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  • il y a 2 ans
Roland Coutanceau, expert-psychiatre, était l’invité de L'Heure Des Pros été ce mercredi 17 juillet sur CNEWS. Il assure que «sur les 270 sujets déclarés irresponsables, peu ont tué. Il faut mieux évaluer ceux qui ont une dangerosité criminologique, mettre en place un contrat de soin sur mesure et mieux accompagner les sorties d’hôpital.» 

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Transcription
00:00Alors, pour bien répondre à votre question, il faut d'abord rappeler que vous l'avez vu il y a un nombre de sujets qui sont considérés comme irresponsables.
00:09Ça a beaucoup diminué, donc ça veut dire que les experts sont rigoureux pour proposer l'abolition du discernement,
00:15qui finalement est décidé par les juges dans le cadre d'un débat dans la chambre de l'instruction.
00:19Qu'est-ce qui se passe après ? C'est votre question.
00:22Après, quelqu'un qui est reconnu comme irresponsable ne va d'abord pas dans une unité pour malades difficiles,
00:28comme le nom l'indique, ce sont des services hospitaliers psychiatriques spécialisés et très sécurisés.
00:35Il y en a une dans la région parisienne, à Villejuif.
00:38Donc, le temps que son état soit stabilisé.
00:41Ils présentaient, à l'âge de 35 ans, sans aucun ancécédent psychiatrique à l'époque, un délire chronique qui avait évolué depuis des années,
00:48donc qui a été traité par l'unité pour malades difficiles.
00:52Ensuite, quel est le destin de ces sujets considérés comme irresponsables par la justice ?
00:56Ils vont ensuite dans une unité de psychiatrie, une hospitalisation plus classique.
01:03Et puis, il y a un troisième temps où peut se poser la question d'un programme de soins.
01:08Le sujet sort de l'hôpital, va être suivi par une équipe de psychiatrie de secteur.
01:13Mais il faut pour cela deux choses que deux experts nommés séparément concluent à la stabilisation de son état clinique
01:22et le fait qu'il peut être pris en charge à l'extérieur.
01:24Et il y a une ponctuation par le préfet.
01:27In fine, c'est le préfet qui prend la décision d'aller dans le sens de cette évaluation psychiatrique de deux experts.
01:35Alors là, le sujet est dehors, en dehors évidemment de l'hôpital, dans un programme de soins.
01:41Petite parenthèse, ce programme de soins qui est l'équivalent dans le champ psychiatrique de l'obligation et de l'injonction de soins
01:49des gens qui ne sont pas malades mentaux quand ils sortent de prison, a été un débat dans la psychiatrie.
01:54Il est relativement récent, il n'existait pas quand j'étais très jeune.
01:57Ce programme de soins, qu'est-ce qu'il dit au fond ?
01:59Le sujet doit être suivi régulièrement, se présenter à toutes les consultations.
02:05Et s'il ne se présente pas, on peut le réhospitaliser immédiatement.
02:11Alors, au fond, c'est là le point fragile des choses.
02:16Simplement, je vous propose pour conclure trois propositions pour améliorer le dispositif.
02:22On dit que c'est un manque de moyens.
02:24Non, pas vraiment.
02:25Il y a une minorité de patients, sur les 270 qui sont considérés responsables, peu ont tué.
02:31D'autres ont fait des actes plus bannaux, pourrait-on dire.
02:35Donc, premier élément, il faut mieux évaluer dans notre champ ceux qui ont une dangerosité criminologique,
02:42pas simplement sur le plan psychiatrique, mais qui peuvent être d'enjeu pour recommencer un peu cette violence.
02:48C'est le premier élément.
02:49Le deuxième élément, il faut que ce contrat de soins, peut-être on ne sait pas ce qui a été fait en l'occurrence,
02:54soit plus régulier, soit plus long, soit plus renouvelé.
02:58Que ce soit le contrat de soins sine qua non, quand quelqu'un sort de l'hôpital.
03:03Et puis, troisième élément, il y avait une idée qu'avait développée le regretté Gérard Collomb,
03:08qui était à l'époque ministre de l'Intérieur, que j'ai connu personnellement un petit peu dans d'autres sphères,
03:13et qui indiquait, pour cette très faible minorité de malades mentaux reconnus irresponsables,
03:18qui ont montré leur dangerosité, peut-être il faudrait qu'il y ait une synergie du ministère de la Santé,
03:24du ministère de la Justice, du ministère de l'Intérieur, pour en quelque sorte mieux accompagner,
03:30mieux cadrer un peu cette sortie de l'hôpital, qui existe dans tous les pays du monde.
03:35Les sujets reconnus irresponsables finissent par sortir dans cette forme de contrat de soins psychiatriques relativement structuré, mais bien sûr...
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