00:00Vous écoutez Culture Média sur Europe 1 avec Thomas Hill et vos invités, ce matin Thomas vous recevez
00:06Mickaël Jérémiaz et Alexandre Boyon.
00:08Ah qu'est-ce qu'on aime cette musique.
00:16Là on savait qu'on allait vivre un bon moment quand on entendait cette musique.
00:19On est avec le meilleur commentateur des JO, il faut le dire, Alexandre Boyon qui va continuer
00:23à nous faire vibrer pendant ces Jeux Paralympiques qui s'ouvrent demain et Mickaël Jérémiaz donc
00:26le champion paralympique en tennis. Vous avez été nommé chef de mission d'ailleurs de la délégation
00:31française, il faut le dire, Mickaël Jérémiaz. C'est vrai qu'on a eu des performances absolument
00:36records sur les JO pour les athlètes français. La France a terminé cinquième au tableau des
00:40médailles. C'était formidable. Est-ce qu'on peut espérer d'aussi bons résultats pour les
00:45paralympiques ? Est-ce que vous êtes optimiste tous les deux ? Moi je suis très optimiste. La
00:50présidente du comité paralympique sportif français Marie-Emilie Le Fur a fixé le cap, 20 médailles
00:54d'or. Dans le top 8 mondial, il y a moins de sports en paralympique, il y a 23 sports contre
01:00plus de 30 sports, 32 sports je crois aux JO. Par contre on a beaucoup plus d'épreuves parce que
01:04dans notamment le tennis de table, natation et athlétisme, il y a des catégories de handicap.
01:08Donc l'objectif c'est de passer de 11 médailles d'or à Tokyo à 20 médailles d'or donc c'est très
01:11ambitieux. On va quasiment doubler mais c'est possible. On a des grandes chances de médailles
01:15notamment en cyclisme, en natation, en triathlon, en tennis de table. En sessi-foot je crois qu'on
01:21est très bons en sessi-foot les français. On était très bons, on a été médaille d'argent en
01:252012 contre le Brésil. Le Brésil est toujours devant. Plus compliqué, on était plus forts en
01:342012. Vous savez on en parlait il n'y a encore pas très longtemps, il y avait 60% de fans français
01:39dans les stades pendant les Jeux Olympiques. Là il y aura 90% de français donc il fait souvent la
01:45différence. Ce qui est un peu con c'est qu'au sessi-foot on a pas le droit d'encourager. C'est
01:48vrai, c'est vrai. Il ne faut pas faire de bruit. Tu peux encourager quand il y a le but. Pas pendant
01:54le jeu. Sinon c'est silence. Sur toutes les épreuves en fait, sur la plupart des épreuves
01:59notamment le sessi-foot, le goalball aussi, donc les athlètes malvoyants ou aveugles,
02:04bah oui parce que sinon vous n'entendez pas les ballons qui sont dans le ballon. Mais quand vous
02:08entrez dans le stade vous avez tout le monde qui a le droit et heureusement le cri de vous encourager
02:11et quand vous marquez un but aussi. Mais pendant oui non, je vous rappelle aux spectateurs d'être
02:15plutôt calme. Je le briefe un peu parce qu'il ne connaît pas toutes les épreuves. Merci, merci Alexandre.
02:20Moi par le tennis, tu sais. En tout cas on sent qu'il y a un intérêt qui augmente pour ces
02:24paralympiques et pas seulement en France d'ailleurs. Plus de 160 pays et territoires se sont engagés à
02:29diffuser ces Jeux paralympiques. La vente des droits médias a augmenté de plus de 20% par
02:35rapport à Tokyo. A chaque fois en fait ça prend un petit peu plus d'ampleur ces Jeux paralympiques
02:39Alexandre Boyon. Oui heureusement d'ailleurs je crois qu'on est à 168 nations maintenant. On
02:43était à 206 délégations. On ne va pas parler de nations parce qu'il y a la délégation des
02:48réfugiés. Mais oui on est à 4400 athlètes donc c'est à peu près la moitié des Jeux olympiques
02:53et ça prend de plus en plus. Donc c'est quand même un phénomène. En même temps il y a un
02:57milliard de cent millions de personnes qui sont en situation de handicap. Donc c'est juste quelque
03:02chose de normal et on va voir des sportifs de très haut niveau qui vont venir et qui vont
03:06en découdre. Et alors côté public un peu moins de 2 millions de billets ont été vendus déjà pour
03:11ces Jeux paralympiques. Alors on est encore assez loin des 2 millions 7 de Londres en 2012. Il
03:15reste encore beaucoup de place à vendre ? Il en reste à peu près 500 000. La billetterie et la
03:19jauge c'est 2 millions 500 000. On était à 1 million 990 un truc comme ça. Après notre passage
03:24sur Europe 1 il y aura évidemment plus de 2 millions de billets vendus. Il y a eu une explosion
03:28on était à à peine 1 million au début des Jeux olympiques. On a doublé en trois semaines la
03:33billetterie. Évidemment les gens qui sont partis, les gens qui en veulent encore, qui ont participé
03:38aux Jeux et qui ont vu à quel point c'était formidable parce que c'était quand même un truc
03:40de fou ces Jeux. C'est beaucoup moins cher pour les paralympiques. Il y a des billets à partir de 15 euros,
03:46il y a énormément de billets, des centaines de milliers de billets qui sont à partir de ce prix là.
