00:00Il est 18h19, bonsoir Nathalie Loiseau, bonsoir Yves Calvi, vous êtes députée européenne
00:08du groupe macroniste Renew, merci beaucoup de nous rejoindre dans RTL Soir, Thierry Breton
00:12démissionne donc de son poste de commissaire européen au marché intérieur, la responsable
00:16de ce départ a un nom, elle s'appelle Ursula von der Leyen, en l'occurrence la présidente
00:20de la commission.
00:21Est-ce que vous comprenez cette décision de cet ancien confrère ?
00:25Alors d'abord je voudrais commencer en rappelant le bilan de Thierry Breton comme commissaire
00:30européen et c'est un très bon bilan, c'était un commissaire très dynamique qui s'est battu
00:36pour qu'on puisse produire des vaccins contre le Covid en Europe, qui s'est battu pour qu'on
00:41puisse produire des munitions à destination de l'Ukraine, qui s'est battu pour qu'on
00:46régule les plateformes numériques et tout ça fait vraiment un très bon bilan.
00:51Pour autant, ses relations avec Ursula von der Leyen étaient connues pour être exécrables,
00:59elles étaient connues sur la place publique pour être exécrables.
01:02C'est difficile de candidater à nouveau pour travailler avec quelqu'un avec qui on a de
01:07très mauvaises relations, donc c'est à la fois un coup de tonnerre et pas tout à fait
01:12une surprise ce départ.
01:13Pour vous, et puis bien entendu pour les spécialistes ou les journalistes qui suivent ces questions,
01:18est-ce que vous comprenez que c'est très difficilement admissible et voire compréhensible
01:21pour ceux qui nous écoutent ce soir ? On attend autre chose de la part de ceux qui
01:25gouvernent notre Europe.
01:26Je crois que c'est le Président de la République qui a tiré les conséquences de cette mésentente.
01:32Qu'est-ce qui compte le plus pour la France ? C'est de voir les idées que nous portons,
01:38les priorités qui sont les nôtres, pleinement mises en œuvre, pleinement entendues à Bruxelles.
01:45À partir de là, si quelqu'un est en difficulté parce que ses relations ne sont pas bonnes,
01:51s'il risquait de voir son portefeuille de nouveau commissaire renié par les uns et
01:58par les autres, le Président de la République en a tiré les conséquences et a proposé
02:03un autre candidat, parce que ce qui compte le plus, c'est faire passer les idées françaises.
02:08Vous venez de nous dire que le Président de la République a conseillé à Thierry
02:10Breton de quitter ses fonctions.
02:13Écoutez, la chronologie exacte, ce ne sont que les acteurs qui peuvent la dérouler,
02:20mais ce qui est clair, c'est que le Président de la République a choisi de présenter Stéphane
02:24Séjourné et demandeur d'un portefeuille cohérent qui permette que nos idées sur
02:31la prospérité, sur l'autonomie stratégique de l'Europe puissent aller de l'avant
02:36à un moment où il n'y a pas de temps à perdre, où il n'y a pas de chikaya à avoir.
02:40Vous avez peut-être entendu parler du rapport que Mario Draghi a publié la semaine dernière,
02:46qui nous dit que l'Europe est en décrochage, que l'Europe doit se dépêcher pour rattraper
02:52les États-Unis, la Chine.
02:53À partir de là, ce qu'il faut, c'est que nos idées avancent, pas qu'on s'accroche
02:57à des personnalités, pas des querelles.
02:59Tout ce que vous venez de nous dire est parfaitement compréhensible, je dirais, pour des raisons
03:02tout simplement de gouvernance, mais est-ce que vous comprenez la décision de votre ancien
03:06confrère ?
03:07Il y a dans sa lettre quand même une gouvernance douteuse de la part de son ex-présidente.
03:12Ça veut dire quoi ? Quel était le problème avec Ursula von der Leyen ?
03:15Il a beaucoup critiqué Ursula von der Leyen pendant qu'il était commissaire, pendant
03:20la campagne, quand elle a été choisie par son groupe politique, le PPE, pour être à
03:27la tête.
03:28Il l'a beaucoup critiqué, y compris publiquement, y compris sur les réseaux sociaux.
03:32C'est un peu maladroit, il faut quand même l'admettre, quand on a l'intention de retravailler
03:37avec quelqu'un, on ne lui casse pas du sucre sur le dos, c'est un petit peu ça qui s'est
03:41passé.
03:42Donc, vous nous dites qu'il y avait un problème de loyauté d'une certaine façon, même
03:45si on peut critiquer madame von der Leyen, mais pas au sein de cette équipe et pas au
03:49moment où on a des difficultés à construire une Europe plus puissante et plus forte, c'est
03:53ça ?
