00:00– Le journal Libération révèle ce soir qu'il y a quelques mois
00:02vous auriez dîné avec Marine Le Pen, est-ce que vous confirmez cette information ?
00:06– Oui, c'est vrai.
00:07– Nous avons dîné parce qu'on se connaît peu et on a dîné
00:24et on a constaté à l'occasion du dîner, qui était un dîner cordial,
00:27que nous avions des désaccords très profonds sur de très nombreux sujets.
00:31– Vous aviez besoin d'un dîner pour constater ça ?
00:32– Pourquoi est-ce qu'il faudrait…
00:35Enfin, moi j'aime bien rencontrer les gens.
00:38– Edouard Philippe dînait qui il souhaite,
00:47moi je n'aurais pas dîné avec Marine Le Pen.
00:49– Lui c'est lui ou c'est vous ?
00:50– Non mais moi j'aime beaucoup Edouard Philippe
00:52et je ne sais pas dans quelles conditions cela s'est passé.
00:54– Chez Thierry Solaire ?
00:55– Voilà, j'aime beaucoup Thierry Solaire également
00:58mais moi je n'aurais pas dîné avec Marine Le Pen.
00:59– Vous n'auriez pas fait ce dîner-là ?
01:00– Il y a des questions auxquelles je ne peux pas répondre tout simplement
01:01parce que je n'ai pas les réponses.
01:02Donc si vous voulez savoir ce qu'ils ont mangé,
01:05qu'il l'a proposé, à quelle heure ça a commencé…
01:07– N'importe peu, il faut savoir qui a proposé le dîner,
01:10c'est ce qui m'intéresse.
01:11– Moi ce que je peux vous dire c'est deux choses.
01:14D'une part, il n'est jamais inutile de savoir qui sont vos adversaires politiques
01:19et deux, est-ce que depuis ce fameux dîner dont on essaye de faire un scoop,
01:23il y a eu, de la part d'Édouard Philippe, la moindre évolution sur sa ligne,
01:27la moindre complaisance, la moindre compromission.
01:29Il est un de ceux qui, aussi bien pendant les élections européennes
01:33que pendant ces élections législatives, a tapé avec le plus de force
01:36et le plus de constance contre la menace de voir arriver
01:39le Rassemblement National aux responsabilités.
01:41Donc c'est vraiment un scoop, entre guillemets,
01:45ou une info qui est de l'ordre du Pschitt le plus total.
01:47– Je vais le dire à ma manière.
01:48– Partage un dîner.
01:50– Et en essayant de ne pas faire de procès qui seraient déplacés ou excessifs,
01:57c'est un mauvais signal.
02:00C'est à l'égard du pays, c'est un mauvais signal.
02:05Ça veut dire au fond, peu ou prou, on peut imaginer que c'est la même chose
02:11et qu'il y ait des rapprochements, je ne crois pas ça.
02:13Non pas que j'ignore les 10 millions de Français qui ont voté
02:16pour le Rassemblement National.
02:18Personne n'en parle ou on n'en parle pas souvent.
02:22Moi je considère qu'il faut les avoir évidemment comme interlocuteurs,
02:26les Français, les citoyens.
02:28Mais l'appareil politique qui porte ces provocations-là,
02:37qui a invité très souvent à ce qu'une partie des Français,
02:42en raison de leur origine, ne soient pas regardés
02:45comme des Français à part entière.
02:46– On ne dîne pas avec eux.
02:48– Cela, c'est un mauvais signal que de multiplier les signes
02:54qui vont dans leur sens.
03:00– Est-ce que ça fait un peu tâche dans le contexte ?
03:02– Oui, c'est un peu dérangeant.
03:05Moi, je ne suis pas sectaire, je parle avec mes adversaires,
03:08mais j'ai le sentiment quand même, quand on va dîner avec quelqu'un,
03:11quand on partage le pain avec quelqu'un, c'est un peu qu'on est proche.
03:15Donc non, je ne dînerai pas moi avec Mme Le Pen ou avec M. Bardella,
03:19mais je parle régulièrement avec eux.
03:20Vous savez que M. Bardella est le patron de l'opposition
03:23à la région Île-de-France, Rassemblement National.
03:26– Vous avez des conversations avec Mme Le Pen.
03:27– Nous avons des vraies conversations
03:29et c'est normal de parler à ses adversaires.
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