03:51Vous allez découvrir en fait des champions extraordinaires qui réalisent des performances
03:54incroyables comme les athlètes olympiques mais simplement pour la plupart vous ne les connaissez
03:58pas. Vous allez découvrir des sports que vous connaissez mais pratiqués d'une manière différente et puis aussi des
04:01sports que vous ne connaissiez pas comme le goalball et la boccia. Aujourd'hui quand on aime le sport,
04:05quand on est un consommateur de sport, il n'y a rien qui justifie qu'on ne s'intéresse pas et qu'on
04:09ne se prenne pas de passion de quelque chose qui est en bas de chez nous. On rentre, personne là,
04:12on a vu vos visages ce matin marqués par le retour des vacances et pas que Julien,
04:16messieurs, dames, j'étais à vous le dire, mais nous c'est pareil. C'est un bonheur de se dire que
04:22dans cette rentrée là où il y a la rentrée politique, tout ce qu'on a mis un petit peu de
04:26côté parce qu'on a vraiment envie de rêver ensemble et de partager tout ça, on a ce petit
04:29supplément, on va l'appeler ça le match retour, on a 15 jours de kiff à vivre ensemble, je pense que
04:33ça en vaut la peine. C'est un truc qui vous embête ça d'ailleurs, la compétition médiatique qui
04:39se forme là maintenant parce qu'évidemment on va parler aussi beaucoup de politique en cette
04:43rentrée, on va parler d'autres sports comme la Ligue 1 qui a repris, tout ça, est-ce que c'est
04:48si je peux dire un handicap supplémentaire pour ces JO ? Nous on a tout. Pour les Jeux olympiques,
04:53je regardais le JT midi et le soir, sport, que sport. Pourtant il y avait toujours la guerre en
04:57Ukraine, il y a toujours le conflit israélo-palestinien, il y a toujours des femmes en Iran qui
05:00essaient de survivre quand elles ont enlevé leur voile alors qu'elles se font battre et qu'elles
05:02se font tuer, dont on ne parle pas et dont encore aujourd'hui trop peu. La réalité c'est qu'il y a
05:06toute l'actualité sportive qui a repris. Donc les compétitions internationales, vous avez l'US Open,
05:09vous avez parlé du championnat de foot, il y a sûrement de la natation quelque part,
05:13Alexandre, et donc pour le coup nous on se retrouve à être face à tout ça et en même
05:17temps il n'y a jamais eu autant d'intérêt de l'espace médiatique, du grand public, aussi du
05:22secteur privé, il y a eu un engagement sans précédent du monde de l'entreprise. Moi j'ai
05:25jamais entendu et eu autant de sollicitations pour parler de ça, mais pas en parler juste parce
05:30qu'il faut le faire, parce que les gens à mon sens comprennent enfin l'intérêt et l'impact de ces
05:35Jeux Paralympiques. Il y a une couverture médiatique, il faut le dire, très importante, notamment évidemment sur France
05:38Télé, je regardais les JT ces derniers jours, tous les soirs, il y a plusieurs sujets qui sont
05:42consacrés aux Jeux Paralympiques. Est-ce que France Télé, Alexandre Boyon, va quand même réduire la
05:48voilure ou ce sera une couverture qui sera tout aussi complète que pendant les JO ? Alors elle ne sera
05:52pas aussi complète que pendant les JO parce qu'il y a moins de sport, il y a moins de concurrents, donc
05:56voilà. Après il faut savoir une chose, c'est que sur les Jeux Olympiques, tout est réalisé, 24 heures
06:01sur 24, tous les combats, tous les matchs, toutes les tables de tennis de table, tous les tapis de lutte
06:07de judo, là ce n'est pas le cas. Donc ce qui a été fait, c'est que France Télévision a décidé de faire
06:12beaucoup plus que ce qui était fait à Tokyo, qui était déjà beaucoup plus que ce qui était fait à
06:16Rio. Il y avait eu un gros coup d'accélérateur aussi à Londres, qui reste la référence pour les
06:20Jeux Paralympiques. Ça veut dire quoi concrètement ? C'est-à-dire qu'on a mis des moyens pour suivre
06:24le goalball, pour suivre l'aviron, pour suivre plein d'épreuves. Et donc ce sera toute la journée ?