03:54Ce n'est pas le meilleur moyen pour être influent que de casser du sucre sur le dos
03:57de la présidente de la commission, ou un jour.
03:59Mais vous pensez que c'est une question d'égo et de personnalité ou une question de fond
04:02à caractère politique, quel que soit le point de vue de l'un et de l'autre, ou de l'une
04:06et de l'autre ?
04:07Écoutez, le candidat qu'a choisi le président de la République, Stéphane Séjourné, qui
04:11a été président du groupe Renew Europe au Parlement européen, qui connaît parfaitement
04:15le Parlement européen, c'est quelqu'un qui porte les idées d'autonomie stratégique,
04:20de réindustrialisation de l'Europe, de régulation des plateformes, c'est quelqu'un qui a un
04:25engagement européen, donc il n'y a pas de changement de ligne, il y a simplement un
04:29changement de personne.
04:30Sauf qu'on n'avait jamais vu ça madame Oiseau, un clash de ce type à la tête de l'Europe
04:34et particulièrement entre Français et Allemands, je dis bien, en tout cas publiés, publics.
04:38La mésentente a été publique, elle a été assez tôt dans le mandat et c'est effectivement
04:46regrettable.
04:47Vous parlez à quelqu'un qui considère qu'on a besoin d'une Europe plus efficace, plus
04:53puissante.
04:54C'est tout votre engagement politique.
04:55C'est tout mon engagement politique, c'est pour ça que je suis au Parlement européen.
05:00Je n'ai pas besoin de chikaya et de discute entre personnes qui sont censées tirer dans
05:05la même direction et surtout travailler au service de l'intérêt général.
05:09Le leader du Parti communiste, Fabien Roussel, a eu des mots extrêmement durs.
05:12Il affirme que le Président de la République se comporte comme une serpillère en exécutant
05:15les ordres de madame von der Leyen.
05:17Que lui répondez-vous ?
05:18Le Parti communiste français n'est pas connu pour avoir une passion pour l'Europe.
05:23Ça ne s'est jamais beaucoup vu ni beaucoup entendu.
05:28J'ai le souvenir de la tête de liste du Parti communiste aux élections européennes.
05:34Le moins qu'on puisse dire, c'est que le Parti communiste n'aime ni l'Union européenne,
05:39ni l'OTAN, ni nos alliances.
05:40Il y a ce petit fond un peu germanophobe qui consiste à dire que Ursula von der Leyen
05:48est d'abord allemande.
05:49J'ai entendu le discours d'Ursula von der Leyen quand elle s'est présentée pour
05:55que le Parlement européen la confirme dans son poste de Présidente de la Commission.
06:00Nous nous sommes dit qu'il y avait dedans beaucoup d'idées françaises.
06:06Alors ça n'est qu'un discours.
06:07Maintenant, on la jugera sur les actes.
06:10On est limité ou réduire Ursula von der Leyen, ou d'ailleurs n'importe quel commissaire
06:17à son pays d'origine.
06:19C'est une erreur de jugement.
06:21Nous travaillons au service de tous les Européens.
06:24Une toute dernière question.
06:25En échange de la tête de Thierry Breton, est-ce que la France va avoir plus de pouvoir
06:29ou d'influence au sein de l'Europe ?
06:32J'espère que les discussions qui sont en cours depuis un moment sur un portefeuille
06:38substantiel cohérent pour le commissaire français vont aboutir, notamment à un poste
06:44de Vice-président de la Commission, mais avec du contenu.
06:49Parce que c'est important que ce sur quoi nous avons plaidé depuis des années quand
06:56je vous parle d'autonomie stratégique, c'est la nécessité d'être capable de nous défendre
07:00dans un monde de plus en plus dangereux, d'être moins dépendant des uns ou des autres.
07:05Finalement, ça a été validé par les faits, que ce soit le Covid, que ce soit la guerre
07:09d'Ukraine.
07:10J'espère que nous allons pouvoir continuer à pousser ces idées, pas par idéologie,
07:16pas par sectarisme politique, mais tout simplement parce qu'aujourd'hui l'Europe a besoin
07:21d'être plus puissante.
07:22Merci beaucoup Nathalie Loiseau, ancienne ministre chargée des Affaires européennes,
07:25désormais députée européenne Renew, le parti macroniste, dans un instant, l'essentiel
07:30de l'actualité avec une immersion dans le refuge lyonnais de la SPA et le cri d'alarme
07:34de son directeur qui est submergé par les animaux, abandonné cet été.
07:37A tout de suite.
07:38Yves Calvi et Agnès Bonfillon, RTL Soir.
Commentaires