00:00si ce n'est facile à faire, ce matin en tout cas, où l'on n'aurait pas le choix, parce qu'un sujet, un homme,
00:05monopolise les unes avec partout des photos pleines pages, le plus souvent en noir et blanc, comme si le sépia
00:11s'accordait mieux à sa grande beauté, de long en majesté, de long barbu, de long la clope au bec, de long beau gosse,
00:18avec des unes que les amateurs de journaux garderont, et puis les gros titres, bien sûr, chose rare.
00:25Le Parisien, aujourd'hui en France, et le Figaro ont eu exactement la même idée, le même
00:30résumé, la même manchette.
00:32Le dernier samouraï titre ses journaux, mais ne croyez pas qu'il n'y ait que
00:36la presse française qui célèbre Delon de Tokyo à New York, en passant par Rome,
00:40Londres. Toute la presse revient sur la disparition de l'acteur beau et maudit, comme le résume le Corriere della Serra,
00:47beau et hypnotique. Alain Delon était l'une des stars les plus mystérieuses du cinéma,
00:52écrit aussi le Guardian de Londres. Le New York Times décrit un homme
00:57intensément beau, une star internationale
00:59courtisée par les plus grands cinéastes de son temps, le plus bel homme de l'histoire du cinéma, résume le New Yorker. Quant au quotidien allemand,
01:07Mercure, lui, se fend d'un hommage en français et en gros titres.
01:12Merci génie ! Et vous, qu'en pensez-vous ? Quels souvenirs garderez-vous d'Alain Delon ? Quel film vous souvenez-vous ?
01:19Peut-être
01:21celui-là, le Clan des Siciliens, 1969.
01:25Ressentez-vous la même chose qu'après la mort de Belle, il y a trois ans ? Bonjour Estelle Laffont. Bonjour Olivier Delagarde, bonjour à tous.
01:31On va consacrer évidemment la totalité d'Europe 1 et Vous à la disparition d'Alain Delon, survenu hier, il avait 88 ans.
01:38Et cette émission est aussi
01:40faite pour vous, les auditeurs, c'est pour ça qu'elle s'appelle Europe 1 et Vous. Il vous suffit de composer le numéro du standard 01
01:4580 20 39 21. Venez partager avec nous vos souvenirs de cinéma avec Alain Delon, ce qu'il représentait pour vous, présentez vos hommages.
01:52Voilà, vous avez le programme 01 80 20 39 21.
01:55Voilà, c'est parti pour deux heures d'émission avec évidemment des inviteux. On va également diffuser les deux premiers épisodes d'un podcast
02:02formidable d'Europe 1, qui retrace la vie d'Alain Delon, réalisé par vous Pascal Praud. Bonjour !
02:11Bonjour, cher Olivier. Est-ce que vous savez comment Alain Delon s'appelle dans le clan des Siciliens ?
02:20Non, je ne me souviens plus. Honnêtement, je ne me souviens plus.
02:23C'est un grand jeu pour les Delonophiles. Et Julien Pissenet, qui a écrit le podcast que j'ai lu à l'antenne...
02:33Il sera avec nous Julien aussi.
02:35Évidemment, parce que Julien, c'est une mémoire du cinéma. C'est un génie. Il est hyper mnésique et il sait tout ça.
02:44Et dans le clan des Siciliens, il s'appelle Roger Sartey. Et par exemple, dans Le Samouraï, il s'appelle Jeff Costello.
02:54Dans Trois Hommes et Abattre, il s'appelle Gerfaut.
02:57Donc, les gens qui aiment bien Delon aiment, de temps en temps, le soir, faire un trivial poursuite sur comment s'appellent les personnages des films.
03:07Mais vous avez dit mystère pour Delon. C'est marrant parce que moi, je trouve qu'il n'y a pas de mystère ou il n'y a pas d'énigme Delon.
03:13Je pense que c'est le contraire. C'est un homme qui est incompris. Parce que là où il était, il était tout seul.
03:18Et les gens ne pouvaient pas le comprendre ou le deviner ou le saisir.
03:21Mais au fond, il est extrêmement cohérent, Delon. Il est cohérent du début jusqu'à la fin.
03:25Il est cohérent. Il a tout dit, d'ailleurs. Il a tout dit sur son enfance, sur ses blessures et ce qui détermine une vie.
03:31La phrase que j'ai beaucoup entendue, qui tourne beaucoup sur les réseaux, lorsque Bernard Pivot lui dit
03:39« Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous qu'il vous dise lorsqu'il vous accueillera ? »
03:44Il dit « Viens, je vais te présenter ton père et ta mère et tu les verras ensemble comme tu ne les as jamais vus ensemble. »
03:51Tout est dit. À partir de ce moment-là, il n'y a plus de mystère. Il n'y a plus d'énigme.
03:55Tout est compréhensible. Tout est lisible. C'est un homme blessé.
03:59Et toute sa vie, il le sera par des plaisures d'enfance.
04:04Après, la star qu'il devient fait que tu es tout seul. Tu es tout seul sur l'Olympe.
04:10Et ça rejoint la fameuse phrase qu'on cite sans arrêt « La gloire est le deuil éclatant du bonheur ».
04:17Mais cette phrase, elle est lumineuse parce que c'est une réalité.
04:20C'est-à-dire qu'à partir du moment où cette gloire-là arrive, parce que de quoi on parle ?
04:25On parle d'une star mondiale qui ne peut plus faire un pas dans la rue.
04:29Forcément, c'est presque un frein. C'est terrible d'ailleurs de dire ça.
04:34C'est presque un frein à un bonheur qui souvent est plus simple.
04:37Le bonheur à vous de simple terrestre sont parfois plus simples.
