00:00Il dit « Je suis un violeur, comme tous les hommes dans cette salle. »
00:03Ils ne pouvaient pas ne pas savoir ce qu'ils allaient faire.
00:12Après les questions adressées à Dominique Pellicot,
00:15on est passé au cadre d'autres co-accusés,
00:17dont un notamment qui niait l'effet de viol qui lui était reproché.
00:20Et donc, l'avocat général a demandé à diffuser des vidéos de viol
00:26pour finalement établir la matérialité des faits.
00:28Il est assez difficile de soutenir le regard face à ces vidéos
00:31parce que clairement, on entend une femme qui ronfle,
00:34donc qui dort manifestement, qui est inconsciente,
00:37et un homme qui est en train de s'adonner à des faits sexuels
00:41sur sa personne, sous le regard de son mari.
00:43Il y avait des accusés qui soutenaient le regard face à ces vidéos,
00:46pendant que d'autres regardaient leurs pieds.
00:47Le principal concerné lui regardait d'un air ébahi, la bouche ouverte,
00:51comme s'il était un petit peu surpris de ce qu'il regardait.
00:53Gisèle Pellicot regardait quelques secondes avant de détourner le regard,
00:56mais elle est restée tout au long de cette diffusion de vidéos.
00:59La veille, des avocats de la Défense ont demandé à diffuser des photos
01:03où elle était donc dénudée,
01:04dans des positions jugées aguicheuses par la Défense,
01:09qui va l'attaquer sur ce point et qui va la questionner sur ce point.
01:11Et surtout, sur certaines, on la voit avoir les yeux ouverts,
01:15ce qui pose la question de son état de conscience au moment des faits.
01:18Elle n'explique à aucun moment, je ne me souviens,
01:20de ce moment où mon mari m'a pris en photo
01:23et elle explique que tout a été fait à son insu,
01:25ce à quoi souscrit son mari,
01:27qui le répète à chaque fois qu'on l'interroge.
01:29Ma femme n'était pas au courant.
01:30Elle finit à un moment donné par dire
01:32« Je comprends les femmes qui ne portent pas plainte,
01:35et aujourd'hui, je me sens être la coupable
01:39et j'ai 50 victimes derrière moi. »
01:41Ce qui est aussi inédit, c'est aussi ce soutien à Gisèle Pellicot.
01:44À chaque fois, tous les matins, elle est accueillie
01:46par les applaudissements du public,
01:48qui lui disent « bravo », qui lui disent « merci »,
01:50qui lui disent « on est avec vous, Gisèle ».
01:51En plus du public, on peut remarquer effectivement
01:53qu'il y a aussi beaucoup de journalistes,
01:55et notamment des journalistes internationaux.
01:57Il y a tellement d'accusés.
01:58Il y a un box qui a été construit exprès
02:01parce qu'ils sont trop nombreux,
02:03donc ça a été rajouté.
02:05Et en plus, il y a des accusés dans toute la salle,
02:07et même sur les sièges qui sont normalement réservés à la presse.
02:10Gisèle Pellicot, en refusant le biclot,
02:13elle nous force finalement à regarder dans les yeux
02:15ce qu'est réellement un viol.
02:17Dans ces procès, généralement, il n'y a pas de preuves.
02:20Il n'y a pas de preuves matérielles.
02:21On ne peut pas voir la réalité de ce que c'est un viol.
02:24Aujourd'hui, grâce à Gisèle Pellicot, on peut voir.
02:27On peut savoir et on ne peut plus détourner le regard justement face à ça.
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