00:00je suis, comment dirais-je, fatiguée en fait, d'entendre ce discours.
00:05De dire qu'il n'y a plus rien sur les quartiers, c'est extrêmement faux.
00:08Qu'il n'y a plus d'humains, c'est extrêmement faux.
00:10Il y a toujours les centres sociaux, les centres de loisirs.
00:13Moi, j'ai été déléguée du préfet à Mante-la-Jolie.
00:17Vous pouvez aller regarder à Mante-la-Jolie tout ce qu'il y a.
00:19Il y a des services sociaux, il y a la mairie de quartier,
00:21d'ailleurs qui a été brûlée l'année dernière.
00:26Il y a le centre d'action culturelle.
00:28Moi, j'ai été directrice des centres sociaux de la ville de Trappes.
00:32Trappes, c'est six centres sociaux.
00:35C'est un budget considérable avec une vraie volonté.
00:39Je parle de l'ancien maire, Monsieur Malandin,
00:42qui avait une volonté de nous donner les moyens, etc.
00:45Mais je pense que ce monsieur est complètement déconnecté.
00:48Par exemple, il parle des éducateurs de rue.
00:50Il n'y en a pratiquement plus. Vous savez pourquoi ?
00:52Parce que les éducateurs de rue ne sont plus en capacité aujourd'hui
00:55de faire face à cette nouvelle jeunesse qui est extrêmement violente.
01:01C'est-à-dire que les éducateurs de rue qu'on a connus il y a 30-40 ans,
01:05moi-même j'en ai connu un dans mon quartier,
01:08effectivement, ça n'avait rien à voir.
01:10Ils nous faisaient faire des actions de loisirs,
01:13ils nous emmenaient en séjour, des choses comme ça.
01:15Mais aujourd'hui, vous avez face à une violence
01:17où les éducateurs de rue ne peuvent plus aller dans les quartiers
01:19parce que tout simplement, ils ont peur.
01:22Et je voudrais dire à ce monsieur, puisqu'il dit que c'est la responsabilité collective,
01:27non, je regrette, la responsabilité, elle est surtout de l'idéologie de gauche.
01:31Dans les années 80, quand les émeutes ont commencé,
01:33quand il y a eu commencé tout ce qui était délinquance des mineurs,
01:36quand on a commencé notamment la politique de la vie,
01:38et vous pouvez lire tous les écrits autour de ça, fin des années 70,
01:43eh bien, par quoi on a répondu ?
01:44Il fallait répondre aux désœuvrements, donc aux actions gratuites, etc.
01:48Et quand il dit qu'on ne donne plus rien aux associations,
01:51le pire aujourd'hui, c'est qu'on donne trop aux associations de quartiers.
01:55C'est-à-dire qu'on demande aux habitants de se créer en association,
01:57en leur donnant les moyens, c'est-à-dire qu'on les a coupés de l'ensemble de la ville.
02:01Quand les gamins, quand la population allait dans tout ce qui était commun,
02:05aujourd'hui, on les a confortés et renforcés dans notre soi.
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