00:00Non, je ne savais pas exactement la place à laquelle j'arrivais et c'est difficile
00:08de faire un point sur la situation.
00:10Non, j'étais concentré sur ne pas rouler parce qu'il y avait Valentin devant et sur
00:23ma course, sur mon final, aller chercher le meilleur résultat possible.
00:25Mais sur le moment, non, je ne savais pas que j'étais troisième.
00:27Ça, c'est une impression, je pense, mais un sprint après 270 kilomètres et des bosses
00:38comme on l'a fait, ça ne ressemble pas à un sprint massif.
00:41Oui, j'avais des bonnes jambes aujourd'hui et je me sentais bien, j'avais encore les
00:50jambes pour faire un bon sprint.
00:52Comment tu as géré le circuit au bain parisien, les trois tours, sachant qu'il y avait Valentin
00:55devant et qu'il n'y avait pas les oreillettes ? Comment on fait quand on est derrière ?
01:01On improvise un petit peu, je savais qu'il y avait Remco devant, je me doutais que les
01:08gars allaient un peu se marquer, les gars comme Wout, comme Mathieu, j'aurais eu du
01:13mal à les suivre à la pédale dans mon marque.
01:16On était un peu détachés au deuxième passage, détachés deux derrière, avec Mathéo et
01:21quand on est revenus sur eux sur le plat, j'ai dit à Mathieu, prends ma roue, on y
01:25va, à deux.
01:26On revenait de l'arrière un peu, les deux se regardaient, ils ne voulaient pas rouler
01:30ensemble et ça a fonctionné, on est revenus sur un groupe qui était en chasse-patate.
01:34On a roulé, moi je n'ai pas trop roulé non plus parce que je savais qu'il y avait Valentin
01:42mais j'entretenais, on ne sait jamais comment Valentin se sent, en sachant qu'il y a Remco.
01:46Il est arrivé au dernier passage de mon marque, ils ne m'ont dit plus rouler du tout, donc
01:49je me doutais que Valentin allait jouer une médaille ou quelque chose, alors exactement
01:56laquelle je ne savais pas, donc j'ai vu qu'on n'avait pas repris Remco encore.
02:00On improvise, on fait un peu au feeling, mais c'est des choses que j'aime bien personnellement
02:08courir comme ça.
02:09Pour l'équipe de France, c'est leur solution.
02:11C'est quoi ça, en voyant Valentin sur la ligne, que tu as compris que c'était...
02:14En passant la ligne, j'ai vu Valentin heureux dans ses yeux, j'ai vu que quand on est heureux
02:20comme ça, c'est qu'on a fait une médaille, je me doutais que ce n'était pas la médaille
02:25d'or parce que je n'avais pas vu Remco, et quand il m'a dit ça, j'étais encore plus
02:31heureux, on ne pouvait pas espérer beaucoup mieux aujourd'hui, Remco était le plus fort
02:35et il l'a montré, on ne pouvait pas gagner, donc on a fait la meilleure course qu'on pouvait.
02:40C'est de la bouche de Valentin que tu as pris ta médaille d'or ?
02:43Oui, et Remco, parce qu'il m'a dit tu fais trois, j'ai dit je ne sais pas, il m'a dit
02:46oui, et Remco aussi a dit oui, donc voilà, c'était la bonne surprise.
02:51En tout cas, c'est un rôle dans lequel Thomas t'aime bien, il t'avait dit d'utiliser comme
02:55ça Wollongong, ça avait bien marché, tu te plais dans ce rôle-là ?
02:58Oui, je ne sais pas, mais voilà, il a appris des coureurs qui savent à peu près courir
03:06ensemble, on se connaît très bien, on sait ce qu'on doit faire, on fait de notre mieux.
03:13On donne tout, et on s'est dit avant la course, on donne tout, on donnera tout, et on ne veut
03:17juste pas de regrets à l'arrivée, et voilà, aujourd'hui, on n'en a pas.
03:20Qu'est-ce que vous avez pensé du passé ? Vous nous verriez devenir une classique à Paris,
03:23par contre, vous n'y avez pas été.
03:24Non, ce serait sympa, ce serait sympa, je ne sais pas si les Parisiens vont aimer, mais
03:28ce serait sympa en tout cas, non, c'était incroyable.
03:30Le monde, le public, dans Montmartre, le bruit, voilà, c'est quelque chose qui est difficile
03:39à décrire, on est presque contents quand on est à la descente et qu'il y a moins de
03:42bruit.
03:43Ça fait presque mal aux oreilles, voilà, c'est des souvenirs qui resteront gravés
03:47pour la vie.
03:48Ça représente quoi une médaille olympique ? C'est le Graal, pour être honnête, avant
03:59d'arriver dans le milieu olympique et tout ça, quand on me posait la question, champion
04:06du monde ou champion olympique, j'avais tendance à dire, ah, je préférerais être champion
04:08du monde ou quelque chose, mais finalement, quand on se rend compte de l'ampleur, tant
04:13qu'on ne l'a pas vécu, c'est dur de se rendre compte de l'ampleur, et oui, c'est un Graal,
04:19on s'en rappellera toute notre vie, Florian nous disait qu'on nous décrira toute notre
04:26vie comme médaille olympique, donc voilà, c'est quelque chose d'énorme, c'est un achèvement
04:32dans une carrière aussi.
04:33Tu as l'air fatigué, c'est quoi, c'est la course ?
04:35J'ai fait un petit coup de barre, j'étais bien en forme, j'ai peut-être mangé un petit
04:39bout et boit un coup.
04:40L'émotion aussi ?
04:41Oui, l'émotion, il y a eu beaucoup d'émotion, on passe dans la ligne, ma femme est là,
04:44mes enfants ne sont pas là malheureusement, mais je suis très heureux d'avoir pu partager
04:49ça avec l'équipe, avec ma femme et des amis qui sont présents.
04:52Merci beaucoup.
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