soir à Châtelet, tellement j'étais dans un déni.
03:41Ma sœur était en larmes.
03:42Mon frère était en mode chef de famille.
03:44Ma mère, elle ne voulait pas y croire non plus.
03:46Là, on parle de thématiques qui sont propres à la saison 2.
03:48Donc, par exemple, le deuil, c'est vrai que c'est des thématiques
03:49qu'on a envie d'aborder et je pense que c'est des thématiques
03:51qui sont rarement abordées dans les séries humoristiques françaises.
03:55J'ai grandi dans un collège privé catholique.
03:58On ne faisait pas trop de vagues.
04:00C'était trop bien.
04:00On allait au catéchisme le matin.
04:01On mangeait pain au chocolat de Frère Emile et Frère Khan.
04:03Et ensuite, j'ai été au lycée qui était public.
04:05Et là, j'ai découvert ce qu'était de s'engager un petit peu.
04:07Et surtout, j'étais en littéraire.
04:09Donc, forcément, les littéraires, c'était les joueurs de bolasses et les gens engagés.
04:11Donc, mon premier engagement politique, je pense, ça a été de bloquer.
04:15C'est la réforme Fillon.
04:16On avait fait le blocus et on chantait Fillon, si tu savais ta réforme,
04:20Et je me rends compte que là, 15 ans plus tard,
04:22ça y est, j'ai 33 ans, je paye des impôts, je deviens adulte.
04:25C'est la même chanson.
04:26On change juste le nom du ministre qui nous fait chier.
04:28Et je me dis, waouh, on n'est pas du tout en train d'avancer.
04:30Et là, récemment, oui, on a tous été votés.
04:33On a eu un espèce d'éveil collectif national.
04:36Et tu te rends compte que je crois qu'on n'est pas écouté.
04:37Donc, je crois que c'est le sentiment de beaucoup de Français.
04:40C'est d'avoir été voté, d'avoir eu peur, d'avoir été rassuré
04:42pour ensuite avoir été trahi.
04:44Et je me dis, c'est dommage.
04:46J'aimerais bien un jour m'intéresser et peut-être écrire quelque chose.
04:48Je sais que je suis très fan de Rachida Dati pour le parcours
04:51et que je m'identifie à ses brushings, donc forcément.
04:53Mais il y a un truc, j'aimerais bien parler d'une femme en politique, moi, un jour.
04:56Ça m'intéresserait, parce que je crois qu'il y a plein de trucs qu'on sait pas.
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