00:00Ça fera 50 ans l'année prochaine que je pratique ce métier et c'est vrai que j'ai vu...
00:06Oui parce que très jeune, à l'âge de 20 ans, vous vous êtes mis à fabriquer, vous aviez eu envie de fabriquer des jouets en peluches.
00:12Oui tout à fait, à l'époque il y avait, je vous parle d'un temps, où il y avait de l'industrie en France
00:19et quand j'ai démarré, il y avait une cinquantaine d'entreprises qui fabriquaient des jouets en peluches,
00:27on n'appelait pas ça le doudou encore, mais qui fabriquaient des... il y avait une véritable industrie du jouet.
00:32Mais c'est important ce que vous nous dites Alain Joly, vous parlez d'une véritable industrie du jouet.
00:36Vous, la mascotte, vous c'est la mascotte des Jeux Olympiques, vous êtes l'emblème de cette relocalisation,
00:43réindustrialisation française, puisque tout est fabriqué en Bretagne.
00:48Alors il y a une partie des mascottes qui sont fabriquées en Bretagne, une partie des mascottes qui sont fabriquées en Asie.
00:56Un produit mascotte, un produit peluche, c'est une heure de travail pour une manufacture, c'est-à-dire qu'il y a dix opérations
01:04et évidemment beaucoup, beaucoup de valeurs ajoutées, beaucoup de main-d'oeuvre.
01:07On est moins dans la technologie, plus dans le bien manufacturé.
01:13Dans le bien, dans le savoir-faire.
01:15Dans le savoir-faire de cette peluche.
01:17Vous allez nous pitcher, vous aussi, cette mascotte, vous allez nous la décrire, pour Paris 2024, pendant une petite minute,
01:23et on se retrouve juste après. Vous êtes prêts ?
01:25Je suis prêt.
01:26C'est à vous.
01:28Alors le groupe Doudou et compagnie, c'est un peu plus d'une centaine de collaborateurs.
01:33C'est un savoir-faire unique, car on détient la recherche, le développement, la modélisation des produits,
01:40et la fabrication, avec deux usines, une usine en Asie, qui nous permet de faire des produits abordables,
01:48et une usine en France, pour faire de l'excellence, des produits de savoir-faire,
01:53et c'est pour cette raison que nous avons été choisis pour fabriquer la mascotte des Jeux Olympiques et Paralympiques.
02:01Bravo, merci Alain Joly, président de Doudou et compagnie.
02:05Comment ça s'est passé ? Je vous pose la même question que Jérôme Giacomoni, président du groupe Aérophiles,
02:10et à Jean-Luc Constanza, cofondateur de Wondercraft, ce soir sur Europe 1.
02:13Vous, vous avez répondu à un appel d'œuvre.
02:15Comment ça s'est passé ? Comment on se retrouve, du jour au lendemain, à se dire, je vais fabriquer la mascotte de Paris 2024 ?
02:22Alors, ça fait partie de beaucoup de techniques et beaucoup de rêves.
02:27C'est votre point commun à tous.
02:30J'ai toujours rêvé d'exception pour mon entreprise, pour mon groupe,
02:36et clairement, j'ai toujours rêvé de fabriquer la mascotte des Jeux, si les Jeux étaient à Paris.
02:42C'était un objectif depuis longtemps ?
02:44Depuis des années.
02:45Ah, c'est extraordinaire !
02:47La mascotte des Jeux, c'est le...
02:49Alors, il faut savoir que la mascotte est le produit dérivé le plus diffusé.
02:55Il y aura plus de 2,5 millions de mascottes de diffusées pendant les Jeux de Paris.
02:59On est dans une très bonne moyenne.
03:01On a été beaucoup aidé par l'explosion de ces Jeux et la sympathie que cette mascotte transpire.
03:12Mais c'est le produit dérivé le plus vendu, le plus distribué.
03:20Donc, pour un fabricant de jouets,
03:24clairement, fabriquer l'emblème des Jeux de son pays, c'est le Graal.
03:30Donc, on vous présente un dossier.
03:32Qui vient vous voir ? Il y a un appel d'offres ?
03:34Alors, il y a un appel d'offres.
03:35On a répondu à deux appels d'offres.
03:37Il y avait deux appels d'offres.
03:38Il y a un appel d'offres pour la création de la mascotte.
03:41Donc là, on lance nos 15 designers et on leur dit, voilà, allez-y.
03:45Donc, les designers, parmi ce qu'on vous a proposé, il y avait ça.
03:50Non, non, les designers design.
03:52Il y a un appel d'offres pour dire comment vous voyez la mascotte des Jeux de Paris.
03:57Et ça, c'était en cours de l'année 2021.
04:00Donc, ça fait plus de trois ans.
04:02On répond, on n'est pas retenu.
04:05C'est un bureau parisien qui a retenu,
04:07qui a la bonne idée et qui crée le produit.
04:12Et après, il y a un deuxième appel d'offres
04:14pour savoir qui va fabriquer cette mascotte.
04:18Et là, évidemment, on se bat, on répond.
04:20On concourt.
04:22C'est un très gros dossier.
04:24Plusieurs mois d'élaboration du dossier.
04:27Il faut...
04:29Il y avait des contraintes vraiment compliquées ?
