00:00Une situation budgétaire très grave. Ce sont les mots du nouveau Premier ministre, Michel Barnier, ce matin à nos collègues de l'AFP.
00:06Est-ce que c'est une façon de préparer les Français, en tout cas les Français les plus aisés à des hausses d'impôts ?
00:11Il semblerait. En tout cas, les indiscrétions qu'on a pu avoir du côté de Matignon, qui ne sont pas confirmées évidemment,
00:17ce serait qu'on va cibler les plus aisés pour augmenter les recettes. Alors, les plus aisés, c'est quoi ?
00:25Si on parle d'une poignée de milliardaires en France, on rappelle qu'il y a une quarantaine de milliardaires en France,
00:29bon, ça ne rapporte pas grand-chose, il ne faut pas se leurrer, quelques centaines de millions d'euros au maximum.
00:35Alors, on peut dire rétablissement de l'ISF, là aussi, c'est un son de cloche qu'on entend du côté de LR, paradoxalement.
00:39C'est plutôt à droite qu'on parle d'ISF. L'ISF, c'est une poignée de milliards d'euros. Ce n'est pas grand-chose,
00:45regarde, des 100 milliards qu'il faut trouver d'ici 2028. Malheureusement, si on veut vraiment augmenter les recettes fiscales,
00:52il faut taper dans les classes moyennes, classes moyennes supérieures. Alors, on pense que classes moyennes supérieures,
00:58c'est à partir de 4 000 euros par mois. Si vous gagnez davantage, c'est peut-être vous qui allez être ciblé par les éventuelles
01:03futures augmentations. Là, l'instrument, c'est quoi ? C'est CSG et surtout impôts sur le revenu. On parle de justice fiscale.
01:11Il faut que tout le monde paie son dû à d'impôts sur le revenu. Or, on s'aperçoit que l'impôt sur le revenu, c'est déjà
01:16les classes moyennes supérieures qui le paient en majorité. On n'est que moins de 45 % des foyers imposables en France.
01:23Dans les années 80, il y avait 65 % des Français qui le payaient, donc beaucoup plus. Et puis surtout, 10 % des Français,
01:28donc les 10 % les plus aisés, paient 76 % déjà de cet impôt.
01:32Gérald Darmanin disait ce matin qu'augmenter les impôts, c'était la solution de faciliter. Il a raison ?
01:36C'est la solution en tout cas qu'on adopte depuis la nuit des temps dans le pays. Dès qu'il y a une cagnotte, comme en 2022,
01:42on la dépense. Et dès qu'il y a un trou, on augmente les impôts. On ne s'attaque jamais à la dépense publique. Le résultat,
01:49c'est qu'on se retrouve, vous le voyez à l'écran, avec le taux de prélèvement obligatoire, c'est-à-dire tous les impôts et les cotisations
01:55les plus élevés d'Europe. On est à 48 % du PIB. On le dit, on le répète, mais bon, ça finira peut-être par entrer. 48 %, c'est plus que,
02:03par exemple, dans les années 80, quand Mitterrand était au pouvoir, il avait beaucoup augmenté les impôts. On était à 42 % seulement
02:08de prélèvement obligatoire contre 48 % aujourd'hui.
02:10Comment a-t-on fait lors des derniers dérapages ?
02:13Devinez, Ashley, qu'est-ce qu'on a pu bien faire quand on a eu des dérapages ? Eh bien, on avait augmenté les impôts.
02:18Eh bien, oui, croyez-le ou non, et pas qu'un peu, d'ailleurs. 65 milliards d'euros de hausse d'impôts en deux ans.
02:26Alors, on se souvient des augmentations d'impôt sur le revenu. Ça, c'était début du quinquennat de François Hollande
02:32avec Jean-Marc Ayrault, 34 milliards de hausse d'impôts. Mais aussi, sous François Fillon, on l'a un peu oublié, François Fillon,
02:38l'ultralibéral, il avait augmenté aussi fortement les prélèvements obligatoires, 31 milliards d'euros de plus.
02:44Alors, on peut se dire, augmenter les impôts, oui, ça a permis de réduire tout doucement les déficits. Mais à quel prix ?
02:50À quel prix sur la croissance ? À quel prix sur la compétitivité ? À quel prix sur le pouvoir d'achat ? Il avait reculé dans ces années-là,
02:57entre 2011 et 2015. Et à quel prix aussi sur le chômage ? On se souvient, François Hollande disait « j'attends le retournement des courbes,
03:03le retournement des courbes », alors que les impôts continuaient à augmenter. Ça lui a coûté sa réélection.
03:07On est passé sur la période, vous le voyez, de 9 à plus de 10,5 du taux de chômage. Alors, est-ce que c'est le scénario
03:14qui nous attend ces prochaines années ? On va faire preuve d'optimisme et on va dire que non.
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