00:00Professeur Salim Abdelkarim est un épidémiologiste à Caprisa et chef de l'équipe consultative d'emergences de la CDC d'Afrique.
00:08Je chaire la comitée de 20 scientifiques en Afrique qui conseille le directeur général de la CDC d'Afrique.
00:16Nous avons été demandés de vérifier tous les données.
00:19Si vous regardez les informations qui sont actuellement disponibles, il y a quatre choses qui sont concernantes.
00:25La première, c'est qu'en Afrique actuellement, nous avons de plus en plus d'infections de la COVID-19 qu'il y a deux ans,
00:35lorsque la déclaration a été faite d'une émergence de santé publique internationale.
00:41Nous avons donc beaucoup plus de cas actuellement qu'il y a deux ans.
00:46Mais ce qui est aussi inquiétant, c'est que le nombre de cas augmente.
00:51Donc, ce n'est pas que c'est juste un plateau, c'est similaire, c'est qu'il augmente.
00:55La troisième chose, c'est que nous voyons un taux de mortalité de cas.
01:00C'est la proportion des patients qui ont l'infection qui meurent en conséquence.
01:06Et nous trahissons en ce moment un taux de mortalité de cas d'environ 3 %.
01:10Et c'est beaucoup plus élevé que nous l'avions prévu.
01:14Mais l'autre préoccupation, c'est qu'au cours des dernières semaines,
01:17trois autres pays en Afrique ont commencé à rapporter des cas de Mpox.
01:22Et ce sont des pays qui n'avaient pas eu de Mpox auparavant.
01:26Et tous trois d'entre eux ont le mĂŞme variant, le mĂŞme clade, le clade 1B,
01:31qui se répand dans le DRC.
01:34Bien sûr, nous avons aussi entendu qu'en Europe,
01:37la Suède a confirmé un cas de Mpox de ce nouveau variant, le clade 1B,
01:43qui, comme vous le dites, est de plus en plus préoccupant.
01:46Et immédiatement, bien sûr, nous pensons à ces terribles époques de la COVID,
01:50nous pensons à l'épidémie de l'AIDS,
01:53mais il y a une différence clé avec Mpox.
01:55Il y a un vaccin, il est dérivé du vaccin Smallpox.
01:59Est-ce que cela signifie que nous sommes en sécurité ?
02:01Et est-ce que cela signifie que nous devrions scaler les vaccins très rapidement ?
02:05Donc, une des caractéristiques distinguantes de la situation dans le DRC en ce moment,
02:11et c'est dans la région du sud de l'Égypte,
02:15c'est que nous voyons une transmission qui se produit hétérosexuellement.
02:21En d'autres termes, les couples passent le virus de l'un Ă l'autre,
02:27et quand ils s'interagissent avec les enfants, ils le diffusent aux enfants,
02:31qui, parce qu'ils jouent entre eux-mêmes, le diffusent à l'intérieur des enfants.
02:36Donc, ce que nous voyons dans le DRC,
02:39c'est la situation d'un virus qui est transmis hétérosexuellement,
02:43mais qui est aussi transmis en contact avec les enfants.
02:47Et c'est ce qui conduit à cette situation épidémique dans le DRC.
02:52Maintenant, pour ralentir la propagation de Mpox, ce n'est pas un grand défi.
02:57Vous le faites avec des mesures de santé publique basiques.
03:01Cela signifie l'identification des cas,
03:04les trois cas où vous avez identifié qu'il y a un patient qui a Mpox.
03:07Vous devez s'assurer de l'isoler, de tracer tous les contacts,
03:12les personnes avec qui ils vivent, leurs partenaires sexuels,
03:15et d'assurer qu'ils ne le diffusent pas.
03:18C'est ainsi que vous le contrĂ´lez.
03:21Un vaccin peut être une addition très valable à ces mesures de santé publique.
03:27Combien de fois êtes-vous convaincu que, si besoin, nous pouvons élargir ces vaccins?
03:33Mais une fois que nous savons que ces vaccins sont cliniquement efficaces,
03:37nous devons vraiment faire beaucoup plus pour les élargir et les rendre disponibles,
03:42en particulier dans des conditions où nous sommes confrontés à de vrais défis
03:47dans l'implémentation des mesures de santé publique.
03:49Je veux dire, le problème dans le DRC, ce n'est pas seulement que nous avons ce virus,
03:53c'est qu'il se distribue dans une partie du pays qui est politiquement instable.
03:57Ils sont dans une zone de guerre.
03:59Nous n'avons donc pas la possibilité d'accueillir les samples des patients pour les tester dans les laboratoires.
04:04Il faut donc une solution politique, une solution de santé publique,
04:09et une solution technologique avec les vaccins, en plus de tout ça.
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