04:31Extrêmement compliquées.
04:33Une qui vous a vraiment marqué ?
04:35Tout était compliqué.
04:36Tout était compliqué.
04:37Mais je crois qu'on l'a tous ressenti.
04:39Tout était compliqué.
04:41On est en aveugle.
04:43On ne connaît pas le produit qu'on va fabriquer.
04:45Puisque tout est secret.
04:48Tout est sous embargo.
04:50Donc, on n'a pas de...
04:52En aveugle, on crée le dossier.
04:56C'est un mémoire important.
04:58Et on coche une case pour le groupe Doudou et compagnie.
05:01C'est la volonté du comité olympique
05:03d'avoir des PME françaises comme partenaires
05:07et surtout d'avoir une PME qui est capable de fabriquer la mascotte en France.
05:12Et ça, ça tombe bien parce que deux ans auparavant,
05:15vous avez repris un petit atelier en Bretagne
05:18que vous ne vouliez pas voir mourir.
05:20Et c'est ça qui vous a porté, entre guillemets, qui vous a aussi porté chance.
05:23Alors, ça a été un levier énorme, extraordinaire.
05:27Il y avait effectivement ce petit atelier qui détenait le savoir-faire,
05:31qui était un atelier artisanal.
05:33On avait, nous, la volonté de relocaliser une partie de notre production.
05:39C'est une volonté du groupe pour détenir l'intégralité de ce savoir-faire,
05:45pour faire progresser notre modèle économique.
05:49Et bien sûr, cet atelier n'avait pas la taille, la dimension pour la mascotte,
05:55mais on avait de toute manière prévu, nous, de gros investissements
05:58pour réindustrialiser la fabrication qui serait faite en France.
06:02Et la mascotte, ça a été le levier.
06:05Et ça vous a permis, en plus, de recruter.
06:07Alors, on a recruté, on a formé.
06:09Vous êtes extraordinaire, rendez compte.
06:10Mais on est toujours en recrutement,
06:12parce qu'il n'y aura pas, pour nous, Gio Blues, ni de Trou d'Air.
06:18On a en interne une école de formation,
06:22on est en train d'ouvrir une nouvelle option formation
06:26pour la modélisation des produits.
06:28Enfin, le projet mascotte est un projet à tiroir.
06:33Elle raconte quoi, cette mascotte, pour terminer avec vous, Alain Joly ?
06:37Elle raconte quoi ? Pourquoi cette forme ?
06:39Que dit-elle ?
06:41Alors, elle a un peu surpris au départ.
06:43Oui, c'est vrai, on s'en souvient.
06:44On se souvient des politiques...
06:45Qu'est-ce que ça a critiqué, on peut l'affirmer ?
06:47Bon, nous, ça ne nous a pas plus bousculé que cela,
06:54puisque c'est un mal un peu français,
06:57et je dois dire qu'on a continué notre route.
07:02Comme chacun d'entre vous, jusqu'au comité olympique.
07:05C'est pour ça qu'on a eu aussi une si belle surprise.
07:08Tout à fait, tout était cadré,
07:11et il y avait une volonté de Tony Estanguet, de ses équipes.
07:18On avait avec nous toute l'équipe artistique du comité olympique.
07:23Il a fallu modéliser cette mascotte.
07:25Qu'est-ce qu'elle raconte ?
07:27L'histoire, elle s'est bâtie dans les trois dimensions
07:30qu'on a données à cette mascotte,
07:32puisque la mascotte, c'était un dessin au départ.
07:34Donc, il n'y avait pas de volume.
07:37Pour donner un volume à cette mascotte,
07:39ça a été huit mois de recherche, de développement, de prototypage.
07:43Pour la modéliser ?
07:45Pour la modéliser, il y a une personne...
07:47Il y a une personne qui arrivait avec la forme ?
07:49Personne n'est arrivé avec la forme.
07:51On nous a donné un dessin,
07:53et on nous a dit, voilà, maintenant, il faut imaginer le volume de ce dessin.
07:57Donc, c'est complexe.
08:00On ne sait pas si la vasque va perdurer.
08:02Est-ce que vous allez continuer à fabriquer des mascottes
08:05après les JO, dans les mois, les prochaines années ?
08:08Alors, c'est la troisième très bonne question.
08:10Nous continuerons à fabriquer des mascottes.
08:13Nous sommes en train de conclure...
08:16Une chose très particulière pour cette mascotte,
08:19c'est que le contrat de licence sortait des frontières du pays organisateur.
08:25Pour la première fois, on a demandé une faveur...
08:28Donc, elle est vendue à l'étranger.
08:30Elle est vendue à l'étranger.
08:31Et on peut le dire aujourd'hui,
08:33puisque pratiquement les JO se terminent,
08:36on a vendu 120 000 mascottes en Chine.
08:38Et ça, moi, je trouve ça juste extraordinaire
08:41pour une PME française,
08:43mais surtout pour les JO,
08:45d'aller porter l'image de la France,
08:48l'image de ce bonnet, de cette mascotte,
08:51de ces mascottes,
08:53parce qu'il faut vendre de la mascotte paralympique en Chine,
08:56d'aller la porter sur un marché qui est quand même...
09:00Qui normalement, c'est l'inverse.