04:41C'est-à-dire que vous allez sur la plage avec vos enfants et puis vous prenez la vie et elle vous plaît comme ça.
04:47Et tout est plus simple. Mais quand t'es Delon, voilà.
04:51Pascal, vous êtes un... Bon, c'est pas un mystère pour les auditeurs d'Europe 1.
04:56Vous êtes un cinéphile, un grand connaisseur du cinéma.
04:59Pourquoi avoir fait ce podcast sur Alain Delon ?
05:04Parce que, évidemment, c'est une légende Alain Delon, c'est ce que toute la presse dit ce matin.
05:10On dit tous un peu les mêmes banalités depuis hier.
05:13Le dernier des géants, c'est quelqu'un qui est dans la noville depuis 60 ans.
05:18On est en plus dans une période où il n'y a plus de stars, mais pas simplement en cinéma.
05:23C'est-à-dire qu'en politique, il n'y a plus de stars.
05:26Olivier, vous vous êtes entré comme moi dans ce métier de journaliste.
05:29On est entré dans un métier où il y avait des stars, des grandes stars dans notre métier.
05:34Aujourd'hui, le public n'a pas ce même rapport.
05:37Je ne sais pas si c'est la multiplication des canaux.
05:39Je ne sais pas si c'est une forme de naïveté qui a disparu.
05:42Mais il n'y a plus le même rapport.
05:44On n'accepte plus, sans doute, des gens comme ça, qui étaient peut-être plus hauts dans tous les domaines.
05:51Je trouve que le seul domaine où il y a encore des stars, c'est le sport, curieusement.
05:55Donc voilà, c'est important.
05:58Je pense que Delon, en termes de filmographie, c'est 10 films qui entrent dans le panthéon du cinéma mondial.
06:07C'est-à-dire qu'au-delà de la personnalité de l'acteur, de ses interventions dans la vie civile,
06:14ce qui reste, c'est ses films.
06:15Regardez ses films.
06:17Le Professeur de Zurlini, c'est un film formidable, qui est très peu connu, vous pouvez le voir.
06:22Les Trois Melvilles, Le Samouraï, tout le monde le connaît.
06:27Il est formidable, Le Samouraï.
06:30Le Cercle Rouge, c'est mon jeu.
06:32Mais il y a un troisième film que j'aime beaucoup, que je revois régulièrement, qui s'appelle Un Flic.
06:36C'est le dernier film de Melville.
06:38J'en ai souvent parlé avec Philippe Labreau, parce que de ce film-là, il a été massacré, Un Flic, lorsque c'est sorti.
06:44Il a été sans doute massacré, parce que la presse avait été très sympa avec Le Cercle Rouge,
06:48et elle a massacré le dernier Melville.
06:50D'ailleurs, Melville, il est possible qu'il soit mort à cause de ça.
06:52Il est mort d'ailleurs en face de Philippe Labreau dans un déjeuner.
06:55Mais regardez Un Flic.
06:57C'est un film formidable.
06:59La scène de départ au sable d'Olonne, le casse qu'ils font,
07:04et jusqu'à la dernière scène, dans le huitième arrondissement, un petit matin avec un éclairage bleu.
07:09Comme ça, c'est un film formidable.
07:11Et puis, vous pouvez voir, il y a un film que j'aime beaucoup,
07:14qui est dans un autre genre, qui s'appelle Mort d'un Pourri,
07:16qui est un film populaire, mais populaire, comment dire, haut de gamme.
07:23Au bon sens du terme.
07:27Pascal, ça me coûte vraiment beaucoup de vous couper la parole.
07:30Vous l'imaginez bien.
07:32Mais vous connaissez cette émission bien mieux que moi.
07:35Vous savez qu'il y a de la publicité.
07:37Alors, on va se retrouver après.
07:39Je vous laisse ?
07:41Restez juste quelques instants quand même.
07:44On se rend dans Europe 1.
07:45Vous, dans quelques instants, on retrouve Pascal Praud,
07:47et on vous proposera d'écouter le premier épisode du podcast Destin Extraordinaire,
07:50raconté juste après.
07:56L'Enfant Terrible, c'est le titre du premier épisode de ce podcast
08:00qu'on va entendre sur la vie d'Alain Delon,
08:03podcast dont vous êtes l'un des auteurs, Pascal Praud.
08:06Il y a beaucoup de choses.
08:07Évidemment, ça explique beaucoup de choses.
08:09L'enfance, la toute prime jeunesse d'Alain Delon.
08:12Mais ça explique ce que vous êtes, Olivier.
08:15Ça explique ce que je suis.
08:17Tout est là.
08:19Nous sommes tous des enfants de notre enfance, si j'ose dire.
08:25Bien sûr que tout est déterminé.
08:27Et quand vous avez des parents qui l'abandonnent,
08:30il va aller de famille d'accueil en famille d'accueil.
08:33En plus, quand il part pour l'Indochine, il l'a souvent dit, c'est sa mère.
08:36Il a 17 ans et c'est donc l'accord de sa mère.
08:38On va découvrir tout ça, Pascal.
08:42On ne va pas spoiler.
08:44C'est un très beau podcast.
08:46J'ai écouté avec grand plaisir.
08:48Et on rappelle Julien Pissenet qui a été dans l'écriture.
08:52Vraiment important.
08:53Et qui sera avec nous pour nous raconter un peu le making of de ce podcast.
08:58Merci, Pascal Praud.
08:59Je vous embrasse.
09:00Et à lundi prochain.
09:01A lundi, nous sommes là.
09:03Nous sommes là lundi.
09:04Je serai là aussi.
09:05Au revoir, bonne journée.
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