00:00Parmi les co-accusés, 32 hommes comparaissent libres.
00:04Le visage souvent dissimulé derrière une capuche, un masque et des lunettes de soleil,
00:09ils empruntent les mêmes entrées et sorties que les partis civils et le public.
00:14Et à certaines suspensions de séance, ils sont hués.
00:18Côte à côte, comme pour une haie du déshonneur,
00:30des femmes téléphonent en main, filment ces co-accusés sortir de la salle d'audience.
00:35Quelle honte, quelle honte. La justice française, c'est zéro.
00:40Ce jour-là, un avocat tente d'intervenir et demande à cette femme pourquoi elle filme.
00:46Ça m'apporte que, exactement comme la radio, comme la télé, comme tout ça,
00:50ça m'apporte que j'ai des traces et que dans 20, 30, 40 ans,
00:54je pourrais montrer à mes filles, regardez, on était à ce procès,
00:57c'était incroyable, on était solidaires entre femmes.
01:00Solidarité et colère.
01:03Malou est venue de Suisse pour assister aujourd'hui au procès.
01:07Comme un leitmotiv, pour elle comme pour les autres, la honte doit changer de camp.
01:13Que ce soit bien dénoncé pendant 10, 15 ou 20 ans, qu'on s'en souvienne,
01:17que les gens qui les côtoient sachent ce qu'ils ont fait, ces gens-là, voilà.
01:21Je leur ai juste dit que c'était triste de pouvoir violer une dame dans son sommeil
01:25et de ne pas l'assumer ensuite en portant un masque dans un tribunal.
01:33Car dans une atmosphère de plus en plus crispée,
01:35certains co-accusés ne cachent plus leur énervement.
01:39La presse est notamment prise à partie, parfois très violemment.
01:45La tension monte aussi d'un cran à l'extérieur du palais de justice.
01:55Des militantes féministes se font ici invectiver par l'un des co-accusés.
02:09J'étais en train de donner une interview à Radio-Canada.
02:12Je ne m'intéressais pas du tout à ces hommes qui étaient en train de sortir.
02:16Ils ont vu les caméras et ils se sont mis à hurler qu'on mettait en danger leur famille,
02:21qu'ils avaient droit à leur vie privée, qu'à cause d'eux leur mère était en danger, etc.
02:26Et ils nous ont menacés.
02:28On est dans une inversion là quand même.
02:30C'est quand même eux les criminels, c'est eux qui sont jugés.
02:33Nous, on est là juste pour demander la justice.
02:35On veut juste que les hommes arrêtent de violer les femmes.
02:37C'est vraiment basique.
02:40Blandine est membre d'un collectif féministe d'Avignon.
02:44Elle assiste chaque jour au procès et dénonce ce qu'elle appelle la fraternité masculine des co-accusés,
02:50qui affiche selon elle une attitude non-chalante malgré les accusations qui pèsent contre eux.
02:57On les voit arriver assez contents.
02:59On dirait qu'ils viennent au travail, ils viennent passer leur journée.
03:02Ils arrivent le matin et checkent mon frère.
03:04Bonne journée, voilà.
03:06Et à midi, ils vont boire leur petit café tous ensemble, dans la rue, comme ça.
03:10Pas un n'a écrit à la police, même anonymement.
03:14Aucun n'a dit c'est illégal ce qu'on fait, c'est dangereux, c'est un crime, ou c'est inhumain.
03:22Aucun n'a même fait demi-tour.
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