00:00Et puis bon, bien sûr, les JO, on le sait, on en a beaucoup parlé, les médias, évidemment, la sécurité et puis malheureusement, ce matin, on est obligé un petit peu d'en parler aussi,
00:10puisqu'on vous rappelle, chers auditeurs, que de graves perturbations ont lieu en ce moment sur les réseaux SNCF, actes de sabotage.
00:20On retrouve plutôt Antoine Boitelle, journaliste spécialisé dans les questions sécuritaires,
00:26auteur du livre « Le calvaire sécuritaire » où comment les JO vont bouleverser durablement le quotidien des Français aux éditions de l'Observatoire.
00:33Bonjour Antoine.
00:34Bonjour.
00:35Alors, on commence évidemment avec cet acte de sabotage. Malheureusement, on en parlait de ces menaces, je me souviens que vous l'avez reçues à l'époque pour votre livre.
00:43Elles étaient presque attendues, mais bon, c'est dommage, ça arrive.
00:47On savait que quelque chose allait être tenté. L'occasion était trop belle, malheureusement, pour les ennemis de la France de s'en prendre à cette vitrine de Paris, de la France.
00:56Ce qu'on n'avait peut-être pas anticipé, mais on peut sécuriser 6 km de Seine pendant une inauguration.
01:02C'est peut-être plus difficile, évidemment, de sécuriser tout le rail français le jour de la cérémonie.
01:09Il semblerait que les premiers éléments montrent que l'attaque était très coordonnée entre 4 et 5 heures du matin avec des destructions qui interviennent à des endroits où les TGV se croisent, où il y a des sauts de moutons, comme on dit, etc.
01:21Malheureusement, on voit que le pire est quand même toujours attendu.
01:27Et si, bien sûr, on a dissuadé pour l'instant une attaque sur Paris avec un déploiement XXL de dispositifs de sécurité,
01:35on se rend compte que finalement, ça repousse peut-être le problème un petit peu plus loin.
01:38On peut noter au passage que si ça empêche de venir à la cérémonie aujourd'hui d'inauguration,
01:42ça peut aussi éventuellement empêcher les Parisiens de repartir de la capitale.
01:46Et oui, parce que c'est un gros jour de départ en vacances.
01:49C'est un sacré bazar quand même.
01:51On a vu que l'Eurostar, Baptiste Morin nous expliquait que l'Eurostar était impliqué, était touché.
01:56Ça a des conséquences quand même importantes.
01:59Ça peut gâcher potentiellement la fête, pour certains en tout cas.
02:04Pour ceux qui voulaient venir à la cérémonie d'inauguration par le TGV ce matin déjà,
02:07ça va être très compliqué.
02:09Pour ceux qui voudront repartir en TGV même demain matin,
02:12puisque malheureusement on dit qu'il va y avoir des perturbations pendant tout le week-end,
02:16ça va être encore plus compliqué.
02:17On attendait aussi une journée noire sur les routes autour de Paris.
02:20Imaginez tous les gens qui ne peuvent pas prendre le train
02:22et qui vont décider de monter dans leur monospace pour partir en vacances.
02:26Ils vont être tous sur les routes avec moi tout à l'heure.
02:29Antoine Boitel, vous parliez dans votre livre de toutes les menaces qui pouvaient venir.
02:34On ne va pas gâcher la fête ici, ce n'est pas le but,
02:36parce qu'on est sûr que tout va bien se passer.
02:39Oui, exactement.
02:41Mais c'est vrai que là, les policiers sont sur les dents.
02:43Je pense que je n'ai jamais vu autant de policiers dans Paris.
02:46Il y a des gyrophares partout.
02:48On a l'impression qu'il y a autant de policiers que de Parisiens.
02:50Comme quoi on peut tout.
02:52On avait beaucoup pensé à l'histoire de est-ce que les rues seront sûres ?
02:55Est-ce qu'on arrivera à sécuriser le champ de Mars ?
02:57C'était quand même un cœur important de la machine.
03:00On se disait, regardez tous ces vendeurs sauvettes, où est-ce qu'ils vont aller ?
03:03Moi, je suis allé sur le dispositif le jour de la fermeture, le 18.
03:06Effectivement, il n'y avait plus un vendeur sauvette
03:08autour de la tour Eiffel et du champ de Mars.
03:10Mais où est-ce qu'ils sont ? Ils les ont déplacés ?
03:12Je sais qu'il y en a déjà qui sont déplacés
03:16vers le cœur de Paris, vers le nord, un petit peu plus au nord.
03:18En réalité, ils ne sont juste pas dans les dispositifs olympiques.
03:21Mais bien sûr, leur activité ne va pas cesser.
03:24Les vendeurs de cigarettes à la sauvette
03:26leur plaint, comme toujours.
03:28Et puis, les vendeurs de tour Eiffel, il faudra qu'ils soient un petit peu patients, évidemment.
03:31Vous m'avez envoyé d'ailleurs hier le dispositif de sécurité pour aujourd'hui.
03:35Alors, ça donne mal à la tête. J'avoue que j'ai renoncé.
