00:00Martial You en direct de Rouen ce matin, Martial, vous nous lâchez depuis plusieurs jours,
00:04vous tournez une émission pour M6, je le rappelle, c'est pour ça que vous n'êtes
00:07pas physiquement avec nous ce matin, on parle du gouvernement barnier depuis le début de
00:11l'émission avec les auditeurs, les macronistes laissent un bilan financier assez désastreux
00:15et pourtant, ça vous étonne, ils conservent Bercy.
00:18Ben oui, la citadelle Bercy, elle est plus que jamais macroniste, alors qu'on a rarement
00:22vu un tel bilan, un tel dépôt de bilan même, et on retrouve des moines soldats macronistes
00:27qui ont validé toutes les décisions de ces dernières années.
00:30Antoine Armand à l'économie et Laurent Saint-Martin au budget.
00:33Deux trentenaires qui sont derrière Emmanuel Macron depuis le début, Antoine Armand a
00:37été président de la commission des finances de l'Assemblée Nationale, Laurent Saint-Martin
00:40est l'ancien rapporteur général du budget, autrement dit, ceux qui ont validé le quoi
00:44qu'il en coûte et soutenu les budgets qui passaient au 49-3, on est donc assez loin
00:48du contre-pouvoir.
00:49Ils iraient d'une situation économique complexe quand même.
00:51Oui, c'est pour ça qu'il aurait peut-être fallu changer de disque, les Mozart de la
00:55France nous ont joué une marche funèbre, il faut peut-être changer de musique, vous
00:59voyez.
01:00La France est en procédure de déficit excessif auprès de Bruxelles et aucune trajectoire
01:04ne tient la route à ce jour.
01:05L'équipe sortante prévoyait un déficit de 4,9% du PIB fin 2023, on dérive gentiment
01:12vers les 6%.
01:13Pour vous faire une idée, c'est plus de 25 milliards d'erreurs de calcul et nos
01:16deux ministres ont toujours soutenu la stratégie des derniers gouvernements.
01:20Comment on a pu se tromper autant, Martial ?
01:21On a arrêté de freiner au moment des Gilets jaunes, puis il y a eu le Covid, la guerre
01:26en Ukraine.
01:27Pendant des mois, tous les observateurs ont dit qu'il faudrait payer un jour le quoi
01:30qu'il en coûte quand même et on nous a répondu non, au sein du camp macroniste.
01:34On y arrive et surtout, le gouvernement a somnolé pendant toute l'année 2024 parce
01:40qu'il y avait les Européennes, puis la dissolution, puis l'absence de gouvernement.
01:44On n'a pas resserré les boulons, on a fait du déni budgétaire.
01:48Le ministre de l'économie ouvre quand même la voie à des prélèvements exceptionnels
01:51pour le prochain budget, c'est une prise de conscience non ?
01:53Oui, confirmé par le Premier ministre hier soir, des hausses d'impôts pour les plus
01:57riches et pour les multinationales, mais il faut bien se rendre compte de l'ampleur de
02:01l'effort à fournir.
02:02On va devoir réaliser 20 à 30 milliards d'économies tous les ans jusqu'en 2029 si on veut revenir
02:07dans les clous.
02:08Il va falloir un peu plus que quelques impôts exceptionnels.
02:10Pour finir, Martial, est-ce que le fait qu'il y ait deux ministres séparés, économie
02:14et budget, est-ce que c'est une bonne nouvelle ?
02:16Oui, ça a deux avantages.
02:17Ce n'est pas le ministre de l'économie qui soutient les entreprises ou le pouvoir d'achat
02:20qui fait le chèque, ça permet de discuter et de réfléchir, et deux, le budget est
02:24directement rattaché à Matignon et on sait que Michel Barnier voudra rééquilibrer les
02:28comptes.
02:29Mais que vont faire, ou dire, nos deux jeunes ministres macronistes si Emmanuel Macron continue
02:32à faire des chèques de plusieurs milliards à chacune de ses sorties, ce qu'il avait
02:35quand même tendance à faire ces derniers mois ? La situation budgétaire de la France
02:39nécessite des techniciens du budget, nos deux ministres le sont, mais aussi des poids lourds
02:42politiques et là ils ne le sont pas encore.
02:44Merci beaucoup, Martial You.