00:00Europe 1 et vous, 11h-13h, Stéphanie Demeruth.
00:05L'été sera chaud, l'été sera chaud, dans les t-shirts, dans les maillots, l'été sera chaud, l'été sera chaud.
00:14C'est une bien jolie musique que vous nous mettez là, Bebeu.
00:18On l'a préparée tout l'après-midi avec Célestin, hier après-midi.
00:21C'est élégant.
00:22Bien sûr, bien sûr, on vous mettra à Gainsbourg tout à l'heure, ne vous inquiétez pas Stéphanie.
00:26Écoutez, là c'est chaleur version joyeuse, mais on va continuer à parler avec nos invités.
00:33Bertrand Daï, chef de performance de l'INSEP, et puis Jean-François Pérez du service des sports du journal du dimanche.
00:41Justement parce que cette chaleur, cette canicule, elle pèse quand même, et pas forcément positivement,
00:45aussi positivement que votre chanson sur les performances.
00:49Bertrand Daï, vous nous disiez tout à l'heure, c'est sûr qu'on n'est pas tous égaux,
00:54mais Jean-François Pérez nous l'a rajouté, la France a fait des efforts, notamment en innovation,
01:00pour se préparer vraiment à ces jeux.
01:03Alors oui, il y a l'innovation et la recherche.
01:06Et il y a quelque chose d'extraordinaire qui s'est passé il y a quatre ans,
01:10c'est-à-dire qu'on a mis en place avec l'Agence Nationale de la Recherche,
01:14un projet prioritaire de recherche de 20 millions d'euros dans le sport du haut niveau.
01:18C'était la première fois qu'on mettait autant d'argent sur la recherche.
01:22Ça a permis à douze projets de se mettre en place,
01:25et il y a un de ces douze projets qui s'appelle EPOXPERF,
01:28qui travaille sur les stress environnementaux, en tout cas sur comment améliorer la performance,
01:32les conditions d'émergence de la performance avec un stress environnemental.
01:35Et donc on a le stress environnemental qui est lié aux températures élevées,
01:39et puis au manque d'oxygène.
01:42Et beaucoup de disciplines ont lieu en plein air,
01:45basket, volley, BMX, Jean-François Pérez ?
01:49Non, ça c'est plutôt en salle. BMX, oui en effet, on a besoin d'être à l'air libre.
01:52On va dire que c'est du moitié-moitié à peu près.
01:55Et pour les sports qui sont à l'intérieur, comme les scrims par exemple,
01:58vous avez des règlements très stricts sur la température qu'il doit faire dans la salle.
02:02Je peux vous dire qu'aujourd'hui, ça va être un vrai choc thermique,
02:05parce qu'il fait 35-40 centimètres dehors,
02:08et à l'intérieur de la salle, il ne fait pas plus de 14 ou 15 degrés.
02:11Donc voilà, il faut être prêt à ça.
02:13A l'intérieur, tout ira bien.
02:15Vous savez que le handball français, masculin, n'est pas en très grande forme.
02:18Ils ont perdu l'ordre du match.
02:20Les champions olympiques, il va falloir qu'ils se rattrapent,
02:22ils sont un peu dos au mur.
02:23Donc pour tous ces sports-là, à l'intérieur,
02:25à priori, il n'y a pas de problème de température, ça passe.
02:28En revanche là, pour le beach volley au pied de la tour Eiffel ce matin,
02:30c'est sûr qu'il n'y a pas d'arbre.
02:33Là, c'est le soleil plein cadre.
02:35J'avais une petite question aussi notamment sur les chevaux.
02:37Quand vous parlez justement de ces problèmes avec la chaleur,
02:40est-ce qu'il y a pareil une limite de température
02:43pour les épreuves équestres à Versailles notamment ?
02:45Je vais dégager directement sur le spécialiste,
02:47parce que je ne sais pas s'il y a une limite de température.
02:49Il y en a certainement une, je ne la connais pas,
02:51je ne suis pas non plus moi spécialiste,
02:52puisque la fédération fossile d'équitation a un centre national
02:55et dont toutes les équipes de France se préparent chez eux.
02:59Ils sont très très très vigilants sur la santé des chevaux
03:03et donc je suis convaincu qu'il y a des températures
03:06au-delà desquelles on ne démarra pas les épreuves.
03:08Et à ma connaissance, on n'a jamais reporté
03:10d'épreuve d'équitation, en tout cas dans un passé récent.
03:13Bertrand Daï, pour quelle discipline c'est le plus dur finalement ?
03:17Ça pèse j'imagine pas de manière égale ?
