00:00Toutes ces réparations, 80% c'est les fauteuils roulants,
00:02parce que quasiment tous les athlètes ont un fauteuil,
00:05qui sont dans des états souvent assez catastrophiques.
00:16On a à disposition un atelier avec à peu près 160 techniciens
00:23qui viennent de tous les pays,
00:25et donc nous prenons en charge tous les athlètes qui viennent nous voir,
00:27quelle que soit leur nationalité,
00:29quel que soit leur sponsor,
00:30quel que soit leur équipement,
00:32quel que soit leur besoin.
00:33Si on se base sur l'expérience de Tokyo,
00:35mais là on démarre encore plus fort,
00:37à Tokyo on faisait à peu près entre 250 et 300 réparations par jour,
00:42et on avait fait un peu moins de 3000 réparations sur l'ensemble des Jeux.
00:47Je pense qu'on sera à peu près sur les mêmes standards,
00:49voire un peu plus sur Paris.
00:50Les premiers Jeux qu'on a faits, c'était en 1988 à Séoul,
00:53et c'est toujours une atmosphère très particulière,
00:55pour nous c'est un peu le summum,
00:57parce qu'on prend en charge des patients,
01:00mais qui sont des para-athlètes,
01:01donc qui ont déjà des parcours de vie très impressionnants,
01:04et souvent avec plein de choses à nous raconter,
01:07et on échange beaucoup avec eux.
01:09C'est en plus des aventures,
01:11des personnes qui ont des dispositifs quelquefois qui sont complètement improbables,
01:16qu'on rencontrera jamais dans notre vie en France.
01:18Et on doit trouver des solutions,
01:20on doit quelquefois essayer de transformer un peu ce qu'ils ont,
01:25de réparer, de changer,
01:27et donc c'est des expériences formidables,
01:29et en plus on est tous ensemble, nous les 160 techniciens,
01:31donc en plus on a cet échange entre nous,
01:33on échange sur nos façons de faire, sur nos façons de travailler.
01:38Pour moi, ce que je retiens le plus beau,
01:39c'est d'avoir vu un athlète ukrainien,
01:42avec une prothèse qui a été faite là-bas,
01:44juste après son accident pendant la guerre,
01:47et pour moi c'est ce qu'il y a de plus beau aujourd'hui à retenir.
01:55On a des athlètes qui viennent de délégations relativement réduites,
01:58et quand ils ont l'occasion de gagner des médailles,
02:01ils reviennent nous voir le lendemain.
02:02J'ai eu un Jordanien la dernière fois, à Tokyo en plus c'était particulier,
02:05ils étaient que cinq, puisque c'est une toute petite délégation,
02:09et donc l'athlète qui a gagné la médaille d'or,
02:11on avait réparé son banc,
02:13et il est revenu me voir avec sa médaille,
02:14et ça c'est des moments qu'on ne peut pas oublier qu'au village.
02:18Ici, une majorité de nos réparations, c'est sur les appareils de la vie quotidienne.
02:22On fait à peu près 85% de nos réparations sur les appareils de la vie quotidienne,
02:26justement parce que tous les athlètes savent qu'on est là.
02:28Ils poussent pour que la prothèse ou le fauteuil arrive jusqu'au jeu,
02:32parce qu'ils savent qu'ici on va les remplacer,
02:33et dans toutes ces réparations, 80% c'est les fauteuils roulants,
02:37parce que quasiment tous les athlètes ont un fauteuil,
02:40qui sont dans des états souvent assez catastrophiques,
02:43et donc on fait des checks complets,
02:45on change les pneus, on change les freins, on change les coussins,
02:48et pour eux, ils sont partis après pour cinq ans, pour dix ans,
02:50il y a même des athlètes qu'on retrouve de jeu en jeu,
02:52à qui on a réparé une prothèse quatre ans avant,
02:54et ils ont encore la même prothèse.
02:56C'est-à-dire qu'en France, on change tous les six mois,
02:57et là, quatre ans après, ils viennent nous voir,
02:59et on refait une prothèse, et ça s'aide plus en plus,
03:01donc c'est pour ça que là, dès les premiers jours, c'est de la folie,
03:03parce que tout le monde vient nous voir.
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