00:00Ce qui m'a marqué au cours de ce procès,
00:02c'est la force, le courage de Gisèle Pellicot.
00:06Et parfois, le juge était davantage gêné
00:10de poser des questions que n'était gênée Gisèle Pellicot
00:14que d'y répondre.
00:15Moi, c'est un immense respect que j'ai pour cette femme.
00:18Ce qui m'a marqué aussi, c'est la déresponsabilisation
00:21notamment des accusés,
00:23qui nous racontent quand même qu'on a gâché leur vie,
00:26qui nous racontent quand même que leur épouse est partie,
00:29sans avoir un mot, finalement, pour Gisèle Pellicot,
00:32qui est quand même la véritable victime dans cette affaire.
00:35Ils nous racontent qu'ils pensaient participer
00:38à un jeu érotique,
00:40qu'ils pensaient qu'ils étaient sous l'influence de M. Pellicot.
00:44Evidemment, ça ne tient pas la route.
00:46Et de manière plus générale,
00:48moi, en tant que prof d'histoire, je me suis beaucoup intéressé,
00:51notamment à la période nazie.
00:54La comparaison n'est pas raison,
00:55mais vous allez voir sur quoi je vais rebondir.
00:57Sur comment des gens ordinaires sont capables de faire le mal,
01:01de ne plus avoir aucune morale.
01:04Parce que, dans l'histoire, ceux qui ont fait le nazi,
01:07c'est aussi des gens qui n'avaient plus aucune morale
01:09et qui se sont mis à faire le mal, qui se sont mis à torturer,
01:11qui se sont mis à dénoncer.
01:13Là, évidemment, la comparaison à faire...
01:15Il n'y a pas de comparaison, oui.
01:17Comment des gens ordinaires, non plus de cadre moral,
01:21se mettent à violer sans impunité,
01:24et c'est ça qui m'interroge.
01:25Comment on passe de quelqu'un d'un journaliste, d'un professeur,
01:28à quelqu'un qui commet l'irréparable ?
01:31Et moi, ça m'interroge sur l'espèce humaine,
01:33et je me dis que sans cadre social, sans cadre sociétal,
01:36l'homme peut quand même faire beaucoup, beaucoup de dégâts.
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