03:20Alors là où c'est le plus compliqué,
03:22en fait le problématique de la chaleur extérieure,
03:24c'est que ça va faire monter la température intérieure du corps
03:27et donc le risque, c'est ce qu'on appelle le coup de chaud,
03:31c'est qu'à un moment donné le corps n'arrive plus
03:33à faire redescendre la température
03:34et là il faut vraiment intervenir au niveau médical.
03:37Donc l'enjeu, c'est la température intérieure
03:40et là où elle monte le plus, c'est sur les efforts longs.
03:42Donc le marathon c'est la pire,
03:44et c'est pour ça que les marathons vont se courir
03:47très tôt ou très tard le soir, ça dépend des Olympiades,
03:49là cette année je crois que c'est plutôt le soir.
03:51Mais il y a la marche aussi.
03:53Et la marche aussi, donc c'est les épreuves longues
03:55qui sont dangereuses,
03:57et donc on adapte le moment dans la journée
04:01où ça va se courir.
04:02Après, un sport qui est explosif,
04:04donc les efforts qui sont assez courts,
04:06s'il n'y a pas trop de répétition, il n'y a pas d'impact.
04:09Donc l'athlétisme...
04:11L'athlétisme sur un 100 mètres, par exemple,
04:13il peut se courir à 35 degrés,
04:15et si on ne fait pas, il y aura quand même des moindres performances.
04:18Qu'en pensent les athlètes Djokovic ?
04:21On l'a vu avec des sacs de glace, chacun sa petite méthode, Jean-François.
04:24C'est sûr que Nadal est davantage fan des matchs quand il fait très chaud,
04:28comme chez lui à Manacor au Balai Arc,
04:30que Novak Djokovic.
04:32Oui et non.
04:34Après vous savez, vous avez affaire à des champions
04:36qui sont quand même des types d'exception,
04:38comme vous et moi.
04:40Ça n'a pas empêché Djokovic de mettre 6164,
04:42enfin surtout moi si vous voulez Stéphanie.
04:44Mais ça n'a pas empêché Djokovic de mettre 6164 à Nadal hier.
04:47C'est ce que j'allais vous dire.
04:48Non, ils sont prêts, ils se préparent,
04:50et comme disait Bertrand, ils s'adaptent en fait.
04:52La simple donnée c'est celle-là.
04:54Après on aura peut-être sur des épreuves extrêmes,
04:57comme le marathon,
04:59heureusement qu'il a été en effet décalé à des petites heures
05:01pour que ce soit un peu plus supportable,
05:03ou la marche, même si on a enlevé le 50 km,
05:05qui était le truc le plus ultime qu'on pouvait imaginer aux Jeux Olympiques.
05:07C'était une épreuve où on allait au bout vraiment de ses forces.
05:10Souvenez-vous de Yohann Diniz, le français,
05:12qui se mettait à chaque fois dans des états incroyables.
05:15Là c'est 20 km désormais,
05:17mais ça reste quand même un effort,
05:18parce que ça devient un peu du sprint,
05:19et ça devient un effort très intense.
05:21C'est quand la marche en France s'intéresse ?
05:22C'est après-demain.
05:23Donc il fera un peu meilleur, peut-être ?
05:25Normalement, il y a des orages annoncés,
05:27ce qui n'est pas très bon pour le triathlon.
05:29À Paris c'est soit la canicule, soit les orages.
05:30Juste un dernier mot,
05:31on parlait de sport,
05:32j'ai quand même envie de faire passer ce message.
05:35Il y a une dimension sportive,
05:36il y a aussi une dimension politique, évidemment.
05:38On a voulu faire un triathlon avec des cartes postales.
05:40C'est beau, le point Alexandre III,
05:42le Trocadéro-Lechon-Elysée, etc.
05:44Il y a plusieurs régions,
05:46dont l'Occitanie, l'Alsace ou la Bretagne,
05:48et je sais qu'on a beaucoup d'auditeurs sur Europe 1
05:50dans ces régions-là,
05:51qui n'ont pas d'épreuves olympiques.
05:53On n'aurait pas pu imaginer
05:54que le triathlon puisse se dérouler là.
05:56C'est pour ça aussi que j'étais un peu énervé ce matin.
05:58Bertrand Daille, il y a aussi la récupération,
06:00évidemment, qui est importante,
06:02d'autant plus quand les organismes sont charriés comme ça.
06:05Le village olympique,
06:06on en a beaucoup parlé,
06:07de la climatisation,
06:08on a vu certains athlètes,
06:09notamment les Américains,
06:10arriver avec leur clim mobile.
06:13Oui, il faut se reposer
06:15et récupérer le soir.
06:17Vous avez raison,
06:18le sommeil est le premier
06:20élément de la récupération chez un sportif,
06:22et d'ailleurs chez tout le monde.