03:38C'est incroyable.
03:40C'est pour les fonctionnaires, évidemment.
03:42C'est important pour eux, évidemment, de savoir
03:46où sera placé qui, quelle attitude avoir avec les personnes
03:50qui se trouveront aux abords du dispositif, qu'il faudra filtrer.
03:53C'est ce qu'on attendait jusqu'à présent, c'est-à-dire
03:56le dispositif selon les couleurs, le code couleur, QR code
04:00autour de la scène qu'on connaît bien dorénavant, le rouge, le gris
04:03qui a le droit de circuler, qui n'a pas le droit de circuler.
04:05Et puis, les 45 000 policiers et gendarmes,
04:09les 20 000 effectifs de sécurité privée,
04:11les presque 20 000 militaires,
04:132 000 policiers municipaux de Paris.
04:15Et vous rajoutez à ça, Antoine Boitel,
04:17toutes les délégations étrangères
04:19qui ont ramené leur propre service de sécurité.
04:22On a vu les Qataris en voiture blindée dans Paris.
04:25J'imagine que la délégation américaine aussi,
04:28les Israéliens n'en parlons pas, avec les athlètes
04:31qui sont un petit peu ciblés par certains propos.
04:34Alors moi, au moment où j'écris mon livre,
04:36j'avais dans l'idée que les délégations étrangères,
04:40donc les forces de sécurité étrangères,
04:42protégeraient leur propre délégation.
04:43On s'aperçoit quand même assez rapidement
04:45qu'en réalité, ils patrouillent dans les rues de Paris.
04:47Et ça, ça fait partie de l'amitié entre les peuples.
04:49La France le fait aussi quand ils se déplacent à l'étranger.
04:52Ça reste encore normal.
04:53On m'a fait savoir dans certains services spécialisés toutefois,
04:56qu'il fallait faire montre d'amitié
04:59avec les autres services spécialisés d'autres pays.
05:01Je pense notamment aux brigades sinophiles.
05:03Parfois, il a fallu pousser très fort
05:06pour que les formations soient presque accélérées
05:09pour avoir le plus d'effectifs possible
05:11dans certains services où on manquait un peu,
05:13où on péchait un peu par là.
05:14Et on leur a dit, écoutez,
05:16vous allez aussi travailler avec des sinos,
05:19des policiers qui s'occupent des chiens étrangers.
05:23Et parfois, dans certains services,
05:25je dis policier, mais ce n'est pas forcément la police nationale,
05:27ça grasse un petit peu des dents.
05:29C'est vrai.
05:30En tout cas, on est quand même content de les avoir.
05:32C'est vrai qu'on a vu des scènes surréalistes hier,
05:34par exemple avec le dîner du Louvre.
05:36Il y avait quoi, des goûteurs ?
05:37On se croirait autant de Cléopâtre.
05:40Cléopâtre est venu apparemment.
05:41Elle était dans son sarcophage, je crois.
05:44Oui, bien sûr, ça fait partie.
05:47C'est le CIO qui est organisé,
05:49mais ça fait partie des choses qu'on pouvait en attendre également.
05:52C'est-à-dire qu'il y aura forcément des tentatives
05:54de perturbations venues d'ennemis des JO
05:58ou d'ennemis de délégations qui seraient présentes.
06:00Puisqu'évidemment, on sait qu'il y a des grandes guerres
06:02actuellement à travers le monde,
06:03et particulièrement au bord de l'Europe,
06:05et qu'empoisonner quelqu'un, ça signe...
06:08Oui, on citait beaucoup de pays.
06:11Là, je voyais passer des urgences ce matin
06:13avec des attaques potentiellement iraniennes.
06:15Alors, il y a les Russes, évidemment.
06:17Ça peut venir un petit peu de partout.
06:20Ça vient du bloc Est,
06:22qui se compose depuis déjà une décennie.
06:25C'est-à-dire qu'on pense principalement
06:28en termes occidental versus oriental, dorénavant.
06:31Certains ont choisi leur camp, et malheureusement,
06:34il faut se préparer à ces attaques-là,
06:35qui sont d'une autre ampleur probablement
06:37que celles de, par exemple, l'ultra-gauche,
06:40dont, bien sûr, les forces de l'ordre
06:43étaient sur le qui-vive par rapport à l'ultra-gauche.
06:45Je pense principalement aux services de renseignement,
06:47comme le renseignement territorial,
06:49qui alerte depuis déjà deux ans,
06:50et qui est très en prise avec le problème.
06:52Mais bien sûr, ce n'est pas le même mode d'opératoire
06:54que lorsque c'est une grande puissance qui vient s'attaquer.
06:57Néanmoins, les services sont extrêmement efficaces.
06:59Il y a eu quand même déjà plusieurs arrestations,
07:01plusieurs attaques des jouets.
07:03Oui, alors ça, bien sûr.
07:05Il y a eu même des choses
07:06qui sont passées un peu sous les radars.
07:07Alors évidemment, on peut parler de Saint-Etienne
07:08et de la Gironde.