06:30Et ça sera 24 heures sur 24, France 2 et France 3. On ne jouera pas sur les deux chaînes simultanément
06:34parce qu'il n'y a pas suffisamment d'épreuves pour le faire, mais 24 heures sur 24. Donc tout en direct
06:38avec bien évidemment les Français et les grands moments, l'athlétisme, la natation, le cyclisme sur
06:42piste où on a de vraies chances. Et puis la nuit, on repassera les meilleurs moments, on repassera des
06:46compétitions qu'on n'a pas vues et on va faire beaucoup plus que ce qui n'a été fait auparavant.
06:51Et surtout, surtout, le deal, c'est que Los Angeles ne pourra pas faire moins que ce qui a été fait à
06:55Paris. Donc on met la barre très haut pour qu'ensuite ça soit pérennisé. Et puis il y aura aussi tous les
06:59soirs le talk show « Quel jeu ? » présenté par Léa Salamé et Laurent Luyat. Un talk qui a bien fonctionné
07:04en audience pendant les Jeux, qui a aussi déclenché quelques critiques sur les réseaux, paraît-il aussi
07:10au service des sports de France Télé qui trouvait l'émission trop « people », pas assez sportive.
07:14Alexandre Boyan, vous qui êtes au cœur de cette rédaction des sports de France Télévision, est-ce que vous confirmez...
07:20Moi je suis super « people ».
07:21Est-ce qu'il y a eu des grincements dedans, notamment au début, au lancement de l'émission ?
07:24Ben non, sincèrement, il y a eu des interrogations avant, comme à chaque fois. Je pense que vous ici,
07:29quand il y a un nouvel actionnaire qui arrive, vous vous posez des questions aussi. Et donc forcément,
07:32sur les choix éditoriaux, on s'est dit « comment ça va se passer ? » et on ne savait pas. Puisque forcément,
07:36c'était Léa Salamé avec qui on n'avait jamais travaillé. Et à l'arrivée, qu'est-ce qu'on a vu ?
07:40On a vu des journalistes qui allaient en plateau le soir pour débriefer, qui n'étaient pas uniquement
07:45des journalistes qui commentaient, c'étaient aussi des reporteurs de terrain qui connaissaient
07:49par exemple très bien Léon Marchand, je pense à Philippe Laffont. Et puis on a vu des reportages,
07:54on a vu aussi une façon de s'adresser au public différemment.
07:57Il y a eu un petit changement de barre quand même, on l'a senti en cours d'émission.
08:00Alors moi j'étais sur les directs, c'est ce qu'on m'a dit aussi.
08:03Au bout de quelques jours, il y a eu moins de tournois, plus de sport.
08:05Le soir, quand j'étais dans le taxi pour rentrer, je me reposais. Mais ce que je sais, c'est qu'il y a des gens
08:09qui ont regardé cette émission-là et qui sont venus aussi parce que c'était un ton différent.
08:13Et quand vous avez un événement comme ça, il faut s'adresser au public le plus large possible.
08:16Donc moi, ça ne me choque pas que l'on ait ce type d'émission. C'est pareil avec « Au jeu citoyen »
08:20qui termine ce soir. Oui, sur France 3.
08:23Oui, où on travaille avec Carole Gessler. Carole, elle ne vient pas du milieu du sport.
08:26Mais voilà, moi je suis avec elle et on a touché un public plus large parce qu'il y avait plutôt la caution sportive
08:33et puis de l'autre côté, quelqu'un qui pose des questions de quelqu'un qui connaît peut-être un peu moins le sport
08:37mais qui connaît le journalisme et qui se pose des vraies questions.
08:39Non mais ça a très bien fonctionné, on mangeait, on construit du sport toute la journée.
08:42Donc en fait, ce mélange sport, culture, politique, people, parce que les people sont comme tous les autres,
08:47sont des fans, fans de sport. Ça a très bien fonctionné et la première émission aura lieu jeudi.
08:51Moi j'aurai le plaisir d'y être avec Tony Estanguet et je pense que ça va cartonner autant que pendant les Jeux Olympiques.
08:57Et nous on va continuer à parler de ces Jeux Paralympiques et de leur impact médiatique aussi
09:01pour voir si ça va durer tout ça peut-être après les Jeux Paralympiques.
09:04Avec vous Alexandre Boyon et Mickaël Jérémias, ce sera juste après le journal des médias.