06:24La première chose qu'on va regarder,
06:25c'est la qualité du sommeil,
06:27plus que la quantité,
06:29et la température de la pièce
06:31dans laquelle on dort,
06:32elle va jouer sur le temps d'endormissement,
06:33elle va jouer aussi sur la qualité du sommeil.
06:35Il y a aussi la litterie qui va jouer,
06:37donc c'est deux éléments qui ont...
06:39Un petit peu qui fâchent,
06:40on a entendu deux-trois polémiques là-dessus.
06:42C'est deux éléments qui sont particuliers
06:43au village olympique,
06:44parce que c'est des villages,
06:45des lits qui sont avec des sommets en carton,
06:47des matelas qui sont assez durs.
06:48Il fallait être écologique.
06:50C'était les mêmes à Tokyo.
06:51C'était les mêmes à Tokyo, tout à fait.
06:52Et la clim, c'était la même chose ?
06:54La clim, vous savez, c'est universel.
06:56Oui, mais attendez,
06:57il y a une histoire de clim,
06:58bon alors, je crois qu'ils se sont un petit peu...
07:00Ils ont corrigé le tir,
07:01alors je pars sous votre contrôle.
07:02Oui, mais Stéphanie, c'est marginal,
07:03parce que là, aujourd'hui,
07:04on connaît une vague exceptionnelle,
07:05ça va durer deux jours,
07:06et le reste des épreuves...
07:07Vous avez votre épreuve le lendemain.
07:09Allez dire ça à un athlète
07:10qui a son épreuve le lendemain.
07:11Il fera 25, 28,
07:12avec des nuits à 15, 16, 17 degrés,
07:13donc normalement, il n'y a pas de...
07:14Pour moi, il n'y a pas de polémique particulière
07:16sur ce sujet.
07:17Pour vous, oui.
07:18Peut-être pas pour l'athlète
07:19qui a son épreuve demain
07:21à 9h du matin.
07:22Qu'est-ce que vous en pensez, Bertrand Daï ?
07:23Il faut être dans les meilleures conditions,
07:25même bien manger aussi, j'imagine.
07:27Oui, bien manger également,
07:28ça contribue à la récupération.
07:29Moi, je suis...
07:30Vous avez compris,
07:31je suis sur l'anticipation.
07:32Pour les athlètes ou les sportifs
07:35qui ont besoin de températures
07:37assez basses pour bien dormir,
07:38ça nécessitait de se préparer,
07:40en tout cas,
07:41soit de sortir du village, carrément,
07:43et il y en a qui ont fait ces choix-là,
07:44de se dire,
07:45moi, je sais que pour dormir,
07:46il faut que je connaisse bien mon matelas,
07:48il faut que je connaisse la température,
07:49il faut que j'aie de la nuit.
07:50Ceux-là, ils ont anticipé.
07:51Et puis après,
07:52ceux qui souhaitaient mettre
07:55des climatisations portables
07:59dans les chambres,
08:00c'était possible aussi.
08:01Et d'ailleurs,
08:02ça, c'est plutôt les nations étrangères
08:04qui ont forcé,
08:05parce qu'à la base,
08:06ce n'était pas possible.
08:07On sait que les bâtiments
08:08permettent d'avoir une température
08:11de quelques degrés inférieurs
08:12à ce qu'il y a à l'extérieur.
08:13Donc, c'est déjà un premier élément
08:14de climatisation douce.
08:17Et ceux qui en veulent plus,
08:18il faut s'organiser.
08:20Merci, en tout cas, Bertrand Daï
08:22pour tous ces éléments précieux.
08:24Un chef du pôle de performance de l'UNCEP.
08:26Merci, cette fois-ci, définitivement.
08:28Il y avait un pitch.
08:29Oui, je vous ai rappelé.
08:30François Perez du service des sports du JDD.
08:34Merci à tous les deux.
08:35On va continuer à parler de cette canicule
08:37parce qu'on va recevoir un homme
08:39qui avait vu avec ses équipes,
08:41évidemment,
08:42que les chaleurs,
08:43ça allait être finalement
08:44un des risques les plus probables
08:46de ces JO, Estelle.
08:47Et oui, on vous attend aussi,
08:48vous, auditeurs,
08:49si vous souhaitez réagir à l'émission
08:50car Europe 1 et vous,
08:51c'est aussi et surtout vous,
08:52les auditeurs,
08:53qu'on souhaite entendre au 01.80.20.39.21.
08:56C'est un numéro non surtaxé.
08:57Et dans quelques instants,
08:58Stéphanie Demuré
08:59recevra le docteur Grégory Emery,
09:01directeur général de la santé des JO.
09:03A tout de suite sur Europe 1.
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