07:09Saint-Etienne, un jeune radicalisé tchétchène,
07:12de mémoire, ou du Caucase.
07:14Puis, dans la Gironde, deux interpellations.
07:16La DGSI n'a pas été très déserte sur la question,
07:19mais visiblement, on était quand même
07:21sur un passage à l'acte imminent.
07:23Et puis, il y a des choses
07:25qui sont passées un peu sous les radars,
07:26comme, par exemple, un Russe
07:27qui a été interpellé à Roissy, en France,
07:30près de l'aéroport, il y a quelques semaines,
07:32qui s'était brûlé avec de l'acide
07:34et qui est atterri aux urgences
07:36avec des graves brûlures au visage.
07:37Et donc, manifestement,
07:38il était en train de concocter une bombe.
07:41Mais le passage de la flamme,
07:42c'est plutôt bien passé, partout en France ?
07:44C'est ça.
07:45Alors ça, c'est un bon canari pour le coup de grisou,
07:47on va dire.
07:48C'est-à-dire que le canari a tenu bon.
07:49Puisque, quand on se souvient des JO de Londres,
07:51il y avait un accident tous les quatre jours,
07:54en moyenne, sur...
07:55Non, quatre incidents par jour, en moyenne,
07:57sur le trajet de la flamme.
07:58Là, les incidents, bon, il y en a eu.
08:01Évidemment, il y a des gens
08:02qui essayent de pénétrer dans le dispositif,
08:03qui s'approchent trop des athlètes.
08:05On a vu tous les policiers qui étaient déployés autour.
08:07C'est un bon baromètre, ça, quand même.
08:08C'est un bon baromètre, ça s'est bien passé.
08:10Franchement, ça s'est quand même bien passé.
08:11Il n'y a pas eu d'accident notable.
08:12Il y a eu quelques dronistes
08:14qui ont été mis en garde à vue, etc.
08:16Ça peut venir du ciel aussi, c'est sur les drones.
08:18C'est vrai que les avions n'ont même plus le droit
08:20de survoler Paris ce soir.
08:24Je vous sens conservé, Stéphanie.
08:25Oui, non, moi je le prends avant.
08:27Mais non, on se sent quand même en sécurité.
08:29Alors, Gérald Darmanin, on le rappelle,
08:31qui est ministre des missionnaires,
08:33remettra sa cravate ce soir.
08:35Oui, la cravate, c'était quand même bien l'idée aussi
08:38de garder ce gouvernement.
08:39C'était surtout qu'il soit aux commandes pendant les JO.
08:41On ne va pas trop se voiler la face.
08:43Ça aurait été catastrophique de savoir.
08:45Il avait dit d'emblée que le ministère de l'Intérieur
08:48tiendrait bon, quel que soit le ministre
08:50qui serait en exercice pendant les JOP.
08:52Soit, on est quand même bien content
08:54que ce soit Gérald Darmanin
08:55qui travaille depuis plusieurs années sur le sujet,
08:57et notamment pour ses questions d'attaque du ciel,
09:01d'attaque souterraine, sous-marine,
09:03depuis les balcons terrestres.
09:05C'est-à-dire, on a envisagé tout.
09:08On a tout envisagé.
09:09On a fait une bulle sécuritaire,
09:11une sorte de fan zone de 6 km avec 12 km de quai.
09:14Et à partir de là, on dissuade
09:16beaucoup, beaucoup d'attaques potentielles.
09:18Mais n'empêche qu'on se posait la question
09:20il y a quelques mois de savoir si ça serait possible.
09:22Enfin, Emmanuel Macron voulait,
09:24il tenait à cette cérémonie en plein air.
09:26Bon, ben voilà, on y est.
09:27Ça y est, on le fait, quoi.
09:28Et félicitations à eux.
09:29Ça sera une très belle vitrine.
09:30Je n'en doute pas une seconde.
09:31Cette cérémonie a l'air magnifique.
09:33Toutefois, moi, un des objets de mon livre,
09:36c'est de nous poser la question.
09:38Est-ce qu'on avait quand même besoin
09:39de faire les JO dans Paris,
09:41dans cette ville ancienne,
09:43difficile à sécuriser, populeuse ?
09:45Est-ce qu'il ne fallait pas
09:46être un petit peu plus raisonnable ?
09:48L'impossible n'est pas français.
09:50Raisonnable n'est peut-être pas tellement français non plus.
09:52On a envie d'être optimistes.
09:54On y est, on a sauté.
09:56Il y a Coach Perrin qui commence déjà
09:57à mettre des tatanes derrière la tête.
09:59Merci Antoine Boitel.
10:00Je rappelle le nom de votre ouvrage.
10:02Quel verre sécuritaire aux éditions de l'Observatoire.
10:05Merci d'être passé nous voir dans le studio d'Europe 1.
10:08On va évidemment continuer à parler des JO.
10:10On va recevoir un athlète dans quelques instants,
10:12un ancien champion des Jeux Olympiques,
10:16Pascal Gentil,
10:18qui va venir nous voir dans ce studio aussi.
10:20A tout à l'heure.
Commentaires